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dimanche 19 juin 2016

Petite Etape

Dimanche 19/06/2016
Trou des Galets
Participants : Dominique, Henri, Sebastien, Elodie, Laurent
TPST/ES : 8h30

 Météo glaciale pour un mois de Juin pour cette troisième désob aux galets, avec la même équipe que la dernière fois + Dom.
Le pont de blocs récalcitrant nous occupe une partie de la journée, pour finalement céder et ouvrir l'accès au fond de la faille.
Ce fond est incliné et se pince en direction d'un diaphragme situé plus loin dans la calcite. Nous passerons le reste du temps à creuser entre deux parois cette fois vers le nouvel objectif que nous atteignons en fin d'après midi sans toutefois avoir le temps de déblayer.
Nous avons pris un nouveau cran en profondeur mais on ne voit toujours rien, les remblais masquant systématiquement la suite.
Point positif : le courant d'air, qui, malgré l'équilibre thermique, ronfle par alternance dans le trou du bas. Il me tarde de voir ça pendant une période de chaleur, si jamais il s'en produit une cet été...

De plus en plus bas

dimanche 12 juin 2016

Galets, deuxième acte

Dimanche 12 Juin 2016
Trou des galets
Participants : Sebastien, Elodie, Henri, Laurent
TPES/ST : 8H

Nouvelle journée de décaissage de blocs avec des renforts jeunes et vigoureux, toujours en suivant une voûte en dur, subverticale mais rentrant quand même en direction de la montagne.
L'aspect sain de la cavité se confirme une fois passé l'éboulis de surface.
Des orifices s'ouvrent régulièrement dans le sol au cours de la désob, laissant passer un courant d'air irrégulier mais parfois violent.
Nous passons de 2 à 5m de profondeur au cours de la journée. Les perspectives visuelles sont minces mais parfois certains cailloux tombent de plusieurs mètres derrière.
Arrêt provisoire en fin d'après midi sur un pont de blocs plus dur avec un vide juste en dessous que l'on espère pénétrable.

Quelques galets un peu calcités de gros calibre au fond, dont la présence est toujours aussi mystérieuse pour le moment étant donné la configuration des lieux. On sait juste qu'ils sont arrivés par le bas.
Peut être s'est-il produit un effondrement du versant de la montagne (on peut en voir des traces) sur la cavité hypothétique sous-jacente à l'époque où elle était active, contraignant l'eau à emprunter des chemins de traverse, en pression...

La suite Dimanche prochain, pour peut être lever le voile sur l'énigme...

Plus grand chose de commun avec l'aspect du trou au départ

samedi 28 mai 2016

Trou des galets

Samedi 28 Mai 2016
Serre de Bouchard
Participants : Alexandre, Laurent
TPES/ST : 7H


Sous un brouillard digne de Londres qui va durer toute la journée, nouvelle séance de décaissage de l'éboulis au trou souffleur n°2 de Bouchard rebaptisé trou des galets pour des raisons évidentes.
Cette fois au bout de deux heures de purge de cailloutis fins, le son clair du marteau signale que nous avons trouvé la roche en place.
Les galets sont concentrés entre cette voûte presque verticale et les gros blocs du sol. Bientôt un petit vide apparaît et le courant d'air s'affirme.
Ca souffle dur...

Il faut pas mal de temps pour extraire les blocs du sol qui pèsent lourd, mais nous finissons par pouvoir passer sous la voûte et avancer de deux mètres avant un un retrécissement. Mais la suite est là : un ressaut dont nous ne visualisons que le départ mais ça descend bel et bien. Il aura fallu pas mal de courant par le passé pour remonter verticalement des cailloux du calibre que l'on observe.
A noter qu'à part les galets, les cailloux de l'éboulis de surface piégés dans le trou ont commencé eux aussi à être érodés : la sortie d'eau n'est peut être pas totalement fossile, ou alors depuis assez récemment (post glaciaire) même s'il n'existe aucun thalweg en dessous.

Vue sur la suite et le départ de ressaut


Encore du boulot à prévoir la prochaine fois mais les choses semblent se préciser.

dimanche 15 mai 2016

La revanche de la trémie

Dimanche 15 Mai 2016
Serre de Bouchard
Participants : Jean-Luc, Laëtitia, Henri, Dominique, Denis, Laurent
TPST : 8H

L'équipe s'est largement étoffée pour continuer les travaux ce Dimanche : nous sommes six.
Nous avions cru avoir fait le plus dur la dernière fois; nous avions tort. Après une première série de trous dans les grosses lames de droite au terminus, le résultat est au rendez vous et l'évacuation des déblais va bon train.
Après ce premier épisode, pendant que nous faisons la pause pique nique à l'aplomb du trou, un bruit sourd mais puissant se fait entendre.
Le président en pleine action


A la queue leu leu
De retour au fond, nous constatons que toute la paroi de droite (environ 500 kg de rocher) vient de basculer de vingt bons centimètres contre celle de gauche suite au démantèlement des lames.
Nous sommes obligés de purger tout ce qui s'est mis en mouvement. La paroi droite n'en est plus une, elle est totalement fragmentée par la tectonique : le trou ne veut pas nous laisser passer.

En milieu d'après midi, nous avons fait beaucoup de place. La suite en face est toujours remplie de blocs et le courant d'air qui filtre au travers fait parfois du bruit. Mais la menace au plafond est redevenue incontrôlable et la prudence nous impose une retraite frustrée, au moins le temps de laisser reposer tout ça.

Trémie frontale sur faille
 Heureusement il existe un plan B. Il s'agit d'un autre trou souffleur découvert le même jour l'année dernière à une soixantaine de mètres du premier mais à exactement la même altitude. La relation entre les deux est évidente car le régime et la température du courant d'air sont identiques.
Nous décidons de finir la journée là dessus.

Départ du nouveau trou souffleur
 Des blocs là aussi, plus petits, mais une barre rocheuse quelques mètres au dessus qui pourrait nous sauver. Il faut pour le moment décaisser à l'aveugle et suivre les indices.
Et des indices il y en a : en particulier des galets de différentes tailles dans la zone centrale, preuve que de l'eau est sortie par ici aussi avec une certaine force dans le passé, avant que l'éboulis glaciaire ne vienne tout recouvrir.
Nous finissons par ouvrir un petit passage dans une zone exempte de terre. Un courant d'air plus fort s'amorçe immédiatement. Pas fâchés de terminer la sortie sur une note optimiste après la déconvenue. On a pas dit notre dernier mot...


Panoplie de galets découverts pendant la désob

lundi 9 mai 2016

Moins de bouchon à Bouchard

Samedi 7 Mai 2016
Serre de Bouchard
Participants : Denis, Laurent
TPST : 7H

Sortie décidée à la dernière minute, nous sommes sur les lieux en fin de matinée.
Nous votons pour l'option "prudente", cad la désob par le point bas sous une voûte solide, quite à perdre un peu de temps (voir post précédent).
La technique en micro fait des merveilles dans ce beau calcaire rose et blanc recristallisé (efficacité du double de la longueur de la mèche). En creusant le sol en complément, nous arrivons à ouvrir le passage et rejoindre ce qui était visible par le trou souffleur supérieur en milieu d'après midi. La suite est presque passable mais encombrée de lames décollées instables. On en élimine trois avant de buter sur un plus gros morceau qu'il vaudrait mieux percer à l'horizontale plutôt que du bas vers le haut. La bonne nouvelle c'est qu'au dessus les deux parois se rejoignent et que nous sommes donc débarassés à partir de là de la menace de vidange de l'éboulis d'entrée.

Petit moment de reflexion et d'analyse des diverses contraintes, avant de décider au final une action radicale : la purge totale du conduit.
Nous éliminons donc la clé de voûte intermédiaire par un trou bien placé et finissons le boulot grâce à une invention révolutionnaire de Denis : la barre-à-mine-en-buis-avec-ergot-au-bout-pour-faire-levier : bien plus léger et maniable qu'une barre à mine en métal mais très solide quand même; efficacité garantie !

Résultat : le passage gros comme une orange du matin a fait place à un conduit où on se tient debout, et il y a pas mal de blocs moyens à sortir pour la prochaine fois.
Prochaine fois qui devrait permettre de bien avancer : le conduit en diaclase, plus large, se poursuit à l'horizontale encombrée de gros blocs à fractionner. Un virage 2m plus loin et le courant d'air nous narguent...

jeudi 5 mai 2016

Retour sur la Serre de Bouchard

Jeudi 05 Mai 2016
Sortie en solo au trou souffleur de Bouchard
TPST : 4H

Après un hiver laborieux, les premiers beaux jours indiquent qu'il est grand temps de se remettre progressivement à la vraie spéléo hors des sentiers battus.
Les conditions sous terre, à moins qu'un épisode méditerrannéen tardif ne se produise, vont être absolument exceptionelles cet été en terme de manque d'eau, du jamais vu depuis 1989. Il y aura probablement des conséquences en matière d'exploration, je pense en particulier à Vignevieille, au Blau et à Nitable...
En attendant, petite virée à Bouchard cet après-midi, pour constater que le courant d'air estival est déjà en place. Le trou n'a pas bougé et aucun effondrement ne s'est produit.
Je dégage un par un les blocs de la dernière pigne jusqu'à retrouver le sol, que je commence à creuser au fond.
Sous le limon, un couche de sable ancien de 5cm d'épaisseur apparaît, scellant d'autres blocs. Certains grains sont géologiquement allochtones, ce qui donne matière à reflexion, mais qui confirme l'intérêt de cette ancienne émergence.
Il y a un petit trou souffleur au point bas mais le gros du zef arrive par bouffées en pleine figure par un éboulis fin un peu plus haut. Ayant au final épuisé les possibilités de désob en solo, je décide de titiller prudemment l'éboulis.
Bien m'en prend : un autre trou s'ouvre, laissant deviner une suite. Je passe la lampe; vue sur quatre mètres avant un coude à gauche de ce qui semble être une paroi. Zef très concentré, avec qq rares inversions sans rapport avec le vent extérieur (il ne fait que 13°C à cette altitude). Super motivant...
Par contre le facteur risque en passant tout droit est non nul (plafond encore instable) par rapport à la désob du point bas. Il faudra trancher la stratégie d'ici la prochaine fois.
En tout cas, chantier idéal pour les nouvelles recrues qui voudraient se mettre à l'explo : la dernière fois qu'un cas pareil s'est présenté, on a fait trois bornes de première. On croise les doigts...

J'avais fait de jolies photos du massif verdoyant, du sable trouvé au fond et du trou souffleur terminal, avant de m'apercevoir en rentrant qu'il n'y avait pas de carte SD dans l'appareil. Dur, dur..!

lundi 20 juillet 2015

Un point faible dans la cuirasse de la Serre de Bouchard

Vendredi 17 Juillet 2015
Trou souffleur de la Serre de Bouchard
Participants : Henri, Laurent
TPES : 4H

Première après midi de désobstruction sur le nouveau trou souffleur découvert lors d'une après midi de (trop rare) temps libre ciblé fin Juin dernier.
L'endroit est isolé et donc peu connu mais possède un sérieux potentiel spéléologique si l'on y regarde de près.
La Serre de Bouchard est un massif assez élévé (900m), déjà émergé bien avant la formation des Pyrénées et très aplani, type massif du Roc Paradet ou Missègre mais en plus arrosé. Il est constitué de calcaires Urgoniens très blancs caractéristiques reposant sur des marnes imperméables du Trias (karst perché).
La principale émergence du massif donne naissance à l'Orbieu. Voilà pour les présentations...

La résurgence du massif lors d'une crue en 2011. L'eau sort d'un énorme éboulis de plus de 40m d'épaisseur. La photo est prise à près de 800m de distance
 
 
Mais revenons au concret. J'avais commencé à attaquer le trou le jour de la découverte, surpris par le courant d'air froid sortant d'un amas de blocs non loin d'une barre rocheuse située au dessus de la vallée sèche.
Il s'agit probablement d'un ancien exutoire du massif rempli par l'éboulis sus jacent (tout est gélifracté dans le coin). Je m'étais vite retrouvé en posture prudente, menacé par les blocs du dessus. Heureusement la paroi de droite semblait saine.
Retour donc sur les lieux ce vendredi pour poursuivre la désob avec Henri et un peu de matos d'étayage.
 

Purge du remplissage de blocs et de terre. Deux anciennes parois commencent à apparaître
 
 
4 heures de boulot en binôme et en alternance car un équipier bosse dans un atmosphère à 9°C pendant que l'autre à l'extérieur supporte difficilement un petit 30°C. Parfois même, en position intermédiaire, on peut avoir 20°C d'écart entre les jambes et la tête !
En fin d'après midi, on parvient à apercevoir un vide encore mal défini à l'horizontale entre les blocs.
Avant de partir, nous provoquons une purge de la voûte avec la barre à mine. Nous laisserons travailler avant la prochaine séance.
Peut être le début d'une nouvelle aventure...
 



Indice très encourageant trouvé au sol au fond du trou, un beau sable blanc d'origine karstique...