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lundi 9 mars 2026

Travaux aquatiques à St Andrieu

Dimanche 08/03/2026

Aven de St Andrieu 

Participants : Flo, Lucie , Henri, Félix, Etienne, Alary, Laurent

TPST : 7h

Pas mal de monde pour poursuivre le chantier, mais déconvenue en arrivant : un bruit de cascade en approchant de la doline, signe que le ruisseau coule dans l'aven.
Pas étonnant avec le nouvel épisode méditerranéen qui vient de s'abattre sur la massif, plus de 100mm...

On tente une reconnaissance, et, petit miracle, malgré le ruisseau on arrive à atteindre le chantier sans trop se mouiller.
Nouveau perçage en hauteur en suivant la fissure pendant que le gros de l'équipe déstocke jusque dans la "salle à manger"
Pas de courant d'air, ça doit siphonner plus bas, pas étonnant non plus...

Du coup on en profite pour mettre au gabarit la zone d'entrée de l'aven où les premières cascades assurent une bonne ventilation grâce à un courant d'air convectif.
C'est aussi l'occasion de former la jeune génération à jouer du perforateur en vue de la future formation CPT.

Dans l'après-midi, le débit baisse rapidement et le courant d'air du fond se réinstalle timidement, suffisamment toutefois pour évacuer les vapeurs résiduelles du matin. On déblaye le fond mais le rendement cette fois n'a pas été fantastique, il va falloir ruser pour arriver jusqu'au petit col visible plus haut.

On finit la journée en terminant la mise au gabarit de l'entrée à la salle à manger. Finalement on aura quand même bien rentabilisé cette journée qui était très mal barrée au départ...

Les photos d'Alary : 

Galerie d'accès active

 
Amont (presque) siphonnant

Passage obligé vers le chantier

Stockage en murettes

 

Prairie extérieure avec perte diffuse en face de l'aven

                             Chantier pas large... 

Elargissement+formation




dimanche 1 mars 2026

Dans la fissure de St Andrieu

Samedi 28 février 2026 

Aven de St Andrieu

Participants : Félix, Steve, Henri, Alary, Laurent

TPST : 7h 

Reprise de la désobstruction dans la fissure ventilée de l'aven de St Andrieu après la période de mauvais temps généralisée.
L'aven a été actif, mais sans modification du paysage et sans mise en charge.

Comme on est assez nombreux, nous pouvons déstocker jusqu'à la salle à manger, où Steve va s'employer à concurrencer Jean-Luc dans la construction de murs.

Au fond, nous avançons avec la méthode "mixte", puis au brisant, pour finir au burineur simple. La panoplie de techniques permet de gagner 1,5m, pour s'apercevoir que la suite de la faille est complètement scellée par une coulée de calcite.
Complètement ? Non, car un petit passage vers le haut résiste encore et toujours à la calcification.

Cette suite improbable est testée à la fumée malgré l'équilibre thermique de cette demi-saison : le courant d'air s'enfile bel et bien par là.
Au prochain perçage en 1m il semble que nous puissions arriver à un petit col avec virage à gauche.

Suite des hostilités prévue le week end prochain s'il n'y a pas de crue d'ici-là.

Quelques photos prises par Alary : 

Optimisation de l'espace de stockage dans la galerie menant à la fissure ventilée

 
Test de la suite

Une nouvelle forme d'aragonite aciculaire orange ?

Non, plutôt le monde merveilleux des champignons...

dimanche 4 janvier 2026

Caillante à St Andrieu

Samedi 03/01/2026

Aven de St Andrieu

Participants : Félix, Alary, Laurent

TPST : 7h

Nouvelle séance dans le chantier de la nouvelle branche.

Le trou aspire faiblement le matin mais le zef se renforce progressivement au cours de la journée. Comme il fait à peine 1°C dehors, difficile de se réchauffer.

L'avantage est qu'on ne verra aucun gaz...

Une grosse négociation matinale permet de faire pas mal de place, nous stockons pas très loin en construisant des murettes en hauteur, deux "lignes de défense" étagées dont le soubassement est consolidé par des fers à béton.


La pause nous permet d'aller visiter les pertes dans la vallée. Seule la plus en amont coule et absorbe environ 5 à 7 l/sec. Cet actif doit aboutir en ce moment dans le CDL, branche de la cascade, mais on ne pourra pas aller voir car le siphon temporaire situé 300m en amont doit être en eau...

Retour au chantier, nous avons atteint un verrou vraiment très petit. S'il n'y avait pas le courant d'air aspirant on serait démotivés...
Nouvelle salve mais ça ne bosse pas autant que d'habitude car presque pas de dégagement.
Cependant en travaillant le verrou, la roche fissurée cède et laisse apparaitre la suite, une faille calcitée avec du dégagement et qui s'horizontalise.

On devrait retrouver de l'efficacité et avancer pas mal à la prochaine séance. Le stockage local est presque plein, il va falloir monter en nombre (4) pour stocker ensuite dans la salle amont... 

La suite de la faille aspirante...

 

lundi 22 décembre 2025

St Andrieu, à portée de tir du CDL...

Dimanche 21/12/2025

Aven de St Andrieu 

Participants : Flo, Laurent

TPST : 7h

Point de vue depuis l'aven de St Andrieu, en complément du CR d'Alary.

Avec Flo on s'attelle au transport de blocs dès le début de matinée (déblayage de la sortie prépa de jeudi dernier).
Vers 11h on stoppe sur le reste du pilier central qui bouche la vue. On doit faire du bruit à 14h, il nous reste du temps, on fait une première percée monotrou pour éliminer ce pilier. 

 

Premier chantier du matin

On mange tôt, puis retour sur site, le pilier n'existe plus. On place l'ARVA au fond et on se dépêche de préparer la suite, deux trous en 1m paroi gauche, où on suppose un peu de vide par déduction de la configuration des fissures annexes.
Finalement on a un peu d'avance, on enlève l'ARVA à 13h45 puis on attend 14h et on lâche les chiens...
Le bruit est atténué avec cette méthode par rapport au cordeau, son très sourd à seulement une vingtaine de mètres...mais l'équipe CDL a entendu quand même, c'est l'essentiel.

On replace l'ARVA à un autre endroit.
Au niveau du front de taille, on a pas ouvert de vide, c'est même tout bouché !
On déblaye tout, et au centre de l'espace durement acquis, un point faible : une faille fossilisée par de la calcite, des blocs et des sédiments.

Quelques blocs enchassés dans la faille et le limon viennent  facilement à la piquette, puis soudain, un trou s'ouvre...pas bien gros.
J'avance la tête : ça souffle concentré à cet endroit ! Fini l'air qu'il faut pister par les minces fissures qui sont à présent shuntées. Il y a du boulot mais on tient la suite...

Le courant d'air est finalement alternatif avec grande longueur d'onde, plutôt normal avec l'équilibre thermique à ce moment là. 

On termine l'accu sur cette perspective motivante. Etant donné l'engagement croissant au CDL (7h aller-retour + siphon temporaire + étroiture sélective + trémie), on en avait besoin plus que jamais...

Vue depuis le fond sur la progression du jour

Le trou souffleur est au centre du conduit partie haute

Au final très bon travail d'équipe(s) dans cette quête de jonction. Prochaine séance début 2026
 

CDL : la trémie amont nous cache quelque chose...

Dimanche 21 décembre 2025

Participants : Andréa, Gilles, Alary

TPST : 10h45 / Perte du Chant du Loup

Rendez-vous à 8h30 au parking habituel pour les deux équipes de front. Test des DVA (prêtés par Vincent et Jean-Michel E.) puis planification des horaires clés. La team St-Andrieu (Flo et Laurent) mettra en marche son DVA à 12h en émission et fera du bruit à 14h pile. Dessous, on tâchera de réceptionner les signaux radio et sonores.

Entrée dans le trou à 9h15, il aspire très nettement dès le passage sous le pied droit. Cheminement sans tergiverser pour rejoindre le bout du bout de la cavité, la trémie de l'extrême amont, que l'on atteindra en 3 heures et 23 minutes. Sur le trajet, les niveaux d'eau dans les zones semi actives sont comparables à ceux de début octobre. En comparaison, il y a bien moins d'eau que lorsque nous étions venus avec Clément le 15/11/2025. Le courant d'air est présent, mais affaibli, du coup il fait très vite extrêmement chaud, obligeant à enlever des couches (presque toutes à l'exception de la combi...). Gilles doit même abandonner ses lunettes en route, qui l'aveuglent plus qu'autre chose. Pour Andréa, c'est une première dans ce trou, et pour Gilles, une bonne mise à jour. Arrivée à la trémie à 12h38, mise en marche du DVA et établissement de la stratégie pour attaquer le passage.
Premier signal du DVA, 53m ! Mais j'avais mon téléphone pas loin... Dans le doute, je le laisse posé là, et nous reculons manger. De nouveaux signaux espacés nous parviendront, avec un min à 45m et un max à 61m (la portée des deux appareils est donnée pour 40m). J'attaque le sol de la trémie tout doucement pour déterminer le rôle de chaque bloc dans cet assemblage. Comme prévu, la voute n'est en rien reprise dessus, mais s'appuie en arc sur les côtés à la manière d'une cathédrale. Par sécurité quand même car je suis dessous, j'extrais les blocs à l'abri, avec deux sangles raboutées reliant les blocs au pied de biche, que j'utilise comme levier. Il faut malgré tout prendre la fuite à chaque largage car les blocs dévalent avec force. Entre les blocs, du cailloutis, quelques petits galets et surtout du sable argileux. En une heure le passage est dégagé, je peux passer plutôt en confiance.
   
Avant et après
De l'autre côté, une petite pièce au sol argileux. Au-dessus, un mur de blocs avec contre-paroi à droite et à gauche, juste ce qu'il faut d'espace pour tenter une grimpe sur trois mètres. Certains blocs à la base sous lesquels il faut passer semblent avoir du jeu et retiennent quand même du monde. Je vérifie la stabilité et retire les blocs juste posés, puis me décide à monter en limitant au maximum le poids sur la trémie.
En haut, une petite salle sur trémie. Ça fait peur, je n'ose pas trop marcher sur tous ces blocs. Au-dessus de moi, un conduit ovalisé, pleine roche et hors trémie monte encore de trois mètres.
Je fouille quand même un peu, apercevant de l'espace derrière les blocs, sans pour autant être convaincu. Je tente alors de forcer le conduit ovale. Mais je ne passe pas et je ne vois rien non plus. Avant de redescendre pour le bruit de 14h, je teste voir s'il a une quelconque résonance… Et stupéfaction, il a de l'écho ! Un bel écho même ! Cette nouvelle information me remotive. J'annonce la nouvelle et redescends. À 13:59:59, le silence est absolu. Et à 14:00:01, les oreilles à l'affut devinent un très léger bruit qui, à la surprise générale, ne venait pas de la trémie, mais plutôt du conduit en direction de l'aval... Nous venons pour la deuxième fois de jonctionner au son (la première à la base du P35).
Nous sommes en même temps déçus de ne pas avoir été décoiffés par le bruit, et excités par cet écho revenant de sa première dans l'inconnu. Du coup, Andréa grimpe faire un tour, voir si elle peut forcer le passage. Ça ne passe pas, mais entre les blocs en pleine trémie, elle détecte un passage avec de l'espace derrière, mais pas tellement envie d'y aller... Je remonte et visualise la chose, c'est terrifiant. Comme nous avons trimbalé jusqu'ici un perfo avec de quoi briser du caillou, je me tâte soit à tenter le passage entre les blocs, soit à tenter d'éclater les murs du conduit. Après une interminable hésitation d'un quart d'heure, je me décide à passer, car c'est le moyen le plus direct pour être fixé sur la suite des choses. De l'autre côté, aucune suite, des blocs de tous les côtés et au plafond. Reste donc ce conduit pleine roche, hors trémie et qui monte bien plus haut. Je décide alors de tenter deux petits tirs du mieux que je puisse dans le conduit. Andréa me fait passer le matos à travers la trémie. Et je redescends tout en bas pour déclencher (à force d'y faire des allers-retours, la trémie fait de moins en moins peur). Je n'ai pas besoin d'enlever beaucoup, mais la configuration est horrible : je perce au-dessus de moi, la tête dans le caillou sans voir ce que je fais car sinon je prends tout dans le visage, bras tendu à fond qui m'oblige à faire des pauses, en équilibre sur des prises qui cassent aléatoirement, en respirant une fois sur deux pour pas trop aspirer de poussière... Bilan au bout de 2 heures, le premier a écaillé la moitié, l'autre côté restant bien accroché. Le second n'a fait que fissurer la base, sans rien éclater... Je tente d'écailler au pied de biche, au burin et à la massette, en essayant de ne pas me la mettre dans les dents, mais impossible de faire quoi que ce soit... Il est 16h, le reste de l'équipe commence à se les cailler sévère. Alors je regrimpe, et le peu d'espace gagné me permet de monter davantage. Je dégomme quelques cailloux posés dans la fente qui part à l'horizontal (encore plus étroite, mais très courte), j'ai vue sur deux mètres dans une pièce au-dessus de la trémie. Des blocs plus gros en face, l'obscurité derrière et probablement au-dessus, puis l'écho qui gave la motivation.
À 16h30, nous prenons l'interminable crapahut retour. Après 3h30 de passage à tabac inévitable, nous retrouvons la surface. Perspectives intéressantes et motivantes, il a un volume pas loin, et surement pas une simple cloche si l'on additionne les indices : trémie épaisse + courant d'air net + résonnance. Venir travailler ici reste dangereux à cause de la trémie à traverser, sans parler de l'éloignement et des obstacles nous séparant de la sortie. Il s'agissait peut-être de la dernière session avant la remise en eau hivernale du siphon. Voir le compte rendu de Laurent pour les travaux côté St Andrieu.

jeudi 18 décembre 2025

Prépa à St Andrieu

Jeudi 18/12/2025

Sortie solo à l'aven de St Andrieu

TPST : 2h

 

Non il ne s'agit pas d'une formation dans une grande école privée comme le suggère le titre, mais plus modestement d'une préparation matinale pour la sortie double de dimanche CDL/St Andrieu.

Perçage en gros diamètre et élimination d'un pilier rocheux défendant l'accès au verrou au terminus de la nouvelle branche. Tout a bien fonctionné, il y a du boulot de déblayage.
La méthode ayant fait ses preuves, elle sera utilisée pour ouvrir la suite. La prochaine salve s'attaquera au verrou lui-même.

Les gros orages du début de semaine ont presque totalement épargné les Hautes Corbières, l'accès au CDL doit donc être encore ouvert pour quelques jours.

Si quelqu'un dans l'équipe prévue dimanche a de bons talkies ou des ARVA, ça pourrait être intéressant de les prendre...

jeudi 20 novembre 2025

Maigre récolte avant l'hiver... mais rien est encore joué !

Samedi 15 novembre 2025

Participants : Clément, Alary

TPST : 11h30 / Perte du Chant du Loup


Suite des fouilles pour tenter de mettre la main sur la suite du réseau brutalement interrompu après un satisfaisant bout de première. Nous avançons vers le trou avec une seule question en tête : passerons nous le siphon ? Les pluies d'il y a neuf jours nous posent question. C'est le moment de le savoir...

Dehors il fait doux, température max 15°C. La perte curée absorbe quelque chose comme un demi-litre seconde. Entrée vers 9h45 et cheminement vers le fond en essayant de ne pas surchauffer. Les apparitions et disparitions soudaines de l'eau dans le ruisseau avant le siphon font vaciller notre jauge émotionnelle. Voici quelques-unes de nos observations. Juste après le méandre de la jonction orale sous la grande salle (avant la cascade de la salle du pont de calcite) nous croisons à débit égal l'eau absorbée par la perte et s'arrêtant dans une bassine sous le gros bloc juste avant la cascade. La cascade est toute sèche, mais toute propre, tout comme les cailloux au sol dans le ruisseau à sa base. Une lame d'eau éclair est passée ici. Le pont de calcite s'est à peine réactivé. La bassine dessous est vide mais celle du dessus est à la limite de déborder (c'était sec cet été). Les arrivées d'eaux pérennes le long du parcours n'ont pas augmenté en débit. Dans le ruisseau, des portions se sont remises en eau mais ne s'écoulent pas pour autant. D'autres sont encore complètement sèches et sales de nos passages. La voute mouillante ne mouille pas. Arrivée au lac du siphon, malgré quelques gours bien remplis avant, pas de lac... et plus loin, pas de siphon. Aucune goutte n'est arrivée ici, soulagement ! On remballe la ligne de tir du siphon et la stockons avec le bidon blanc dans une coupole après le premier point bas. Le courant d'air est perceptible, ça aspire. À l'angle à 90° gauche où ça résonne beaucoup, il y a bien plus d'eau dans les marmites, et on met pied à terre... dans 20cm d'eau qui ruisselle vers la galerie des escalades de septembre. On approche de la chatière. Dessous l'actif bien calme de cet été a repris de la voix et gronde distinctement. Courant d'air aspirant net dans l'étroiture (il doit être 11h45). Arrivé à la grimpette d'accès à la base du P35, ça coule ! On aperçois de l'eau dans les inférieurs (l'eau de l'actif ?). Le puits goutte disons deux fois plus que lors de notre dernière visite, mais pas de quoi s'émerveiller ou s'affoler. On récupère du matos pour le fond et on rejoint la salle à la bascule entre aval et amont (fo39), courant d'air toujours aspirant en direction de la trémie. On fait la pause repas.

Carte pour donner une idée et se repérer, les volumes en blanc ne sont pas à l'échelle, c'est dessiné de mémoire. Le chiffre entre parenthèses lie une localisation avec le paragraphe qui le succède ci après.

(1) Première tentative de remontée juste au-dessus du pique-nique, en haut à droite quand on débouche dans la salle (fo39) après le passage boueux avec le volcan d'argile. Clément me fait la courte échelle, remonté sur 4m environ, boueux, donne dans une cloche de laquelle un petit conduit part en hauteur, pas de ventilation, impénétrable.

(2) Ensuite on sort la massette trainée jusqu'au fond pour éclater de la calcite qui obstrue un petit départ dans un petit volume parallèle. Petit ramping horizontal dans la boue sur 3m par un conduit vraiment pas large, arrêt sur des blocs (possible de se retourner sur soi-même). De l'autre côté ça continue, ça remonte légèrement, pas de courant d'air. Je ressors et m'en vais taper au point bas de la salle fo39 dans la grosse coulée de calcite. De petits vides en dessous, mais rien de pénétrable et d'encourageant, pas d'air, les cailloux envoyés ne partent pas bien loin... Clément me relaie à la massette, et je fais minutieusement un tour de fouille de tous les recoins de la salle, en essayant d'éviter les angles morts (je fais bien d'essayer...). Rien de rien.
Du coup, on migre dans l'amont pour faire visiter à Clément et fouiller en prenant le temps. (3) Je remonte une coulée de calcite sur 2m, ça pince. On arrive dans la galerie rectiligne donnant sur la trémie et repérons au plafond un départ. Je grimpe et prends rapidement des mètres. Un bon pas me dissuade de continuer sans équipement... On va jusqu'au fond de la trémie, le courant d'air est aspiré à travers. Tout au bout de la trémie, du vide se distingue entre les blocs, le tout a l'air plutôt massif et attaquable. (4) En ressortant, Clément repère un départ entre les blocs de la trémie et la roche en place, visibilité sur moins de 2m avec une paroi en face plus haut. On a l'impression qu'on recoupe un conduit presque perpendiculaire. Il enlève quelques cailloux, mais il faudrait en enlever d'autres qui semblent ne tenir en rien les blocs du dessus. Cela serait jouable avec un pied de biche bien abrité en dehors de la trémie.
Retour vers fo39. (5) Petite hésitation sur le fait de grimper ou non là où j'ai tenté en libre. On se décide à ramener le matos pour lever ce doute. Deux pulses plus tard, je suis absolument recouvert de boue et la matos encore plus. En haut je suis coincé sur des blocs dans le passage, j'ai vu 1m plus haut sur d'autres petits blocs qui comblent la fracture, pas d'air, je redescends.


Direction maintenant le volume parallèle accessible par le faux plancher au niveau de la belle coulée de calcite active. Immédiatement je m'enfile dans une étroiture remontante style la chatière, ça continue et ça monte jusqu'à un carrefour. Vers le bas, un conduit type laminoir en forte pente sur 3m atteint un sol. En face, une conduite forcée remonte. Je vais en face tout excité car ça raisonne bien devant. J'arrive sur une lucarne étroite mais passable dans laquelle j'arrive à me faufiler, me menant à déboucher au plafond d'une belle salle avec un amont et un aval, c'est magnifique !! Je pense avoir trouvé la suite, mais me rappelle subitement de l'épisode du balcon de la désillusion...
Bref, avant de mettre une corde ici, je descends le laminoir, et prends pied dans une belle salle avec un amont et un aval, c'est magnifique, c'est grand !!.... à moins que... DÉSILLUSION ÉPISODE 2, LE RETOUR !! L'excitation s'effondre, nous venons de boucler avec le généreux volume où se trouvent le faux plancher et la belle coulée... Bon, comment sommes-nous passés à côté de deux passages comme ça sans les voir ? Tout est question d'angles morts, le passage bas est camouflé par un pan de mur qui vient le recouvrir comme une toiture, et le passage haut est caché par les ombres et l'aspect uniforme de l'argile sur la roche... moi qui essayais d'y faire attention, voilà un excellent exemple. On doit en rater des trucs de cette manière.
Retour dans le volume parallèle, où des cheminées nous narguent depuis le bas. (6) Sur la gauche une lucarne donne sur du vide à 3m de haut. En deux points j'y suis et tente d'élargir pour passer (ça semblait plus large vu d'en bas...), mais je passe pas. Du coup je poursuis vers le haut, où 4 bon mètres sont encore à gagner pour rejoindre de volume. Mais la montre tourne, et il est déjà 17h. Je m'arrête à mi-chemin de l'escalade en ayant prépercé le trou suivant. On installe le bout de grosse corde de 7/8m récupéré à la base du P35 autour d'un bel AN. Deux trous sont prépercés, plus qu'à y mettre les pulses. Niveau matos, seule la petite corde a été utilisée pour l'escalade, tout le reste est de retour sous le P35. J'y ai également déposé la dizaine de mètres de dyneema propre.
À 18h passées, nous prenons le chemin du retour, en effectuant ici et là quelques aménagements mineurs de parcours. Pas trimbaler 1,25kg de massette pour rien. Nous sortons pour 21h, plus sales que jamais !

lundi 10 novembre 2025

Reprise de l'activité minière à St Andrieu

Dimanche 09/11/2025

Aven de St Andrieu

Participants : Henri, Laurent

TPST : 8h30 

 
Pendant que les 2D continuent les travaux au trou du Moulin à l'est du massif, nous entamons la deuxième session de travaux dans la nouvelle branche de l'aven repérée la fois précédente, notre meilleure option à ce jour pour rejoindre le réseau du Chant du Loup qui passe à proximité. 
Pour rappel, le point de jonction potentiel se situe à 60m en plan et 60m plus bas que le nouveau terminus de l'aven.

Test du courant d'air en début de journée, celui-ci est passé en régime hivernal et l'aspiration est bien sensible. Une partie du zef passe bien par la micro-lucarne repérée au fond. Il s'agit d'une diaclase étroite à l'origine, de surcroit calcitée. On calibre le nouveau passage pour faciliter le transit des blocs et des gamattes, puis on attaque le fond.

Deux bonnes salves nous permettent de gagner 2m. La lucarne se dédouble mais tout semble se rejoindre derrière un énorme pilier rocheux qu'il faudra détruire avec la méthode bien connue élaborée lors du chantier de désobstruction du Vieux Lion.

Le calcaire est très métamorphisé, très dur avec de nombreux microplis bien visibles (faciès identique à celui pris en photo au fond du CDL), mais surtout extrêmement minéralisé, avec de nombreux filons métalliques denses en inclusions dans la masse. On comprend l'intérêt qu'avait suscité cette zone du massif lors de la grande époque de l'exploitation minière, et on se sent par certains côtés très proches de ces anciens mineurs lorsqu'on creuse notre passage à taille humaine.
Seule la finalité a changé, puisqu'on cherche du vide et qu'on entasse le métal dans les murettes sans l'utiliser...nos prédécesseurs n'auraient pas forcément compris...

En fin d'après-midi, visite de Jean-Marie notre éleveur local très intéressé par nos recherches (il nous avait indiqué le futur site de l'aven de la Pleine Lune dès 1997).
JM nous indique l'emplacement d'une ancienne mine pas très loin de l'aven. Nous la retrouvons dans un roncier, elle ne fait qu'une quinzaine de mètres et ne recoupe aucun creusement naturel.

Le chantier promet d'être long pour parvenir au seuil qui provoque les mises en charge dans l'aven lors des grosses crues, mais avec l'aide du courant d'air, et avec ce nouveau passage hors trémie, on y croit... 

vendredi 17 octobre 2025

Première tentative de jonction au son et retour des moyens lourds...

Mercredi 15/10/2025

Aven de St Andrieu

Participants : Henri, Laurent

TPST : 8h 

En parallèle et en complément de l'équipe de pointe située une centaine de mètres sous la vallée, nous allons tenter de nous entendre depuis le fond de l'aven de St Andrieu, cavité pressentie pour devenir à terme une entrée permettant de shunter les premiers kilomètres du CDL.

Au rythme où vont les explos, avec le siphon temporaire qui va se remettre en eau et la zone étroite à calibrer plus en aval, ce serait assez génial...
Nous voici revenus dans l'esprit d'il y a quelques années en arrière, quand la quête de la jonction Vieux Lion/Chandelier avait commencé aussi par du signal sonore entre deux équipes.

Revisite des différentes options pour reprendre la désob, puis nous jetons notre dévolu sur un passage au point bas de la cavité. On s'organise pour envoyer les ondes (très) sonores à heures précises : 13.30, 14.30, 15.30

La première salve est entendue par Etienne qui est dans le P35 du CDL à ce moment-là. Le son est lointain, ce qui confirme que ce grand puits ne draine pas la suite de l'aven de St Andrieu, mais plutôt la perte active juste en amont de la ferme homonyme (distance/lacune d'une centaine de mètres).

Petit à petit le chantier prend de l'ampleur et se transforme en véritable mine : modification du passage principal, élimination de plusieurs tonnes de roche mal placée, jusqu'à pouvoir attaquer le point d'interrogation terminal. Le courant d'air soufflant n'est pas très fort mais bien présent, il augmentera progressivement dans la journée.

Après deux salves au fond, bonne surprise : du noir apparait. Nous aboutissons dans une petite salle de quelques mètres de haut en première.
La suite est localisée grâce au courant d'air dans un petit méandre presque comblé par de la calcite, direction sud - sud est. Gros travaux à prévoir mais il y a du stockage.

Nous ne le savons pas, mais au même moment les jeunes se sont considérablement rapprochés par un nouvel affluent qui remonte en direction de l'aven.
Pas encore besoin de s'affoler trop vite, il reste quand même une soixantaine de mètres de dénivellation à franchir entre les deux points pour une soixantaine de mètres en plan également.

Surprise de taille; le courant d'air descendant bien ressenti par l'équipe au fond actuel du CDL est incompatible avec le courant d'air montant de l'aven de St Andrieu. Il y a quelque chose qui amène pas mal d'air entre les deux...la suite du niveau fossile ?

Au final, expérience concluante qui nous donne une stratégie bien claire pour cet hiver. J'espère que l'Arme Secrète va pouvoir reprendre du service...



Report zone aval du CDL avec aven de St Andrieu

Vers l'aval, un nouvel amont !

Mercredi 15 octobre
Juju, Alary, Étienne
Chant du Loup
TPST : 11h30

Une petite dernière avant la montée des eaux ? Sauf si l'automne joue les prolongations !

Laurent nous rejoint comme prévu à 8h. 
''Les gars j'ai eu une idée de génie pendant la nuit. Au lieu de venir avec vous, je vais aller dans la perte de St Andrieu faire du bruit à 13h30, 14h30 et 15h30 pour voir si on s'entend. Faut synchroniser nos montres''.
Soit ce mec est un génie, soit, l'âge avançant, il trouve des excuses pour ne pas faire sa séance de gymnastique. (Je m'assure par la présente qu'il sera des nôtres la prochaine fois, ou me préparer à l'inscrire à l'ANAR (Association Nationale des Anciens Responsables FFS), en gros les passionnés qui physiquement ne prennent plus plaisir à aller dans des cavités trop rugueuses).

Dès l'aller on fait quelques aménagements, notamment à l'entrée de la salle du miroir. On récupère la corde en place d'environ 25 m pour un ressaut de 3 m et on la remplace par une qui fait pile la bonne taille. Équipe de magiciens : plus on équipe d'obstacles plus on a de cordes dans notre local ;-) Bon pour la dyneema point de magie, on a presque tout fini, déso Dom !
P35 : petite dynamique (enfin avec la boue c'est pas sûr mais ça devrait se laver avec les embruns cet hiver), 2 stats, 3 mini sangles bien trop courtes, 3 dyneemas, 5 goujon/plaquette/maillon, 4 goujons, 2 clowns, 1 skif acier sans virole, pastilles topo avec petit foret. Carrefour 227 une grande dynamique (bien trop grande d'ailleurs), 1 goujon, 1 maillon, 1 presto, 3 goujon/plaquette/maillon.

Arrivés au pied du P6 équipé par Alary lors de la séance précédente, nous reprenons la topo pour faire un cheminement plus appliqué que l'autre fois (timing et excitation). Nous rejoignons rapidement le pied du P35, observons 20 secondes notre environnement avant de localiser la suite aval. Je m'y engage et sens le courant d'air qui s'engouffre dans une petite verticale. Ni une ni deux j'attrape le perfo, et aperçois la lumière d'Alary qui trouve un autre passage juste en dessous. Juju le rejoint. Ça continue, qu'est-ce qu'on fait ? Prenez le disto et go, moi je fais un p'ti bout d'artif pour voir. Je monte une petite moitié, le cailloux est vraiment très péteux. J'arrive au niveau d'un filon de ferraille et décide d'abandonner là pour aujourd'hui d'autant qu'à 13h30 on entend un petit quelque chose mais très lointain, vraiment pas assez pour nous rendre enthousiaste. Je me décale hors crue, pose un équipement durable pour pouvoir reprendre un jour mais sans grande conviction d'y revenir.

Mieux vaut rejoindre les copains qui galopent vers l'aval.
Et il a pas fait le voyage pour rien le Juju ! En une sortie on a dû faire autant de développement que durant les 3 séances précédentes ! Et pas dans des chatières.
En bas à gauche Alary sort du soutirage sous un fin plancher de calcite

Là on commence à y croire sérieusement, mais d'un seul coup d'un seul, le plafond s'abaisse. Une petite chatière nous mène dans un nouvel espace sympa, mais pas aussi spacieux que la galerie juste avant. Ça se complexifie un peu, ça remonte, ça remonte encore, des marmites, des galets (oui forcément, ça va de pair), un ressaut, deux ressauts, ça repart pour un amont !

Un bel amont, avec une forte pente et qui se termine sous une trémie nettement ventilée. Au sol, joli cortège de galets tout droit venus de la surface et de beaux blocs marbrés et colorés qui ne demandent qu'à être poliment caressées.

Mais où se trouve la suite de l'aval ? Plusieurs solutions mais rien d'évident. Allez ça nous fait un stop pour aujourd'hui, l'heure est déjà bien avancée, rebroussons chemin tout en regardant si nous n'avons pas laissé quelque chose de notable. Dans un beau soutirage, sous un (trop) fin plancher de calcite, une annexe offre plusieurs passages avec des escalades à faire. Tout le long du parcours des zones d'ombre dans les hauteurs et plusieurs choses à voir/revoir dans le point bas. Le point bas lui-même obstrué par une coulée de calcite, une petite cheminée, une petite galerie bien orientée mais avec un passage à forcer...

Sur le retour quelques améliorations, dont deux chatières éliminées juste en remuant des gros blocs.
Alary à la main sur un gros bloc qui était quillé dans le passage, posé sur le cailloux devant les genoux de Juju. Il fallait monter, enlever le sac et se faxer...


mardi 14 octobre 2025

On passe sous la vallée

Vendredi 10 Octobre
Béranger, Max, Alary, Etienne
Chant du Loup
TPST 11 h

Arrivée sur la zone labyrinthique qui nous a éparpillé quelques sorties après la traditionnelle séance de 2h/2h30 d'échauffement, gainage, décoration du matos.
Parenthèse : Encore et toujours des chauves-souris (ici un rhino) qui s'installent dans le nouveau gîte fraîchement ouvert malgré un certain éloignement de l'entrée pour celle-ci.

A ce propos, au pied de la zone d'entrée il y a une odeur assez prononcée de guano, de nombreux insectes et leurs ailes sans le corps au sol, il y a donc des chauves-souris en nombre que nous ne voyons pas directement sur l'itinéraire mais qui se font là un festin. En plus, de leur ouvrir le gîte, on installe des conditions aérologiques qui attirent en nombre des insectes volants (beaucoup de tipules) pour leur offrir le couvert sur place ! (Idem au vieux lion le couvert en moins). Faudra pas nous expliquer qu'on vient les déranger ! D'ailleurs à Cabrespine ou Baume obscure elles viennent de plus en plus nombreuses au-dessus des circuits touristiques ou des dizaines de milliers de touristes passent à quelques mètres d'elles en contrebas et on ne parle pas d'une ou deux chauves-souris mais de milliers. Alors quand on nous dit que les spéléos menacent les chiroptères, il va falloir être un peu plus précis ! Quelles espèces, où, à quelle période de leur cycle...

Alary et Béranger partent en avant pour doubler le point en fin de main courante et maltraiter un rocher mal placé dans la chatière en espérant que tout le monde puisse passer ensuite. Avec Max nous démarrons la topo au point 245 pour topographier les découvertes faites en fin de séance précédente et poursuivre vers l'inconnu. Nous rattrapons rapidement les désobeurs. Max et Béranger équipent une descente sous la main courante et découvrent un siphon.
Extrait d'une vidéo de Béranger

Après un petit casse-croûte toute l'équipe franchit la zone étroite. Alary équipe le puits terminal (P 6) pendant que les topographes les rejoignent tranquillou. Le courant d'air ne fait aucun doute dans toute la zone resserrée et s'inversera plusieurs fois sur des phases d'une quinzaine de minutes. Au pied du puits deux branches. Une descend, probablement de l'autre coté du siphon (shunté par les étroitures), l'autre monte vers la suite et prend le courant d'air. Pendant qu'Alary équipe la partie remontante en direction du zef, nous faisons une reconnaissance dans les points bas qui passent sans agrès tout en topographiant. Il y a deux nombreux vides parallèles. Les placages argilo limoneux sont omniprésents sauf dans les points les plus bas où le courant doit emporter les particules avant et après mise en charge. De nombreuses zones d'ombres restent à revoir dans ce secteur. Nous décidons de revenir vers le pied du puits (P 6). On peut emprunter le même chemin ou essayer de boucler par les nombreux volumes parallèles. C'est souvent raide et englué sauf un passage bien nettoyé, incisé et avec pas mal de galets, graviers, donc allons voir... Nous entendons Alary en train d'équiper par là, mais surprise au lieu de le rejoindre, un espace tout noir s'ouvre, spot à fond, c'est grand, et ça remonte fort, un beau puits remontant, coup de disto, 35 m de haut ! On ramène un cheminement topo rapide au pied du P 6 pour ne pas partir sans savoir où se situe ce beau volume !
P 35 vu du bas, sans échelle on se rend pas compte mais c'est grand

Mission accomplie pour aujourd'hui. On plie, certains sont attendus. 4 c'est vraiment top, 2 équipes de 2, tout le monde s'est régalé, a ouvert la voie sur du neuf, les jeunes avancent super fort, plutôt bien chargés à l'aller, sauf Alary, lui est chargé à l'aller et au retour, faudrait pas qu'il s'ennuie trop !


Au beau milieu du trou, en haut d'un talus, j'aperçois une forme qui fait penser à un bout de corde. Ça m'intrigue, je monte voir, je suis passé 7 fois à cet endroit sans le voir. Bim, un petit local matos oublié de longue date puisqu'on est déjà du côté entrée par rapport au siphon. Et bien sûr du zicral tout moisi, direction la poubelle !

PS : lors de l'exo secours au VL, en bidouillant la main courante du gour suspendu/marre à boue j'ai récupéré un gros skif acier parallèle sans virole et un maillon (merci le tisserant).

Mais qu'est ce que c'est ?


jeudi 9 octobre 2025

CDL : Perspectives motivantes au delà du fin fond

Lundi 6 octobre 2025

Participants : Etienne, Alary

TPST: 9h / Perte du chant du loup (cdl)

Malgré la fatigue accumulée sur la saison, Etienne arrive à se dégager du temps et de la motivation pour profiter autant que possible du siphon à sec permettant de retourner au fond du cdl poursuivre l'investigation. Rdv à 7h30 au parking, Laurent passe nous apporter le Disto et la ferraille. Au loin, des bruits d'extraction forestière occupent le fond sonore... travaux forestiers qui se déroulent sur le sentier d'accès et se terminent à quelques mètres de l'entrée du trou... où la bâche bleu tendue et les cordes réformées ont été subtilisées...

L'objectif du jour : poursuivre l'escalade en direction de l'aval (la même qui nous avait mené sur un bel amont). À 8h20, nous entrons sous terre et cheminons à bon rythme en essayant d'éviter la surchauffe. Je choppe une corde ultra crade dans la salle du pont de calcite, pour le fond. Sur le trajet, quelques gours sont en eau, ce qui nous surprit tous les deux, ayant la vague sensation que ces derniers étaient vides une semaine auparavant. Plus loin, un gour en eau avec de la calcite flottante bougeant avec le courant d'air il y a une semaine, s'est complètement asséché. Passé l'eau, les cailloux... Un bloc joueur d'une grosse centaine de kilos est placé à 80cm de haut en bordure du cheminement principal (je ne sais plus où exactement), où il est possible de passer dessus sans se rendre compte, en risquant de le faire basculer. Nous essayerons à la sortie prochaine, de le marquer pour l'éviter et l'éliminer ensuite.

Arrivé au carrefour 227 peu avant 11h, où nous débutons par une vérification du Disto, suivie d'un étalonnage. En avant la topo, du point 227, jusqu'à la dyneema du début de la galerie amont. Puis, direction l'aval en installant une main courante sur une bonne dizaine de mètres au dessus du vide. Les grands volumes qu'il semble avoir plus loin nous rendent très enthousiastes ! Pendant qu'Etienne s'affaire en haut, je refait un tour dessous, depuis le pied de l'escalade jusqu'au fond aval où la galerie remonte vers là où est Etienne (laissant l'actif impénétrable dessous), puis vers le pied de la chatière de calcite (celle qui précède le bout de dyneema remontant). Je descends dans plusieurs poches donnant dans l'actif, ridiculement étroit et sans courant d'air net. Pas grand chose à espérer par là, surtout compte tenu de ce qui va suivre. 

Calcite recorrodé dans brèche tectonique
Je remonte rejoindre Etienne avec une corde en plus pour la suite éventuelle. En préparant cette même corde pour équiper la suite, je m'aperçois que c'est une autre corde d'escalade... Mais ceci attendra, car un palier est atteint, et au détour d'une coulée de calcite, nous avons vu sur la suite. Un bon vide nous sépare d'une petite plateforme en face, et du conduit plus loin. Seulement, en essayant de voir comment se profile la suite, je suis pris d'un sentiment d'effroi, en apercevant quatre mètres plus loin, des traces dans l'argile ressemblant trait pour trait à des traces de passage... Quoi ? Comment ? Même vision pour Etienne, le repas attendra, deux pulse, la corde d'escalade bougnaflé et effectivement, nous sommes déjà venus ici... En fait, nous venons de retomber dans les conduits explorés le 10/09/2025, où dans le sens emprunté ce jours là, le constant était : "Arrêt sur main courante à équiper et volume intéressant en vue". Ce volume intéressant est celui emprunté par l'actif, celui escaladé qui a donné l'amont actif du 24/09/2025 et le balcon de la désillusion du 06/10/2025, est celui parcouru et à moitié topographié par Laurent et Jean-Michel le 10/09/2025 mais parcouru en totalité par Emie et moi à une heure d'intervalle et qui donne au pied de la lucarne de calcite. Ce volume qui doit également communiquer avec le passage supérieur (faille principale) que l'on prend au carrefour 227 (la remontée dans les galets et le sable), via deux conduites repérées au pied de l'escalade (topographié ?). Bref, une fois tous nos rêves de première envolés dans ce secteur, nous levons la topo du tronçon équipé (une pastille rouge est en place sur la paroi du balcon de la désillusion, facilement repérable pour boucler la topo par l'autre coté quand le moment sera venu de la faire).

L'heure du repas, et l'heure aussi de se demander que faire maintenant... Plusieurs options :
- forcer l'amont en se mouillant.
- aller revoir la chatière des graviers (on devrait dire galet).
- repartir dans les temps pour être dehors avant 18h, mais repartir bredouille.
Il est 15h passé, et nous décidons, non sans ignorer l'envie de sortir, d'aller revoir la chatière du fin fond, que j'avais été le seul à voir et dont un courant d'air m'était apparu avec peut être la possibilité pour Etienne de forcer l'étroiture. À 15h30 nous sommes devant, ça souffle très nettement. Etienne s'engage avec son baudrier. Il avance tant que c'est pénétrable.
J'essaie d'engager aussi sans baudrier, mais je coince au bout de trois petits mètres dans le virage à gauche sur un bombé... Je mets les vidéos prises par Etienne, en essayant de recomposer le cheminement des évènements :
Puis vers la sortie amont de la chatière :
Il semblerait que cette étroiture soit un niveau de surverse causé par la vallée de saint Andrieu venu créer un obstacle dans la continuité du réseau lié à une vitesse d'évolution différente entre les deux compartiments et jouant donc comme une bride à l'écoulement. Ceci expliquerait l'argile omniprésente sur les murs en amont de la chatière, avec à certains endroits un ancien niveau de crue visible que l'on pourrait donner comme étant au même niveau que la chatière. Cet obstacle et notre position par rapport à la vallée au dessus semble pouvoir dire que le collecteur principal n'est plus très loin...

Ce qui devait être une simple vérification s'est transformé en interrogatoire forcé avec à la clé de solides informations sur le développement du réseau et la suite à attaquer. Pour ce qui est du taper casser caillou, 8m sont à élargir, avec un chemin de gamatte d'une dizaine de mètres descendant si on veut tout balancer dans le fond (mais faudrait aller le voir avant ce fond). À 16h05, nous quittons la chatière direction la surface ! Nous avançons à très bon rythme et apparaissons au jour peu après 18h, accueillis par Henri et le flash de son appareil photo. Henri qui nous attendait depuis 1h30 dehors, après avoir revisité l'aven de saint Andrieu et localisé un point intéressant à travailler.

On joue désormais contre la montre pour tenter d'obtenir le maximum d'informations avant la remise en eau du siphon et éventuellement l'ouverture d'un accès intermédiaire...

jeudi 25 septembre 2025

6 escalades, 5 de + en - et 1 avec amont et aval

Mercredi 24 Septembre
Chant du loup
Alary, Etienne TPST 12h30

Ça y est, tout comme au vieux lion les rhinos investissent les lieux rapidement après la découverte. On en verra d'ailleurs un tout au fond, ce qui laisse présager une autre entrée.


Dès l'aller nous allons remplacer les skifs zicral par des maillons inox. Ils vont d'ailleurs un peu nous manquer plus tard dans la journée. L'attaque du zicral a commencé en quelques mois seulement.


Au bout de quelques années c'est pas safe, c'est pour ça qu'on recommande l'inox. Chacun est libre de remonter sur un vieux skif zicral mais peut-on savoir si on sera le seul à l'utiliser. Dit autrement, le zicral n'a rien à faire ici, du coup on l'a sorti (3 skifs, un AS et une plaquette).

En chemin on récupère deux petits bout de cordes abandonnés au sol. On les utilise pour rééquiper un petit ressaut et on récupère la corde en place d'une vingtaine de mètres pour le fond.

A l'approche du terminus on ne peut s'empêcher d'aller voir quelques vides en hauteurs qui pourraient être des solutions si ça ne passait pas à l'aval. Vers le point topo 201, juste après une chatière dans un chaos de blocs dans le lit du ruisseau, une escalade facile d'une dizaine de mètres nous mène dans un espace assez généreux. Il faudrait poursuivre avec une corde mais on trouvera bien plus intéressant plus loin.
Quasi vertical vers le haut


Idem au point 219. Un volume plus conséquent encore mais cette fois ça queute. Dans un plafond il y a un passage impénétrable mais la voûte est blanchie par condensation corrosion donc il doit communiquer avec autre chose.
Alary donne l'échelle au fond de la salle


Arrivé dans la zone terminale, nous effectuons un bouclage sur un des points d'interrogation laissé la fois précédente. Alors que faire ? Revoir le terminus, voir le point le plus bas ? Ce sont de bonnes options mais qui garantissent de se tartiner copieusement de boue collante. Tiens juste au-dessus de nous il y a une escalade à faire, nous sommes quasiment au point le plus excentré du réseau donc commençons par ça. Nous remontons le long d'une coulée de calcite et à nouveau une quinzaine de mètres au-dessus il y a du volume. Un petit trou impénétrable termine la salle dans la direction à poursuivre. Il est frais mais ce n'est pas nettement ventilé... Nous sommes au-dessus du point 242 et là tout au fond il y a aussi une chauve-souris qui fait sa sieste diurne. Elle est à proximité des croisements de galeries, au niveau intermédiaire et il y a un squelette de chauve-souris dans la salle tout en haut de l'escalade ! Si on ne trouve pas mieux, le terminus est travaillable, mais on va trouver mieux !


Même dilemme que précédemment. A avoir fait suivre le matos d'escalade et n'étant pas encore trop crottés allons voir un peu en arrière l'autre branche dans laquelle Laurent nous à parlé d'une escalade bien placée à faire. On bat en retraite. En chemin, Alary, excellent grimpeur, va voir en libre s'il y a un passage au-dessus d'une vieille coulée complètement rongée probablement vers le point 236. Cette coulée ne grandit plus et raconte une histoire intéressante. Cette concrétion n'a à priori pas grandi durant la phase climatique actuelle (holocène) mais dans une phase climatique antérieure (Eémien ou encore avant, donc mini 120 000 ans) dans une galerie déjà bien formée. Elle est incisée de plusieurs belles encoches avec coups de gouges formées par la rivière et dans sa partie inférieure les espaces entre les pendeloques sont bourrés de sables et graviers amenés par la rivière. Un bel exemple de conduit polyphasé. Creusement de la partie sup, incision, remplissage chimique (croissance de la coulée), aggradation de sédiments dans la galerie et défoncage de la coulée, redescente relativement rapide et sur-incision du conduit. En bref, un beau témoin pour raccorder des histoires climatiques, tectoniques et géodynamiques à proximité d'une confluence qui ne fait plus aucun doute.


Une autre tentative vers le point 226 appelé par une acoustique aguicheuse.

Nous nous engageons ensuite dans l'autre branche et dès le premier rétrécissement nous percevons un net courant d'air. La première escalade est facile. Plusieurs départs sont possibles. Nous reviendrons sur nos pas mais 15m plus haut au plafond du grand couloir qui nous avait amené là. Nous interceptons un joli petit conduit qui alimente une coulée de calcite qui nous avait gentiment arrosé 15m plus bas. Ça à l'air de vouloir avancer donc nous démarrons la topo. C'est bien actif même en cette période d'étiage.


Pour aujourd'hui on s'arrête sur un rétrécissement que les plus maigres pourraient franchir moyennant une humidification certaine. L'air très net nous vient dans la tête et semble très frais. Il se fait tard, il faut raccorder la topo a un point existant, déséquiper la dynamique, les pulses et accessoirement se taper le retour à peine sportif !
La prochaine photo illustre les perspectives. A mon épaule gauche, non visible dans le cadre l'affluent fraîchement topographié et en face dans le dos d'Alary la suite, assurément un aval...
Déséquipement de la stat


Pour la prochaine fois, prévoir du matos : il reste une vingtaine de mètres de stat au terminus, la dynamique, 3 plaquettes avec goujons SANS maillons et les vignettes topo. Un peu avant le terminus il reste une petite dyneema, un goujon, un maillon ''presto'' inox et une bonne vingtaine de mètres de stat. Donc pas grand chose en dehors des cordes. Tout le long de l'itinéraire les ''poupées'' en bout de cordes représentent au moins une centaine de mètres qui pourraient être coupés et utilisés.

Au retour on se trouve une excuse pour faire une pause thermique et vider l'AQ du perfo. On vire un AS déjà corrodé (oui l'AS aussi est en zicral), on récupère la partie textile et on bidouille un truc pas tout à fait EFS (école française de spéléo) mais optimisé par rapport à nos moyens sur place et mieux qu'un mono point sur un AS en alu !