dimanche 24 mai 2026

Sous les galets, le vide : percée au Septuagénaire

Samedi 23 mai 2026

Participants : André M., Aude, Sébastien, Daniel M., Laurent, Alary

TPST : 7h45  / Grotte du Septuagénaire

Aujourd'hui c'est journée désobstruction au Septuagénaire, grotte récemment ouverte et qui a donné les fois dernières de bons résultats. Daniel passe me récupérer chez moi vers 8h puis nous rejoignons Laurent et André à Coume Endouce. Aude et Sébastien devraient avoir un poil de retard, dû à quelques péripéties originales. Arrivé au trou où nous nous équipons, Daniel se rend compte qu'il n'a plus ses lunettes de vue... Mais nous autres sommes déjà descendues... L'idée de la journée est de continuer les deux chantiers dans le méandre ventilé aval. Le chantier à la Mas en haut dans la calcite, et nous autres en bas du méandre dans le grès. André a confectionné une échelle pour un des ressauts, qui aide, mais qu'il nous faudra encore placer définitivement la fois prochaine.
   
Le ressaut de l'échelle susnommée ; la grande salle juste après
Nous arrivons sur les chantiers. Une œillade sur le chantier Mas, puis nous descendons au bas du méandre, où nous commençons par dégager les matériaux de quelques trous éclatés la fois dernière en partant.
Le chantier Mas
   
Le début du méandre en inférieur ; le chantier de désob dans le grès du méandre
Nous profitons de la profondeur du méandre pour stocker sans réelle limite les matériaux, en les envoyant vers l'amont. En moins d'une heure, il faut repercer. Mèche de 1m et nous remontons nous réfugier. L'extraction des matériaux nous occupera une bonne heure et quart, dans des positions pas confortables, se faisant passer des blocs au-dessus de la tête, creusant à une main et changeant péniblement de positions dans cet espace restreint. Néanmoins nous récupérons la profondeur. Nous avons ainsi une petite vue sur la suite : le méandre continue avec un angle à 90° sur la droite, toujours descendant et renvoyant l'écho de nos sollicitations.
   
Avant ; après
Laurent et André préparent une salve, nous en profitons pour casser la croûte. Les gaz sont rapidement évacués vers le fond par un courant d'air net et constant. C'est reparti pour dégager de la caillasse ! La gamate ouverte sur le flanc est bien pratique pour la configuration méandre. Enfin vers 15h, la suite se précise. Nous apercevons plus bas la couche de poudingue avec ces gros galets et un petit gour avec de l'eau. Ce n'est pas bien large. Au même moment Aude et Sébastien débarquent, avec un peu de matos qui nous sera bien utile ! Devant ça tente de percer les trous qui pourraient permettre de passer, mais le manque de place rend la chose quasi impossible.
Confort ?
Alors Laurent perce un peu avant dans le méandre pour créer de la place. Nous ne remontons pas jusqu'en haut cette fois-ci, de quoi se faire correctement décoiffer et empoussiérer ! Sébastien descend faire le ménage, la place est faite, c'est reparti pour quelques trous en jonglant avec les deux perfos. Retour sur les lieux où je passe en tête. La suite est là, une partie des gravats est tombée, nous en remontons un peu et vient le moment de tenter de passer ! Quelques coups de massette ici et là pour claquer les galets du conglomérat, je passe le premier angle avec un peu de mal. Les jambes dans la suite indiquent encore un angle sur la droite, seulement leur longueur ne m'aide pas. Mais à force de taper partout je finis par créer l'espace et trouver les positions de zyeuter la suite et forçant le casque entre les deux parois. J'y aperçois, 1 mètre devant, une poche où nous pourrions tenir vraisemblablement à deux debout.
Un caillou parti un peu vite dans la suite renvoie l'information suivante : il y a une verticale estimée à 4 m avec de l'eau en bas ! Mais malheureusement, impossible pour moi de me faxer dans l'angle suivant... Alors Laurent se prépare pour le tenter. Je continue à taper, devant moi cette fois, et parviens côté gauche à faire partir un bon bout de paroi (là où j'ai la botte à 0:25), qui me dégage l'espace nécessaire pour me glisser entre les galets ! Prudemment j'envoie, les jambes détectent du vide, je m'assois et constate sous moi la libération ! Le méandre chute à la verticale sur 6 ou 7m, style puits en bouteille. Dessous une grande salle, avec encore au fond de celle-ci un trou descendant encore plus bas. À l'horizontal au bout du méandre de poudingue, la salle dans les marnes s'impose, haute, large, grande ! Quelle fin de journée merveilleuse !
Laurent me rejoint, le constat est bon. La séance prochaine consistera à élargir la tête de puits, l'équiper et descendre ! Ensuite au tour de Aude, puis Sébastien d'aller voir ça. André se réserve pour la prochaine fois.
   
Vue vers le bas du puits ; vue vers le trou dans le sol de la salle
Une journée ponctuée de difficultés diverses et variées (même pas citées) mais bien belle au regard du travail abattu et des résultats obtenus. La suite prochainement !

lundi 18 mai 2026

Grotte de la Cabane de Saint-Paul-des-Fonts

Dimanche 17 mai 2026

Participants : Felix, Pascal, Jean-Michel L, Thoby Rowland et Odile

TPST : 6h / Larzac

Après un bon petit dèj, nous nous retrouvons à la bordure ouest du plateau du Larzac. Un très joli sentier descend les falaises, la vue sur Saint-Paul-des-Fonts est superbe.

Nous quittons le sentier pour rejoindre l'entrée de la grotte. C'est une ancienne cave à fromage. Il reste encore beaucoup d'éléments bâtis et on devine bien l'activité qui devait y régner à une époque. Plus loin, nous passons avec discrétion sous un essaim de chauves-souris et arrivons dans la partie naturelle de la cavité.

Les strates étant quasi-horizontales, l'ambiance fait très "temple perdu" à la Indiana Jones. La grotte est vaste, variée. Les parois et les plafonds esthétiques.

Après un moment, nous arrivons sur le ruisseau. Il se perd dans une faille sur la droite qu'on peut parcourir sur plusieurs centaines de mètres, c'est la galerie du siphon 0. Nous y jetons un oeil et revenons sur la galerie principale.

Voici venir le premier obstacle : la galerie est bloquée par un lac. Pas très profond mais assez pour qu'on s'y mouille jusqu'au torse et nous passons en vire. Felix passe en tête pour vérifier les cordes. Dans l'ensemble ça va, sauf une partie tonchée qu'il fallut doubler. La vire est relativement longue et domine l'eau en dessous. C'est très joli. En fin de vire, il reste à redescendre, soit grâce à une corde à noeud, soit grâce à une tyrolienne qui permet à chacun de montrer sa technique, parfois très personnelle.

Ensuite la galerie est barrée par de la calcite et nous montons puis redescendons de 5 m pour arriver devant le dernier plan d'eau. Il y a là aussi plusieurs façon de passer. En vire au raz de l'eau ou avec un canot. C'est très ludique.

Puis nous perdons la rivière et arrivons dans une gigantesque galerie. Il y a un chaos de blocs à remonter et redescendre pour retrouver la rivière. Nous la remontons jusqu'au bout. Une escalade permet de passer un dernier obstacle pour arriver au siphon 1.

Au final une cavité très variée, avec une entrée inhabituelle, des passages ludiques, de beaux volumes, de belles formes de parois et une jolie rivière et qui mérite largement une visite. 

Jean-Michel

Dans la cave à fromage
Début de la cavité naturelle
Galerie du siphon 0
Passage en vire au-dessus de l'eau
Passage du dernier lac, en bateau ou en vire.
 

La grande galerie

On retrouve la rivière
 
Siphon 1
Topo en plan










Grotte du Septuagénaire

Dimanche 17 Mai 2026

Participants : Aude, Sébastien, Daniel M, André Moréno, Henri, Daniel C

TPST : 7h / Septuagénaire Plateau de Lacamp

Trou déjà connu et début de creusement il y a plus de 30 ans, suite à re ouverture de la grotte du Cinquantenaire, la mémoire de ce trou soufflant ressurgi sur le plateau de Lacamp. Aude et Sébastien du SCM relance une campagne sur le plateau et l’idée de revoir le Cinquantenaire nous amène à des réflexions sur des trous laissé de côté.

Daniel Mas se décide à se re attaquer ce trou avec beaucoup d’air, retrouve dans la fouille une gamate du regretté André Capdeville. D’abord seul sur le chantier, il trouve l’aide de Aude et Sébastien, Daniel M ouvre en première avec Aude et Sébastien ainsi que Laurent Hermand le 10 Mai 2026. Arrêt sur un ressaut.

Daniel Mas et Jean Michel Escande y retournent pour descendre le ressaut et s’arrêtent sur une diaclase très ventilé le mardi 12 Mai 2026.

Dimanche 17 Mai 2026 une équipe se forme : Daniel M, Aude, Sébastien, André Moreno, Henri, Daniel C.

Un petit aménagement de la descente sur des échelles, et nous voilà au fond.

2 équipes se forment, une sur le fond de la diaclase et une au-dessus de la diaclase.

Un regard permet de se voir et de communiquer entre nous, mais le travail n’est pas le même.

L’équipe du haut avance juste en creusant dans de la terre et un peu de calcite, l’équipe du bas avec des moyens plus persuasifs.

En haut et en bas ça avance, mais pas encore de première évidente en vue. Par contre un très fort courant d’air de volume.

L’avenir nous le dira. Prochaine sortie groupe le Samedi 23, avis aux amateurs.

La visite avec le film:





Aven du Mas Raynal (Aveyron)

Samedi 16 mai 2026

Participants : Odile, Pascal, Félix, Rowland, Thoby, Charlie, Jean-Michel, Gilles

TPST : 5h / Aven du Mas Raynal

Voilà un trou emblématique des Causses qui peut se faire en version warrior : 60 mètres en fil d'araignée, ou en version tranquille, par des puits parallèles très esthétiques. Dans le cas deux cas, l'arrivée est la même, la Sorgue souterraine.

Vers les entrailles de la terre !

Nous formons deux équipes, l'une qui équipe les puits parallèles (Pascal, Jean-Michel, Odile et moi) et l'autre le plein pot. Pour ce dernier, l'essentiel de l'équipement consiste à haubanner une barre de fer permettant d'atteindre le plein vide.

Le P21 des puits parallèles



L'ambiance est superbe, c'est verdoyant, et le bruit de la rivière au fond rajoute une part de mystère.

Nous mangeons en bas et après avoir exploré la rivière, nous remontons. 



Barrage construit en 1920 dans l'espoir de remonter l'eau




Un groupe de spéléo ardéchois emprunte nos cordes pour descendre le plein pot, ce qui prendra un certain temps (une bonne heure).
Pascal, Jean-Michel et moi choisissons de remonter par le plein pot, l'autre partie du groupe par les puits parallèles.

Dans le P33




Jean-Michel presque sorti !

Une bien belle sortie qui a ravi tout le monde.

Aven des Pauvres (Aveyron)

Vendredi 15 mai 2026

Participants : Pascal, Rowland, Thoby, Gilles

TPST : 6h30  / Aven des Pauvres (Aveyron)

L'aven des Pauvres est l'un des trous présentant une des plus grandes verticales des Causses : un P153. La cavité m'avait laissé un bon souvenir il y a deux ans, alors je propose la sortie au club. 

Le P153

Je retrouve Rowland, Odile, Thoby et Pascal qui ont dormi a proximité du trou et nous nous équipons entre les gouttes. Odile ira photographier les orchidées pendant nous irons sous terre.

Pascal au départ

Nous passons le ressaut de l'entrée, le P21 et après avoir rampé dans le tunnel, nous arrivons au sommet du P153. Je pars avec trois kits, une C77, une C100 et une C40 pour équiper le P153 et le P8 qui fait suite.


Détails des parois du puits



Une fois en bas, on descend le P15 et poursuivons le méandre jusqu'à l'étroiture impénétrable.

Un peu serré vers la fin !


Terminus

Nous remontons le P15 et faisons la pause repas dans une zone relativement moins humide que le reste de la cavité avant d'entamer la remontée.
Pascal se charge du déséquipement, la C40 et la C100 aux fesses. Quant à la C77 nous la tirerons depuis le haut. 
Nous sortons vers 17h, peu de temps après un bel orage de grêle.

lundi 11 mai 2026

Saint Andrieu et (jolie première au) Septuagénaire

Dimanche 10 mai 2026

Aven de St Andrieu le matin
Participants : Henri, Laurent; TPST 1h30

Aven du Septuagénaire l'après-midi
Participants : Aude, Sébastien, Daniel M, Laurent; TPST 4h

Virée express à St Andrieu pour caresser gentiment le terminus. Le but est de trouver la meilleure technique pour arriver jusqu'au verrou situé à moins d'un mètre devant, dans une roche extrêmement résistante.
Test moyennement concluant, pas mal de roche fissurée et travail au burineur à prévoir. Un courant d'air soufflant s'amorce vers 11h.

A midi, Henri rentre à Alet et je vais rejoindre l'équipe du Septuagénaire sur le plateau de Lacamp.
Daniel a bien avancé dans la matinée, aidé par Aude et Sébastien. Un passage est pratiquement ouvert quand j'arrive, il reste un trou à faire et on voit une suite pénétrable avec même un petit écho.

La suite va dépasser toutes nos attentes : une fois le passage franchi, nous arrivons au sommet d'un puits de 11m subdivisé en deux ressauts. Je remonte chercher corde et échelle et équipe l'obstacle. Nous prenons pied dans une galerie avec amont et aval.
On remonte d'abord l'amont sur une cinquantaine de mètres, arrêt sur bouchon de blocs avec racines, on ne doit pas être loin de la surface...

Vers l'aval, la galerie s'abaisse, ce qui permet de confirmer que le courant d'air vient de là. On se redresse assez vite et soudain tout devient noir devant, juste après un petit ressaut.
Il s'agit d'une salle imposante et joliment décorée, la hauteur et la largeur dépassent les 10m. Le volume est parcouru dans l'enthousiasme.
Plus loin, la suite se verticalise, une dizaine de mètres au sondage avec un "plouf" en bas, mais il faudra assainir l'accès. On décide d'en rester là, en plus on a plus de matériel d'équipement.

Vu le volume et la présence d'un actif temporaire, la question de l'orientation de la cavité se pose : est-ce l'amont de l'arrivée d'eau principale de la grotte du Cinquantenaire, ou bien est-ce une cavité indépendante avec du coup un potentiel bien plus important ?
La boussole du téléphone de Aude et celle de la montre de Sébastien semblent pointer vers la deuxième hypothèse, mais il faudra bien sûr vérifier tout ça rapidement.
La suite sans doute dimanche prochain.

La vidéo de Daniel :

https://youtu.be/w1pYN4UQIiY?si=V3OnLuM0lVC6Oahg

Et le CR de Aude qui a pris plein de photos à suivre sur le blog du SCM :

https://exploscm.canalblog.com/2026/05/belle-premiere-au-plateau-de-lacamp.html  


mardi 5 mai 2026

Aven Lacas en inter-clubs

Samedi 2 Mai 2026

Participants : Pascal, Vincent (SCA) – Fabienne, Sylvie (SCAL), Charles (GND)

TPST : 12 h / Causse de Sauveterre

Fabienne, Sylvie et Félix, tous trois au SCAL de Montpellier sont à l’initiative de cette sortie sur la causse de Sauveterre. Félix ne pouvant malheureusement pas se joindre à nous car cloué chez lui par une « bonne » crève ! Charles du Gang des Niphargus Déchaînés (si si il existe !) doit nous rejoindre de son côté.

Pascal et moi retrouvons Sylvie et Fabienne sur une aire de covoit et nous rendons bien vite à l’évidence : il faudra prendre les deux voitures car on en a du matos entre les affaire de camping et de spéléo ! 

Nous arrivons dans le secteur en début d’après-midi, après avoir suivi les indications sur la fiche du CDS 12 qui nous amène sur une piste où… tout s’arrête car plus rien ne ressemble au descriptif. En effet, le Causse de Sauveterre a été ravagé par un incendie en 2022 et plus de 1300 hectares sont partis en fumée dans ce secteur. Les troncs squelettiques des sapins noircis toujours dressés vers le ciel s’étalent encore à perte de vue. Quelques rares buis repartent… avec des plantations ici et là de… nouveaux sapins (tant qu’à faire vu que ça brûle bien !)

Un petit chemin est tracé là où s’étalait auparavant une piste. C’est à pied que nous suivons cette ancienne piste… et le GPS nous amène pile là où est pointée la cavité sur les cartes OpenStreetMap. Top ! 

Rapide repérage puis nous poursuivons pour trouver le fameux camp de Fredo grâce à qui cette sortie se fait.

Car la cavité est sur ses terres. Nous trouvons effectivement à 5 mn de l’aven, un camp tout plat, bien aménagé, sans cailloux entouré d’un paysage ruiniforme… aux sapins intacts d’un côté et brûlés de l’autre. (la ligne de feu)

Nous prenons le chemin retour vers les voitures et reprenons la piste et au flair suivons  la piste qui, nous l’espérons, mènera les voitures au camp sans encombre (sans accrocher le bas de caisse, quoi !).

L’après-midi n’aura pas été de trop pour mener à bien tout cela et nous installer avant que n’arrivent Fredo et sa compagne, Audrey.

Charles finit par arriver lui aussi, escorté par Fredo qui est allé le ramener sur le bon chemin d’un coup de 4X4 !

Nous passons une soirée fumante tous les 7. Fredo fait de la spéléo dans le coin et ailleurs depuis tout petit (il s’est fait connaître au Berger tout jeune… mais ça c’est une autre histoire !). il aime autant partager son lieu que ses connaissances du milieu. La spéléo c’est sa vie, sous terre… et sous l’eau car explorer ce qu’il y a derrière les siphons, loin au fond des trous est sa très exigeante et engageante passion !

Fredo nous donne tous les tuyaux possibles sur le Lacas qu’il connait comme sa poche. 

Il y a une semaine encore nous n’aurions pas pu faire grand chose car les siphons étaient amorcés et nous aurions été bloqués avec des étroitures noyées.



Et il y encore deux jours, le quatre pattes dans le deuxième conduit équivalait à se baquer. Mouais !

L’idée de partir vers le petit collecteur amont et fossile séduit donc les plus « refroidissants-quand-mouillés » comme moi. 

Fredo prend note de notre décision.

A 8 h 45, Pascal, Sylvie et moi rejoignons Fabienne et Charles partis un peu plus tôt pour installer la main courante qui donne accès au P15 d’entrée.

Ce sera la seule corde à poser car la cavité est brochée/équipée…même si, nous le constaterons vite, des maillons rapides inox seraient bienvenus au vu de l’hygrométrie du lieu.

Le Lacas a commencé à être exploré en 1953 par Marcel Lacas et le club de l’Alpina et ils ont dû se régaler déjà en arrivant au pied du premier P15 sur lequel nous posons pied. Il y a là de magnifiques coulées immaculées et des gours qui sont toujours intacts 73 ans plus tard. Puissent tous les spéléos à venir être aussi précautionneux ! Fredo nous a d’ailleurs fair rêver en nous parlant d’endroits sublimes… où les bottes n’ont rien à y faire ! Mais Chuuut !

Bref… nous poursuivons par un P86 incroyable… comme une salle tombant sur elle-même, toujours plus bas dans sa verticalité. 

Puis s’enchaînent un P30 et un puits en plan incliné où le dos n’est pas loin de la paroi… des marchons bien placés le rendront fort rapide à remonter. 



Encore un petit ressaut et nous voilà dans la salle des charbons, vaste salle ainsi nommée en raison des son aspect charbonneux qui est dû à de très importants incendies sur le Causse à la fin du XIXe. Cela n’en a pas que l’aspect car ce charbon est présent un peu partout plus bas et collera bien au matos… et la combi reste un peu noire après lavage !

Nous poursuivons à genoux sur une cinquantaine de mètres. Pensée reconnaissante pour l’armée de gratteurs fous qui se sont acharnés là pour pouvoir passer ! 

Nous débouchons ensuite sur un P55 bien circulaire de toute beauté (ah oui, il faudra me croire sur parole car les seules photos que vous verrez sont celles de notre équipe de retour au camp… car l’humidité annoncée ne donnait pas envie de risquer le téléphone pour vous ramener des photos).

Nous arrivons dans notre première série de méandre… puis un conduit désobé où l’on se mouille enfin un peu plus copieusement. De nouveau le méandre, jusqu’à déboucher sur un croisement. Nous pensons benoitement arriver au carrefour à -260 m qui est le point de jonction entre l’amont fossile et l’aval actif du petit collecteur que nous envisagions initialement pour éviter la baignade.

Il est 13 h 30 quand nous arrivons à cette « jonction ». Après sondage, nous décidons finalement de continuer vers l’aval du petit collecteur car le 2ème conduit étant moins mouillant qu’annoncé… nous nous prenons à espérer voir l’aval. Nous laissons un petit mot au carrefour pour Fredo afin de lui signifier notre changement de programme, car il avait bien l’intention de venir faire un petit tour à notre rencontre. 

Nous arrivons sur un méandre aérien qui s’ouvre par endroit profondément sur une petite dizaine de mètres. Il nous fait déboucher sur une jolie cascade de 5 mètres bien décidée à nous tremper qu’il faut contourner dans un virage à 90° pour éviter trempette… 

La progression se fait ensuite plus rapide : rivière… fossile… méandre aérien… P15… à nouveau rivière… un dernier puits de 30 mètres nous fait arriver dans la salle de la Dame Blanche… et la rivière nous dépose au laminoir Cricraint à -327 m. Il sera notre terminus car bien ennoyé… Le premier siphon restera derrière ! 

Pause repas et nous repartons vers l’amont jusqu’à ce « fameux » carrefour au petit mot laissé !

Nous nous aventurons dans ce début de galerie qui tombe vite dans une grosse marmite où nous descendons… avant de nous enquiller dans une chatière sableuse remontante qui est un enfer pour moi à passer… Je me sens comme un gros ver mou… ce qui met mon honneur en berne car je suis le seul à galérer comme ça.

Bon, tout ça ne laisse pas imaginer qu’on ait déniché le bon fossile ! Pascal persévère derrière après une petite escalade. Il a certes trouvé une suite mais nous ne sommes certainement pas à l’endroit visé !

Nous suivons Charles dans son intuition qui est convaincu que la VRAIE jonction à -260 m s’ouvre plus bas dans l’actif. Il est le seul à avoir remarqué ce départ. Nous repartons donc vers l’aval pendant un petit quart d’heure et remontons donc cet autre actif.

Il se perd dans une voute mouillante… Je vais voir un peu au-dessus : un ressaut débouche sur un magnifique méandre qui s’ouvre devant moi.

Je retourne avertir la compagnie… qui semble se décourager et n’est pas convaincue et envisage d’abandonner !

C’est alors que l’impossible survient : Diable d'homme, Fredo "surgit" inopinément et nous propose de nous emmener… Et c’est bien là haut dans ce méandre que le fossile nous attend.

Nous le suivons un bon moment et passons sous trois puits de 50 m qui s’ouvrent successivement au-dessus de nous. Le premier tout calcité de blanc est de toute beauté.

Nous remontons encore et passons une petite lucarne qui mène à la suite … Un petit passage un peu aérien… un ressaut équipé et un peu plus haut nous arrivons sur une particularité que Fredo voulait nous montrer, un squelette calcité  de chauve-souris.

Ce sera le terminus de notre sortie !

Chemin retour jusqu’au carrefour et nous partons pour une longue remontée… avec des puits qui sont arrosés pour beaucoup d’entre eux… De quoi être bien mouillés et se refroidir en bas des puits et sur les fracs.

 Nous sortons quasi à l’heure où nous sommes rentrés ! Enfin…12 heures plus tard.

Fredo et Audrey nous attendent devant l’entrée. Fredo est sorti depuis 2 h 1/2. Une machine comme dit Charles !


L'équipe des charbonniers de retour au camp !

Dans leur gentillesse, avant de partir du campement, Audrey et Fredo nous allument un feu à l’extérieur près duquel nous nous réchauffons, mangeons et devisons (spéléo forcément) jusqu’à presque tard !

Le matin, avant de partir nous allons faire un petit tour sur la falaise qui n’est pas bien loin. Le Causse est profondément entaillé par le Tarn qui coule au pied. Le ciel est bas et la pluie pas loin… Mais que c’est beau !


Nous faisons un stop rapide à l’Aven de Corgnes dont l’entonnoir béant s’ouvre à quelques dizaines de mètres de la piste… Et zou, retour maison !

Une sortie fabuleuse, une rencontre humaine du même acabit… Un WE du 1er mai mémorable ! Merci à toutes et tous ! Mention spéciale bien sûr pour toi Fredo si tu passes par là !