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jeudi 4 avril 2024

J'ai confondu des boules d'argile avec des œufs de pâques... mince alors !

Du Samedi 30 Mars au Lundi 1 Avril 2024

Participants : Charlie.P, Alary

Grotte des Madalle / Grotte de la Boîte aux lettres / Grotte du Fournials

TPSTtotal: 25h30


                

Samedi 30

    Grotte des Madalle

    TPST: 1h

Petit tour rapide de début de journée pour vérifier le niveau d'eau dans la grotte. Ce dernier est monté d'environ 30cm par rapport à notre ancien trait témoin datant de début mars. En plus de ça, le courant est maintenant bien visible, faisant tournoyer quelques petites bulles en surface. L'eau se dirige bel et bien vers là où nous creusions, soit de ce fait, l'aval. À suivre jusqu'à ce que l'eau se retire.


    Grotte de la boîte aux lettres

    TPST: 2h30

Au départ des Madalles, nous faisons un tour dans la rivière toute proche, qui s'est remise à couler temporairement plus loin que d'habitude après quelques pluies puissantes (de quoi crée quelques embâcles). L'eau semble se perdre à plein d'endroits dans le lit de manière non significative, comme au point le plus bas atteint par l'eau ce jour là, se terminant en une petite flaque. De jour en jour, la rivière remonte.

Vidéo de l'eau qui revient en surface à la mi-mars: 

Là où nous sommes garés, se trouve la boîte aux lettres, grotte bien connue du village, découverte lors de la construction de la route. Charlie y avait déjà été en période sèche il y a fort longtemps, et avait repéré une zone style lit de ruisseau, mais entièrement comblé... C'était donc le moment parfait pour y faire un tour, d'autant plus que je n'y suis jamais allé ! La cavité suit une grande diaclase, avec des espaces parallèles des deux cotés. C'est plutôt large, et haut d'environ 30m par endroits, tout joliment concrétionnée. Ici, on trouve des remplissages de galets de rivière asses haut dans les salles, et des coulés de calcites rongées du dessous par l'eau, créant des sortes de demi sphères toutes lisses. 

Ça raconte
Et en arrivant dans une plus grande salle, après la fameuse boîte aux lettres (étroiture descendante pas cool), nous entendons le bruit de l'eau ! Quelle excitation !


Et nous tombons effectivement sur l'actif, un petit ruisseau qui a quand même dégagé près d'un bon mètre cube de graviers, sans boucher la suite !
L'amont est un passage très bas, l'eau touche le plafond. Même topo pour l'aval, un petit siphon. Tant qu'à être là, nous explorons un peu partout, et retombons plusieurs fois sur l'actif passant quelques mètres plus bas, avec une vue plongeante. À force, nous arrivons vers une escalade scabreuse plein vide des deux coté (départ sur une arête), d'où pend une corde de nature inconnu, menant vers un supérieur. Un des vides nous est inexploré, donc nous descendons avec précaution, sur de grandes lames de roches flottantes. Puis après une bonne quinzaine de mètre de descente, nous atterrissons dans une salle plus grande, avec de superbe forme de creusement hydrique, tout de courbes et de tranchants ! La zone a vraisemblablement déjà été explorée, je repère à quelques rares endroits au sol des traces de genoux et autres frottements à moitié recouvert d'argile. Dans cette salle, 5m plus bas, passe l'actif. Pour y accéder, il faut passer un petit éboulis de gros blocs en descendent. Charlie s'y engage, mais c'est trop étroit pour moi, l'angle est très mauvais, et je finis par ne plus du tout avoir de prises de pieds, ni de main... mais je parviens au bout d'un petit moment de recherche, à enfoncer tant bien que mal un genou dans l'argile, et à remonter suffisamment pour regagner en mobilité du haut du corps, et m'extraire. Charlie aura également un peu de mal à remonter via cette étroiture. En tout cas, une désob ici dans le ruisseau (à l'étiage) pourrait se tenter ! On reviendra. 

D'ailleurs, la Grotte des Madalles et cette grotte ci communiquent probablement via cet actif.

    Grotte du Fournials

    TPST: 6h

Petit repas pris à la maison, et nous faisons les kits pour continuer à creuser au fond du Fournials. Mais avant de sortir les burins, nous ré-équipons l'escalade pirate de la dernière fois, et équipons également la désescalade du clou de charpentier pour voir ce qu'il s'y trame.

Désescalade du clou
Là où nous prenons pied, un joli gour avec trois grosses piles bien pourries ayant fui au fond... et déposé une couche noirâtre sur les bords.
Super !
Finalement, cette zone est une chaussette bien concrétionnés, avec éventuellement un petit passage à élargir tout au fond, avec un très léger courant d'air. Peut être un jour.

Une fois cela fait, direction le fond les sacs bien chargés. Nous attaquons directement par l'élimination des deux blocs bloquant le passage. Un des deux est plus gros que ce que l'on pensait, il demandera un peu plus d'attention. Puis nous stockons là où nous pouvons, et rapidement nous sommes quasiment à court de place. Avant de partir, un dernier tir ! Que nous évacuerons à notre retour.

Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui... Et entamons la remontante, certes plus léger que ce matin, mais bien affaissé de fatigue !

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Dimanche 31

    Grotte du Fournials

    TPST: 9h30

Une bonne douche, un bon repas, et une bonne nuit de sommeil plus tard, nous repartons pour le front. 

Le tir de la veille nous a ouvert la voie ! Mais une fois passé (une personne à la fois pour jeter un œil), aucune suite évidente, le tout est colmaté. Et malheureusement, nous perdons le courant d'air. Bien que dans la micro salle juste avant nous le sentions bien, ici, ce ne sont que de très faibles traces éparses... Le sol, très aéré, se creuse très bien, mais impossible de stocker où que ce soit, d'autant plus que nous risquerions de déstabiliser certains blocs pas rassurants (créant un sablier). Nous cherchons donc à tour de rôle le moindre soupçon d'air, jusqu'à la salle que nous avions atteint la fois dernière (là où nous posons notre matos). Il est vrai que nous nous sommes précipités au point le plus bas, sans fouiller en détail cette salle. Et c'est en vérifiant le moindre interstice trouvable, que je finis par détecter un bon courant d'air aussi puissant que celui détecté tout en bas dans l'étroiture. Et en effet, il y a un boyau qui souffle de l'autre côté. Nous jetons quelques cailloux, et au bout d'un moment, certains finissent par tomber dans de l'eau (bruit sourd), après un petit temps en l'air. Sauf qu'attaquer le boyau par le dessus ne peut pas s'envisager (manque de place de stockage, et risque de le boucher), donc nous réfléchissons à le rejoindre par plus bas, en coupant dans la montagne (pour être plus précis, le plafond déclive est rejoint par une coulée de calcite qui a emprisonné plein de blocs, et c'est ici que nous attaquons, priorisant la roche pleine). Pour imager, l'entrée du boyau est 3/4m au dessus de nous, et à environ 1m à l'horizontal. Nous attaquons alors la pleine roche, qui s'avère finalement plus être un sorte de beurre bien dur, amortissant les chocs...

Gauche: étroiture où nous creusions initialement.
Droite: contacte roche/calcite, direction l'inconnu.

La pleine roche, toute veinée de poches d'argile et d'autres trucs meubles, rendent la progression armée peu efficace, mais à force de fracture, nous parvenons à enlever des écailles, et donc à avancer dans le caillou. Après le repas, on décide d'élargir cette horrible étroiture jute en haut, que l'on passe une bonne dizaine de fois par jours... A force, on enlève de plus en plus de choses du baudrier, là, seul le descendeur y reste accrocher ! 
Début du minage
Journée de doute et de réflexion... mais qui on espère, nous permettra de progresser plus loin dans le réseau !

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Lundi 1

    Grotte du Fournials

    TPST: 6h30

Ce matin, il fait super beau, nous voyons les Pyrénées d'Est en Ouest avec une extrême clarté, magnifique ! Retour en force au fond, plein de détermination (et de courbatures). Pas de perte de temps, ça perce, ça bourre, ça débourre, TOUS AUX ABRIS !! Et ça va durer comme ça toute la journée, jusqu'à 15h, moment où le perfo finira à plat. 
Résultat final

En fin de journée, pas de miracle, mais le plafond recule, et la calcite épaisse est sous nappée d'argile. On entend d'ailleurs bien les cailloux rouler de l'autre côté ! On se rapproche ! Nous remballons le tout, et remontons. Mais nous faisons un détour par la grande salle, afin d'analyser à nouveau la zone de désob historique. On remarque directe la quantité de roche sorties et stockées à droite à gauche absolument partout le long d'une quasi verticale de 6m. Il reste de la vielle ligne, et d'autres trucs vieux de 20 ans. En bas, le courant d'air est présent, aussi puissant que là où nous creusons. Mais le plafond et le sol sont remplis de micro vide, et la quantité de perçages effectués (dont certains de gros diamètres) ne nous engagent pas trop pour une désob ici, d'autant que c'est étroit et bien instable, et puis il faudrait au moins être 3 ou 4 pour tirer les gagattes ! Mais on garde ça en tête ! On en profite pour récupérer une grosse barre à mine et une gamatte, tous deux plus âgés que moi... ça servira au fond. Et finalement, nous reprenons l'ascension, dans cette chaleur terrible, qui nous fait couler de partout ! (~17.5°C). 

Nous mettons la tête dehors, le temps est digne d'un été, avec de magnifiques cumulonimbus en formation au nord !
Superbe !
Pour la prochaine session, nous devrions avoir une mèche en 8mm, et un second accu pour notre vieux perfo (la perle rare). En tout cas, l'aventure continue !

mercredi 6 mars 2024

De l'eau, et un peu de première !

Samedi 02 et Dimanche 03 Mars 2024

Participants : Charlie.P, Alary

Grotte des Madalle / Grotte du Fournials

TPSTtotal: 14h45


                

Suite à une pause forcée, après notre dernière session désob à la Grotte des Madalle, l'étrange envie de retourner dans ses éreintantes entrailles ne faisait que grandir en nous. C'est donc en pleine connaissance des conséquences physiques d'un tel chantier que nous nous tenons régulièrement au courant de nos disponibilités, afin de planifier une nouvelle session désob dans ce même trou...

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Samedi 02

    Grotte des Madalle

    TPST: 45min

Ce matin, le rdv est donné à 9h30 au parking du trou. Cependant, il ne faut pas oublier son l'alias, le "trou des miséreux", qui ne sort pas de nulle part... En effet, un peu après être parti de Carca, j'apprends que Charlie est tombé en panne, sa voiture broutant maladivement, heureusement, pas trop loin de son village... retardant quelque peu notre descente dans le trou. Finalement, nous sommes prêts à entamer notre descente vers 10h30. 

Durant notre pause forcée, nous ne pouvions nous empêcher de penser à la potentielle présence d'eau de manière temporaire dans le trou, du fait des observations passées. Mais malgré nos visites, après quelques pluies, le trou restait sec, dépourvue de trace d'infiltration, ou de trace (même éclaire) de mise en charge... Et ce ne sont pas les quelque 15 ou 20mm de précipitations cumulées sur le mois passé, et le filet d'eau intermittent dans la rivière qui nous aurait inquiété... Mais quelle fut notre surprise, arrivé au fond (fin de la descente et arrivé sur le cheminement horizontal), de trouver noyer, l'entièreté de nos chemins sous plus de cinquante centimètres d'eau, rendent inaccessible la suite ! Bien qu'ayant toujours gardé à l'esprit de cas de figure, la surprise est totale, devant cette masse d'eau calme et limpide. De toute évidence, la désob ici est annulé... mais nous restons quelques minutes à contempler cela, et à mener nos hypothèses.

Habituellement, nous nous allongeons dans cet espace...
Le bas de la photo, c'est direction le front

Nos observations vis à vis de la situation plusieurs choses:

  • les précipitations récentes ont été faibles.
  • la rivière de surface laisse couler un filet d'eau qui se perd dans son lit en amont de notre réseau.
  • dans la grotte, l'eau est très calme, on observe un très léger mouvement des particules préférant un sens à l'autre (mais perturbé en surface par les rochers s'enfoncent dans l'eau).
  • l'eau est très limpide.
  • les traces de nos déplacements sur le sol, maintenant sous l'eau, sont à peine visibles (car recouvert d'un peu d'argile).
  • la grotte en elle même reste très sèche.
  • le courant d'air reste bien perceptible lors du passage de certaines étroitures.

Nous pensons alors à plusieurs choses, mais nos observations nous laissent à penser que l'eau est montée progressivement depuis le bas vers le haut, comme si une nappe montait progressivement. Les dépôts de graviers fins et d'argile en strate dans le sol des galeries, et l'hydromorphologie qui a formé les banquettes d'accumulation et les zone d'érosion pourrait alors être lié à la montée (ou la vidange ?) plus ou moins rapide de la nappe d'eau, plutôt qu'à un ruissellement d'amont en aval. Pure hypothèse. À votre avis ?

Quoi qu'il en soit, nous faisons un témoin du niveau actuel de l'eau, pour revenir demain voir un potentiel changement. Nous remontons donc avec tout notre matos (sauf celui resté perché à 2m de haut dans une des salles maintenant sous l'eau), pour un autre trou, tout aussi intéressant.


    Grotte du Fournials 

    TPST: 6h15

Nous arrivons à l'entrée vers 12h. Le souffle puissant et chaud qui s'échappe du trou est toujours impressionnant. Dans la première salle, nous nous attardons sur une zone que Charlie avait partiellement explorée, un énorme éboulis qui se développe verticalement sous la salle. Nous descendons, passons quelques étroitures, cherchant courant d'air et zone sombres, sur près de 20m de dénivelé, sans succès, tout semble avoir été exploré ici.
Une des parois 
En ressortant de là, nous nous retrouvons face à une escalade de ± 15m de haut devant laquelle nous nous étions toujours arrêtés, pensent que la refaire ne serrait pas utile, car aucun équipement n'était en place et que des traces montraient qu'elle avait déjà été faite. Mais vu du bas, c'est quand même tentant (volume en haut), alors je grimpe un peu pour tâter, et constate que le faire en libre est possible mais engagé... et aucune erreur n'est permise. L'heure tournant, nous partons manger, et tombons sur une corde que nous avions stockée là en attente. Parfait ! Elle servira à nous assurer pour l'escalade, en plus d'une autre corde initialement emporter pour le fond. Nous nous amarrons depuis le bas, cherchant en grimpant mètre par mètre des AN, et petit à petit, nous faisons notre chemin sur cette quasi verticale, Charlie en tête. 
Vu depuis le bas
Mi-hauteur de la grimpe
Quand l'escalade devient moins verticale, nous trouvons une plaquette d'époque toute rouillée, évidemment. Et puis finalement, nous arrivons dans de grands volumes tout en vertical, et joliment concrétionnés. De là, nous explorons tout ce que nous pouvons. Le volume principal se poursuit par un dévers plein vide qui doit être équipé (aucun équipement visible, pourtant il y a des traces de passage). Ailleurs, une lucarne donne sur un vide de 7m environ, et une galerie qui se superpose à celle qui nous a permis d'accéder à ces supérieurs, ici encore aucun équipement visible (si ce n'est un clou de plancher planter dans la calcite...), pourtant il y a des traces de passage. Bref, nous nous arrêtons là pour cette zone, avec pour objectif ultérieur de rééquiper l'escalade et les points d'interrogations avec autre chose que des méthodes de pirates ! Pendent que Charlie fini de déséquiper les cordes, le fait un rapide tour dans une autre salle où il y a trois escalades, et je cherche des correspondances avec ce qu'on a vu depuis le haut, sans succès. Le supérieur semble donc être un niveau qui développe en indépendant. À revoir.

Maintenant, direction le fond, le point bas de la cavité, là où trône depuis 20 ans une mèche plantée dans la calcite, des pailles en décompositions, et d'autres trucs méconnaissables et quelque peu inquiétants. Ici, nous travaillons sur un plan incliné à forte pente, pas ultra confort (comme d'habitude) mais qui a le mérite d'être joliment concrétionné.
Vu depuis le haut
Depuis ce point, nous sentons le courant d'air, et les graviers envoyés en reconnaissances dévalent une folle pente sur plusieurs mètres, nous nous mettons au travail en veillant à ne pas détruire les concrétions. Le peu d'espace, le vide, et l'inconfort réduisent nos champs d'actions et notre efficacité. Une pichenette brisera d'ailleurs la mèche encore plantée, en trois.
Le noir, c'est le vide !
Malheureusement, la coulée semble s'être terminé en "orgue", compliquant la tâche, et menant rapidement notre perfo à court de batterie, puis il est bientôt 17h. À ce stade, nous ne pouvons pas passer, mais le tout est bien fragilisé. Demain sera la bonne ! 


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Dimanche 03

    Grotte des Madalle

    TPST: 30min

Pointé à 8h précises devant le trou, nous descendons en moins de 10 minutes, et constatons que le niveau d'eau n'a absolument pas bougé. À savoir qu'il y a plu un cumul d'environ 8mm pendant la nuit, cela aurait-il compensé une potentielle baisse du niveau ? Pure hypothèse, car nous n'avons aucune idée de la réactivité du milieu. Nous remontons à toute allure, en 10 minutes pile (nouveau record) !


    Grotte du Fournials 

    TPST: 7h15

Vers 10h, nous recommençons notre ménage au fond de la grotte, et attaquons la coulée que nous avions pre-percé la veille. Echec, aucun dégât... s'en est fini de s'acharner sur cette coulée, maintenant on va taper dans le plafond, en pleine roche, et en deux coups, on fait place nette ! Maintenant, Charlie pourrait presque passer, mais on décide d'élargir encore pour que ce soit moins horrible, avec de gros coup de masse ! Et finalement, le socle tenace sur lequel reposait une partie de la coulée finie par se fissurer, nous donnant ce petit moment de satisfaction: 

Pour se garder un peu de suspense, on fait la pause repas, suivi de l'installation de la corde, et hop !

En vrai, ça passe bien

Là dessous, la calcite est présente du sol au plafond. Depuis l'étroiture, le puits fait environ 4m de haut, et n'est pas tout à fait vertical. Il s'arrête dans une petite poche, d'où débute une autre étroiture.
Vue depuis le bas
L'autre étroiture en question
Charlie passe devant, je m'occupe d'élargir ce passage avec un couteau à bois et la massette. Heureusement, la roche est très friable sur 2cm de profondeur. Derrière l'étroiture, le plafond composé de deux grosses lames très basses, je les rabote un peu. La coulé décent toujours dans un boyau impénétrable, et d'où sort un très faible courant d'air. Nous sortons avec mal quelques blocs de là pour y voir plus clair, en gros, ça continue de manière très étroite, tourne un peu à droite, et mystère. Mais le gros de l'air vient horizontalement, entre le plafond et l'argile de l'énorme éboulis constituant les salles au dessus. Par chance, une toute petite pièce permet de nous stocker nous, et les débris de désob, que nous entassons derrière une forteresse d'argile.
La petite salle, et ces trois aragonites !
Pendent que Charlie s'affaire devant, j'élargis au maximum tout ce que je peux, et fini par me couper salement au doigt en voulant sortir un morceau de calcite pris dans l'argile... heureusement à la main gauche. Un petit bandage fait avec mon gant, et nous continuons à creuser (pour ma part, avec la main droite uniquement). La vidéo suivante montre au début le passage par lequel nous sommes venus, puis la forteresse d'argile (gros tas de boue), et finalement, là où nous souhaitons aller, et surtout, là d'où provient le courant d'air !

La suite consiste à creuser l'argile, et à éclater quelques blocs qui barrent la route. Devant, on voit sur environ 3m à l'horizontale, avec au fond, une paroi rocheuse recouverte ni d'argile, ni de calcite. Mais le perfo est malheureusement vide d'énergie, nous ne pouvons continuer... Finalement, nous estimons avoir fait environ 10m de première, et la suite ne semble pas nous démotiver. Et nous savons au moins ce qu'il nous reste à faire à la prochaine sortie !

samedi 23 décembre 2023

Comment ne pas utiliser... la modernité...

Jeudi 21 / Vendredi 22 Décembre 2023

Participants : Charlie.P, Alary

Saint-Nazaire-de-Ladarez / Grotte des Madalle


C’est le 20 décembre au soir, que Charlie m’appelle pour me tenir au courant des péripéties de ces dernières semaines dans la grotte des Madalle, et depuis mon dernier CR, les choses ont bien évolués ! En effet, ne pouvant être là à tous les coups, Charlie arrive à s’entourer pour pouvoir descendre et continuer à creuser… mais ce trou a comme le pouvoir de désespérer toute nouvelle personne y entrant… et tout seul, c’est plus compliqué. De plus, éclater la roche au perfo et marteau burin commençait à devenir pesant, il était temps d’y retourné mieux armer ! Finalement, je parviens à me rendre disponible pour jeudi et vendredi (malgré un emploi du temps surchargé… de cases vides). Nous planifions donc le truc, avec pour objectif d’utiliser des méthodes modernes, une première en autonomie pour nous deux. Je m’empresse donc de contacter Masdan, pour pouvoir en récupérer quelques unes. Et grâce à une autorisation exceptionnelle, il m’est possible de récupérer ce dont j’ai besoin le lendemain, soit 11 essais (merci!). J’en profite également pour acheter de la ligne, un bourroir ainsi qu’une mèche en 10x400, mais que je ne trouverais pas (nous avons alors qu’une mèche en 12x350). Une fois tout cela prêt, direction l’Hérault.


Jeudi 21 décembre 2023

TPST: 5h


Nous nous retrouvons vers 16h, dehors il fait 14°C, dans la grotte ~17°C. Nous rejoignons très rapidement la première salle. Ici, l’objectif est d’ouvrir un passage dans le sol, longeant un mur quasi vertical plongeant 6/7m plus bas, et recoupant un de nos passages inférieurs, nous évitant quelques étroitures et contorsions. Un premier trou est fait en 12mm, un petit essai de 8/9mm enroulé dans l’alu (pour l’épaissir) est placé, nous bourrons, connections la ligne de 10m et remontons à la surface pour déclencher. Une pile 9V à la main, le contacte est fait, mais rien… certain de notre installation, nous essayons avec l’accu 24V du perfo sur laquelle pointe 4 broches, déduction faite que les broches externes sont le + et le -, nous essayons, mais rien… deuxième tentative en restant en contact, et cette fois, ça part ! Cependant, le bruit n’était pas si fort, et effectivement, nous avons juste fait une fusée… Heureusement, Charlie a rencontré via des amis à lui, un habitant de son village également généreux spéléologue, et intéressée par nos quelques travaux. Ayant sympathisé depuis quelques temps, nous passons lui rendre visite, mendier des mèches de 10. Nous repartons alors heureux, avec diverses longueurs de 8 et de 10, ainsi que plein de papier journal ! De retour au trou, nous emballons un autre essai avec le journal à la dimension du perçage, puis nous déclenchons. Là, le bruit est bien plus puissant, ça annonce du bon. Et effectivement, notre gros bloc de sol est fendu en trois, nous parvenons à extirper le tout non sans mal.
Pas si mal
C'est les gros, à droite et à gauche
Très contents de ce premier essai très efficace (dans une roche bien compacte), nous répétons la chose en choisissant à chaque fois, le meilleur endroit pour placer l'essai. Retour dehors, et hop ! Encore un super essai !
Place au troisième essai, mais là, l'essai ne se déclenche pas malgré l’insistance pour faire contact. Puis en intervertissant les fils sur l’accu du perfo, une étincelle se produit. Nous craignons d’avoir tué l’accu du perfo, cependant ce dernier fonctionne toujours. Sans autres piles, nous retournons à la maison vers 18h30 pour recharger l’accu, trouver d’autres piles, et manger un coup. Mais une fois placé sur sa station de recharge, l’accu n’est pas détecté, et ne recharge donc pas. Nous essayons plein de choses sans succès. En cherchant, nous trouvons un petit accu 12V de presseuse, moitié vide, et dont le chargeur manque… Nous faisons alors appel à l’expérience du club, avec un rapide coup de fil chez Félix, avec qui nous faisons le tour des problèmes et des solutions à notre disposition :
  • L’étincelle sur l’accu du perfo, résultat d’un court circuit, à vraisemblablement endommagé des composants liés à la communication avec la station de recharge / directement le circuit de charge (accu déclaré mort, sans regret, il a bien fait son temps).
  • L’accu 12V à mi charge pourrait être la solution.
  • Utiliser deux piles 9V, avec un montage maison.
  • Utiliser la batterie de la voiture, avec un montage maison (pas trop envie de faire ça).
Nous embarquons donc tout le nécessaire, direction le trou et essayons de déclencher la charge (se trouvant dans un bloc juste derrière l’entrée). Avec l’accu du perfo, sans succès, puis avec le petit accu 12V, et là, le déclanchement est instantanée ! Une petite colonne de roche s’élève à 4m dans les airs. Soulagement ! Nous, redescendons donc dans la première salle, pour continuer à tirer tant que nous pouvons percer avec ce qui reste dans l’accu du perfo, soit pas grand chose. Notre plus petite essai est placée, ça part, le bloc est fracturé mais pas dans toute sa longueur, il chante mais impossible de le faire partir. S’en est fini pour aujourd’hui, retour à la maison vers 22h30.

Nous passons le reste de la soirée à voir ce qui serait le mieux entre : racheter un perfo + accu, ou juste racheter un accu pour notre vieux (mais increvable) perfo… Le choix est pris d’essayer d’acheter un nouvel accu pour notre perfo, et par chance, un magasin semble en avoir une seule en stock à Bézier !




Vendredi 22 Décembre 2023

TPST: 7h30

Nous nous rendons dès l’ouverture au magasin de batterie, heureux d’apprendre qu’il leur en reste bien une, mais qu’elle est aussi 20€ moins cher que sur internet ! Nous prenons aussi une pile 9V, et passons à Lidl voir si nous ne pouvons pas trouver un petit accu + chargeur (pas cher), sans réel succès (pas cher parlant). Retour à la maison, pour attendre une heure que le nouvel accu se recharge. Nous en profitons pour construire 6m de ligne en plus, car aujourd’hui, nous allons au fond. Nous sommes au trou pour 10h30, et descendons. Arrivés en bas, où nous partons à l’horizontale, le sol et les murs recouverts d’argile commencent à sécher avec le courant d’air. Nous atteignons là où moi et Denis nous étions arrêtés la fois dernière, cette fois ça passe. Je me retrouve donc dans cette petite salle que j’avais seulement entrevue. Effectivement c’est petit, ça monte de 7m, et surtout la suite est au sol, avec une autre étroiture, moins infâme. Ce petit conduit arrive directement contre un rocher plat (le passage forme un T) dans une salle de 5/6m de haut, sur 1m20 de large (toujours incliné sur un coté, mais au moins on tient debout).

Passage en T (grand angle). En face: arrivé/sortie. À Gauche: désob. À droite: stockage.
La salle est entrecoupée de bande de calcaire de 30cm de large sur plusieurs mètres de long, et qui sonnent comme des draperies, à ne pas taper trop fort ! C’est dans cette salle que nous creusons et stockons les graviers. Rapide tour des lieux, où nous grimpons sans tout effondrer. À 4m de haut, alors que toutes les parois sont au moins un peu humides, un trou de 30x15 est tout sec. Il y a donc un courant d'air ici, et effectivement, ça souffle fort en direction de notre salle. Derrière ce trou, semble y avoir pas mal de place, mais ce n'est pas le chantier d'aujourd'hui. Au sol de la salle, un bon lit de 25cm de petits graviers est présent, quelque fois façonné par un petit ruisseau (temporaire, ou passé). Là où la désob se passe, c'est une diaclase basse et inclinée, très inconfortable, où il est impossible de faire demi tour, et où une seule position est possible. Dans ce truc, Charlie à creuser un moment à une main. De plus, des bombées rendent les choses encore plus compliquées (bloquant le casque, limitant les mouvements). Un mètre plus loin, une grosse lame de roche m'empêche de passer, on sort la modernité. La position imposée rend la manœuvre du perfo très désagréable. un essai est placée, la ligne est tirée, et nous nous mettons à l'abri dans la petite salle derrière l'étroiture. Le courant d'air aspire, nous ne devrions donc pas recevoir de gaz. L'essai part avec notre accu 12V, pas de gaz, on passe l'étroiture, et constatons que le tir a super bien marché ! On place dont un autre essai ailleurs, mais elle ne se déclenche pas... On teste le montage avec les piles 9V, rien non plus (une des piles 9V n'est pas toute neuve), et pas envie de prendre le risque de griller l'accu tout neuf du perfo. La pause repas / réflexion de 14h nous fait hésiter à arrêter maintenant pour faire autre chose, mais finalement, nous décidons de continuer à creuser le sol. Derrière le tir ayant fonctionné, le lit du ruisseau est encore haut, et m'empêche de passer, Charlie y va donc pour creuser et remplir la gamatte en poussant les graviers avec les bottes (seule position possible). De mon coté, je dois faire des allers retour dans la diaclase sur 5m, pour tirer et retourner la gamatte, c'est extrêmement pénible et fatigant. Au bout de 5 allers retour, je peux enfin passer, et prendre la place de l'excavateur (endroit bien plus confort car on peut faire demi tour sur soi même).
Charlie au remplissage de gamatte
Place de l'excavateur, vue vers la suite
Après 5/6 gamattes chacun, nous fatiguons. Les graviers enlevés sur 25cm laissent entrevoir une couche d'argile. Cette place faite nous permet de nous croiser à cet endroit. Quelques jours avant, Charlie avait juste jeté un coup d'œil dans la suite, qui semble descendre et être beaucoup plus humide, mais qui est protégée par une étroiture roche contre roche où je ne passe pas. Charlie en profite alors pour essayer de passer, et après quelques tests, il y arrive.
Avec personne dedans
Avec quelqu'un dedans...
Puis, derrière
Derrière donc, c'est pas très grand, la petite salle est de forme circulaire, et est très humide (boue au sol, eau sur les murs et petits filets d'eau), la suite se profile légèrement sur la gauche, remonte un peu. C'est étroit mais pénétrable, si on fait sauter quelques blocs et bombées des parois. Bien que Charlie soit passé, il reste encore beaucoup de travail avant ça, pour que je puisse arriver dans cette petite salle. Il est presque 17h, nous faisons marche arrière pour rejoindre de plus grands espaces. On replie le matos et on se met en route vers la sortie. Pendent la remontée, il y a une étroiture remontante, qui m'avait donnée beaucoup de mal la dernière fois. J'ai donc pris du temps pour trouver la position parfaite, et après plusieurs test, c'est très concluant (tu verras Denis, ça passe tout seul !). Finalement, la cavité peut se faire sans matériel de corde, à la descente comme à la montée. La surface est atteinte vers 18h. Encore une sortie qui annonce de bonnes douleurs musculaires !


Charlie a également pris le temps ces derniers jours, de lever des directions et des mesures (à partir du point bas de la cavité, soit là où nous arrêtons de descendre pour partir à l'horizontale), pour lever un tracé primitif.
Tracé de la galerie horizontal que nous suivons

Le tracé ne prend pas en compte la descente. Le cercle jaune en bas à gauche pointe l'entrée. Les galeries horizontales commencent un peu au dessus de l'entrée, avec la ligne blanche, suivi de la ligne orange. Sur le bout du segment orange, on voit l'angle droit (fameux passage en T). Bien que tout cela soit approximatif, cela nous donne une idée de la direction, surtout que la perte dans la rivière est à 100m de l'entrée du trou, dans la même direction que là où développe notre réseau. De plus, les coordonnées de la perte dans la rivière où Charlie creusait précédemment, pointe vraisemblablement là où nous nous sommes arrêtés aujourd'hui (dans la petite salle très humide), expliquant sans doute les infiltrations d'eau à cet endroit. Cependant, tout cela reste hypothétique compte tenu de nos moyens et de nos connaissances, et relève de l'expérimentation.


Cette première expérience en autonomie avec des techniques modernes s’est finalement bien déroulée, résultat de la générosité de chacun, et de nos enseignements préalables (malgré quelques galères). Forts de cet apprentissage, nous sommes confiants et serons bien mieux préparés pour les sessions suivantes !

lundi 13 novembre 2023

Désob qui passe aux Madalle, dit Trou des Miséreux

Dimanche 12 novembre 2023

Participants : Charlie, Denis, Alary

TPST : 10h45 / Grotte des Madalle "Trou des Miséreux"

Suite à la dernière sortie du 27 octobre, Charlie et un amis à lui étaient revenus pour désobstruer et installer des cordes, pour ainsi avancer encore dans ces étroits conduits. Le 11 novembre, il y revenait armé de Denis pour creuser, puis rebelote le 12, avec moi en plus.

Nous rentrons dans le trou à 9h45, avec deux gamates, dont une est une cage à chat ! Et équipé du minimum (baudrier, poignée, longes et 1 mousqueton), nous descendrons en désescalade / demi-cab. L'entrée, désormais, ne représente plus un obstacle, cependant, on m'avait annoncé qu'il y avait quelques étroitures pas sympa avant d'arriver en bas à -30, effectivement, mais pas plus de soucis que ça à la descente..... 
A l'abordage !
Quelques concrétions:

Images des creusements durant la décente:

Arrivé en bas, visite guidée à plat ventre pour allée voir le gour (vide), et tâter le vent qui circule ici. Puis direction le chantier, presque toujours à plat ventre. Les endroits où se tenir debout sont très rares. Nous attaquons à 11h.

Description du chantier: 
Courant d'air alternant, parfois très puissant, sol argileux froid, impossible de se mettre debout (environ 1m10 max de hauteur exploitable à l'égyptienne), largeur du conduit = largeur d'épaule (si on me prend comme gabarit), puis peu de place pour stocker. Bref... c'est le top !

Nous organiserons donc un chemin de gamates pour stocker plus loin, en bâtissant des murs avec l'argile, et remblayant le sol par endroit. Quelques élargissements ponctuels seront aussi faits.
Chemin gamate direction stockage, front de taille derrière moi.
Le front de taille continu dans le méandre, plus large à sa base, et encombré de strates de graviers et galets (propre sur le dessus du remblai), argile, et sables grossiers plus en profondeur. Cela sur 70cm de haut pour 2m de long. L'air passe au-dessus. Nous espérons pouvoir passer de l'autre coté dans la journée, mais l'espoir va fluctuer au fil de la journée.
Front de taille (avec gamate cage à chat, remarquablement efficace !)
Front de taille (Charlie au charbon)
Rapide pause repas vers 13h, dans l'interstice le plus grand à notre disposition !
Attention, places limitées !

Pour améliorer notre confort sur la zone de stockage (où on se refroidit) nous posons une couche de sable sur nos remblais au sol, fini le froid, l'humidité, et les douloureux cailloux !! Au front, au bout de 2m de gravats, les parois se rejoignent presque, nous devons percer la roche en hauteur pour l'éclater petit à petit à la massette / burin. Chose difficile car pas d'espace, la masse rebondit partout... Nous avons alors une belle vue de la suite, qui semble être haute (on peut tenir debout).
Photo grand angle
Par là la suite !
Par chance, le rocher du fond à droite est tout fragmenté. Nous jouons du perfo pour éclater tout ça, jusqu'à que Charlie puisse enfin passer de l'autre coté, non sans mal ! Il est alors 18h15, je tente de passer, Denis également, sans succès. 
Charlie à l'étroit
Derrière, il est possible d'être debout, les parois sont propres. Cela ressemble à un puits qui vient entrecouper perpendiculairement notre conduit. Au sol, des coquilles d'escargots semblables à ceux que nous avons en surface... En face, un laminoir étroit et posé sur le même plan horizontal que notre conduit, il continue en se rétrécissant (au sol, des remblais de rivière semblable à ce que nous avons creusé avant), ce laminoir dans l'alignement  de notre conduit est la suite logique. Le puits monte sur 6m de visuel, et semble partir à droite. Charlie n'a pas escaladé. Ici, pas énormément de place pour stocker non plus... mais ça se tente. Ce sera pour une prochaine fois !

19h approchant, nous entamons la remontée. Les étroitures descendantes, sont bien plus difficiles et techniques à la montée. Nous mettons la tête dehors pour 20h30, où il fait très bon !
Equipé à la perfection !