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lundi 24 mars 2025

Adaptation dans l'urgence

Lundi 24/03/2025

Sources d'Alet

Participants : Henri, Laurent + passage de Boris

TPES : 1h

Nouveau rebondissement dans l'opération de (multi)traçage en cours...

Au mépris des modèles météo, un front pluvieux peu mobile a copieusement arrosé la vallée de l'Aude toute la nuit. Résultat : le plus fort coup d'eau depuis 4 ans sur ce secteur; l'Aude est en crue et beaucoup de vallées plus ou moins sèches se sont brutalement réactivées.
Le département oscille entre pas assez d'eau et trop d'eau sans transition...

Au niveau de l'appareil de suivi du traçage, la courbe de turbidité montre une poussée instantanée vers 5h du matin : il s'agit d'une crue-éclair, non pas de la résurgence karstique, mais de la vallée de surface qui y débouche et qui n'avait pas coulé depuis bien longtemps (2020 ?)
Il faut intervenir au plus vite pour ne pas perdre le coûteux matériel dans la crue...

En arrivant sur place je tombe sur Henri et nous filons jusqu'au site d'installation la peur au ventre. La corde a tenu bon mais les embâcles pourraient se coincer dans le câble à tout instant.
Sur la vidéo on devine la corde et le câble plongeant dans l'eau boueuse sur la rive opposée :


Heureusement nous parvenons à tout récupérer sans casse. De toute manière nous avons enregistré la quasi-totalité de la restitution de fluo avant la crue, et ce que l'on mesure ici et maintenant n'a plus grand-chose à voir avec le karst. De plus ça peut durer plusieurs jours.

Après réflexion et afin de poursuivre le suivi pour le traçage du Guinet qui est en cours (et qui a dû prendre un sacré coup d'accélérateur avec toute cette flotte en transit sous terre), on trouve un site à l'abri des crues de surface qui ne mesure que de l'eau karstique.
Nouvelle installation et connexion nickel avec le serveur, un sacré coup de bol que ce soit possible.

Il n'y a plus qu'à espérer que l'eau de surface s'arrête de couler avant la deuxième restitution, afin de pouvoir faire une mesure de débit karstique au bon moment et pouvoir comparer les taux de restitution et les volumes tracés.
Ceci dit l'opération est déjà une belle réussite et les nouveaux résultats éventuels seront du bonus.
A suivre...

dimanche 23 mars 2025

Une opportunité qu'il ne fallait pas laisser passer...

Dimanche 23/03/2025

Perte aval du Guinet

Participant : Laurent

TPES : 1h

Suite à la découverte hier d'une réouverture naturelle d'une perte localisée du ruisseau de Guinet, et puisque le suivi est en place à Alet, il n'a pas fallu longtemps pour imaginer transformer l'essai du traçage du Chant du Loup avec une deuxième injection à Missègre.

Cette perte aval du Guinet se situe en effet 4500m en aval (à vol d'oiseau) du Chant du Loup, mais encore à plus de 9 km en amont des résurgences d'Alet, en plein sur le trajet présumé du réseau souterrain.
De plus elle n'a jamais été tracée et le seul traçage dans ce secteur concernait la perte amont, aujourd'hui désactivée. L'ancien traçage a été fait par EDF dans les années 60 et nous n'avons aucune donnée quantitative. Un gros manque à combler...

Pour finir, les conditions hydrologiques sont plutôt stables avec quelques pluies qui devraient maintenir, voire augmenter un peu le débit aux sources. Les restitutions devraient donc pouvoir être comparées et nous donner de nouvelles billes sans avoir à remettre sur pied une nouvelle opération l'année prochaine sur cet objectif.
J'ai donc pris l'initiative d'injecter un peu de rouge dans le système karstique ce matin.


Résultats complémentaires attendus d'ici une semaine environ...
 

jeudi 20 mars 2025

Des news du traçage...

Jeudi 20/03/2025

Quelques nouvelles du traçage en cours au Chant du Loup :
La fluorescéine est en cours de restitution depuis hier soir aux sources d’Alet, après un parcours souterrain de plusieurs dizaines de kilomètres, et malgré le régime actuel de basses eaux (débit actuel = 250 l/sec = 10% du débit pendant l’opération précédente de traçage de la perte de St Andrieu en mars 2020).

La théorie d’une capture à contresens, vers le système d’Alet, d’une partie de la vallée du Lauquet, au delà des vallées du Guinet et de Ferrières, est confirmée, et l’opération vient donc de révéler l’origine la plus lointaine des sources d’Alet.
 
Des échantillonnages pour le laboratoire et des mesures de débit sont en cours et vont perdurer durant la période de restitution. Nous pourrons ainsi comparer les masses de traceur restituées et les volumes d’eau tracés avec ceux des précédentes opérations, et nous pourrons en déduire pas mal de choses sur le fonctionnement de ce système qui s’avère encore plus grand que ce qui était déjà connu par les anciens traçages...
 
Les perspectives d’exploration sont donc également énormes, d'autant plus que nous avons à présent un point d’entrée dans la cuirasse. 
De quoi alimenter pas mal de rêves et en concrétiser quelques uns on espère...

Signal de fluorescence sur la lampe I fluo (verte) aux sources d'Alet



samedi 10 septembre 2022

Traçages sur le plus haut karst d'Europe

3 et 4/09/2022

Massif du Marboré - Monte Perdido - Gavarnie


Pendant que les copains poursuivaient les explos au Vieux Lion, j'étais embarqué (Laurent) dans une expédition franco-espagnole (14 personnes) pour tenter de révéler un nouveau volet de la connaissance hydrogéologique de ces massifs mythiques.

Deux jours inoubliables, hors sol, extraterrestres.

Petite compilation de photos de Fabien et moi, en attendant une communication collective ultérieure des résultats.

Jour 1 : portage du matériel et installation des bivouacs








Jour 2 : Lever 5h30 après une courte nuit sous terre, départ 6h et périple non stop jusqu'à la tombée de la nuit (retour aux véhicules)









vendredi 5 février 2021

Premiers résultats du traçage sur le plateau de Sault : le Blau souterrain formellement localisé

 Participants : JLuc, Boris, Laurent + Christophe (univ. Perpignan)

Le temps des hautes eaux n'est pas propice aux explorations de pointe comme nous l'avons constaté la  semaine dernière (voir post précédent). Cependant, cette situation a aussi ses avantages, et nous comptions bien en tirer profit.

Dès lundi 1er février, une ambitieuse opération de traçage, préparée depuis quelques temps déjà, était mise en place sur notre secteur favori de recherches.

L'épisode pluvieux en cours sur le plateau de Sault n'a rien d'exceptionnel; il s'en produit plusieurs fois par an du même ordre de grandeur. Mais il semble suffisant pour "éclairer" certaines circulations ou diffluences karstiques potentiellement activées dans ce cas. Nous comptons rester pour cette fois dans les quelques kilomètres aux alentours du Blau pour mieux cerner ce secteur encore plein d'énigmes, un quasi-désert hydrogéologique. Les deux cibles sont la perte du Sarrat de l'Etreuil, qui a la réputation d'être la plus lente du plateau vers Font Maure (27 jours de trajet, vieux traçage de 40 ans sur lequel des doutes étaient émis), et la perte de Coume Froide, jamais tracée précédemment ni même inventoriée.

Nous prélevons des échantillons "à blanc" dans les résurgences qui ont un bon niveau hivernal (Font Maure, Blau, Graviers, Fontestorbes)

Font Maure

Fontestorbes avec une teinte caractéristique de fonte nivale

Rendez-vous ensuite sur le plateau. Comme plusieurs autres mécènes, l'université de Perpignan nous soutient dans cette opération et Christophe, qui travaille en laboratoire sur la fluorescence, nous accompagne sur le terrain. Il s'occupera ensuite des analyses labo.

Christophe, JLuc et Boris en tenue de combat

Sur le site de Coume Froide, le ruisseau débite 4,5 l/sec environ et s'infiltre dans les premiers affleurements calcaires de la clairière, sans atteindre la perte aval où un courant d'air se fait encore sentir, signe que tous les conduits ne sont pas saturés dans l'endokarst.

Un peu de couleur dans la clairière

Photographe photographié

C'est parti...


Ensuite direction le Sarrat de l'Etreuil pour la suite de l'opération. Le ruisseau débite 5,5 l/sec environ. La perte est à saturation et la doline ne peut absorber plus de débit sans déborder. Il faut dire que l'eau s'infiltre au travers des marnes jusqu'au calcaire sous-jacent.






Nous avons ensuite tenu une rencontre avec Mr le Maire de Puivert pour le tenir au courant de nos travaux.

De retour à la maison, je jette un oeil sur le serveur qui charge les données en direct toutes les heures, pour vérifier que tout fonctionne bien...

Et là, c'est la stupeur...

Cela fait environ 5 heures que nous avons injecté, et la courbe part soudain à angle droit vers le ciel sur le graphe de la résurgence du Blau, à plus de 2km à vol d'oiseau. Deux mille mètres divisé par cinq, ça fait...400 mètres linéaires à l'heure !

Avec une expérience de plusieurs dizaines de traçages et pas mal de lecture sur le sujet, c'est une valeur que je n'ai jamais vue même sur les karsts les plus transmissifs, encore plus incroyable sur un karst de plateau avec un débit d'injection d'à peine quelques l/sec.

Malgré la dilution dans la doline de la perte, la courbe de restitution ressemble plutôt à un mur : le pic est atteint deux heures environ après le début de restitution. Il ne dure que quelques minutes. La descente est rapide, et la traine habituelle en traçage est réduite à sa plus simple expression. 24h plus tard, il ne reste plus aucune trace de colorant dans le Blau. Si on avait tracé en rivière extérieure, le résultat eut été quasiment le même.

Une seule explication possible au phénomène : la perte, passé le transfert vertical, est située en plein sur le collecteur du Blau souterrain, dont le débit est d'environ 4 à 5 m3/sec à ce moment-là (le seuil de mesure et une courbe de tarage existante nous facilite la tâche pour les débits). Cela ne représente qu'environ 25 à 30% de sa capacité en crue. Cette rivière puissante qui nous fait rêver depuis le début passe donc bel et bien dans ce secteur, un drain unique qu'aucun obstacle ne semble freiner...

Le report sur carte est parlant : le collecteur recoupe obligatoirement le début du réseau IV du Chandelier, quelques dizaines de mètres sous les galeries connues. Le grondement entendu par l'équipe du Chandelier la semaine précédente à ce niveau n'est donc certainement pas une illusion...

Quand on rajoute à ces arguments les conclusions déduites de l'expérience de surpression aérologique de l'été 2019 (voir carte ci-dessous), on se rend compte que la terre (cf carte géologique sur un précédent post), l'air et maintenant l'eau nous chantent la même mélodie.

carte des conclusions de l'expérience aérologique de 2019

carte déduite du traçage 2021 de la perte du Sarrat de l'Etreuil

Le Blau souterrain gronde dans l'ombre en attendant qu'on le découvre, il n'est plus qu'à quelques dizaines de mètres de la zone connue du Chandelier.

Mais tout le traceur n'est pas encore ressorti au moment de l'écriture de ce post. Il va y avoir beaucoup de choses à dire quand le traçage sera terminé, mais ce premier résultat justifie déjà à lui seul l'ampleur de l'investissement.


mardi 17 mars 2020

Speed. (un peu d'optimisme en ces temps difficiles)

Durant les deux premières semaines de Mars, les conditions météo ont permis de cibler une période propice à une vaste opération de traçage sur la partie ouest du massif de Mouthoumet.
Il s'agissait de travailler sur les bassins versants respectifs de la source de Montjoi et du Dourgas, et de tenter de révéler l'existence, le cas échéant, de drains peu visibles en temps normal pouvant contribuer aux crues.

Un panel de conditions devaient être réunies : des hautes eaux mais pas de crue, une activité suffisante de certaines pertes, un débit stabilisé aux résurgences sur plusieurs jours, une eau non turbide. Bref, pas facile...
Après un long suspense, finalement le top départ a été donné le 04. En fin d'après-midi, de la sulfo a été injectée dans la perte d'Aigues-Vives et de la fluo dans celle de St Andrieu

Injection sulfo
Début d'une vague de résultats exceptionnels, dès le matin du 06, un pic de restitution est constaté à Montjoi, suivi d'un deuxième le lendemain beaucoup plus massif. L'ensemble trahit la présence d'un drainage rapide et organisé, activé uniquement en hautes eaux, transitant à 110 m/h linéaires depuis la commune de Villardebelle, doublé d'un autre axe de drainage, majoritaire la plupart du temps, et déjà révélé lors du traçage de 2011 à Bouisse.
Un premier résultat très excitant, mais ce n'était que le début des surprises...


Superbe positif à Montjoi


 Dès le petit matin du 07, la fluo sort massivement et de manière très concentrée au Dourgas. Ce résultat explose littéralement tous les records précédents des autres systèmes karstiques du département : une vitesse de pointe frôlant les 200 m/h linéaires sur une distance de 12 km à vol d'oiseau, et sachant qu'au moins le dernier quart du système est noyé ou semi-noyé, c'est plus rapide que Cabrespine ou le pays de Sault en n'importe quelles conditions hydrologiques. La courbe et les différents paramètres (vitesse modale, étalement, concentration...) signent l'existence d'une rivière souterraine sous le massif développant probablement une trentaine de kilomètres...
Dourgas fluo

Confluence avec l'Aude
Les équipements ont été retirés en fin de semaine dernière. L'ensemble des relevés a beaucoup de conséquences également sur la géologie interne du massif, la répartition des bassins versants, la morphologie karstique des systèmes. Bref, une belle évolution des connaissances qui fera date dans l'exploration du massif.
De belles perspectives aussi pour la spélo audoise dans les prochaines années, de surcroit dans le périmètre du futur PNR. Sur le plan explo, en parallèle du pays de Sault, la perte stratégique de Missègre sera le premier objectif du secteur une fois la vague virale passée.

mercredi 12 juin 2019

Rêvons un peu...


Pour rebondir sur l'actualité exploratoire vernouzienne,et donner un support de réflexion à ceux qui connaissent mal le plateau de Sault, voici la carte hydrogéologique publiée l'année dernière dans le rapport final du projet "Sault" (piloté par le BRGM) et qui synthétise le scénario le plus probable de l'organisation des écoulements souterrains du massif.

Cette carte prend en compte les résultats des trois années d'études du projet, après analyses des différents traçages, y compris les derniers effectués en Mars et Avril de l'année dernière (Coumeilles, Rébounédou, Coudons et Vernouze, voir les posts sur le blog à ces dates).



On remarque que les écoulements (traits noirs discontinus) ont été divisés en 2 groupes : le collecteur sud qui regroupe les pertes de Camurac, Quirines, Vernouze et Coumeilles, caractérisé par une dominante d'advection (peu de dispersion, bonne organisation du drainage),et le collecteur nord provenant du Rébounédou et confluant très en aval à proximité de Font Maure, caractérisé par une plus forte dispersion et une moins bonne organisation.

Ce scénario évolutif, basé sur les courbes de restitution (nombre de Péclet entre autres) a du mal à coller avec les structures géologiques existantes (on pourrait s'attendre à ce que Coumeilles et Rébounédou suivent la même structure au nord, et Camurac + Quirines et Vernouze la même structure au sud du synclinal des marnes de Fougax). La nature est donc pleine de surprises, et d'autres sont certainement encore à venir dans les années qui viennent...

Il y a donc encore du pain sur la planche pour tout comprendre. Par contre, les visiteurs avertis du blog auront remarqué la position centrale et stratégique de la Vernouze, à la fois proche de la confluence supposée du collecteur venant de Camurac et de celui venant des Coumeilles. Et pourquoi pas en très hautes eaux, proche également de la diffluence supposée vers le Blau (médaillon en bas à droite). Un scénario à vous faire flamber quelques neurones spéléos, avec une des plus grosses rivières souterraines de France sous les pieds.
Gageons que la nature saura nous remettre à notre place de petits humains insignifiants dans la poursuite de cette quête de découverte de ce monstrueux karst, mais il n'est pas interdit de rêver, et les conditions pour s'approcher du but n'ont jamais été aussi favorables...

mardi 10 avril 2018

Vitesse record pour le premier traçage positif vers le Blau


Presque tout est dit dans le titre : les premiers résultats partiels du traçage commencé hier sont déjà tombés : l'éosine injectée à Coumeilles sort depuis le milieu d'après-midi au Blau comme le montre cette belle courbe :


 C'est le premier traçage qui ressort au Blau depuis le début des études hydros sur le plateau de Sault, et la vitesse se passe de commentaires : 200m/h !
On peut donc dire que cette opération est révolutionnaire...
La carte pour illustrer :


Avec ces chiffres, c'est une autoroute qui existe loin sous le massif (je cache ma joie). Bottes neuves et matos de bivouac à prévoir pour cet été...

lundi 9 avril 2018

Traçages Pays de Sault, deuxième session

Lundi 09 Avril 2018
Pertes de la Vernouze et de Coumeilles
Participants : Boris, Jérôme, Laurent + visite de Jean-Luc et Julie
TPES : 5h

La nature est bienveillante pour les hydros-spéléos ce printemps puisqu'une nouvelle fenêtre météo favorable s'est mise en place entre deux épisodes de pluies. Il est tombé environ 45mm Dimanche et cours d'eau et résurgences ont fortement réagi.

Après pas mal d'incertitudes finalement le protocole prioritaire est défini et le top départ est lancé ce lundi vers midi. Nous avons très peu de temps car la décrue est très rapide cette fois (plus de neige).
A 15h, 5kg de sufo sont injectés dans la perte de la Vernouze.

Injection; le débit est de 20 L/sec environ

Volutes esthétiques

Les derniers écoulements se perdent devant la cavité


L'eau durant la crue de la nuit s'est infiltrée sous la digue, la cavité a été décapée et nettoyée sans la moindre mise en charge. Il faudra prévoir une grille à fin maillage pour la suite.
Vidéo du site :


Ensuite direction Coumeilles; la perte est vraiment spectaculaire avec un débit de 300 l/sec mais qui a largement dépassé le mètre cube seconde dans la nuit. Aucun équivalent dans le département.
Le lien de ce site avec la genèse du  Blau et du Chandelier paraît très probable.
Nous injectons 6kg d'éosine.

Mélange

Injection

Vers l'inconnu



 Les résultats de ces deux traçages seront forcément inédits et sont attendus avec impatience...

Paysage reposant après l'action

samedi 31 mars 2018

L'origine du Blau reste mystérieuse

Samedi 31 Mars 2018
Suite des résultats du traçage plateau de Sault

On s'en doutait fortement depuis deux ou trois jours, eh bien c'est confirmé : la perte du Rébounédou ne participe pas à l'alimentation du Blau.
La coloration verte est réapparue à Font Maure depuis hier, elle est visible à l'oeil nu ce matin.



Il y a d'autres sorties d'eau en amont de l'émergence au niveau de l'Aude
Il semble que le chemin emprunté par l'eau soit le même qu'en moyennes eaux car les caractéristiques de restitution se ressemblent (forte dilution, zone tampon). Toutefois la vitesse est bien plus élevée, supérieure à 100m/h linéaires, car le fort débit booste le renouvellement dans les drains.

Du coup, le mystère de l'origine du Blau s'épaissit car il faut bien lui trouver un bassin versant en relation avec son débit, vers l'Ouest et le Sud-Ouest. De nouvelles investigations seront nécessaires...
Le trajet de la fluo sur la carte ci dessous :


mardi 27 mars 2018

Ginoles Express

Mardi 27 Mars 2018
Suivi traçage Pays de Sault
Participant : Laurent
TPES : 4h

Les premiers résultats n'auront pas tardé : la sulforhodamine injectée en bas du poljé de Coudons Dimanche est déjà dehors à la source, ou plutôt aux sources de Ginoles.
Début de la restitution hier soir vers 23h, peut être avant à la source amont qui semblait nettement plus concentrée que la source principale suivie.
La montée a été rapide puis le pic est passé en fin de nuit. Forte concentration encore très visible ce matin.

La source suivie est à droite mais beaucoup d'eau arrive des trop-pleins en amont
L'eau est au ras supérieur du seuil


Je fais un prélèvement dans la source pour pouvoir caler la courbe du fluorimètre puis monte dans la forêt vers les trop-pleins qui, de toute évidence, sont actifs. Le débit global du système doit se situer aux environs de 800 à 1000 l/sec.
Effectivement trois des quatre trop-pleins sont émissifs et d'un joli rose.





Le trop-plein le plus en amont a débordé légèrement durant la nuit

Je fais également un prélèvement dans le trop-plein qui débite le plus pour comparaison avec la source pérenne. Dans l'échantillon amont la couleur est visible à l'oeil nu dans la bouteille tandis que dans celui de la source basse ce n'est pas le cas (mélange ?).

Premières conclusions : ce traçage vient de mettre en évidence l'existence d'un drain rapide entre la dépression de Coudons et la source de Ginoles. Drain activé uniquement en hautes eaux puisque lors des précédents essais soit le traceur n'était pas réapparu, soit les vitesses constatées étaient très lentes (perte du ruisseau de Montmija).
Ce résultat démontre tout l'intérêt des traçages en hautes eaux à comparer avec ceux en moyennes ou basses eaux.
Connaissant la structure géologique en karst barré à l'aval, on peut imaginer sans peine une rivière souterraine en écoulement libre dans la partie amont du système pour parvenir à la vitesse linéaire de progression constatée : 125 m/h.
Bonne nouvelle sur le plan spéléologique, mais qui pose un problème d'ordre géologique puisque l'eau est théoriquement obligée de traverser l'étage des marnes de l'Aptien supérieur pour aboutir à la source. Il aurait été plus simple pour l'eau de la perte de filer droit sur la source de Font Maure sans aucun barrage étanche dans cette direction. Mystère...

Deux cartes pour résumer ces résultats :


Sur la carte, l'horizon étanche est noté N6a2

Pour l'instant, pas de résultats sur la fluorescéïne injectée au Rébounédou, alors que le Blau vient d'enregistrer une nouvelle montée d'eau suite aux pluies de hier.

Le Blau vers 11h30 ce mardi
Il ne semble donc pas pour le moment que le Rébounédou fasse partie du "premier cercle" de la zone d'alimentation du Blau. Affaire à suivre...

Enfin dernière info, j'en ai profité pour aller revoir une zone de pertes, repérées lors d'une prospection cet automne, dans un endroit stratégique au niveau de la structure géologique du plateau ( croisement entre vallée fossile menant au Blau et versant sud du synclinal des marnes albiennes divisant le plateau en deux sous-unités hydrogéologiques).
En suivant un ruisseau d'une trentaine de litres par seconde, je suis tombé sur une zone plus calcaire (là où théoriquement il n'y en a pas) avec une perte magnifique, totale, surplombée par un petit trou souffleur dans une zone très sauvage et visiblement jamais prospectée.

Le ruisseau creusant un petit canyon dans les marnes albiennes

Le trou souffleur juste au dessus de la perte
Cette perte, vu son emplacement géographique et géologique, méritera d'être ciblée en priorité lors d'un prochain traçage.