TPST : 4 h / Aven de la Boissière (Brissac, Hérault)
Nous choisissons la marche d'approche la plus courte, en remontant en 4x4 la "Combe pluvieuse". Il semblerait que ce soit une ancienne piste de charbonniers.
Le très bon état des murs de soutènement m'interpelle, ainsi que sa dénomination exacte : RD 1E4.
La piste à l'abandon
Le chemin remonte ensuite à moitié en escalade dans une combe dont heureusement nous sortons rapidement au profit d'un beau chemin.
L'accès au trou est cairné, mais encore une fois on bénit le GPS !
La combe
Le trou et le barda
Le départ est fort simple, une main courante, deux spits et on peut descendre le P67 en un jet !
Mais la suite se trouve en faisant un pendule à -30 dans le premier puits. La cavité a été rééquipée, il y a des AF bienvenus.
L'aven est très concrétionné et relativement humide, d'ailleurs nous finirons bien mouillés vers le bas.
Après le pendule dans le P67
Une deuxième verticale de 5 mètres conduit après un deuxième pendule dans une petite lucarne pénible à passer débouchant au sommet du P26.
La lucarne
En bas du P26 j'aperçois des spits pour faire une main courante, mais pas de départ de main courante ! Pas un AF, rien, je suppose que cela a été fait volontairement pour garder une part d'équipement sur AN.
Accès au P32
L'équipement du P32 est folklorique, les AN sont de belle taille d'un côté sur une paroi, mais inspirent moyennement confiance en face. C'est pour ça qu'on double les points ! Mais à condition de ne pas prendre les AN sur la figure...
C'est assez esthétique de tout équiper en AN, mais peu rassurant quand on ne le pratique pas régulièrement. J'aime bien !
Le P32
Nous terminons par un P19 peu large et accrocheur. La cavité se termine de façon décevante (mais au sec).
Sortie à 15 h, nous reportons encore l'heure du repas car nous sommes mouillés et il y a du vent, on verra à la voiture !
Une grande classique de l'Hérault, explorée par Martel en 1889 !
Après la marche d'approche d'une vingtaine de minutes et le pique-nique pris au bord du trou, nous attaquons vers 12h30.
Au pied du P25 de l'entrée, la visite peut se faire en choisissant l'un des deux grands puits (environ 90 mètres), ils aboutissent tous les deux au sommet d'un vaste éboulis.
Nous choisissons le puits Nord et nous avons bien fait car de l'eau s'écoule dans le puits Sud.
Le fiche d'équipement est sommaire, je pars donc lourdement chargé dans le P25 + P90. Bien m'en a pris, il ne restera plus rien arrivée en bas hormis trois Dyneema.
En mode sapin de Noël !
Très rapidement le trou prend une ambiance luxuriante.
Le puits Sud que nous ne descendrons pas
Départ du puits Nord
Vue sur l'éboulis
Au bas de ce puits nous remontons l'éboulis, passons au pied du puits Sud qui arrose et descendons l'éboulis en direction du P27.
Au bas de celui-ci nous tombons sur le chantier de désob du GSI. Pour info, le boyau est plein d'eau !
Nous remontons le P27 en direction du réseau remontant. Il faudrait faire une escalade pour continuer, on s'en tient là.
On en profite pour faire quelques photos de ce gigantesques éboulis.
Sortie vers 17h, sous un grand ciel bleu. Eh oui, ça existe encore !
Participants : Jean-Michel E., Daniel C., Daniel M., Alary
TPST: 4h45 / Trou de la Barre
Après deux nuits difficiles à délirer dans tous les sens à cause de cette découverte (j'ai juste mal dormi...), nous revenons explorer les profondeurs du Trou de la Barre, qui s'étaient subitement ouvertes à nous en fin de séance dernière (09/02/2026).
Jean-Mi et les Daniels arrivent sur les coups de 9h15. Ayant un rendez-vous le matin, je les retrouve directement au trou vers 10h45. À mon arrivée, l'accès à la tête de puits est déjà équipé avec corde et échelle. Finalement nous fonctionnerons uniquement avec de la corde. Niveau matos nous avons de tout. Des grandes cordes, des petites, des réformées, des échelles, de la quincaille, du textile... Bref, nous sommes parés ! J'installe un frac avec un goujon et un pulse pendant qu'en haut ça s'impatiente (minute que je m'organise avec tout ce souk !! ), puis je descends. Au bout de 7 mètres j'arrive sur le plan incliné glissant, et installe une déviation sur pulse. D'ici j'ai vu sur la faille qui se poursuit en face par un axe nord/sud développant vers le sud. En contrebas j'aperçois le sol de graviers. Pas de volume gigantesque, la résonance vient seulement des volutes arrondies. Je descends encore de 5 mètres, puis dois poser un frac pour les 5 derniers mètres verticaux. Une dizaine de mètres au-dessus de moi un petit conduit collecte tous les remblais de l'étage du dessus et me les envoie sur le coin du casque si mes camarades gesticulent trop. Plus personne ne bouge ! La corde (de 100m ????) arrive pile-poil au fond.
Pied à terre, l'excitation s'apaise. C'est un puits borgne d'une quinzaine de mètres de haut, avec une flaque, une coulée de mondmilch, une lucarne haute impénétrable donnant vaguement vue sur la suite de la faille et juste au-dessus un faux plancher perché à 7m de haut. Ce n'est pas ce que je voyais dans mes rêves tourmentés... Jean-Mi me rejoint. L'unique possibilité de continuer est de monter sur ce faux plancher pour passer dans la suite. Un lancer de corde fera le travail après presque 30 tentatives.
Monter sur ce brin accroché un peu par la force du hasard ne me tente pas trop, c'est Jean-Mi qui s'y colle, ayant préalablement nettoyé un peu le point d'impact au cas-où... En haut, rétablissement acrobatique, mais le lasso s'est enroulé majestueusement autour d'une concrétion. Puis deux autres spéléothèmes en paroi accueilleront notre corde, qui fait là aussi pile la bonne longueur. On monte sous le goutte à goutte, glissant sur la paroi de mondmilch. Quelques concrétions molles y pendent également (racine couverte de mondmilch ? La coulée est couverte de veines).
Le ressaut du lasso avec Jean-Mi presque en haut ; la coulée de mondmilch et ses filins ; amarrage naturel ; vue du plafond depuis le haut du ressaut
Depuis ce point, on peut redescendre d'autant que nous sommes montés. Jean-Mi ouvre en purgeant ce qu'il faut tout en donnant quelques leçons.
La corde a encore une fois été taillée à la bonne longueur... Soudain il annonce : "C'est un piège à con." Effectivement, mis à part une escalade finissant dans le mur et une mini lucarne impénétrable donnant dans une petite pièce au sol plat, c'est un piège à con. Il faudra revoir cette lucarne cependant. Aucun courant d'air perceptible aujourd'hui pour nous en bas. Mais dans le laminoir d'entrée, Daniel déclarera avoir détecté 4 aspirations bien nettes. Je descends à mon tour et sonde à gauche un petit puits parallèle de 4m de profondeur dans le beau calcaire vif et sculpté paraissant borgne. Comme il n'y a rien en bas, je remonte pour accéder à ce puits et le désescalader.
Le "piège à con". JM est à la lucarne, le puits vif est en haut à gauche.
En bas ça continue en deux branches, une remontante et une descendante, le tout dans des conglomérats argileux. Je vais en bas, puis Jean-Mi me rejoindra rapidement après et ira en haut. En bas une petite purge s'impose.
Après quoi une petite pièce argileuse signe la fin de cette branche. Quelques conduits remontent mais se terminent en cloche. Pour la branche du haut, pareil, sauf qu'il a des racines un peu partout. On approche du versant. Retour en arrière en récupérant le matos qui doit être sorti. Les cordes restent, équipement en mode explo. Daniels C. nous retrouve à la base du premier puits. Nous ressortons tous vers 14h, nos rêves fabuleux douloureusement ramenés à la réalité... En résumé, nous avons trouvé une chaussette. Niveau boulot, il reste éventuellement une escalade pour remonter une coulée, ainsi que la lucarne qui on l'espère, sera le trou dans la chaussette (sans trop d'espoir). Ces deux points constituant la lettre manquante... Ensuite, la topo, que j'aimerais faire. Masdan lui reviendra pour continuer à creuser ici et là dans l'entrée, toujours intrigué par cette coulée obstruant la galerie.
Je voulais profiter des récentes pluies pour voir à quoi ressemble le lac terminal de la grotte des Oliviers, car je ne l'avais jusqu'à présent qu'avec un peu d'eau boueuse.
Il justifie actuellement son nom de lac !
Nous nous garons vers 9h15 à l'aire de pique-nique au bas du gouffre géant de Cabrespine et après une marche d'approche humide, je retrouve du premier coup le trou, quelle chance ! La pluie cesse juste à l'entrée du trou, re-chance.
Pour l'occasion j'ai pris le perfo car l'équipement de la première tirée du P25 dans le plan incliné avec ses 3 déviations successives ne me plaît guère, et ces déviations ne peuvent être transformées en frac monopoints (ce qui serait tolérable en terme de sécurité) car le frottement serait immédiat.
Finalement je trouve un AN pour doubler le spit de la première dév et orienter la corde convenablement. Arrivé sur le petit palier, une belle lame s'offre à moi pour faire un nouvel Y sur le spit en place et un nouvel AF. C'est reparti, même plus besoin de la dév suivante et on arrive directement sur les deux fracs de la verticale !
Nous franchissons le canyon et arrivons au sommet du P12. C'est très actif, c'est beau !
Sommet du P12
Je profite d'avoir le perfo pour remplacer la dév sur goujon qui obligeait à dépoiler une plaquette de sa vis en plein vide par une dév sur AF.
Un peu de musique
Nous arrivons au sommet du R4 que d'habitude nous passons en désescalade. J'y installe une petite corde par sécurité et je me demande si on va réussir à aller plus loin car un petit actif coule et remplit le passage. Mais finalement pas de soucis !
Le bas du R4
La suite devient plus aquatique pour atteindre le départ de la trémie, nous nous mouillons jusqu'à la taille. Heureusement l'eau est plutôt chaude.
J'engage l'escalade après avoir hésité car avec les chaussures trempées sur l'argile, l'adhérence est plutôt faible ! Je parviens à rejoindre la lucarne et j'installe la corde pour Solène.
À partir de là nous quittons les baudriers et démarrons la partie crapahut. Par chance nous ne galérons pas trop sur le cheminement dans la salle de la trémie calcitée où la dernière fois que je suis venu nous avons tourné en rond une demi-heure avec Odile !
Nous retrouvons l'eau et le méandre bien rempli.
Arrivée dans le méandre
Une zone où il y a environ deux mètres d'eau nous oblige à faire des oppositions. Je monte trop haut, j'ai frisé le plongeon !! 😂
Pfiou j'ai eu chaud !!
Les abords du lac sont bien plus agréables, le niveau ne dépasse pas les genoux.
Vue du lac
Un joli filet d'eau tombe dans le lac
Quitte à être mouillé, je longe le bord du lac pour aller prendre la pose.
Il est 12h30, l'appel du ventre se fait sentir. Nous retraversons la trémie, renfilons nos baudrier, déséquipons l'escalade en rappel et prenons la direction de la surface.
Sortie à 14h30 sous un grand soleil !
Fiche d'équipement
P25
1 AN (arbre) → 3 m, 2S ↓ 1 m, 1 dév/sangle en fixe ↓ 2 m, 1S + 1 AN ↓ 8 m, 1S + 1 AF ↓ 5 m, 2S ↓ 3 m, 2S (dont un AS) ↓ 5 m
C45
P12
2S → 4 m, 1 AN → 1 m, 2S (dont un AS) ↓ 6 m, 1 dév/AF (dans une lame de calcite) ↓ 4 m
C22
R4 (non topographié)
1 AN ↓ 1 m, 1 AN ↓ 4 m
C9
E4
En libre. 2S pour installer une corde pour les seconds.
C12 pour déséquiper en rappel en utilisant la lucarne.
Vingt-quatre sorties que Daniel a imposées au trou de la Barre suivant un rythme de plus ou moins 3 jours de travail par semaine. Autant de sorties lui ayant permis de creuser un tunnel sous une coulée de calcite obstruant l'entièreté de cette ancienne galerie devenue un porche de belle dimension (4m de large au sol actuel), elle-même reposant sur une épaisseur importante de débris de gélifraction. Un commentaire sous l'un de mes articles, une réponse rapide, puis presque instantanément après, un appel : je serai présent pour cette vingt-cinquième sortie !
Rien d'exceptionnel à l'horizon, c'est une sortie comme de nombreuses autres avec Deniel : on creuse un tunnel, on sort des dizaines de sacs (...), et on tente de lire le terrain pour deviner le cap à prendre... Un peu avant 9h, nous arrivons sur le parking à l'est du Pujol, au niveau de la haie de cyprès. Il fait beau, il n'y a pas de vent. Pour l'occasion, j'équipe un bleu de travail adapté au climat désob du Minervois sec. Nous cheminons vers l'entrée du trou. Daniel me montre un petit orifice non loin de notre chantier d'aujourd'hui, qu'on attaquera peut-être un jour... chaque chose en son temps.
Nous voilà sur la terrasse en construction du trou de la barre. Plutôt bien orienté, nous avons le soleil, mais aussi l'ombre des chênes verts. Nous commençons par sortir ensemble 24 sacs d'environ 10/12kg chacun, puis prenons rapidement nos postes définitifs. Je vais au fond creuser et m'approprier le chantier. Daniel lui remonte les sacs, les vide et travaille la terrasse. Les quelques moments où Daniels me retrouve pour récupérer mes sacs permettent d'échanger quelques mots. Autrement, ce n'est vraiment pas la cohue. À mon poste, je suis à ma droite une paroi ou un pendant de voûte qui oblique sur la gauche. Les matériaux à enlever sont des cailloutis de gélifraction entremêlés d'argile poudreuse sur 50 centimètres, avec dessous des faibles dalles de gravier et de sables dolomitiques calcités. Grâce au piqueur plat de Daniel, le boulot est fabuleux, défoncer le front de taille comme une pelle mécanique est un vrai régal. Ce qui l'est moins par contre, c'est le plafond très friable. En réalité et simplement en bougeant, je creuse aussi en hauteur avec mon casque, et comme celui-ci a des trous, il se retrouve rempli de graviers, qui me tombent par moment dans la combinaison... Par chance, c'est suffisamment humide pour limiter la poussière, c'est au moins ça ! Et par chance encore, ce plafond friable reste en place, ne laissant que rarement quelques kilos de gravier s'écraser au sol, ou avec moins de chance, dans le col de la combinaison !
Front de taille en début de journée et sable induré
Pendant ce temps, Daniel effectue sa séance de muscu. Et autant dire que ça envoie ! Les sacs pèsent entre 10 et 12 kilos chacun, pas le temps de souffler... Sauf quand vient l'heure pour moi de manger en extérieur, après avoir vidé un premier accu du piqueur et avancé d'un bon mètre. Je ressors en emportant avec moi un bloc d'une vingtaine de kilos extrait des graviers. Daniels prend ma place, je profite du beau temps.
Juste avant de sortir manger
Retour sous terre. Daniel tient à continuer de sortir les sacs, qu'il comptabilise au fur et à mesure. Rapidement, nous approchons les 70 sacs de sortie. La paroi de droite qui me guide bifurque brusquement à droite. Continuons ainsi. 84 sacs, il est 15h. Daniel a son quota de muscle, alors je lui cède ma place sur le front, et m'occupe de gérer les sacs. L'énergie est encore présente, trouvant ressource probablement dans cet objectif un peu absurde qui m'a traversé la tête : sortir 100 sacs (au moins...) ! Enfin, lorsque le centième sac est compté, je commence à subodorer un parfum de fin de chantier. Je retrouve Daniel au fond pour lui redonner une fournée de sacs vides, quand il me propose d'en rester là pour aujourd'hui. La proposition est acceptée, les objectifs sont remplis. Nous avons avancé de deux mètres et sorti puis vidé 113 sacs (89 par l'excavation du jour), soit un peu plus d'une tonne de matériaux !
Braquage
Très chouette journée, il ne reste plus qu'à faire l'habituelle vidéo de fin de chantier, et c'est ciao ! Sauf que pendant que je finis de vider les sacs dehors, j'entends Daniel qui m'appelle hâtivement depuis l'intérieur du trou... Petit coup de flip, je pense à un effondrement... Je me presse à l'intérieur. Et stupéfaction, ça s'est effondrer ! Mais rien de problématique, bien au contraire... Ce qui vient de se produire est tout simplement à peine croyable !
Daniel, plantant ici et là le burin pour sonder, le fit traverser soudainement le plafond, avant que ce dernier ne s'effondre, laissant une lucarne par laquelle il détecta au-dessus un laminoir horizontal de 2m50 de large dans lequel il nous est possible de nous faufiler !
L'intuition de Daniel a été très bonne sur le cap à suivre. Et à cela j'ajoute le fait qu'il avait prévu de creuser en plafond pour essayer de remonter... Coup de chance ? Expérience ? Manifestation divine ? Probablement un peu de tout ça... Allons voir plus loin. Je me faufile, déplace les stalagmites juste posées sur le sol, mais en brise une au plafond qui immédiatement manifeste son mécontentement en sifflant ! Elle aspire de l'air. Je l'obstrue momentanément pour confirmer que c'est bien elle, après quoi elle restera silencieuse... Ce laminoir se poursuit sur 3m devant. Complètement à gauche, le plafond est proche de notre tunnel en revenant vers l'extérieur. En prenant à gauche directement sous la coulée, on serait arrivé ici presque immédiatement ! Dans ce petit volume, directement sur la droite, un orifice semble plonger. Je m'y avance mais recule instantanément voyant que ça descend de plusieurs mètres sans savoir si c'est creux sous moi. J'envoie le téléphone, les images me rassurent. Je défonce un peu le sol pour passer dans la suite, par cet orifice ayant percé une bonne épaisseur de remblais, eux-mêmes posés sur des planchers de calcite. Quelle chance que le sol ait été soutiré de la sorte ! Je descends un peu dans ces formes d'érosion. Des cupules de quelques centimètres de diamètre agrémentent les courbes du conduit. Des dalles de calcides et de sable indurés se baladent, je purge, et descends de 4 à 5 mètres, avant que le conduit ne se verticalise davantage. Entre deux pentes de remblais d'argile, un puits s'ouvre, c'est noir, les cailloux chutent en silence avant de dévaler dans un écho qui perdure. C'est excitant ! De l'autre côté, ça remonte dans les remblais et semble s'arrêter dans une cloche.
Je traverse pour tout de même m'en assurer. Mais par un autre orifice remontant, j'accède à une petite pièce qui donne dans un fin passage horizontal débouchant sur un conduit descendant. C'est plus humide ici. Ça ne raisonne pas. Je descends de 5 mètres puis me stoppe sur un plancher de calcite, colmaté 50 centimètres dessous par de l'argile retournée.
Je ne tarde pas plus et remonte pour investiguer davantage ce puits juste survolé mais identifié comme la suite directe de la cavité. J'y envoie une belle pavasse, c'est de bon augure ! La première verticale paraît taper les 10 mètres, puis se poursuit par un plan incliné sur au moins tout autant de distance, dans ce qui ressemble depuis le haut à une diaclase. Le bon caillou permettra de l'équiper sans trop de souci. Rempli de joie et excité comme jamais, je remonte raconter ça à Daniel, tout autant conquis. Nous pouvons quitter le chantier sur une note encore meilleure que celle des 100 sacs du jour. Nous reviendrons très prochainement explorer ce qui se cache là-dessous, et qui pour le moment, nous fait rêver de tout et n'importe quoi !
Ce matin encore, nous descendons dans le gouffre rejoindre la rivière pour effectuer un jaugeage, relever les données de la sonde hydrométrique et récupérer l'échelle limnimétrique en prenant quelques infos pour lui monter un support. Jean-Claude avait également prévu le nécessaire pour faire des tests de transmission, que nous ne réaliserons pas car ce matériel fonctionne avec les antennes relais téléphoniques et pas le réseau Wi-Fi du gouffre (entre autres). Affaire à suivre sur la manière de mettre en place ce système. Après quelques péripéties salées, les résultats concernant le débit nous parviennent, et nous interrogent quelque peu... La hauteur d'eau est mesurée à 123. Les hypothèses fusent sur le pourquoi de ces valeurs qui dénotent avec la courbe de relation niveau/débit. On reviendra expérimenter afin d'optimiser certaines manipulations et espérer tirer quelques explications. J'en profite pour étayer mes notes.
Malgré l'encombrement de l'échelle à trimbaler dans l'échafaudage, la remontée est rapide. Dehors il pleut toujours, mais les visiteurs du gouffre sont au rendez-vous pour la réouverture, contents de croiser cette drôle d'espèce qu'est le spéléo !
Voilà un passage à Trassanel 4 dont nous nous souviendrons !!
Imaginant qu'il pouvait y avoir de l'eau dans le réseau 4, nous partons avec les deux kits de cordes pour équiper le Ribero et le Puits qui siffle ainsi que le bateau trois places d'Andréa.
Entrée à 11h15 dans la cavité, direction le P78.
Départ du Ribero
On enchaîne sur le P45 et à 12h30 nous voilà dans le réseau 4
J'aperçois un petit lac, déception, il ne semble pas y avoir tant d'eau que cela... mais quelques mètres plus loin, c'est un tout autre décor qui apparaît ! Le bateau devient alors indispensable vu que nous n'avons pas de néoprène. Youpi ! On ne l'a pas descendu pour rien.
Là, on ne pourra pas se passer du bateau
Il est alors grand temps de faire chauffer les bras et de gonfler le bateau !
Passé ce premier petit lac, on franchit un actif qui se perd. Je me dis alors que la navigation est terminée. Mais quelques mètres plus loin (là où il y a la corde d'environ 1 mètres attachée à une concrétion au sol pour passer un petit plan argileux), le caractère aquatique reprend le dessus.
On part chercher le bateau ainsi que la pompe, au cas où...
On vous laisse découvrir en vidéo le spectacle qui s'offre à nous !
GRANDIOSE ! 😍
Nous traversons ce grand lac et nous accostons pour manger (et faire des photos). L'argile trempée laisse à penser que récemment le niveau était au moins 1,5 mètres au-dessus de l'actuel niveau.
On porte le bateau une nouvelle fois jusqu'au prochain lac. Les connaisseurs de Trassanel reconnaitront le plafond de fistuleuses.
Le plafond de fistuleuses
Arrivée au moment de débarquer, Andréa entend le bateau siffler, un rapide coup d'œil permet de voir qu'il est crevé. Repli rapide pour traverser le lac dans l'autre sens et atteindre la pompe que nous avions laissée !
On remet un coup dans le bateau, Andréa bouche le trou avec son doigt et on parvient sans encombres à traverser le second grand lac. Ouf, on n'aura pas à nager !
Dégonflage du bateau, pliage comme on peut dans le kit de portage, déséquipement et retour à la surface.