Affichage des articles dont le libellé est Roc de Nitable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Roc de Nitable. Afficher tous les articles

dimanche 22 janvier 2023

Hivernale dans les amonts du Roc de Nitable

Samedi 21/01/22

Trou CA5, vallée de Caulière et massif du Roc de Nitable

Participants : Seb D., Christelle, Laurent

TPST/ES : 4h


Aucun regret d'avoir reporté la sortie désobstruction du siphon fossile du Vieux Lion : la neige, pour une fois, est tombée en abondance dans les Hautes Corbières. Les températures sont négatives toute la semaine, la route principale est verglacée et difficile; le réseau secondaire totalement bloqué.

Seb devait venir nous donner un coup de main au VL, mais finalement on se rabat sur une cavité locale, à 2km à pied de la maison : le CA5.
La marche d'approche est lente et nous pensons à renoncer dès les premières centaines de mètres. Le chemin a disparu et le vent est terrible.
Ambiance...





Winter is coming...à Mouthoumet

Dans la vallée de Caulière, le vent est mois fort et nous parvenons à l'entrée.
Le trou, découvert il y a une bonne vingtaine d'années, développe plusieurs centaines de mètres assez labyrinthiques et un fort courant d'air parcourt la zone d'entrée, courant d'air qui se perd ensuite dans un dédale de galeries chaotiques. Nous n'avons jamais trouvé la suite.

Un traçage effectué en 2013 pas très loin de la cavité était ressorti dans les gorges du Sou à Termes, ce qui avait lancé l'aventure du réseau de Nitable et ses 3km de développement. Or, 1/3 seulement du parcours entre les vallées de Caulière et du Sou a pu être exploré, il reste donc pas mal à découvrir sous ce massif et les températures glaciales du jour sont idéales pour favoriser la ventilation souterraine.


L'entrée

Comme prévu, le courant d'air aspirant est fort. En faisant régulièrement de la fumée dans les passages annexes, nous confirmons que toute la ventilation atteint la zone des premières galeries.

Première zone de galeries

Vertèbre

Ensuite, les dimensions s'agrandissent et nous le perdons de nouveau. Nous revisitons un gros tiers de la cavité, qui m'apparait encore plus complexe que dans mes souvenirs. S'égarer est très facile.

Finalement, un début de logique se dessine. Grâce à la force de l'air, nous retrouvons enfin la ventilation dans un réseau inférieur dédoublé en hauteur, environ 25m sous le premier niveau de galeries.

Plus loin, nous reperdons l'air, mais il faut dire que nous sommes à nouveau dans un grand chaos étagé verticalement et étendu latéralement. Nous faisons quelques observations morphologiques très intéressantes. Il y a eu beaucoup plus d'eau que maintenant dans ce système à une certaine époque.

Plancher sédimentaire fossilisé puis recreusé par un actif plus récent

Série de remplissages sédimentaires allochtones, à l'histoire pour le moins complexe et polyphasée

Nous n'avons que peu d'autonomie d'éclairage et faisons demi-tour avec quelques hésitations pour retrouver la sortie. Au moins nous avons bien apprivoisé la partie visitée et confirmé le trajet de l'air jusque-là. Clairement, ce trou mérite de nouvelles investigations car il renferme sans doute une belle surprise vers l'aval. Nous décidons d'y revenir prochainement pour compléter la topo et tenter de décoder la suite.

 

lundi 27 septembre 2021

Sortie d'animation PNR au Roc de Nitable

Samedi 25/09/21

Projet de géosentier du Roc de Nitable

Participants : Boris et Laurent pour le SCA


Pour la troisième année, nous avons proposé ce samedi une sortie d'animation dans le cadre du programme pédagogique du Parc Naturel Régional Corbières Fenouillèdes.

Un partenariat maintenant bien rôdé entre la com scient du CDS11 et la fédération Aude Claire, avec pour support cette année une partie du futur géosentier du Nitable, massif classé comme géosite d'intérêt majeur pour la géologie (racine de la chaine hercynienne très bien préservée) et l'hydrogéologie (un condensé de ce qui existe de plus intéressant dans la discipline)

C'est un groupe de dix personnes qui a pu parcourir les divers sites avec arrêts et explications des phénomènes, avec en plus cette année un volet botanique en lien avec les différents types de sols (avec Benjamin de la fédé Aude Claire comme intervenant). Un gros volume d'informations donc, à tel point que certains prenaient des notes;

Beaucoup de questions de la part des participants et retours très positifs en fin de journée, après un circuit en boucle d'un peu plus de 7h

Travertins hydrothermaux et source tiède

Grotte pédagogique

Point de vue

Arrêt botanique

Pli hercynien

Pli et point de vue vallée de Caulière


lundi 14 octobre 2019

Secours encore...

12, 13 et 14/09 2019

C'est à peine rentré de la nuit blanche du barnum annuel au SP4 qu'une mise en pré-alerte tombe Dimanche à la mi-journée.
Un accident, bien réel celui-là, a eu lieu dans le 66 à la grotte du Figuier.
Quelques heures plus tard, nouveau coup de fil, ça sent le départ...
En fait c'est une autre alerte, arrivant par un autre biais, et qui concerne cette fois deux chiens qui ont disparu depuis 36h et dont la trace GPS s'arrête aux environs du réseau de Nitable.
Concomitance assez incroyable, mais ce n'est pas une blague, à croire que tout le monde, chiens et humains, s'est passé le mot pour se planter justement un WE d'exercice !

Lundi 8h, la pré-alerte est levée, la victime du 66 pourra être extraite sans les artificiers du 11.
Je prends la voiture et retrouve le propriétaire des chiens perdus à l'entrée des gorges de Caune Pont.
Je rentre dans la grotte qui est très sèche sans voir de traces. Mais à une trentaine de mètres du siphon une odeur nauséabonde me parvient. Je crains de découvrir les cadavres et de devoir annoncer une mauvaise nouvelle au propriétaire.
En fait il s'agit d'une grosse m...e en plein milieu du passage. Les chiens doivent être plus loin. J'appelle mais rien ne bouge...Mais dans la dernière galerie avant le siphon, j'aperçois soudain quatre yeux bien vivants mais immobiles. Le plus gros des chiens finit par réagir à mes appels et se décide à venir à ma rencontre. Le second, un Jack Russell, grogne et file vers le siphon.
Je repasse les 80m de quatre pattes avec le Bruno du Jura qui semble content de sa délivrance...et retrouve son maître très heureux.
Le petit Jack n'a pas suivi. Après 10mn d'attente je repars vers le siphon mais ne trouve plus le chien au premier endroit. Par contre des sons bizarres de mastication me parviennent de plus loin. Je mets le faisceau de la Scurion en route, et là, film d'horreur : le chien est à moitié englouti dans le ventre d'un renard désarticulé au bord du siphon, en train de lui bouffer le reste des tripes...
Non seulement il ne veut pas sortir, mais en plus il devient menaçant, persuadé que je veux m'en prendre à sa proie. Il est visiblement très bien là, avec eau et nourriture à volonté, trônant sur son trophée. Je finis par m'approcher quand même, et le chien disparaît dans un trou remontant où je ne passe même pas la tête. Il n'a aucunement l'intention de ressortir de la cavité.
Après un bon moment d'attente et d'appels, rien à faire...
Seule solution, sortir le renard, ou plutôt ce qu'il en reste. Je me retape le ramping en trainant la bestiole par la queue. L'odeur laissée par la bête sur le passage devrait permettre de faire ressortir le chien.
Le propriétaire est rassuré et décide d'attendre à la sortie son chien qui a décidé de faire de Nitable son nouveau domicile. J'espère qu'il n'y est plus à l'heure où j'écris...
Conclusion : ces Jack Russell c'est vraiment des teignes !

mardi 6 décembre 2016

Sortie préparatoire aux Paichaires, et petit bilan sur carte des découvertes faites à ce jour sur (et sous) le massif

Mardi 6 Décembre 2016
Trou des Paichaires
Participants : Henri, Laurent
TPST/ES : 3H

Ouverture du sentier d'accès au trou par cette belle après-midi, en prévision de la reprise des hostilités samedi prochain.
Dans la cavité, pose de plusieurs marches dans le ressaut d'entrée. Courant d'air aspirant pas énorme mais bien présent.
Ensuite diagnostic du chantier où les odeurs de clope sont bien arrivées depuis l'entrée et malgré le dédale de passages.
Il faudra faire un choix : l'ouverture de la lucarne terminale où part le zef provoquera l'obstruction du dernier ressaut très étroit au fond. Espérons que ce sera la bonne décision sous peine d'allongement des travaux.

Ci dessous plusieurs cartes d'ensemble du massif pour bien comprendre les enjeux et le potentiel de cette désobstruction,  en espérant que cela suscite ou confirme des motivations :


Report du réseau et des cavités principales sur fond topo. Les entrées au nord de la carte d'Ouest en Est sont des exutoires du même aquifère et sont potentiellement reliées (St Pierre, Vignevieille, Caulière)


Même report dézoomé. Le réseau reporté à droite est celui de Nitable : deux cavités majeures du département à moins de trois kilomètres l'une de l'autre


Report sur fond géologique : calcaires en marron, schistes inférieurs en gris fonçé, schistes supérieurs en gris clair, épaisseur des carbonates : 450m


Report géologique dézoomé. On observe que l'unité du Roc de Nitable est indépendante (nappe de charriage). La vallée de l'Orbieu est à l'Ouest et au Nord, celle du Sou à l'Est


Report sur photo aérienne


Report dézoomé. On repère bien les gorges de l'Orbieu à gauche, les gorges de Caune Pont à droite au milieu et le canyon de Termes à droite en haut

Bonnes cogitations et à vos piquettes...

mardi 19 juillet 2016

Desablobstruction de pointe à Nitable

Dimanche 17 Juillet 2016
Roc de Nitable
Participants : Christophe, Hélène, Denis, Jean-Luc, Fabien, Christelle, Laurent
TPST : 10h30


Première sortie "engagée" de la saison sèche, qui va nous changer radicalement des chantiers en surface. Une bien belle brochette de spéléos est de la partie, dont un bon nombre d'adeptes de la secte très étrange des adorateurs du vert fluo, grands dilueurs devant l'Eternel...
Dès la première heure, le délire commence : la lampe de Fabien se bloque et se met à clignoter comme un sapin de Noël; rouge-blanc-rouge-blanc...
Au début c'est marrant mais ça tourne rapidement au supplice chinois pour le principal intéressé. La vision de cet être bizarre progressant dans ces lieux, qui plus est toujours affublé de l'antivol de la lampe, me fait partir dans un fou-rire communicatif. Le ton de la suite de la journée est donné...

Trois heures de progression sont nécessaires pour arriver au fond actuel du réseau. Le niveau d'eau est au plus bas jamais observé depuis la découverte dont c'est le troisième anniversaire. Après la difficile zone intermédiaire, les superbes tubes de la zone profonde ne nous laissent pas de marbre...

Il est passé treize heures quand nous attaquons les hostilités. Pour la troisième fois en 700m, la galerie est obstruée totalement par le sable...
Pause bouffe au terminus entre deux phases d'action
 Nous travaillons par équipe de deux en pointe, les autres tirant sur la corde. Une rotation tous les quart d'heure. Nous allons maintenir ce rythme pendant près de cinq heures ininterrompues.
La galerie se vide rapidement à cette vitesse; entre trois et quatre mètres sont gagnés dans du remplissage très meuble et stratifié, véritable machine à remonter le temps qui a archivé tous les cycles hydro du passé avant l'abandon total du conduit.
Le point bas est presque atteint. A droite une fissure apporte un léger flux d'air qui prouve que le bouchon n'est pas totalement étanche. La galerie continue à gauche, toujours pleine à la toque. Il faut une certaine abnégation pour creuser ainsi sans aucune visibilité, mais les réussites des deux années précédentes sont là pour objectiver ce travail ingrat.
Le dernier siphon de sable, toujours invaincu pour le moment
La fatigue et la sensation d'isolement commencent à se faire sentir chez certains. Le demi-tour est décrété à 18h. La fin de parcours est rude et les équipements en fixe sont salvateurs. Les plaisanteries s'espacent...
mais reviennent vite une fois dehors avec la sensation d'avoir effectué une sacrée course sous terre.
Nous terminons la soirée à Mouthoumet autour d'un bon repas. Une journée d'une belle intensité.

dimanche 3 avril 2016

Fin tragique de l'opération de recherches de la disparue de Montlaur à Termes

Jeudi 31 Mars 2016
Termes
Participants club : Hervé, Alain, Henri, Laurent
 

Suite à la disparition de Murielle, secrétaire de mairie à Montlaur dont le véhicule se trouvait à Termes, et après 6 jours de recherches infructueuses de la part de la gendarmerie, Hervé, maire de la commune, a fait appel à différentes structures civiles et organisé une battue citoyenne le jeudi 31 Mars dernier. Celle-ci a regroupé une cinquantaine de personnes, essentiellement des clubs de marcheurs et des chasseurs.

Nous avons constitué en parallèle une équipe mixte (3 personnels SSF, Alain, Henri et moi et 3 personnels GRIMP dont Olivier B et deux nouvelles recrues) et mis au point un plan de prospection des secteurs dangereux et verticaux.

Peu après le début des recherches, Olivier trouvait un sac et une veste à 5m à peine du sentier principal de randonnée. Après avoir équipé le gouffre de Caune Pont pour atteindre le pied de la zone de falaises avec les deux autres Grimp, une série d'indices devait m'amener, une demi-heure plus tard, à découvrir le corps sans vie de la disparue assez loin en contrebas.

Une fois remontés, la gendarmerie s'étant déclarée incompétente pour la suite des évènements, l'équipe SSF/GRIMP avons été chargés  de procéder à l'évacuation de la victime sous le régime de la réquisition.

En milieu d'après midi, après ouverture d'un sentier depuis le bas du canyon, nous avions acheminé la victime, conditionnée dans une coque, dans un secteur accessible aux véhicules.
 
Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont cette disparition avait été gérée en amont. Ce n'est probablement pas l'endroit pour en parler. Ce compte rendu est volontairement sobre. Mais au delà de la tragédie, tout ce que nous avons pu vivre et constater tout au long de cette journée nous laissera un fort sentiment d'amertume.

Sur le plan médiatique, l'opération a fait la première page sur le journal la Dépêche, ainsi qu'un article avec photo sur l'Indépendant.


 
L'évacuation au dessus de la rivière


dimanche 8 novembre 2015

Du sable, de la première, et encore du sable

Samedi 07 Novembre 2015
Roc de Nitable
Participants : Denis, Henri, Olivier, Christelle, Laurent
TPST : 11h

Entrée de l'équipe en deux parties à 9h45 et 10h car Henri attendra en vain Olivier qui s'est trompé de parking et qui finalement fera une partie de la cavité tout seul.
Equipés "light" (sans le kit parpaing habituel du gros perfo hilti), nous établissons un nouveau timing puisque nous arrivons au fond en à peine deux heures.

On commence à creuser le sable à un bon rythme. Deux heures plus tard casse croûte compris, la voûte sableuse s'effondre et laisse entrevoir une belle galerie derrière...

 On immortalise l'instant avant de passer. la photo est prise de bas en haut. On observe nettement les couches liées aux crues successives de cette ancienne rivière souterraine


Quelques gamattes plus tard, la première est ouverte...

 Derniers élargissements pour faciliter le passage


 Henri l'arme à la main en première

 La galerie continue...
 
 
 ...dans des volumes sympathiques dont les parois sont tapissées de vermiculations d'argile : Tout cela était sous l'eau à une certaine époque.
 
 
La galerie change de direction, se dirige vers le Nord Ouest et traverse successivement et perpendiculairement deux plans de faille élargis et corrodés.
Mais un nouveau bouchon nous attend bien vite. On se remet à creuser sans visibilité.
 


 Grande diaclase recoupée par la galerie. On observe en tout sept niveaux différents d'anciennes mises en charge. Le bouchon de sédiments est en dessous.

On se taille à tour de rôle une belle tranchée dans la terre sèche. Au bout d'une heure, on aperçoit une sortie. Ca semble grand...
Il nous faudra presque une heure de plus pour l'atteindre.

 On débouche à nouveau dans l'inconnu...
 
Ca s'élargit franchement. La galerie bifurque à nouveau pour reprendre la direction plus habituelle du Sud Ouest vers la vallée de Caulière.
 


 La galerie est de belles dimensions (4X3m)
 
Cependant la pente ne trompe pas : nous repartons vers un point bas. Après quelques dizaines de mètres, nous arrivons effectivement sur un nouveau siphon de sable.
Déjà bien entamés par les deux précédentes désobs de la journée, nous décidons malgré tout d'y consacrer un peu de temps.
Après une nouvelle heure de désablage, nous passons dans une poche occupée par une dune. Cela nous permet de voir qu'il y a encore trois ou quatre bons mètres à désabler pour atteindre le point bas : ce siphon ne sera pas franchi aujourd'hui...
 
 

Le nouveau terminus du réseau : un énième siphon de sable

Nous prenons le chemin du retour à sept heures moins le quart après une journée riche en émotions et rebondissements. Le réseau ne se donne que petit à petit mais tout porte à croire qu'il existe encore un bon paquet de galeries à découvrir dans le massif pour peu qu'on se donne la peine de les atteindre.

Sortie sans problèmes après 11heures de musculation...

dimanche 1 novembre 2015

Les mangeurs de sable reprennnent du service

Samedi 31 Octobre 2015
Roc de Nitable
Participants : Christophe S., Jean-Michel, Laurent
TPST : 11H15

Entrée peu avant 10h dans le réseau, nous commencons par récupérer le kit perdu lors de la dernière sortie dans les bas-fonds de la faille située sous la grande main-courante. C'est chose faite grâce à un équipement corde rapide.
Nous partons ensuite vers le fond, tout en sécurisant les obstacles de la zone profonde avec de nouvelles marches en fer. La remontée derrière le grand siphon de sable, ainsi que les deux toboggans de la partie terminale actuelle sont ainsi équipés.

Nous sommes à pied d'oeuvre au fond à 13h pour attaquer la suite, ou plutôt les suites...
En effet, nous allons simultanément travailler sur le trou souffleur et le verrou de sable à seulement trois personnes. Nous n'aurons absolument aucun temps mort durant toute cette journée marathon.

Dans le souffleur, deux volées de trous permettent de gagner un mètre. Mais la suite, un tube de 25 à 30cm de diamètre, digne de l'intérieur d'un canon sur encore un mètre cinquante, est comme prévu presque indestructible en percant en 8mm. Il faudrait monter en puissance pour forcer l'obstacle, car l'écho revenant de derrière semble bien proche à présent.

Pendant ce temps, le chantier "sable" avance vite par contre. La dune peu avant le verrou est complètement mise à plat, ce qui permet de travailler plus confortablement.
Le front de taille progresse, et bientôt nous apercevons une arrivée de sable sortant d'une voûte à droite : le point bas est atteint.
On se retrouve donc à peu de choses près dans la même configuration que l'année dernière à même époque dans le précédent siphon de sable, mais en moins pentu.

Reboostés, nous allons finir l'après-midi sur ce chantier. Nous atteignons à présent la partie remontante à bout de bras avec le burin. Le sable noir est très fluide et s'écoule facilement de la voûte lorsqu'on le chatouille, comme s'il était posé là depuis quelques jours à peine (nous savons depuis cette année que ce n'est pas le cas et que toute la zone est fossile).
Dans les dernières minutes, un faible courant d'air se met là aussi à filtrer entre roche et sable : la délivrance semble proche.

Nous rentrons sur ces bonnes perspectives. Une bonne séance de déblayage sera encore nécessaire mais la prochaine sortie risque bien d'être la bonne.

Nous sommes dehors à 21h15. Mention spéciale pour Jean-Mimi qui, ayant cette fois oublié combinaison, genouillères et coudières, a fait l'intégralité du réseau en Jean et sweat. Un exploit qui risque de ne pas se reproduire de sitôt...

dimanche 11 octobre 2015

Trois équipes à Nitable

Samedi 10 Octobre 2015
Roc de Nitable
Participants : Jean-Luc, Julie, Denise, Hervé, Henri, Sébastien, Elodie, Denis, Christelle, Laurent
TPST : 10h35

Beaucoup de monde dans le réseau par cette belle journée d'automne. Denis, Christelle et moi partons en pointe au terminus bien décidés à ne revenir qu'une fois toute l'énergie disponible judicieusement dépensée.
Derrière nous Denise, Hervé, Julie et Jean-Luc en sortie sportive. Et à la poursuite des aménagements, Henri qui a embauché Elodie et Sebastien pour travailler dans le secteur le plus sale du trou, j'ai nommé la zone des siphons d'argile...
Nous (l'équipe du fond) ne verrons pas les autres de la journée.

La principale inconnue était le niveau de l'eau dans le siphon 1 du cours principal. Lors de la précédente sortie aménagement, l'eau était remontée de façon curieuse, handicapant la progression. J'avais creusé l'argile dans la rotonde (amont du siphon) jusqu'à atteindre le sable, espérant une vidange plus rapide.
Après seulement 1 heure de progression (record battu grâce aux divers travaux d'équipement que nous menons depuis Septembre), nous avons la réponse : presque plus d'eau cette fois! C'est encourageant pour découvrir une solution définitive quand on sait que cet endroit est à présent le seul obstacle qui freine les explorations du printemps jusqu'à la mi-Août environ.

En 2h30, nous parvenons au terminus (nouveau record). Le bénéfice des nouveaux équipements sur le temps de progression n'est pas une vue de l'esprit.
Nous allons enchaîner les percages dans le trou souffleur pendant 5h30. Le terminus d'Etienne est atteint puis dépassé. En tout 11 mètres gagnés depuis le début de ce très probable shunt du dernier siphon de sable marquant l'arrêt du cours principal du réseau.
En fin d'accu, nous sommes devant un conduit parfaitement ovale de 40cm de grand axe et 25cm de petit axe; pas pénétrable mais presque, vue sur 2,5m linéaires et légèrement remontants avant de déboucher sur un trou noir. Impossible de définir les dimensions du vide derrière mais il y a de l'echo et le courant d'air nous envoie la poussière de percage à l'horizontale en pleine poire.
Motivant donc...mais il y a un bémol : la résistance mécanique de ce type de conduit, qui plus est dans du marbre très dur, est immense. La désobstruction de cet obstacle ne sera pas une mince affaire étant donné l'autonomie du perfo par sortie et l'éloignement du lieu. Le creusement direct du siphon de sable terminal devient donc une alternative envisageable en parallèle de l'élargissement du trou souffleur si nous sommes assez nombreux au fond la prochaine fois.
Retour dans le même chrono qu'à l'aller. Nous sortons bien sûr les derniers à 21h avec les sensations à la fois de fatigue et de satisfaction typiques des grandes explos.


mercredi 2 septembre 2015

Reprise baston au Roc de Nitable

Lundi 31 Août 2015
Roc de Nitable
Participants : Etienne, Laurent
TPST : 11H

La saison touristique s'éloigne, et les dispos commencent à augmenter. Le dernier jour du mois d'Août est l'occasion d'une première "pointe" au fond du réseau pour faire le diagnostic des conséquences de la crue historique de l'hiver dernier, et bien sûr, d'aller "chatouiller" le terminus.

On rentre très lourdement chargés dans le trou avec le gos perfo pour l'autonomie de désob. On s'aperçoit assez vite que le réseau sup dans lequel nous progressons le plus souvent n'a subi aucune mise en charge, ce qui est d'assez bonne augure. Notre principale crainte est que le siphon de sable franchi in extremis l'an dernier ne se soit rebouché.
Quelques zones ont été bien nettoyées par des écoulements venus du haut (ces zones seront à revoir). Les deux siphons "cloaques" sont totalement vides, ainsi que la grosse vasque où l'on remplissait les bottes avant la remontée de 20m.
Nous retrouvons avec plaisir le nouveau réseau où le sable fin nous nettoie rapidement les combis. Néanmoins ce sable a clairement été remanié dans les points bas où nos traces sont effacées et où de petits conduits de vidange ont été réactivés. Les arrivées d'eau et mises en charge ont donc été très localisées et limitées.
Bonne surprise en arrivant au siphon de sable qui est totalement intact. C'est la preuve que le réseau est "sécurit"à présent.
On casse la croûte et filons au terminus en discutant géologie et en admirant la beauté des conduits ainsi que des divers filons bizarres qui y sont observables.
Le fond se présente sous la forme d'un siphon de sable et graviers resédimentés. Quelques mètres avant sur la gauche une lucarne en paroi de la taille d'une pastèque canalise le courant d'air et signe l'existence de la suite du réseau...
Nous attaquons l'ostacle bien rond dans une dolomie très résistante. Trois séries de trous sont nécessaires pour en venir à bout, mais la configuration du chantier étant plus que confortable, nous allons très vite. Nous atteignons un coude avec une suite étroite mais pénétrable. Le passage du corps dans "la pastèque" provoque le vrombissement du courant d'air par effet venturi; un bruit très motivant...
Etienne franchit le coude et avance de plusieurs mètres remontants. Le marbre bleu réapparaît au plafond. Nouveau coude avec étroiture limite mais derrière cela redevient pénétrable. Il s'agit très probablement d'un shunt du point bas fossilisé.
Etant donné le niveau d'engagement du lieu et la fin d'autonomie de l'accu (17 trous et demi quand même), on préfère jouer la sécurité et attendre la prochaine virée.
Il est déjà 17h30, sachant qu'il nous faut à présent entre 3 et 4 heures de progression pour revoir la surface, nous prenons le chemin du retour.
Nous constatons en chemin une diffluence du courant d'air au niveau de la connexion du conduit principal avec ce que je suppose être un nouvel accès vers le réseau inférieur (arrêt sur ressaut non descendu). On garde cet objectif sous le coude pour une prochaine fois.
Sortie sans encombres à 21h bien mâchés par la progression avec les kits plombés. Pas de photos cette fois car pas de place dans les sacs.

lundi 1 décembre 2014

Nouvelle crue majeure sur le karst des Corbières, report topo et perspectives d'exploration sous le massif de Nitable

Samedi 29 et Dimanche 30 Novembre 2014
Hautes Corbières

Les épisodes météorologiques exceptionnels augmentent en fréquence semble-t-il ces dernières années. Après les crues record de 2011 et celle de Mars 2013, le sud du département de l'Aude est de nouveau confronté à un cumul pluviométrique de l'ordre de 300mm en moins de 48H sur certaines zones.
La première vague orageuse intense touche le secteur de Fourtou et Sougraigne ainsi que le nord Fenouillèdes dans l'après midi du Samedi. L'Agly entame une crue éclair et pointe rapidement à 180 m3/sec à Saint Paul. La Sals fait mieux et atteint 250 m3/sec à Cassaignes vers 18h.
Pour ceux qui connaissent, une visite à l'entrée du réseau du Bournasset montre la doline entièrement submergée avec un tourbillon en son centre aspirant un débit énorme. Quinze ans que cela n'était pas arrivé...
Après une accalmie en fin d'après midi, les orages reprennent de plus belle en soirée, cette fois sur le secteur de Mouthoumet. De nombreux torrents descendent de la montagne emportant plusieurs chemins, le Sou déborde à Termes et envahit la rue principale, inondant plusieurs rez-de chaussée vers 1h du matin. La crue dépasse sur cette zone celle de 1999 et celle plus proche de Mars 2013. L'Orbieu au niveau de sa confluence avec le Sou enregistre un pic de débit à 350 m3/sec en milieu de nuit. Heureusement la crue est diluée vers l'aval car les vagues orageuses impactent à chaque fois des zones différentes du bassin versant. La troisième et dernière vague, plus étendue, touchera les bassins versants du Verdouble, de la Berre et de l'Aussou en deuxième partie de nuit, mais cela est une autre histoire plus médiatisée...

Chemins emportés par le ruisseau de Caulère qui est passé par dessus les digues en aval de Mouthoumet

Au niveau du karst, cette crue est l'occasion de mettre à l'épreuve le système de surveillance et d'alerte que nous avons mis en place avec Fabien en février dernier. En effet, une sonde imergée dans l'aquifère karstique du massif à un endroit stratégique nous renseigne en direct sur le serveur internet sur la montée du niveau de l'eau. Je peux immédiatement mettre en relation cette montée avec les données du pluviomètre.
Nous constatons une élévation de 8m en quelques heures le samedi après les pluies (90mm) de la nuit de vendredi. Vers 19h, le karst commence à déborder faiblement avant même l'arrivée des plus gros orages. La vague de crue, liée à de nouvelles précipitations en fin de soirée (de 150 à 180mm), arrive vers minuit, presque calée sur la crue des cours d'eau extérieurs à cause d'une pré-saturation. le débit à l'exutoire doit alors être très important.
Un deuxième pic équivalent survient le Dimanche à la mi-journée, lié à des précipitations pourtant cette fois nettement plus faibles (25mm).
Ce suivi est donc riche en enseignements sur le comportement de l'aquifère karstique. Cette première, qui s'avère être une réussite, mériterait d'être intégrée dans les systèmes de prévisions et d'alerte des pouvoirs publics...

 

Système de suivi des crues karstiques en direct. L'alerte débordement (premier palier de la courbe) est lancée par SMS

 

Le lendemain matin nous partons en quête d'observations et de mesures de terrain. Les fortes crues sont en effet des moments rares et privilégiés à ne pas rater et qui permettent de capter l'information.
Premier arrêt dans les gorges du Terminet. Le Sou est encore à environ 80 m3/sec :

 
L'orbieu un peu en aval montre un débit de 220 m3/sec (station de St Martin des Puits)
 

Seules les cimes des peupliers dépassent...
 
Nous remontons ensuite la vallée pour observer les principaux exutoires karstiques du massif de Mouthoumet, dont l'event de la Cascade à Vignevieille, très emblématique, et qui correspond au plus important réseau souterrain des Corbières connu à ce jour. La puissance de cette "percée" est à classer dans le top 3 depuis les (déjà) 26 ans que je surveille cette grotte. Plusieurs m3/sec sortent de la montagne :
 



Le nombre de sites potentiellement intéressants à visiter ce jour est très important, mais le temps est compté et il faut faire un choix.
Après une visite-éclair sur les sorties d'eau de St Pierre inaccessibles mais visibles (3 m3/sec environ estimés) depuis la rive gauche de l'Orbieu, la tentation est grande d'aller observer les sorties d'eau du Roc de Nitable, notre "hot spot" spéléologique du moment, où nous étions encore en exploration et en première il y a à peine une semaine (voir post précédent dans le libellé). Mais cette fois-ci, pas question de traverser le Sou, même en slip, la crue est beaucoup trop imposante...
Il faut se résoudre à atteindre la rive gauche en passant à pied par la montagne et en rejoignant le GR36. Mais ça vaut le coup : aucune observation n'a jusqu'ici pu être faite sur ces exutoires dans des conditions de ce calibre. J'enfile la combinaison étanche pour traverser le bartas, la sonde de conductivité en poche, j'embarque Alex avec moi et c'est parti !

Nous arrivons en premier à la résurgence du Liadou, et c'est effectivement de l'inédit au niveau de l'observation. L'eau sort d'un peu partout dans l'éboulis, jusque sur le GR36, et même au dessus pour la plus haute sortie, par la faille que nous avions désobstrué au début des années 2000 !


La plus haute sortie d'eau au Liadou, au bord du GR


La sonde portative indique un Ph faible à 7,05 et une température basse également à 11,9°C. C'est aussi la température du courant d'air sortant de l'éboulis en été. Ces mesures sont concordantes avec le résultat des traçages de 2013 : l'eau transite rapidement par des conduits à travers le massif. La désobstruction future de cet exutoire pourrait donc s'avérer riche en surprises. Ce drain fait en effet partie du même système que celui que nous explorons actuellement, qui est très proche mais dans un compartiment géologique différent (voir plus bas le plan d'ensemble du massif avec le report topographique du réseau souterrain exploré depuis l'an dernier).

Nous accédons ensuite à l'entrée du réseau de Nitable. Comme prévu celle-ci est devenue émissive mais dans des proportions bien supérieures à l'année dernière. Un vacarme nous accueille dans la forêt et les images sont parlantes...

Un torrent sort de la grotte...

...où nous étions la semaine dernière




Les mesures donnent une température de 12,3°C, un Ph de 7,19 et une conductivité de 420 µS/cm. Contrairement au Liadou, nous assistons donc ici à une onde de crue par effet piston avec de l'eau chassée du réservoir aquifère du massif. En d'autres mots, c'est de l'eau de la zone noyée !
Cela m'incite à penser que les conduits que nous explorons actuellement dans le cours principal du système sont fossiles et que l'eau transite uniquement par la zone noyée et par le réseau inférieur qui sert de trop-plein à cette dernière lors des crues . La découverte il y a un an d'un gros regard sur l'aquifère depuis ce réseau inférieur de la grotte va aussi dans ce sens.

Satisfaits de ces nouvelles données, nous rentrons et parvenons à la voiture à la nuit tombante.

Puisque le cycle hydrologique vient de redémarrer, cet article est aussi l'occasion de faire un bilan des explorations d'arrière saison sous le Roc de Nitable. La carte ci dessous montre le report topographique du réseau souterrain connu à ce jour :


Les lignes droites bleues fines matérialisent les traçages effectués en 2013. En bleu plus large, les galeries découvertes en 2013 également. En rouge, ce que nous avons exploré entre Octobre et Novembre de cette année.
Ne figure ici que le cours principal, les annexes n'ayant pas encore été topographiés. Les galeries circulent à environ 200m sous l'ancienne surface d'érosion du plateau. Malgré les nombreux virages, montées et descentes, l'extension à vol d'oiseau devient importante avec environ 750m. Le développement total avoisine à présent les trois kilomètres.
 La moitié de la distance entre la vallée de Caulière et celle du Sou a d'ores et déjà été effectuée, mais seul un tiers du parcours est connu si l'on considère que l'origine du système se situe au niveau des paléo-pertes du ruisseau de Caulière (cavités marquées CA).
Les deux enjeux futurs seront donc d'une part de poursuivre la découverte de cette percée hydrogéologique dans le compartiment Carbonifère, et d'autre part de découvrir le drain principal du massif aboutissant à la source du Liadou dans le compartiment Dévonien (voir report sur carte géologique sur un précédent article).
Selon toutes les donnés scientifiques recueillies, le drainage vers cette source serait plus organisé et plus rapide que sous le réseau connu.
On imagine donc sans peine l'extension potentielle que pourrait atteindre le système karstique de Nitable si nous pouvions connecter les deux drains...

En bonus, un lien vers une vidéo faite par Fabien sur la même crue dans le Fenouillèdes :
http://www.dailymotion.com/video/x2bfbir_crue-de-l-agly-30novembre-2014_news

dimanche 23 novembre 2014

Journée détente à la plage...ou presque

Samedi 22 Novembre 2014
Réseau du Roc de Nitable
Participants : Jean-Luc, Jean-Michel, Denis, Etienne, Henri, Christelle, Laurent
TPST : 11h20


Nouvelle explo de pointe ce samedi grâce à une fenêtre météo qui se prolonge loin dans l'arrière saison. L'équipe est largement étoffée, nous sommes sept.
Comme les dernières fois la matinée est consacrée à la progression jusqu'au terminus de plus en plus éloigné. Jean-Michel reste en arrière pour agrandir deux chatières de la zone intermédiaire en creusant le sol. Etienne et moi refaisons pendant ce temps quelques clichés dans la zone d'entrée avec son appareil haute résolution.
Arrivé à la bifurcation de l'ex-terminus 2013, je me lave les gants dans le passage menant à l'affluent (devenu une grande vasque) et retrouve le bios perdu il y a trois semaines. Ca fera au moins un heureux.
Nous nous retrouvons tous en même temps pour casser la croute au siphon de sable puis attaquer les hostilités.
Jean-Michel, surnommé à présent "le professionnel" dans le milieu, a oublié la sous combi à la maison et fait donc le trou en slip sous l'oeil moqueur de Denis...
Les gamattes de sable s'enchaînent à un rythme soutenu. Il est vrai que le matériel et l'organisation sont meilleurs que la dernière fois. Et nous sommes plus nombreux, ce qui permet des rotations fréquentes. Au bout d'une heure de boulot, l'ouverture du passage est imminente. Etienne filme avec la go pro fixée sur le casque les éboulements de la dune de la rive opposée déclenchés avec une perche de ramonage.
Travail prudent
Etienne tente le passage et se retrouve immédiatement prisonnier de l'autre côté par un affaissement de la dune. Mauvaise surprise : la pente y est très forte, le sable instable est encore très abondant et aucun stockage n'est possible dans l'immédiat. Et pour cause : la rive est au pied d'un ressaut remontant de sept mètres. On a donc pas fini de manger du sable...

On redébouche le passage mais rien ne tient. Je rejoins prudemment Etienne qui tient la dune avec son corps plaqué contre elle. On escalade le ressaut et on arrive dans une belle galerie plate. La première nous attend mais pour le moment on se sent surtout très isolés... La bonne nouvelle c'est qu'on va donc pouvoir stocker de ce côté aussi à condition de remonter verticalement le sable à la force des bras !
On nous passe une gamatte. Pendant les deux heures qui suivent les deux équipes vont s'acharner à vider et vider toujours plus de cette substance, qui jusqu'à présent était plutôt synonyme de soleil, de chaleur et de farniente...Nitable plage, c'est le bagne !

En milieu d'après midi on décide que le reste tiendra et toute l'équipe passe enfin du côté obscur.

Sortie du siphon de sable. Une veine de calcite rose magnifique occupe le centre du conduit. On repère nettement sur la photo le niveau d'origine du sable

Le ressaut remontant vers la première. La corde de la gamatte sert d'assurance "explo"
 Il est l'heure de la récompense. La suite est un conduit unique pleine roche. Nous le suivons. Instant de bonheur collectif, les morphologies de galeries sont superbes dans ce rocher si particulier à Nitable. L'appareil photo d'Etienne n'aura pas fait le voyage pour rien et les images valent mieux que les mots...


 





Cannelures et cupules
 



Denis découvre l'exploration...

Nous explorons un peu plus de 200m de conduits sans obstacles sérieux à part un ou deux courts laminoirs sableux. Nous arrivons dans un élargissement précédant un nouveau bouchon de sable, plus étroit celui-là. La ventilation semble faible et l'euphorie prend tout à coup un coup dans l'aile. Nous sommes de nouveau sur un interface marbre-dolomie.
Après quelques instants d'inquiétude, je trouve la rédemption matérialisée par un trou souffleur (à condition qu'on puisse matérialiser un trou...) situé en hauteur. C'est étroit sur 1,5m environ, en pleine roche, et un retour aux techniques de désobstruction plus classiques que la pelle à sable sera indispensable. Mais la résonnance dans la suite indique au moins sa pénétrabilité proche. Le réseau continuera en 2015, et ça souffle....

Je lève la topo dans la foulée pendant qu'Etienne prend des photos avec ses modèles. Les données s'accumulent dans le carnet. Le réseau s'approche à présent des trois kilomètres...
Pendant que les autres prennent le chemin du retour, Etienne et moi en profitons pour prendre aussi des clichés dans la partie pré-terminale avant le siphon de sable.

 


Aragonite sur roche noire metallifère


Filon métallifère à la voûte...

...qui se poursuit dans la galerie...

Le concrétionnement est calé sur ce filon...

 

Nous nous retrouvons dehors vers 21h15, après avoir fait beaucoup de désob, de la première, de la topo et de la photo. C'était le programme de notre journée détente à la plage de Nitable...

Etant donné que les pluies sont annoncées, la suite des explos profondes attendra probablement 2015, mais nous avons du pain sur la planche d'ici-là.