samedi 15 février 2020

Trio pour un seuil

Samedi 15 Février 2020
Trou du Vieux Lion
Participants : Félix, Henri, Laurent
TPST : 7h30

Séance hebdo au VL. Les 2/3 du club sont en vacances au chaud ou au ski, on est donc que 3 pour se vautrer dans l'humidité du Pays de Sault. Ca tombe bien, pas besoin d'être plus pour la première fois depuis un bon moment

Il y a toujours beaucoup d'eau dans le trou, ça pisse d'un peu partout pourtant il n'a pas plu depuis deux semaines. Toujours pas de gradient thermique satisfaisant. On s'attaque au seuil aval découvert samedi dernier.

Départ aval
Calcite, argile, moonmilch, alluvions, tous les types de remplissages alternent. On est passé tout près du comblement total de la cavité, mais à chaque fois un petit passage est resté ouvert.
On élargit avec le 16mm, toujours aussi efficace, jusqu'au barrage naturel qu'on finit au pied de biche. La ventilation artificielle permet de revenir vite sur les lieux dans de bonnes conditions.
Félix remplace JLuc à la construction de murettes dans l'affluent.

Le seuil, un gros bloc planté dans le sol
Le seuil finit par céder. La suite est à nouveau pénétrable sur quelques mètres. Ca descend fortement, et on est obligés de s'arrêter sur un bombement de calcite. Au delà, c'est un méandre de type alpin, fortement déclive, qui continue mais il faudra élargir à nouveau à cause des comblements.

Passage ouvert
Quelques nouveaux mètres de dénivellation ont été gagnés. On doit arriver à présent dans la zone des 10m et il s'agit peut être (?) du même méandre que celui vu par Etienne depuis le bas. Par contre futur chantier difficile car les remblais vont à chaque fois tomber au fond. On va aussi confortabiliser l'accès pour éviter la formation de vasques sur l'obstacle précédent.

samedi 8 février 2020

Nouvel espace

Samedi 08 Février 2020
Trou du vieux Lion
Participants : Henri, Félix, Dom, Boris, Laurent
TPST : 7h30

Reprise des hostilités après un WE de relâche. Il y a un peu moins d'eau mais ça reste bien trempé au fond avec une belle vasque au milieu du passage. On passe derrière et remplissons la vasque avec les remblais de la dernière salve. Le méandre aperçu la dernière fois est ouvert. Avancée de 2m jusqu'au coude et là, 2 passages : un microméandre non ventilé descend à droite et une lucarne remontante à gauche canalise l'air bien sensible du matin.
Cette lucarne prend la direction du bouchon principal de calcite situé 1m en dessous, mais il y a du boulot. Dilemne...
On passe une bonne demi-heure à gamberger dans tous les sens pour prendre la meilleure décision possible. Finalement, la résonance semble plus proche par le bouchon de calcite, et il y a un infime courant d'air au ras de la voute. On décide donc de s'attaquer à la calcite plutôt qu'à la lucarne.
La calcite est plus ou moins indurée selon les endroits, et la désobstruction est uniquement manuelle, éreintante et en aveugle. On se relaye à la tâche, avec stockage dans la salle de Noël 10m au-dessus, par le système habituel de contrepoids.
La résonance devient très proche, mais on ne voit toujours rien par le vide centimétrique du plafond.
C'est mon tour d'y aller, je mets le paquet sur la croute la plus dure en haut du passage. Au bout d'une demi-heure, le pied de biche traverse, un chenal rond prend forme, et le vide apparait droit devant.
Il faut tenter de l'atteindre avant ce soir. On redouble d'efforts, le passage cède enfin.
Nous comprenons instantanément que c'était la bonne option lorsque nous arrivons dans une petite salle assez haute de l'autre côté de la lucarne trouvée le matin. Cela aurait nécessité un sacré boulot de passer par là-haut...
C'est très concrétionné, et une nouvelle arrivée se greffe à la cavité, la hauteur est d'environ 8m. Au sol, c'est une coulée de calcite en escalier qui occupe l'espace. Il y a là de quoi stocker sur place pour quelques sorties, un vrai soulagement.
Côté aval, il y a un seuil marquant le déversoir de l'ancien siphon de quelques mètres (qui sera bientôt "horizontalisé") franchi aujourd'hui. Au sommet du conduit émerge un haut de méandre étroit qui descend vers la suite. Les banquettes de galets indurés visibles un peu plus loin et le test à la fumée ne laissent pas de doutes sur le fait que c'est par là que ça va se passer dorénavant.
On lui envoie une série de trous en 60 avant de partir. La désobstruction va pouvoir se poursuivre à moindre effort et même en effectif réduit.
A noter une nouvelle découverte archéo intéressante : deux squelettes de petits animaux, dont un de petit mammifère fossilisé au sein du remplissage calcité de la cavité (alluvions anciennes soutirées), le crâne a pu être extrait facilement pour expertise prochaine auprès de notre spécialiste.

mardi 4 février 2020

Initiation spéciale jeunes

Dimanche 02 février 2020
Grotte du Cimetière
Participants : Eleanor, Elisa, Timothé, Mathias, Quentin, Séverine, Laetitia
Encadrants : Daniel C, Romain, Steve, Denis

11 personnes au rendez-vous de Sallèles ce dimanche (4 absents pour soucis de santé). Cathy vient nous aider à équiper tout ce petit monde (parfois très petit : de 7 à 13 ans pour les jeunes).
Objectifs : faire une initiation corde à des enfants (et parents) motivés qui ont déjà fait de la spéléo aux JNS ou ailleurs  + visiter la cavité.


              De gauche à droite en haut : Daniel, Denis, Steve, Romain / Quentin, Séverine.
En bas : Elisa (de Laetitia), Mathias (de Séverine), Eleanor (de Steve), Timothé (de Romain), Laetitia

10h30 : on attaque les 1ères manœuvres à l'extérieur de la grotte. Puis Daniel emmène un premier groupe au bout des grandes salles. Avec Steve, on équipe 2 ateliers dans la 1ère grande salle. Les enfants sont très motivés et passent presque partout. Les descentes sont contre assurées avec une 2è corde (+ un en bas), les remontées sont bien encadrées.

Mathias et Romain

De haut en bas : Steve, Séverine qui remonte, Daniel, Laetitia
                     Quentin, très décontracté, sait déjà faire une clé avant de descendre.

A 13h, presque tout le monde a fait les 2 ateliers, les estomacs crient famine, il faut penser à rassasier Steve... On pique-nique au soleil. Pendant quelques minutes, tout est calme.  Puis Eleanor s'approprie une des plaquettes de démonstration pour une utilisation bien connue...
                                                        Eleanor, mets ton casque !

Après mangé, on équipe le puits d'entrée. Eleanor et Elisa font toujours des acrobaties.
Le puits d'entrée, au départ, c'était pour Quentin et les mamans. Evidemment, tout le monde a suivi pour 2 tours.
Quentin à l'aise, en bas, Daniel tient la corde.
Eleanor, ne lâche pas la corde !
Elisa
Mathias
Timothé : J'y vais ou j'y vais pas ?
C'est parti !
15h30 : on arrête les tours de manège (certains sont passés 3 fois !) pour aller voir le fond. Après la 1ère étroiture, Daniel nous raconte la première avec André et Daniel M. Il est tout content de retrouver sa galerie jusqu'au moment où, au plus étroit bien sûr, on rencontre une flaque d'eau ! Pour changer (du pays de Sault) on se mouille et on rampe sur 10m de boue... Un vrai baptême spéléo pour les enfants qui passent en rigolant. 
Derrière, Laetitia se sent trop à l'étroit et Steve a une panne de lampe. Ils ressortent avec Elisa. Daniel nous montre le fond, je retrouve l'accès au puits où se trouve un petit squelette, mais ce sera pour une autre fois.
Le groupe du fond.
                              Graffitis laissés par des jeunes de 1975. Un nom semble familier...

17h30 : tout le monde est dehors, Steve a déséquipé le puits. On a un sacré bazar à ranger et des casques à nettoyer... Mais le sourire des jeunes fait plaisir.
- Prochaine sortie initiation : sans corde pour avoir moins de matériel, dans 2 mois environ.
- Vu son niveau, Quentin peut envisager des sorties classiques (il a déjà fait la traversée de Trassanel).
TPST : 6h

jeudi 30 janvier 2020

Cataclysmes géomorphologiques post-crue en Haute Vallée de l'Aude

Jeudi 30 Janvier 2020
Gorges de l'Aude
Participants : Boris, Laurent
TPST/ES : 3h

Demi-journée de reconnaissance dans les gorges de Pierre-Lys pour aller inspecter quelques phénomènes spectaculaires ayant eu lieu pendant ou après la crue majeure de la semaine dernière, et ayant également un lien direct avec le karst.

Au niveau de la source de la Fago, site que nous connaissons bien pour y avoir effectué bon nombre de prélèvements durant les traçages du plateau de Sault, la mise en pression de la source sur les colluvions situées sous les barres calcaires a provoqué un énorme glissement de terrain le lendemain de la crue.


La coulée de débris a franchi le creux au pied de la montagne puis a surgi en remontant, telle une avalanche, sur la D117, qu'elle a également franchie. Par miracle aucune voiture ne passait à ce moment-là.

Bas de la coulée et D117
La source de la Fago sort à présent dans un site encore instable à proximité du pied des barres. Il faudra laisser tout ça se purger avant d'aller voir...


Deuxième objectif, atteindre un thalweg en rive droite que Boris et Loïc ont vu pas mal couler depuis la route et la rive opposée jeudi dernier. Nous laissons la voiture à St Martin-Lys pour emprunter un sentier qui a subi lui aussi quelques dommages.
Arrivés sur place, la stupéfaction nous gagne. Je m'attendais à quelques chose de rationnel au niveau débit, mais là, c'est quelques chose de tout simplement colossal qui est sorti de la montagne par le sommet de l'éboulis. Ce dernier a été entièrement remanié, les arbres sont couchés et pelés par la force du courant, les racines sont mises à nu, voire arrachées sur une largeur de lit parfois supérieure à vingt mètres. Et le diagnostic est formel : toute cette eau est bien arrivée de sous terre !

Des blocs de plus d'une tonne ont été déplacés

Le courant a occupé la totalité de la largeur de l'image (débris de racine pelée à droite)

Le front de l'éboulis (gris clair) a été comme poussé par un bulldozer au dessus de l'éboulis préexistant (gris foncé en bas)

Vers l'amont

Stigmates torrentielles dans la partie aval moins pentue
La partie la plus haute des sorties d'eau s'avère correspondre à la grotte de l'Ange Perdu, utilisée par les bases de plein air locales (équipement en fixe et aussi peinture (Grrr!) dans la zone d'entrée). Sur les 5 entrées visibles de la grotte, 4 ont été émissives, et l'eau est arrivée presque au ras de la plus élevée pourtant à l'aspect bien fossile. Le sol en aval de l'entrée intermédiaire, composé d'humus, de cailloutis et de racines, a été fortement incisé par l'eau, ce qui témoigne qu'un tel évènement n'était pas arrivé depuis plusieurs dizaines d'années au moins.

Nous ne résistons pas à la visite, et dès les premiers mètres, l'eau occupe le fond de la galerie.

Couloir d'entrée
Malheureusement, un peu plus loin, un triste spectacle nous attend : certaines chauve-souris en hibernation ont été surprises par la montée des eaux et ne s'en sont pas sorties vivantes.








Nous poursuivons cette jolie cavité jusqu'à un long bassin très profond situé quelques dizaines de mètres avant le terminus connu, qu'il faudra bien sûr venir revoir plus tard.

volume de creusement sympa

microformes

fossiles

Belle galerie
Ce niveau semi-fossile, considéré jusqu'ici comme drainant anciennement un impluvium local de l'extrémité ouest de la forêt des Fanges, prend donc une toute autre importance suite aux nouvelles constatations de ce jour. Il pourrait bien cacher l'accès au collecteur ouest du massif des Fanges (une chimère...), butant dans l'immense éboulis sous la grotte.

Le débit restitué dans la cavité et surtout le cône sous-jacent, qui se chiffre en (pas mal de) mètres cube par seconde, ne peut en effet provenir que d'une surface très conséquente que je ne me hasarderais pas à estimer.
Dans tous les cas, une surveillance s'impose lorsque les niveaux auront suffisamment baissé cet été.
Cette perspective risquant d'intéresser pas mal de spéléos ayant oeuvré sur le massif, le mieux sera sans doute de prévoir une sortie collective interclub avec tous les motivés.


mercredi 29 janvier 2020

Beaucoup d'eau à Alet et au dessus....
Et bien d'autres cavités, bien plus intéressantes: Demi-Lune, Lune noire.....(ect...)

En vis à vis de cette perte, un -7 à été bouché par le remembrement d'une piste, secteur des Fourradats....

Trou des mosquitos, trou exploré par le SCM en 2008, à reouvrir: -30m.
Quelques photos de la crue du 22 à Alet. Et quelques entrées sur le Massif de Missègre, maintenant bien délaissé par les spéléos...Et pourtant un sacré massif karstique....
PN3 ou trou des vielles branches. Cavité de 1998 qui serait à revoir: -10, 30m de dév.
Le lavoir sous l'eau boueuse 


lundi 27 janvier 2020

Trassanel II


18/01 

TPST : 2 h 30 ; Malo, Louisa, Marine, Matéo, Félix, Etienne

Initiation de la cousine de Louisa du SCM et Matéo le frère de Lucas du SCA. La cousine de Louisa n'ayant que 7 ans nous ne sommes pas trop ambitieux sur le parcours. Pour rendre jaloux le clan du vieux Lion moyenne d'âge : 20 ans et probablement pour la première fois je suis le plus vieux !
Nous passons voir si le treuil va bien histoire de chauffer Louisa, Félix et Matéo qui n'ont jamais descendu le Ribero ! Nous allons jusqu'au griffades, faisons une photo puis demi-tour. 



Au retour Malo, Louisa et moi même allons voir le crâne, puis une petite séance de méditation sous terre, à l'issue de laquelle nous ne pouvons que constater que les enfants ont vraiment une imagination débordante !
C'est toujours un régal que de parcourir cette galerie aux fantastiques témoignages de fréquentation qui mériteraient que l'on s'y attarde un peu. Je pense notamment à l’intense période où des colonies de chauves-souris préhistoriques ont laissé des témoignages qui permettrait de dater la période à laquelle le II s'est naturellement refermé et avec un peu de moyens peut-être aussi quand il s'est ouvert !

dimanche 26 janvier 2020

Tonnerre sous les tropiques audois... à la fin Janvier

Quelques images de la crue exceptionnelle de mercredi dernier. Il ne se passe plus une année sans qu'une partie du département soit touché par un phénomène climatique hors normes.
Cette fois ce sont le sud et l'ouest qui ont subi les plus fortes pluies, entre 200 et 300mm.
Les karsts des Hautes Corbières et de la Haute Vallée de l'Aude ont fortement réagi.

La source de Montjoi sature pour la deuxième fois en deux mois : 




Un peu en aval, l'Orbieu est sorti de son lit et a inondé les parcelles agricoles peu avant Vignevieille :



L'entrée du réseau, toujours aussi impressionnante :


Le Sou, à la sortie du canyon de Termes :


Dans la Haute Vallée, le pays de Sault est aussi en crue. Boris et Loïc sont passés photographier le  Blau, où le niveau a à peu près égalé celui atteint en Février 2018 :

Le chemin menant au gué du Sourd est sous les eaux
On est pas près de faire de la spéléo au sec !