Aujourd'hui, les objectifs sont multiples et flexibles. L'idée principale est d'ouvrir un passage étroit dans le méandre sous-jacent à la salle des disques intriqués, où un élargissement quelques mètres dessous avait été entrevu le 30 avril 2023 ou le 20 mai 2023. Aller dans le fossile supérieur est aussi l'occasion de voir le matériel qui y est stocké. En fonction des résultats de cette première idée, nous pourrons nous rabattre sur quelques escalades dans le Réseau I. Niveau matos nous descendons avec de quoi répondre aux deux situations, sauf pour la corde d'escalade (une doit traîner quelque part sous terre...) et la mèche courte en 8mm (nous en avons plus...). Une fois la théorie posée, place à la pratique...
Départ à 5h pour Charlie depuis l'Hérault qui me retrouve à Carcassonne à 6h15 pour ensuite rejoindre le trou que nous atteindrons à 7h40. À 8h04 nous entamons la descente par le VL et quinze minutes plus tard, nous traversons la tyrolienne pour rejoindre le fossile. Première surprise, il y a du matos qui moisit juste ici. Nous posons nos kits et filons en vitesse sortir les cordes et sangles stagnantes du boyau du vent. D'ailleurs sur le chemin, juste après le R4 et avant le R5, une lucarne au sol donne dans un puits remontant équipé d'une corde.
Non topo ? Que dit ce supérieur ?
L'aller/retour dans le boyau est rapide. Ce dernier est très faiblement ventilé. Il faut prendre en compte que la porte du Chandelier est fermée... Nous ramenons à la tyrolienne 4 ou 5 cordes dont une d'escalade. Il est 8h54 et nous rejoignons le véritable stock matos dans la salle (station 313PT / 314PT), qui se révèle bien conséquent (certains vont être très contents) ! Nos kits bien chargés auront du mal à trimballer tout ça... Nous prenons deux ratailles et partons pour le méandre. Chaque obstacle franchi me fait me souvenir du suivant. Arrivée devant le méandre. Juste avant celui-ci, une corde permet de monter dans la salle des disques. Nous passons le premier rétrécissement. Puis un second, plus sévère, qui laisse entrevoir un trou au sol descendant de 4m environ avec du plus grand en bas. Mais pas certains de pouvoir passer celui-ci, alors Charlie s'engage en premier, ce qui permet de mieux me placer. Nous pensons avoir localisé le chantier, mais pour en être certains, nous remontons le méandre jusqu'à déboucher dans la salle. Du coup, nous faisons la petite boucle, qui révèlera une bien triste nouvelle : le grand cierge au centre de la salle a été cassé, les bouts rassemblés en un petit tas juste à côté...
Photo du 30/04/2023 ; photo du 20/09/2026
Nous y récupérons encore des cordes et sangles posées là. Ce qui était équipé l'est toujours. Retour au chantier, Charlie s'en va percer pendant que j'aménage les deux passages étroits. Il est 9h50. Plusieurs salves toutes fructueuses seront nécessaires pour créer un "espace de vie" permettant de descendre. Entre-temps, les gênances des deux rétrécissements sont réduites au minimum uniquement avec des techniques datant de l'Âge du cuivre.
Avant ; après
Voici "l'espace de vie"
Deux petites rectifications viendront tacler un bloc, le rendant instable. Ne pouvant le remonter et ne sachant trop sa taille, nous luttons pour le faire partir vers le bas. Bien sûr, il ne passe pas et s'oriente de la meilleure des manières en venant obturer à la perfection notre trou... Encore quelques salves et enfin le trou devient pénétrable. On note durant toute l'opération une circulation d'air légère mais perceptible venant du bas. À 13h, Charlie fait tomber la dernière pierre (remake d'Etienne dans l'inférieur du Corbeau...).
Descente contre le plan de faille
En bas, une petite pièce permet d'observer le jeu de la faille à l'origine de ce rejet (4 à 5m) venu couper verticalement le méandre. La suite cependant, engage peu. La base du méandre est quasi horizontale et il mesure au minimum environ 70cm de haut pour 20 de large. La seule chose motivante réside dans ce léger courant d'air venu de l'inconnu.
La suite du méandre
La suite n'est peut-être pas si inintéressante, mais demandera pas mal d'efforts, surtout en ce qui concerne le volume de stockage. Il est 13h15, nous remontons manger. Une fois tout le matériel remballé, direction la tyrolienne. Je réaliserai une belle opposition au plafond d'une salle (station E12), se terminant sur un colmatage complet de la diaclase. J'ai posé un petit cairn visible depuis le bas. On se trimballe déjà quelques cordes argileuses qui ne rentrent pas dans les kits, mais le pire reste à venir... Au stock matos, je rassemble tout et bourre mon kit avec toute la ferraille. Les sangles serviront à accrocher les poupées de cordes entre elles pour les porter à la main. Il n'y a normalement plus rien ici.
Écroulés sous leur poids !
Nous avons dû en récupérer une dizaine, heureusement le chemin à parcourir avec tout ça n'est pas bien long. À la tyrolienne, nous déposons tout. La quincaillerie est entreposée dans un bidon étanche. Tout le zicral est visiblement altéré. Seuls les gobelets en plastique (Félix ?) semblent être aussi durables que l'inox...
Il est 14h30. Parfait pour aller faire la traversée ? L'idée c'est surtout de rejoindre le Réseau I pour fouiller, repérer des escalades et éliminer des doutes. Nous n'emportons donc aucun matos, tout ce que nous avons rassemblé reste là. Mais c'est déjà une bonne chose de faite et je me dis que si on a le temps une fois de retour à la voiture, je redescendrai rapidement blinder un kit de matos pour remonter ce que je peux... On verra bien... Mais en attendant, je ne suis pas léger pour autant, car je leste encore mon enclume pour alléger Charlie (c'est qu'il travaille beaucoup !). Puis va pour la traversée.
Passage devant le boyau du vent, qui souffle désormais. Rapide coup d'œil à l'affluent non topo précédent le siphon de sable (qui s'appelle en fait le "siphon fossile"...), arrêt devant une voûte basse largement passable, non ventilée dans nos conditions. Descente éclair au siphon fossile, toujours en eau. Rapide coup d'œil également à l'affluent non topo de Lavelanou. Petit détail cependant, un des deux amarrages de la corde qui descend est manquant et le mousqueton de l'autre point est altéré. Le trou souffleur (station 158) fait toujours du bruit.
Petite pause après être descendu du gour perché, où en rive gauche un chenal de voûte montre de curieuses zones d'ombres. L'escalade semble possible malgré le dépilement de la roche et son apparence d'escalier inversé. Je commence en traversée en remontant de deux mètres avec la corde du P7. Dans une fissure peu accessible et à un bon mètre de là, ma main détecte un mousqueton CT, signé SCA...?? Ensuite c'est relativement simple, mais je prends de la hauteur en atteignant un balcon légèrement déclive. Les deux mètres qui arrivent s'avéreront traîtres et particulièrement exposés. Deux prises de bonne taille casseront, mais je parviendrai à monter. Et tout en haut enfin, j'ai vu dans les zones d'ombre : il n'y a aBsoLuMENT RIEN. Maintenant c'est désescalade. Concentration maximale. Une prise lâchera tout de même... Retour au sol avec une certitude : c'est l'escalade la plus exposée que j'ai jamais faite, le curseur limite a été poussé un peu trop loin. Je ne retenterai pas.
Nous arrivons au R4 / P6 (suivi de la "Fleur") et surprise, nouvelle étrangeté, un point en sangle sur AN est au sol et la corde du puits à son nœud de bout de corde remonté à hauteur de déviation...
Hmmmm
On repose la sangle là où elle était et Charlie remarque qu'elle a tendance à vouloir glisser si l'on n'est pas bien positionné dessous. Et même comme ça, c'est limite. Un autre gros AN plus loin fera très bien le travail, mais je descends avant voir s'il y a suffisamment de corde. C'est ok. Alors comment on en arrive là ? En ayant observé le placement des autres cordes le long de la traversée, je penche davantage pour une traversée descendante (comme nous). La personne, dernière de son groupe, s'installe en mode descente. Si elle est un peu grande (facteur aggravant), la sangle remonte légèrement sur son AN et en descendant le plan incliné, s'il y a quelques mouvements, la sangle finit par sauter. Déséquilibrée au-dessus du vide, la personne termine brusquement sa descente sans avoir pu passer la déviation. Et une fois en bas, il était peut-être trop difficile de faire redescendre la corde par le mousqueton de la dev. Puis remonter, sachant que ça frotte et qu'un point n'est plus en place, ne devait pas être très encourageant. Donc on laisse comme ça... Conclusion : faudra y regarder au moment de rééquiper la traversée.
Ensuite nous cheminerons toujours en levant les yeux et en faisant quelques silences, grimpant de temps en temps ici et là. Nous nous arrêtons au trou d'air de la Galerie de l'hoverboard, il ne souffle pas (rappel : porte du Chandelier fermée). Après la Boîte aux lettres, je grimpe la grande coulée jusqu'en haut. Etienne l'avait déjà vu. Je ne trouverai rien de neuf. Peu avant d'arriver à la désob du 15/09/2026, nous trouvons la boîte à piles de Laurent, que nous ressortons. Un échange standard devra avoir lieu. Le Verrou sonore fait toujours du bruit, mais c'est à peine perceptible. En haut on l'entend bien sûr mieux, mais il y a moins d'air qui en sort. Nous passons la soufflerie, elle aussi en sous-régime, et atteignons la base de l'escalade que je souhaitais faire. Mais sans s'en être rendu compte, nous sommes partis du stock matos sans emporter de corde d'escalade. Puis nous n'avons que des grandes mèches pour le perfo... Et en plus il est 17h40 et Charlie a encore 3h de route pour rentrer chez lui et être dans les temps pour son avion le lendemain matin... Et par-dessus tout, c'est son anniversaire ! Alors on se ravise, préférant sortir plus tôt pour au passage laver le matériel. En bref, pas d'escalade, pas de matos remonté. Mais à la place, je cours au boyau de la murène pour en atteindre le fond. Je galère quelques instants dans l'étroit laminoir remontant de deux mètres de long, mais finis par passer.
Un rétrécissement ponctuel défend la suite qui bifurque sur la droite. Pas d'air, pas de résonance, demi-tour. À 18h10, nous sommes à la base des puits du Chandelier et vingt minutes plus tard, la porte s'ouvre, amorçant la turbine. Promenade aux vêpres pour retrouver la voiture et sa petite tarte à la framboise, réconfort pour mes épaules meurtries.
Nous nous arrêtons au passage à niveau du Blau pour nettoyer le matériel. En même temps, Denis au téléphone nous partage quelques recoins qui mériteraient sans doute un peu d'attention. Notamment un, issu de la série "aval du sable" (ep1 ; ep2 ; ep3), où à la fin du troisième et dernier épisode, peu avant le siphon de sable (le vrai), sous des blocs, un bel écho revenu de plus bas leur était parvenu. Depuis le 20/11/2022, qui a remis les pieds là-bas ? Il faut retourner voir ! Et la trémie suspendue qui fait suite aux conduites forcées ensablées, pas de ventilation ? Pas attaquable ?
Profitant d'une disponibilité exceptionnelle de Laurent et Etienne, et malgré une fatigue accumulée durant la saison estivale, nous nous retrouvons sous des températures extérieures encore très élevées accompagnées de Henri, pour aller examiner ce curieux bruit d'air détecté le 06/09/2026.
Nous entrons par le Chandelier vers 10h30, l'occasion pour certains de redécouvrir les puits d'entrée. Le cheminement vers le chantier permet de visualiser et de discuter de différentes observations dans l'idée de trouver une jonction aérologique notable. Nous retenons quelques escalades à éclaircir en priorité. Une fois devant la coulée, un silence permet de confirmer que le bruit est toujours audible, s'agissant probablement des dernières journées réunissant les conditions météorologiques les plus favorables permettant d'assister à ce phénomène. Tout le monde grimpe tour à tour, une corde est mise en place. Puis vers 11h30, Laurent met en marche le perfo.
Attaque du verrou sonore
Pendant ce temps avec Etienne et Henri, nous revenons en arrière pour une première escalade. Il s'agit de revoir un chenal de voûte déjà vu mais peu fouillé, situé juste en amont au-dessus de la soufflerie. Etienne grimpe, retrouve ses traces et tombe le verdict : aucune suite. Nous retrouvons alors Laurent pour le premier sort. Le sommet de la coulée est bien dégagé, mais le caillou lui est mécaniquement solide. La revanche est très faible. Point positif, pas de problème de stockage ! Le front est nettoyé, le bruit est toujours là. C'est reparti pour jouer du perfo. Pendant ce temps Henri repose des marchons et avec Etienne nous allons en amont lire la cavité et revoir quelques points clés de compréhension de sa genèse. Nous retiendrons une escalade ainsi qu'un trou souffleur au sol, ce dernier situé quelques mètres après le très gros bloc que l'on peut contourner par la droite et la gauche dans un virage.
Le trou souffleur
Nous retrouvons Henri et Laurent. Un souci de ligne rapidement résolu fait de nouveau reculer le front d'une quarantaine de centimètres. Nettoyage, le bruit est encore là et on s'approche de sa source. Pause du midi puis Laurent et Henri partent à leur tour en repérage. Je m'occupe du perfo, en attaquant avec le même appétit que précédemment, mais pas avec la stratégie de perçage adéquate... Ceci combiné avec ce que nous appellerons "le test", se résoudra par le coup de balayette le plus puissant jamais réalisé... Il n'y a donc pas grand-chose à dégager, il faut recommencer. Nous échangeons de nouveau les postes et partons avec Etienne sur une des escalades les plus en aval. Après un premier pas de bloc, il prend de la hauteur, assurée par quelques béquets de roche où passe la corde d'escalade. En haut, l'enthousiasme monte. Le chenal joliment dessiné au plafond prend de belles formes et sort des limites de la galerie inférieure. Mais la joie est de courte durée car aussitôt le chenal change de cap et vient mourir contre deux diaclases repérées depuis le bas... Deux autres lucarnes sont fouillées là-haut, mais rien.
Le chenal suivi au plafond
Quelques quartz trouvés là-haut, semblerait-il, venus du sud à l'époque où le Rebenty n'avait pas encore creusé sa vallée
Le secteur de l'escalade
Retour au sol, la corde fait pile la bonne longueur à double. Il est 16h passée, Etienne se dirige vers la sortie en fouillant finement à droite et à gauche. Je rejoins Laurent et Henri qui terminent d'évacuer les matériaux du front et annoncent une bonne nouvelle : ça souffle ! Je monte à mon tour. L'air sous pression sort par une fine fissure au sol puis au fond par un petit trou tout serré. Le bruit est toujours présent.
Le petit trou souffleur au centre de l'image
La configuration des fissures en fait converger plusieurs dans cette direction, qui se recoupent sur cette petite zone. Le flux d'air sous pression qui s'échappe de par là reste intrigant, d'autant plus qu'il trouve son origine rive gauche, donc pas directement vers le Blau, lui situé rive droite... Étant pour l'instant le point d'interrogation le plus prometteur du secteur, nous tiendrons ce chantier.
En cheminant vers la sortie, je tombe sur Laurent perché en haut d'une paroi. Il me dit qu'Etienne s'est enfilé à la rache dans une suite légèrement ventilée. Je monte alors pour voir et effectivement, seul Etienne est capable de passer...
. . .
Tant qu'à être là, on fait le test de la jonction à la voix entre ici et une lucarne plus en aval, à l'entrée de la salle où arrive la base des puits du Chandelier. Le son ne semble pas passer par là et en plus il y a cette légère ventilation. Intéressant. Mais d'après Etienne, il y a quelques bons mètres à élargir pour atteindre son terminus. Après ce nouvel apport d'information, nous regagnons pour de bon la sortie.
Dehors, Henri me mène au Trou du vent du Blau, véritable turbine démoniaque par ces conditions météorologiques. Le micro tente de réduire le bruit de fond pour capter ma voix...
La liste d'objectifs patentée au réseau du Vieux Lion / Chandelier est telle, que j'ai dû finir de l'écrire directement sur la table... Heureusement, et pour éviter qu'elle ne se prolonge jusqu'au carrelage, nous nous retrouvons avec Félix à Festes, direction ensuite le parking du VL. Les objectifs que nous essayerons aujourd'hui de rayer de la liste sont les suivants :
Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au rééquipement de la traversée et voir comment l'optimiser.
Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au balisage du cheminement de la traversée.
Rendre visite au siphon de sable (vu en eau le 14/12/2025).
Rendre visite au siphon d'eau (dernière visite le 11/12/2025).
Ressortir du matériel du boyau du vent et refaire un check matos au stock direction des disques intriqués.
Bref, il y a du boulot !
À 10h, nous entrons par le Chandelier et commençons les mesures. Félix devant fait une fiche d'équipement détaillée et repère s'il y a des pistes d'amélioration. Derrière, je récupère le matériel vacant et estime avec une cordelette de dix mètres les longueurs de cordes. Le processus est long. À 11h30, nous sommes à la base des puits. C'est là que s'ajoute l'estimation des besoins pour le balisage. Félix estime le nombre de piquets et moi, les longueurs de ficelle en se basant sur mon nombre de pas. Nous prenons des notes sur un carnet et sur la topo.
Extrait du carnet et de la topo
Nous passons la zone des grands gours temporaires et nous arrêtons juste avant que la galerie ne bifurque à droite, au niveau de deux points d'interrogation (la bifurcation est suivie sur la topo d'une MC et d'un R4). Dans cette zone, je m'en vais escalader pour repérer deux départs rive droite, tous deux colmatés par de l'argile. Seulement au-dessus du cheminement principal, une diaclase s'élève et de là où je suis, je la vois se poursuivre encore plus haut avant de bifurquer. Tout en haut, les parois semblent érodées. La diaclase est perpendiculaire à notre galerie. Je redescends. Quelques mètres plus en amont, une autre cheminée mériterait d'être escaladée. Je ne vais pas énumérer toutes les cheminées curieuses à escalader comme celle-ci, nous en avons repéré plein… J'en ai escaladé certaines, mais pas jusqu'en haut. En général elles sont plutôt accessibles, des portions se grimpent bien.
Un peu plus loin en amont, donc après la MC et le R4, une cheminée rive droite est indiquée sur la topo. En y jetant un coup d'œil, nous observons une chauve-souris en sortir, puis aller et venir. En avançant davantage, il m'est possible de grimper. L'escalade restante de 5/6 mètres demandera du matériel. En essayant de gratter la meilleure vue, j'observe que le chenal s'horizontalise. Peut-être seulement un effet de perspective...
Nous arrivons à la murène, j'en profite pour aller dans le boyau jusqu'à ce que ce dernier remonte en se rétrécissant. Je m'arrête là ("Je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?"). Mais les désobeurs sont allés plus loin, pas d'air. Par contre, la soufflerie se franchit plein vent ! Juste après l'avoir franchi et avant la première arrivée d'eau, le chenal de voûte au plafond s'enfonce dans le mur, visibilité faible. Mais des traces hautes me font penser que quelqu'un est déjà monté (point d'interrogation rive gauche, cheminée en face rive droite sur la topo). Concernant la première arrivée d'eau, j'escalade la coulée. En haut rien. En face, une fissure en méandre commence. En me déplaçant sur la coulée, j'y accède : elle cut complètement au bout d'un mètre.
Ensuite est indiquée une seconde arrivée d'eau (juste avant la section B - B' sur la topo). Ici une main courante contourne un large gour. Et pendant un instant de silence, il me semble entendre un bourdonnement... En quelques instants l'impression se confirme, j'arrête Félix, qui détecte aussitôt lui aussi le bourdonnement ! Nous sommes dans le secteur supposé de la jonction aérologique avec le Trou du vent du Blau, on stoppe tout. Nous nous mettons en quête de trouver la source de ce bourdonnement, sachant combien l'acoustique sous terre peut être étrange et nous jouer des tours... Nous commençons par borner les limites d'audibilité du son, rapidement réduites à un secteur de 5m² au sol autour de cette fameuse coulée "arrivée d'eau". Le son paraît englober la totalité du volume, donnant même l'impression qu'il provient de l'intérieur des murs... Finalement, il me semble entendre avec plus de netteté ce son quand j'approche la coulée. J'escalade trois mètres, le son devient de plus en plus net. Il me semble venir de devant moi, dans la coulée. À son sommet, plein de petits trous pourraient être à l'origine de ce sifflement et de ce bourdonnement superposés, absolument attribuables à un flux d'air qui circulerait dans un goulot d'étranglement. Seulement, je ne trouve rien, aucun flux... Je mets la main partout, on écoute, on se déplace, on teste en faisant fumer une boîte d'œufs mais rien... J'ai déjà eu le cas d'un flux d'air passant par l'intérieur d'une fistuleuse. Mais le son était bien plus discret.
Ci-dessous la coulée et la vidéo (montez le son...), le son semblait provenir du petit secteur où j'ai placé le "X" rouge.
La coulée
En regardant bien depuis le bas, Félix localise quelques endroits qui pourraient également être à l'origine de ce son dans le plafond rive gauche. Y accéder demandera du matériel, ce sera pour une prochaine fois ! Aviez vous déjà détecté ce son à cet endroit ?
Après avoir passé une bonne heure là-dessus, nous reprenons nos mesures. L'heure tourne bien trop vite, à 18h nous sommes au choc des titans. Nous arrêtons de regarder le plafond, puis petit à petit, nous laissons les détails d'équipements pour ne prendre que les longueurs de cordes et le balisage. Nous tenons à aller voir les deux siphons. Dans le Réseau III, nous nous arrêtons au trou souffleur, duquel un bruit similaire à celui entendu plus tôt en haut de la coulée est nettement perceptible sans être aussi fort. Pour autant, il n'y a presque pas d'air... (montez le son).
Après le passage inférieur entre le Réseau III - IV, Félix me propose d'aller seul voir le siphon d'eau pour éviter de se retrouver limite sur l'horaire de secours. Je le laisse alors poursuivre les notes pour le balisage (d'ailleurs en bien meilleur étant que dans le I et le II) et file d'abord au siphon de sable. À ma grande surprise, le fond est toujours noyé. Les outils et les gamates qui étaient là sont ensevelis...
Le siphon de sable
Le niveau est légèrement plus haut que le niveau observé en décembre dernier. Ensuite, direction le boyau du vent. Je laisse mon kit à l'entrée, Félix doit m'y attendre. Dedans le courant d'air est net mais pas décoiffant. Les graviers au sol sont disposés comme dans le lit d'une rivière, la base des ressauts est creusée, ça a dû circuler fort ici ! Quelques pissettes sont actives et plus j'avance, plus j'aperçois des suintements. La base du puits du Flo dégouline même, l'espoir de voir le siphon autrement que plein me quitte, d'autant qu'il n'y a aucun courant d'air dans le conduit descendant au siphon. Le conduit d'ailleurs a été lavé, mais est globalement toujours aussi glaiseux. La ligne blanche est coupée à plusieurs endroits. J'approche du ruisseau, mais ne l'entends pas… Et effectivement, l'eau n'y coule quasiment plus ! J'approche la première vasque, l'eau y est magnifique (comparé à la turbidité terrifiante observée le 11/12/2025). Le niveau d'eau est habituel.
La première vasque
En d'autres termes, ne serait-il pas le moment d'envoyer une plongée ?? Après ces intéressantes observations, je remonte tout aussi rapidement. Depuis l'entrée du boyau du vent jusqu'au siphon, j'ai mis 12 minutes avec les observations. Et dans l'autre sens, en récupérant la pompe orange, un peu d'inox et une corde poilue, j'ai mis 13 minutes : nous serons sortis à l'heure !
Nous entamons la remontée, notant bien sûr les longueurs de cordes. Il est bientôt 21h, nous n'allons pas en direction du stock matos des disques intriqués (on y passera normalement avec Charlie le 19 ou le 20, en allant au fond voir le méandre). Notons dans les puits d'entrée du LV, à l'endroit du R4+R4 que le soutènement en bois arrive en fin de vie. Les branches commencent à casser (nous avons enlevé la marche qui était prise entre), le bois est fortement attaqué.
Le soutènement
À 21h30, nous sommes dehors. En résumé, nous avons complété les objectifs qui concernaient le rééquipement et le balisage. Il reste maintenant à comptabiliser le tout. Les deux siphons ont été vus, il serait peut-être déjà le moment d'engager une plongée. La constatation de ce son d'air contraint interroge, il faudra lever la question !
Après 4 années de sécheresse, les conditions pluvieuses actuelles permettent enfin de poursuivre les investigations hydrogéologiques au coeur du plateau de Sault.
Il s'agit de la continuité des travaux sur la diffluence souterraine Blau - Font Maure, en réalité une diffluence Atlantique - Méditerranée qui se produit sous la surface lors de conditions hydrologiques bien précises. Cette connexion entre deux sources majeures du plateau, séparées par près de 14 km, a déjà été prouvée par nos travaux antérieurs et a fait exploser le potentiel spéléologique du réseau Vieux Lion/Chandelier. Il s'agit à présent de contraindre géographiquement la position de cette diffluence dans la structure géologique complexe du plateau, et accessoirement de déterminer le parcours des principaux drains souterrains.
Comme en 2021, le projet s'articule en partenariat avec l'université de Perpignan et fait partie d'un stage de Master, Jade étant la stagiaire. Le financement partiel de l'université permet cette année d'élargir le partenariat à l'AMEK pour la location du matériel de suivi.
La cible principale cette fois est la perte du Pas des Brebis, un ruisseau jamais tracé car passé longtemps sous les radars, mais très bien placé à la croisée supposée des différents drains et dans un secteur-clé de la structure géologique. Afin de compléter cette opération, un deuxième site plus connu et assez proche est également ciblé avec un autre traceur pour obtenir un comparatif. Il s'agit de la perte de la Vernouze.
Quelques photos et vidéos de cette journée d'installation et d'injections en attendant les premiers résultats :
Ruisseau du Pas des Brebis avant injection
C'est parti !
Ca laisse des traces...
Vernouze :
Quand les gants ne sont pas imperméables...
A noter à la Vernouze un bon courant d'air soufflant sortant de l'entrée et l'absence de mise en charge de la doline, ceci malgré un débit pendant la crue dépassant certainement le m3/sec d'après les sédiments et embâcles transportés. Il faudra revoir la cavité après cet épisode... Visite également d'une doline annexe qui a absorbé pas mal d'eau et où un trou entre roche et terre mériterait un sondage.
Participants : Blandine, Béa, Odile, Alary, Jean-Louis, Tom, Rémi
TPST : 8h30 / Réseau Chandelier - Vieux Lion
Compte rendu par Odile :
L'idée avait germé lors du stage de formation de la Toussaint à Camurac et ce sont les membres de 5 clubs différents qui se retrouvent pour cette traversée guidée par Alary. Nous progressons tranquillement tout en essayant de ne pas trop glisser... Nous avons le temps de prendre des photos et d'admirer le travail des pionniers.
Dans le réseau I
Je sais pas vraiment ou c'est ça
Le niveau d'eau est plutôt bas même si nous devons passer sur des mains courantes pour ne pas se mouiller dans les gours. Avant de remonter nous réalisons une photo « pyramide humaine – sapin de Noël » afin de participer au concours organisé par la FFS à l'occasion des fêtes de Noël... ???
Blandine qui espère rester au sec
C'est gagnant ça !
Une corde est tonchée ; heureusement au départ de la remontée. Alary y remédie. Le retour se fait sur une route déjà verglacée et pourtant il est juste 18h30. Encore merci à Alary pour ce guidage.
Note sur l'état des équipements dans la cavité (Alary) :
Le balisage textile noir du réseau I et II est à refaire, car coupé de partout. Au-delà les réparations sont plus ponctuelles. Effet inévitable des visites, l'étalement de la boue absolument partout, qui rend vraiment très glissantes certaines parties.
Au niveau de l'atelier où il est possible de penduler depuis le haut quand il y a beaucoup d'eau, ou de prendre une main courante qui passe dessous quand il y en a moins, sur cette main courante de dessous (avec une grande ganse qui trempe dans l'eau ??) j'ai remplacé deux plaquettes zicral par deux inox + maillon rapide, mais comme les plaquettes étaient passées dans des mousquetons acier à vis, impossible de les ouvrir car tout grippé, il faudra revenir avec une pince ! Pas impossible qu'il y ait du zicral ailleurs sur cet atelier.
L'atelier remontant suivant est lui aussi tout zicral, avec la corde passée en direct dans les plaquettes. Je crois que c'est l'histoire de 3 ou 4 spits. J'ai rien touché ici.
Une tonche a été détectée sur la corde du ressaut de 5m qui précède le puits de la jonction côté Vieux lion (sens de la remontée). La poupée en bas était suffisante, donc j'ai pu refaire l'atelier au complet et couper les quelques mètres usés.
Observation curieuse au siphon de sable. En bas où nous creusions il y a maintenant de l'eau jusqu'à la voute horizontale. Les trois gammates sont presque entièrement ensevelies. Une petite ornière s'est formée à mi descente au milieu du passage, ne remontant pas jusqu'en haut. Cela laisse penser que l'eau ne venait pas du point chaud, mais probablement des murs de sédiments, où beaucoup de terre s'est effondrée à peu près au même niveau. C'est une situation récurrente en hiver ça ?
Depuis le coup de tonnerre du 28 août 2022 (Dans la bouche de l'ogre) et les premières descriptions du siphon le 5 septembre 2022 (Du haut, de l'eau et du sable & Topo, déséquippement et baignade), le dernier franchissement de la vasque remontait au 16 septembre 2023 (Traversée Chandelier). Après quoi, pas de nouvelles tentatives pour en tirer davantage d'informations (ou je n'ai pas trouvé). Mais l'envie d'y retourner pour le faire parler restait ostensiblement en suspens...
L'idée prit de l'ampleur durant l'été de cette année. Nous prévoyons alors d'y faire un tour avant les premières pluies, espérant un débit minimum de l'actif pérenne. Mais le temps fila, et l'automne arriva avec les premières gouttes. Peut-être verrons nous ça l'année prochaine ? Seulement, une nouvelle du GPS, venu faire la traversée tout début novembre et alors que le réseau fossile est complètement à sec, eurent le courage d'aller voir l'entrée du siphon. Bilan : l'actif est actif, la vasque est en eau (Traversée Chandelier-Vieux lion). Si le siphon est toujours alimenté alors que tout est sec ailleurs et qu'il garde un niveau fixe qu'importe l'eau qui y rentre car fonctionnant avec un seuil de débordement, alors, pas la peine de bloquer ses vacances d'été pour venir se baigner ici, nous nous y rendrons dès que possible.
Entrée vers 10h au Vieux Lion, avec comme premier objectif le rééquipement du P15 et du P12, où la corde avait été retirée suite au dernier exercice secours. En trois quarts d'heures la corde est en place. Il en reste un bout de 23 mètres que j'ai chez moi. Ensuite, direction le boyau du vent. Sur le chemin, quelques gours sont en eau, mais ça reste très sec. Pause repas à la salle carrefour, où dorment cordes, amarrages et autres matériels (je fais la traversée dimanche, je ressors des trucs ??). Puis descente dans l'aval boueux, jusqu'à un élargissement où l'on entend nettement l'actif. Clément part repérer devant pour voir si tout est ok. Tout est ok. On descend les kits pour se changer dans la boue du plan incliné juste avant l'actif (on essaye de ne pas pourrir l'eau du siphon). J'enfile ma combi fournie par les "Ateliers des Acacias", deux pièces ramenées à trois, avec des manches chourées sur un vieux haut que j'avais. Enfiler la néop me donne extrêmement chaud, j'ai hâte de me mettre à l'eau !
Le test en lac sans les manches n'avait pas été très concluent...
Le débit estimé est de 1L/s. On aperçoit l'eau de la vasque bien trouble sans même y être allé, avec le nuage d'argile que j'ai provoqué et qui avance très lentement. Le siphon de l'autre côté ne devrait pas être perturbé. La première vasque est franchie, ça refroidit, la session bien-être peut réellement commencer. Derrière, on se relève dans une petite pièce de 3m de haut pour 65cm de large, avec au plafond ce qui s'apparente à une faille, le tout légèrement incliné sur la gauche. J'ai vu sur le siphon après un petit rétrécissement de 80cm de long par 55cm de haut et 40cm de large au plus étroit. Ce rétrécissement est à environ 50cm au-dessus du niveau de l'eau.J'y vais tête la première pour repérer et si la configuration le permet, y mettre les yeux sans faire un chocolat froid. Première impression : où est le fond ? Le faisceau de la lampe s'arrête dans les 20 premiers centimètres, et la configuration m'empêche de regarder dans l'eau sans y tomber. Du coup, les jambes en premier, je suis le sol, et après une marche de 50cm prend appui sur le sol du siphon. Je vais sous l'eau sans attendre, mais on ne voit rien de rien (c'est terrifiant). De là, commence le repérage à tâtons. La surface au-dessus du plan d'eau est confortable (1m40 de long sur 80 de large en ovale).
La voute plongeante
En s'avançant au maximum, je distingue le chenal de voute à la botte. Le conduit est octogonal et doit faire 90 x 90cm, avec le point le plus bas à droite (la faille au sol) qui descend au-delà des 2m de profondeur max que je suis capable de sonder. Je dirais que la voute s'enfonce de 90cm sous le niveau du plan d'eau, sur 1m50 de long, avant que je détecte une remontée brusque dans la voute (cloche, poche, exutoire???). En filmant je n'ai pas détecté cette encoche, car il me fallait être intégralement dans l'eau pour avoir l'extension suffisante. Après un quart d'heure de baignade, je me sens apaisé et prêt pour l'agréable remontée jusqu'à la salle carrefour. En bref, il y a de la place dans le siphon pour y faire passer quelqu'un ou quelque chose, seulement la visibilité est très réduite et l'accès peut être vraiment compliqué en fonction du matériel à amener ici. Le rétrécissement, je pense, ne permet pas de laisser passer un plongeur tout équipé, mais si cela est possible il peut s'équiper dans le siphon. La voute est attaquable au perfo, mais faut se mettre à l'eau et surtout réussir à faire passer le perfo par la première vasque. Peut-être préparer le terrain en amont. Au fond il y a 4 mèches, une de 14 ou 16mm en grande longueur (90cm ?), deux autres de même diamètre mais plus courtes (70 et 30cm ?), et une longue (90cm ?) en 8mm probablement. Les inscriptions sont illisibles, tout est rouillé, les mèches sont probablement fragilisées. Le pompage semble compliqué : rien pour stocker en amont et aval inconnu.
Le téléphone était humide
On remonte, passant devant tout ce matériel attendant ici, mais nos kits sont pleins à ras bord... Quelques petits réglages sur la corde installée plus tôt, et nous voilà dehors. Nous profitons du jour restant pour remettre en place le parc à bestiaux autour de l'entrée du trou.
Retour sur un des chantiers-phare du réseau après plusieurs mois d'absence pour cause d'exploration/topographie du niveau fossile entretemps. La vidéo sur le dernier article vaut toutes les explications sur la configuration des lieux : http://speleoclubdelaude.blogspot.com/2023/03/entrainement-du-xv-de-france-au-vieux.html
La date a été organisée pour convenir au maximum de monde, car il faut être nombreux sur ce chantier exigeant. Nouvelle corde, nouvelle poulie, et dès l'arrivée sur place, l'arme secrète alias Steve entre en action sur le front de taille, bien secondé en base arrière pour organiser le manège des bidons. Plus haut, au niveau du point chaud, le contrepoids pour remonter les gamattes est organisé en deux salves de deux équipiers qui se relaient sans perdre d'élan pour limiter les frottements.
Il faut un peu de temps pour que tout le monde trouve ses marques, puis après ça enchaîne. Camille et Léo, qui débutent en spéléo (c'est leur 5ème cavité) font leurs premières armes en désobstruction, non sans quelques explications sur le pourquoi d'une telle entreprise pouvant paraitre absurde...
Clément nous rejoint peu avant midi pour tourner quelques images qui auront valeur de documentaire si le chantier aboutit. Fait notable, Henri a descendu la blanquette de Limoux à -100 pour fêter dignement ses 50 ans de spéléo durant la pause.
Pas de meilleur endroit pour fêter 50 ans de spéléo...
L'après-midi, il y a hésitation sur le chemin à suivre au fond : deux choix sont possibles de part et d'autre d'un gros bécquet arrondi par l'érosion arrivant du plafond. Impossible de savoir, du coup, les deux fronts sont attaqués simultanément par Flo et Alary cette fois. Le rythme redouble... En haut, pas de répit, difficile de tenir la cadence.
Vers 16h, les moteurs humains à plein régime ont consommé tout l'oxygène disponible dans l'espace hermétique du bas de chantier. Trop difficile de respirer quand on travaille, il faut s'arrêter là pour aujourd'hui...
Je fais une dernière reconnaissance : les deux chemins n'en sont sans doute qu'un seul car la largeur du bécquet s'amenuise vers le bas. La coupe stratigraphique est très parlante : très gros galets calcaires à la base du remplissage (20cm de diamètre en moyenne), puis galets plus petits, puis sable en alternance avec passées de petits galets de plus en plus rares, puis enfin argile au sommet ayant colmaté le moindre espace contre la voûte : l'histoire, vue en accéléré, de l'abandon progressif du collecteur du Chandelier par l'ancienne rivière...
L'inclinaison de tout ce remplissage montre la direction à suivre, et aussi que le point bas n'est pas encore atteint. Il y a encore du boulot, mais comme d'habitude, la réussite se joue sur la persévérance ! A prévoir pour la prochaine fois : descendre les gaines de ventilation utilisée à l'entrée du Vieux Lion et un souffleur sur batteries pour ventiler le chantier en deuxième partie de journée. La partie désobstruée atteint maintenant une vingtaine de mètres...
Sortie au départ prévue en septembre à l'initiative de Seb, cette fois les conditions sont réunies. Les forces vives du CAF de Perpignan vont animer pour quelques heures le monde souterrain silencieux du plateau de Sault. Silencieux car, pour la première fois, aucun bruit d'eau ne parcourt le réseau. Les vasques et gours sont presque tous à sec, le petit lac suspendu et la piscine ne sont plus que de pauvres flaques en cours de disparition.
Equipe jeune et dynamique, certains connaissent déjà le réseau, et d'autres suivent les aventures de l'exploration sur le blog. Les lampes puissantes permettent d'admirer les volumes et les beautés perchées dans les hauteurs tout au long de la traversée. Un bon moment de convivialité et de bonne humeur communicative. Traversée en 6h en prenant son temps.