vendredi 19 août 2022

Les hydrauliciens à St Pancrasse

Vendredi 19/08/2022

Perte de St Pancrasse

Participants : Daniel C, Daniel M, Léo, Laurent

TPES/ST : 6h30


Avec une réactivité remarquable, l'équipe trassanelienne se déplace cette fois dans les Corbières pour donner un coup de main à la sécurisation de l'entrée de la perte avant les pluies.
Au programme, barrage de blocs pour casser le courant avant le trou, création d'une brèche en rive gauche, et fabrication d'une protection à l'entrée pour éviter aux sédiments de tout combler.

Edification du barrage pour canaliser la rivière

La déviation du ruisseau depuis la dernière fois n'a pas occasionné pour autant une traversée des calcaires sans encombres par le ruisseau : il s'avère qu'il est recapturé une centaine de mètres en aval par une seconde perte; et pas n'importe où...
Juste en face du trou souffleur qui avait servi pour l'opération de traçage en 2020 (à l'aide d'un motopompe pour injecter l'eau dans le trou, le débit de la rivière étant trop important pour que les pertes absorbent tout). Aujourd'hui le dernier filet d'eau résiduel à l'aval se perd dans une fissure sympathique :


Mais chaque chose en son temps. La matinée est consacrée également à l'élimination de l'étroiture d'entrée de la perte principale. Un bloc de 150kg est déchaussé en tombe en bas de la verticale, créant une prise bienvenue et un espace de stockage suspendu idéal en prévision de la suite.
Daniel C, caméra à la main, et Léo, descendent à leur tour pour visiter. Bon pour une douche gratuite et illimitée si besoin. La cavité débute pratiquement sous un ancien moulin à eau en ruines, ça ne s'invente pas !
La suite est confirmée dans l'actif : en tentant de s'avancer, une étroiture de la taille d'un gros pamplemousse, entre voûte et sédiments, laisse passer un puissant courant d'air. Ca promet...moyennant quelques travaux.
On remonte se sécher et manger un morceau.
Ensuite début de chantier pour les deux Daniel qui attaquent la protection anti-crue.

Préparatifs après explo

Afin d'optimiser le temps, Léo et moi partons en aval pour continuer la désobstruction du deuxième trou souffleur au-dessus de la deuxième perte.
Nous gagnons environ 2m en creusant la terre sèche. Léo s'avère redoutable en désob. Le courant d'air soufflant est là aussi bien sensible mais moins fort que dans la perte principale. Il fait peu de doutes qu'il s'agit d'un seul et même système, qui semble bien développé.
Nous nous arrêtons faute de matériel adéquat (nous n'avons que des seaux et pas de gamattes) sur une vision assez encourageante : la voûte prend de la hauteur un peu plus loin.

En parallèle, le chantier de protection se termine : il peut pleuvoir !

Protection anti-comblement

Journée bien sympathique et bien remplie; avec de l'hydraulique, de l'hydrogéologie, de la menuiserie et du travail de force. Nous ne reviendrons pas tout de suite cause priorité au Vieux Lion pendant la période sèche, mais il s'agit sans doute ici du début d'une nouvelle aventure...

Expériences aérologiques du 14/08 : résultats de la première série de mesures

Dimanche 14 août 2022

Participants : JLuc, Daniel M, Daniel C, Flo, Ruben, Félix, Laurent
+ Henri et Paul en initiation le matin


 

Voici les résultats de la première série de mesures, correspondant à une fermeture du Trou du Vent du Blau (TDV) à 13h00 (t=0), une ouverture à 13h30 (t=30), une seconde fermeture à 13h45 (t=45) et une ré-ouverture à 14h00 (t=60).

Les mesures effectuées sont :

-vitesse du courant d'air dans l'étroiture de la jonction réseaux III-IV (section réduite à l'aide d'un tube en plastique)

- vitesse du courant d'air dans le trou souffleur du méandre de la jonction III-IV (uniquement durant la première fermeture)

- vitesse du courant d'air dans le laminoir d'entrée du Vieux Lion (positif = soufflant) ainsi que des températures


Cela représente un total de près de 850 mesures! (merci à Ruben d'avoir saisie la série de mesures du Méandre).


les mesures (cliquez pour agrandir)

À la première fermeture, on voit une baisse du courant d'air à l'étroiture III-IV, mais on ne la retrouve pas à la seconde fermeture. De plus, on voit que le courant d'air était monté peu avant : cette baisse n'est donc très probablement que le retour à la normal d'un pic ayant une cause non liée à nos expériences.

Pour le trou souffleur du méandre III-IV, et le Vieux Lion, on ne voit pas non plus de signal clairement corrélé aux horaires d'ouverture et de fermeture.

Donc à priori, je dirais que rien ne prouve que la fermeture du TDV influence les circulations d'air dans les zones étudiées (nb : il peut y avoir une influence faible par rapport au "bruit" ambiant, rendant l'effet difficilement détectable).

A priori (sous réserve que ce jour là la fermeture du TDV augmentait le courant d'air à la porte du Chandelier), on peut donc supposer que la jonction aérologique (principale) se trouve entre la jonction III-IV et la porte du chandelier.


La seule corrélation que j'ai pu voir sur ce graphique, c'est que chaque augmentation de la température au VL survient lorsque la vitesse y devient presque nulle ou négative (ie le VL devient aspirant, ou au moins arrête de souffler (peut-être qu'il aspirait même quelques instants, mais sans prise de mesure à cet instant)), ce qui est logique (lorsque le trou aspire, l'air chaud du dehors entre).


Complément, suite au commentaire de Masdan :

Comme le fait remarque Daniel M., il y a une corellation entre les vitesses dans le méandre de la jonction III-IV et les vitesses au Vieux Lion : plus le VL souffle, plus le méandre souffle (avec un retard de l'ordre de la minute à vue de nez).

Ce retard signifie que la cause est soit directement le courant d'air au VL, ou alors qu'il s'agit d'une cause externe commune qui est "plus proche" aérologiquement du VL que du méandre.

Pour les débits, coté VL c'est un tube PVC de 100mm (+fuites), coté méandre, je ne connais pas la taille du trou soufleur où le courant d'air a été mesuré (@Flo? @Ruben? @Laurent? Quelqu'un connaitrait-il la taille du trou soufleur du méandre?)

Je ferais une analyse plus fine de cette corrélation (mesure du délai, part du signal du méandre expliquée par le signal du VL) quand j'aurais le temps (j'espère la semaine prochaine, sachant que je pense que générer les graphiques pour les autres expériences est prioritaire)


Si vous voulez les données brutes, faites moi signe.

Si vous avez des remarques, ou d'autres interprétations, n'hésitez pas à en faire part.

Le reste des données, sera pour la semaine prochaine.


mercredi 17 août 2022

Dimanche 14 Aout 2022

Aérologie au Vieux Lion

Reportage


Reportage sur les travaux du Dimanche 14 Aout 2022.

Réseau du Vieux LION

La prochaine vidéo, ce sera la traversée Vieux Lion - Chandelier 😄




 

mardi 16 août 2022

St Pancrasse : première inattendue et tropicale

Lundi 15/08/2022

Perte de St Pancrasse

Sortie en solo

TPST : 4h


La perte de St Pancrasse me travaillait l'esprit depuis la fois dernière. J'y retourne dans l'après-midi de lundi pour avancer les travaux (2m à ouvrir).
Par bonheur, en travaillant des blocs coincés avec la barre à mine, un passage s'ouvre plus tôt que prévu en hauteur : un peu étroit, mais pénétrable.
La maison n'est pas loin, je reviens avec le matos nécessaire.

Derrière l'étroiture, arrivée sur un palier au beau milieu d'un chevelu de racines venues puiser l'eau dans une arrivée d'actif (amont impénétrable). Malgré la déviation du ruisseau, il y a de multiples infiltrations et ça pisse de partout.
Il faut équiper pour franchir un cran de descente... sous la douche !
Vue du bas :


Le ruisseau suit une grande diaclase dans la dolomie puis tourne soudain à gauche. Il rentre dans un méandre ventilé intéressant (plusieurs l/sec en étiage y passent) dont il faudra élargir le départ dans une ambiance pour le moins humide :


Contrairement aux apparences, aucune sensation de froid : la cavité et le courant d'air qui en sort sont à 19°C !
Il faut dire que le ruisseau est à 20°C et qu'il a pu réchauffer la grotte depuis toutes ces semaines de canicule (1ère hypothèse). Ou sinon il existe une cavité aspirante très proche (2è hypothèse), mais c'est moyennement probable après prospection du secteur et étant donné que l'on plonge sous la vallée. Et pour corser le tout il peut y avoir ici une relation avec un aquifère hydrothermal sous-jacent (3è hypothèse) car les calcaires émergent à cet endroit précis de très grandes profondeurs (au delà de 1000 m) et la résurgence de ce système, prouvée par traçage, s'appelle la source tiède. Elle affiche aussi 19°C en étiage pour un débit de 30 l/sec...
Bref, ici, tout sort de l'ordinaire.

Mais revenons à notre diaclase.
Ca pourrait s'arrêter là pour aujourd'hui mais tout droit ça continue à sec. Une dizaine de mètres plus loin la roche change. Une coulée de calcite barre la route mais peut se shunter par le haut.
Arrivée dans un ancien aval entièrement fossile donc à l'abri des crues, avec de belles formes de creusement. Karstification en phréatique omniprésente, avec de nombreuses phases bien visibles, donnant un certain cachet à la cavité.

Aval fossile

Coulée

Concrétions proches d'un dépôt alluvionnaire surcreusé

Détail lapiaz de voûte

Méandre en ogive

Anciennes séquences de dépôt, surcreusées et concrétionnées

Ancien cours d'eau fossilisé

Affluent fossile

Lapiaz de voûte en forme de concrétions

Plusieurs conduits interconnectés, arrêt sur méandre plus étroit et escalade. Plusieurs dizaines de mètres de première, il faut revoir tout ça à froid même si la suite principale semble être dans l'actif.

La priorité principale va être de sécuriser l'entrée par rapport aux crues de surface, car la rivière peut dépasser les 10 m3/sec et tout boucher.
Espérons que le climat instable de fin d'été nous laissera le temps d'intervenir pour pouvoir poursuivre les explos dans ce système karstique original et atypique.


 

Dimanche 14 Aout  2022

participants : Henri G, Paul.

TPST : 1h50 ; Tour d'horizon et initiation / Libellé : VIEUX LION

Tour d'horizon et initiation


Avec Paul, une connaissance que j'avais commence à initier en 2021. Et venu à Trassanel cette année.

Descente avant l’équipe en fin de matinée dans le VL. Il faut se remémorer des manips apprises il y a longtemps pour Paul. Et l'on ne vas pas vite. On laisse passer l’équipe, puis cheminement jusqu'à la cheminée d'Etienne. Ce qui est déjà pas mal pour une première vrai descente dans un vrai gouffre. Le trou commence à être patine par les très nombreux passages et à acquis le statut de classique....Les puits sans fractionnements sont idéal pour l’initiation. TPST:1H50. L'on assiste un moment aux prises de mesures de Daniel M avec son anémomètre. Puis descente au trou du vent du Blau, ou Jean Luc fait ces bouchages et débouchages. On en profite pour aller voir l’entrée du trou des feuilles. Pour finir passage à l’entrée principale du réseau. Dans les deux derniers trous Paul est impressionné par le souffle. Une vision globale du secteur. Important quand on a pas suivis l'Histoire depuis le début. Visite du musée du Maquis. Paul est prof d'Histoire. Arrêt re hydratation à la brasserie de Puivert. Et descente à Pierre Lys. Pour voir Font Maure. Que je n'ai jamais vu aussi bas. Et l’entrée de la grande grotte de Pierre Lys. Encore une autre perspective.





HENRI GUILHEM



 

lundi 15 août 2022

Montée en puissance sur l'aérologie

Dimanche 14/08/2022

Vieux Lion/Chandelier

Participants : JLuc, Daniel M, Daniel C, Flo, Ruben, Félix, Laurent
+ Henri et Paul en initiation le matin


Pas moins de six missions menées de front pour continuer à apprivoiser l'aérologie souterraine du système.

Au programme :
- JLuc au TDV du Blau qui applique un protocole chronométré d'ouverture et de fermeture de l'entrée
- Daniel M à l'entré du VL avec un anémomètre (section calibrée dans un PVC 100)
- Daniel C à la vidéo
- Flo et Ruben au trou souffleur du méandre dans la barrière III-IV avec un autre anémomètre.
- Félix et Laurent à la chatière de la barrière III-IV (section calibrée avec poubelle plastique sans fond)
- Pour finir regroupement des 5 précédents pour une autre manipulation au boyau du vent (section calibrée avec la même poubelle plastique sans fond)

Enormément de données à la fin de la journée (chroniques de plusieurs heures avec valeurs toutes les 5 secondes). Plusieurs perturbations ont été enregistrées mais nous sommes très loin dans le réseau cette fois, les signaux sont atténués et il va falloir du temps pour dépouiller les chroniques.
En tout cas les protocoles sont au point et nul doute que de l'information exploitable en sortira.

Une troisième journée sera sans doute nécessaire plus tard dans la saison pour confirmer les hypothèses qui se dessinent.



Calibration de la chatière entre les réseaux III et IV


 

Dimanche 14 aout 2022

Petite vidéo en attente du compte rendu

Libellé : LE VIEUX LION

 

Petite vidéo de l'opération au Cœur du Vieux Lion en attente du compte rendu






mercredi 10 août 2022



Mercredi 10 août 

Cibelle si Belge



Ce vendredi 5 août, grosse affluence spéléo devant la grotte Cibelle. Un groupe d’une trentaine de belges est venu passer quelques jours dans notre région. La plupart d’entre eux pratique la spéléo au sein du club Stalacts. Pour certains, la visite de Cibelle est une initiation. D’autres ont déjà exploré Trassanel, les Vents  d’Anges ou Castanviels. 



Ce matin, ils sont 16 à vouloir pénétrer dans la grotte. Pour canaliser tout ce monde, il va falloir faire plusieurs groupes, répartis dans la matinée. Cela se passe sans problème car ce sont des gens sympathiques et soucieux de l’environnement. Mais Cibelle est fragile et cette année voit une affluence record. La « sortie » du Covid a sans doute libéré les hésitants et ils sont déjà une cinquantaine à être venus admirer les belles concrétions. Ce nombre est la quantité maximale de visiteurs fixée par le club dans une saison. Les JNS ne sont pas passées, augmentant d’une trentaine encore ce chiffre. Bref, on atteint la côte d’alerte. Les relevés effectués par Christine Perrin nous montreront si cela a un incidence mais il faut espérer que 2023 sera une année plus « tranquille ».
Il en va de la santé de la grotte Cibelle.

 

mardi 9 août 2022

Une oasis spéléo en pleine sécheresse

Lundi 8/08/2022

Vallée de St Pancrasse

Sortie solo (Laurent)

TPES : 4h

Le travail assidu au Vieux Lion n'empêche pas quelques divagations occasionnelles, surtout quand c'est à quelques minutes de la maison.

Depuis quelques temps je surveille la vallée de St Pancrasse où nous avons récemment mis en évidence par traçage une percée hydrogéologique jusqu'aux gorges de l'Orbieu (dénivellation = 180m). Il existe un trou souffleur à travailler au-dessus de pertes diffuses du ruisseau qui se déplacent au gré des variations de débit. D'autres trous fossiles que j'avais découvert il y a longtemps sont présents au-dessus des berges.

Mais la sécheresse inédite était l'occasion de revoir la zone pour identifier plus précisément les pertes.

Le succès a été total...

Le ruisseau draine une grande vallée dans les schistes de plus de 7km², ce qui en fait une des plus importantes captures karstiques du département si l'on excepte les grandes vallées du minervois.

De mémoire de plus de 30 ans, le débit n'a jamais été aussi bas que cette année (quand même plusieurs litres/sec, ce qui est un exploit par les temps actuels pour une perte).
Par chance, le ruisseau s'infiltre donc cette fois en un seul endroit précis, une petite vasque que je commence à déblayer. En peu de temps j'ouvre un passage au fond qui provoque une vidange immédiate de la vasque, comme une bonde de lavabo qu'on enlève.

Petit aperçu du paysage :

 

Quelques heures d'approfondissement et d'élargissement dans les alluvions, et soudain la roche en place apparait. Un méandre s'ouvre et se met à avaler tous les graviers alentours. Ca commence vraiment à ressembler à quelque chose :


Problème, il est impossible de continuer sans se faire copieusement rincer sans rien y voir en plus...
On est en plein paradoxe alors que la France et l'Europe entière crèvent de soif. C'est sans doute un luxe...
Seule solution, dévier le ruisseau.
Retour sur place avec pioche et seau, et une tranchée vite creusée sur une quinzaine de mètres dans les alluvions fait le job.

Déviation du ruisseau

La perte s'assèche presque, je déblaye l'entrée du méandre à bout de bras et je sens un courant d'air soufflant parcourir la main.

La perte presque à sec

Dernière bonne surprise de la journée : en sondant le méandre, les cailloux débouchent rapidement sur une belle verticale pas très loin. Le vide doit faire une quinzaine de mètres et ça sonne plutôt grand en bas...

Il y a environ deux mètres de méandre à ouvrir, mais il faudra au préalable encore enlever quelques blocs et alluvions instables à proximité de l'entrée.

Clairement ce ne sera pas une explo pour le coeur de l'hiver, mais il se pourrait bien qu'il existe des choses intéressantes sous cette vallée. A suivre là aussi...

lundi 8 août 2022

Aérologie souterraine : le retour : les données

Dimanche 07/08/2022

Blau/Chandelier

Participants : JLuc, Daniel, Félix, Ruben, Béranger, Flo, Laurent

TPST : 4h30, TPES : 4h

 

En complément de l'article de Laurent, voici les données obtenues.

 

1) Expérience "à blanc" à la porte du chandelier (porte fermée sauf la petite ouverture circulaire)

porte d'entrée
On voit bien que le courant d'air augmente à la fermeture du Trou du Vent du Blau (TDV), et redescend brusquement juste après l'ouverture.

Ça confirme donc bien qu'une partie de l'air du trou du vent (TDV) est dévidé vers le chandelier lorsqu'on ferme le TDV. A noter que ce n'est qu'une (petite) partie de l'air du TDV qui se retrouve au chandelier, le reste part ... ailleurs, on sait pas où. NB : d'après Laurent, en début d'étillage, la proportion d'air redirigée vers le chandelier est beaucoup plus importante.


 2) Expérience à la chatière de la museraine.

Première expérience sous terre. Le trou du vent (TDV) est fermé à 12h30 (t=0 sur le graphique) et re-ouvert à 13h00 (t=30). 

Pour les valeurs avant t=0, ce sont des valeurs "fictives" : Laurent mesurait des valeurs oscillant entre 8.8 et 9.0 m/s, mais on ne notais pas encore les temps : j'ai donc rajouté des valeurs entre 8.8 et 9 "au hasard" pour les 5 minutes où Laurent mesurait avant que je commence à noter.

chatière museraine (cliquez pour agrandir)


On remarque qu'à t=0 le courant d'air augmente brutalement : ça semble indiquer que l'air dévié par la fermeture du TDV passe bien par la chatière de la museraine.

En revanche, à l'ouverture, l'interprétation est beaucoup moins claire: 

- La grosse chute de t=27 minutes est presque 3 avant l'heure d'ouverture, donc trop tôt pour pouvoir en être la conséquence.

- Au moment de l'ouverture, il y a bien un petit pic vers le bas, mais très léger (on en a plein d'autres de la même taille, c'est bien possible que ce ne soit que du "bruit").

- À t=36, on a l'amorce de la grande chute finale (de loin la plus importante). Est-ce qu'on aurait 6 minutes de latence pour que le courant d'air s'arrête? Ça ne semble pas impossible (à la fermeture, l'inertie de l'air l'obligerait immédiatement à se frayer un nouveau chemin, à l'ouverture, vu que l'air peut continuer son chemin en cours, il ne retourne que progressivement au chemin initial). Mais ça n'en reste pas moins "tirré par les cheveux", et un seul cycle de fermeture/ouverture me semble bien insufisent pour pouvoir affirmer cette hypothèse (il aurait fallu voir la même tendance à au moins 2-3 reprises pour en être à peu près sûr).

On remarquera enfin que tout du long de l'expérience, la vitesse du courant d'air varie : il est bien possible que ce soit dû au vent extérieur (ça pourrait aussi être des passages ombre-soleil changeant la température de l'air, des changements de pressions (par exemple sous un cumuls), ...)


Au vu des données, je dirais qu'il est probable (mais pas certain) que la jonction aérologique avec le Blau soit après la chatière de la museraine.



3) Expérience à l'étroiture de la jonction I-II

Seconde expérience, au niveau de l'étroiture entre les réseaux I et II. Fermeture du TDV à 14h00, ré-ouverture à 14h30.

A noter que la mise en place du colmatage autour de la section calibrée (le tube bleu) a été beaucoup plus difficile que prévu, et qu'on n'a donc réussi à avoir quelque chose d'acceptable qu'à la dernière minute. On a donc commencé les mesures seulement 15 secondes avant la fermeture tu TDV.

étroiture jonction I-II (cliquez pour agrandir)


Pour le coup, je ne vois pas d'interprétation claire de ces données. J'ai quelques hypothèses, mais il faudrait répêter l'expérience au moins 1 ou 2 fois de plus pour pouvoir trancher (ou les rejeter toutes) :

1) la jonction aérologique se trouve entre la chatière de la museraine et l'étroiture de jonction I-II : il n'y a donc pas de variation de courant d'air lié à la fermeture du TDV, et on ne vois que les variations dues aux conditions "météo" extérieures (vent, ...). La conclusion serait alors qu'il faut chercher la jonction avec le Blau entre la museraine et la jonction I-II

2) les perturbations extérieures sont trop fortes, et cachent toute l'information utile. La conclusion serait que l'expérience a "raté" et qu'il faut la refaire sans le moindre vent ; rien à en déduire sur l'emplacement de la jonction aérologique

3) La jonction aérologique se trouve entre la chatière de la museraine (A) et l'étroiture de jonction I-II (B). Lorsqu'on bouche le TDV, la pression augmente (en quelques minutes) dans la section entre A et B. Cette surpression s'oppose au d'air arrivant en B (qui vient des réseaux II,III,IV), réduisant ainsi sa vitesse. Celà expliquerait que la vitesse baisse à partir de t=1.5. Néanmoins, une fois que la circulation d'air retrouve un cheminement normal, la pression revient à la normale, et la vitesse du courant d'air en B redevient normale également (à t=8). A l'ouverture, on semble avoir le même phénomène dans l'autre sens, et cette fois-ci sans délai : dès que le TDV est rouvert, celui-ci se remet à soufler, et il y a donc brusquement moins d'air arrivant dans la section AB : il y a donc une dépression dans la section AB, ce qui accélaire le courant d'air en B (qui entre dans la section AB) : on observe donc l'augmentation de vitesse de t=30. Ensuite, les pressions se re-équilibrent, et la vitesse du courant d'ait revient à la normale vers t=35.5. Cette hypothèse expliquerait donc le creux très marqué aillant suivit la fermeture, et la bosse (un peu moins marquée) ayant suivi l'ouverture. Néanmoins, vu le niveau de bruit et le peu de données (un seul cycle fermeture/ouverture), il est bien possible que ce soit une sur-interprêtation des données.


On a donc deux hypothèses en faveur d'une jonction avec le Blau entre la chatière de la museraine et la jonction I-II, et une comme quoi les données sont juste inexploitables.

Ayant fait une seule expérience, et vu le niveau de perturbations, il serait néanmoins prématuré d'en tirer une conclusion (mais si vous passez dans le réseau I, gardez les yeux ouverts si vous voyez une potentielle arrivée d'air).

A noter également que le débit d'air (ie la vitesse multiplée par la section, qui n'a pas variée si on néglige les fuites de nos barrages) ne semble pas beaucoup varier entre les deux étroitures où on a mesuré. Cela serait un argument en faveur du fait que le jonction ne soit PAS entre ses deux étroitures. Mais vu que globalement les variations de vitesse sont faibles par rapport à la vitesse globale (de l'ordre de 10%) et que nos barrages avaient des fuites d'air, c'est difficile d'être sûr de l'égalité des débits.


Donc difficile à mes yeux de conclure sur l'emplacement de la jonction aérologique, à part qu'elle n'est probablement pas entre la chatière de la museraine et la porte du Chandelier.

Si vous avez d'autres idées d'interprétations (ou des critiques des miennes), je suis preneur.

 

 

Pour la prochaine expérience, je suggèrerais :

- prévoir un peu plus de temps pour étanchéifier les barrages

- mesurer également la pression (ça permettre de discuter l'hypothèse 3)

- si le temps le permet, faire 2 cycles fermeture-ouverture par emplacement (pour gagner du temps, on pourait fermer à t=0, ouvrir à t=30, fermer à t=45, ouvrir à t=60 : on rajouterait ainsi 30 minutes par emplacement, soit 2h au lieu de 1h30 si on inclus les temps de montage/démontage/déplacement vers l'emplacement suivant)

dimanche 7 août 2022

Aérologie souterraine : le retour

Dimanche 07/08/2022

Blau/Chandelier

Participants : JLuc, Daniel, Félix, Ruben, Béranger, Flo, Laurent

TPST : 4h30, TPES : 4h


Les conditions très sèches constatées dans le réseau cette semaine nous ont incité à changer le programme désobstruction en collecte de données aérologiques, avec des tests sous terre cette fois.

Le but est d'essayer d'isoler le tronçon de réseau dans le Chandelier qui échange de l'air avec la partie active inconnue débouchant à la source du Blau.

Pour cela on procède au bouchage du trou du vent du Blau et on surveille les vitesses de courant d'air dans certaines sections rétrécies du Chandelier (bouchons de calcite), sachant que les deux cavités soufflent fortement en été. Deux objectifs pour aujourd'hui : la chatière de la Murène au milieu du réseau I et l'ancienne boite aux lettres à la fin du réseau I.

JLuc et Daniel seront de garde au trou du vent, en bouchant et débouchant alternativement le robinet d'air (plutôt le réacteur...) avec un protocole horaire bien défini à l'avance.
L'équipe souterraine (tous les autres) a un timing à respecter pour aller sur place (500m de progression), calibrer la première section et mesurer la vitesse à l'anémomètre pendant 1/2 heure, puis se déplacer à la section suivante (350m plus loin) et recommencer l'opération. Pas simple...

Une première mesure "à blanc", soit en surface à la porte du Chandelier, nous confirme que la jonction aérologique étudiée trois ans auparavant est toujours active malgré la jonction avec l'aven du Vieux Lion bien en amont. Cependant il ne s'agit pas d'un transfert de courant d'air équilibré : des fuites d'air, déjà constatées en fort étiage, existent ailleurs quelque part à l'aval du système (ce n'est pas le cas en début d'étiage où la totalité du courant d'air stoppé au Blau se retrouve au Chandelier). Et le Blau dans ces conditions souffle plus que le Chandelier.
Qu'importe, aujourd'hui la signature d'une réaction nous suffira...

Nous arrivons à temps à la première chatière et calibrons rapidement la section à l'aide d'un tube de la taille d'une tête humaine, de sacs de sable, de tapis et de mousses synthétiques pour les fissures annexes.
Nous nous apercevons que le courant d'air ici est plus fort qu'à la porte d'entrée (fuites probables vers le versant depuis la base des puits dans la galerie aval)

 

Préparatifs

Section calibrée. Comment ça, c'est morbide ?

Début des mesures


A l'heure prévue (bouchage du Blau), la vitesse passe de 8,8 à 10,4 m/sec. Réaction confirmée en ce point, la jonction aérologique se situe donc en amont. Félix enregistre sur un carnet toute la chronique que je lui dicte toutes les quelques secondes.

Après 40mn, nous nous déplaçons au second objectif : la boite aux lettres.
La section est plus large, la première tentative avec les bâches est un échec, rien ne tient et tout s'envole avec la force du courant d'air. Il nous reste peu de temps et Béranger commence à bâtir un mur en dur avec cailloux et glaise de mondmilch en guise de ciment. Rien à faire, le haut du mur cède sous la pression. Nouvelle consolidation, ça semble tenir, juste à temps pour la mesure.

Cette fois, énorme surprise : à l'heure dite, la vitesse du courant d'air n'augmente pas mais s'effondre de plusieurs m/sec, avant de reprendre sa valeur nominale. Aucune autre chute de ce type pendant les 35 minutes de mesures en continu qui suivent : il s'agit bien d'une conséquence de l'action de l'équipe en poste au Blau...
De temps un temps, une brique de glaise est expulsée par le vent. Alors que dehors il fait 30°, je dois être un des seuls habitants d'Europe occidentale à être en train de me paralyser les mains à cause du froid !

Pas de réaction immédiate à l'heure du débouchage, mais les relevés sont brusquement interrompus : un large trou vient de se réouvrir à droite avec la pression "impressionnante" :

Heureusement l'essentiel est acquis pour aujourd'hui. Nous rentrons vers la surface et un contraste thermique inexorable..
Pour expliquer le phénomène de chute de vitesse, nous pensons d'abord que l'équipe de surface a inversé les consignes (débouchage au lieu de bouchage). Mais niet, ils ont appliqué le protocole à la lettre.

Avant d'avancer une théorie catégoriquement (il y en a déjà..., notamment une arrivée d'air du Blau entre les deux chatières mesurées), nous préférons attendre d'autres données : la semaine prochaine, une nouvelle campagne de mesures est prévue, cette fois en calibrant et mesurant la chatière de la barrière entre les réseaux III et IV, puis le boyau du vent. C'est beaucoup plus loin, nous entrerons donc par le Vieux Lion.

Félix se colle à l'élaboration des graphiques excel de cette première salve de données. A suivre...

jeudi 4 août 2022

Traversée Vieux Lion/Chandelier en classique

Mercredi 3/08/2022

Vieux Lion/Chandelier

Participants : Pierre, José, Kinou, Stoche, Maël, Michel, Léa, Laurent

TPST : 6h30


Sortie prévue de longue date pour guider en traversée le SCM qui est en camp spéléo toute la semaine sur le plateau de Sault.

Journée sous le signe de la bonne humeur, de la convivialité et de l'échange. Ca fait du bien, pour une fois et provisoirement, de ne pas être dans les travaux durs dans le réseau.

Traversée effectuée en 6h30 en prenant le temps de quelques explications, observations et historiques. Très peu d'eau dans le réseau et bon courant d'air malgré la porte fermée au Chandelier.

Les participants, aux prises avec des désobstructions rébarbatives sur d'autres secteurs du plateau cette semaine, ont été bien remotivés.
On termine la soirée au gîte avec un jeu de palet, un super repas et bien sûr quelques discussions spéléologiques.






 

mardi 2 août 2022

Séance dans une "carrière" ventilée

Dimanche 31 Juillet 2022: Séance dans une "carrière" ventile.
Pech de Laure, Trassanel.
Participants : Daniel M., Henri

Avec Daniel M. Que je rejoins vers les 10H30. A 2 dans ce "trou" déjà profond (estimation -7m) c'est du muscle ++ pour sortir les remblais. L'assommoir solaire est tel que je n'ai pas le courage d'enfiler la combi, et fait le gros de la séance en short.Ce départ, ouvert de main d'homme à la bonne idée de souvent souffler des rafales d'air frais très très agréables. Étrange pour une entrée haute!4 rafales de pailles et avancée de 50cms. Mais toujours aucune perspective (à l'image du "vestiaire" proche), si ce n'est de temps en temps des petits vides entres blocs. Mais, mais il nous semble percevoir une résonance devant à droite. En fait à 3 participants le trou ideal pendant ces canicules de m....
Et un jour anniversaire pour les 70 printemps de Daniel. Qui au vu de ce qu'il a fait, et fait encore mérite largement le prix spécial de la "gamate d'or"!!!!!!!
Refaire les escalades amont de l'Aven de Clergues s'imposent plus que jamais. Avis aux amateurs....Avec les "pulses" se devrait être de la rigolade...
Pot bien mérité à l'ombre des platanes de Villeneuve.

TPST:6H30