lundi 7 septembre 2026

Vieux Lion / Chandelier : il est grand temps de s'y remettre !

Dimanche 6 septembre 2026
 
Participants : Félix, Alary

TPST : 11h30 / Réseau Vieux Lion - Chandelier, Plateau de Sault

La liste d'objectifs patentée au réseau du Vieux Lion / Chandelier est telle, que j'ai dû finir de l'écrire directement sur la table... Heureusement, et pour éviter qu'elle ne se prolonge jusqu'au carrelage, nous nous retrouvons avec Félix à Festes, direction ensuite le parking du VL. Les objectifs que nous essayerons aujourd'hui de rayer de la liste sont les suivants :
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au rééquipement de la traversée et voir comment l'optimiser.
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au balisage du cheminement de la traversée.
  • Repérer d'éventuelles escalades à entreprendre dans le secteur entre la Murène et la jonction Réseau I - II (hypothèse d'une jonction aérologique Trou du vent du Blau - Réseau I). 
  • Rendre visite au siphon de sable (vu en eau le 14/12/2025).
  • Rendre visite au siphon d'eau (dernière visite le 11/12/2025).
  • Ressortir du matériel du boyau du vent et refaire un check matos au stock direction des disques intriqués.
Bref, il y a du boulot !
À 10h, nous entrons par le Chandelier et commençons les mesures. Félix devant fait une fiche d'équipement détaillée et repère s'il y a des pistes d'amélioration. Derrière, je récupère le matériel vacant et estime avec une cordelette de dix mètres les longueurs de cordes. Le processus est long. À 11h30, nous sommes à la base des puits. C'est là que s'ajoute l'estimation des besoins pour le balisage. Félix estime le nombre de piquets et moi, les longueurs de ficelle en se basant sur mon nombre de pas. Nous prenons des notes sur un carnet et sur la topo.

Extrait du carnet et de la topo
Nous passons la zone des grands gours temporaires et nous arrêtons juste avant que la galerie ne bifurque à droite, au niveau de deux points d'interrogation (la bifurcation est suivie sur la topo d'une MC et d'un R4). Dans cette zone, je m'en vais escalader pour repérer deux départs rive droite, tous deux colmatés par de l'argile. Seulement au-dessus du cheminement principal, une diaclase s'élève et de là où je suis, je la vois se poursuivre encore plus haut avant de bifurquer. Tout en haut, les parois semblent érodées. La diaclase est perpendiculaire à notre galerie. Je redescends. Quelques mètres plus en amont, une autre cheminée mériterait d'être escaladée. Je ne vais pas énumérer toutes les cheminées curieuses à escalader comme celle-ci, nous en avons repéré plein… J'en ai escaladé certaines, mais pas jusqu'en haut. En général elles sont plutôt accessibles, des portions se grimpent bien.

Un peu plus loin en amont, donc après la MC et le R4, une cheminée rive droite est indiquée sur la topo. En y jetant un coup d'œil, nous observons une chauve-souris en sortir, puis aller et venir. En avançant davantage, il m'est possible de grimper. L'escalade restante de 5/6 mètres demandera du matériel. En essayant de gratter la meilleure vue, j'observe que le chenal s'horizontalise. Peut-être seulement un effet de perspective...  
Nous arrivons à la murène, j'en profite pour aller dans le boyau jusqu'à ce que ce dernier remonte en se rétrécissant. Je m'arrête là ("Je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?"). Mais les désobeurs sont allés plus loin, pas d'air. Par contre, la soufflerie se franchit plein vent ! Juste après l'avoir franchi et avant la première arrivée d'eau, le chenal de voûte au plafond s'enfonce dans le mur, visibilité faible. Mais des traces hautes me font penser que quelqu'un est déjà monté (point d'interrogation rive gauche, cheminée en face rive droite sur la topo). Concernant la première arrivée d'eau, j'escalade la coulée. En haut rien. En face, une fissure en méandre commence. En me déplaçant sur la coulée, j'y accède : elle cut complètement au bout d'un mètre.

Ensuite est indiquée une seconde arrivée d'eau (juste avant la section B - B' sur la topo). Ici une main courante contourne un large gour. Et pendant un instant de silence, il me semble entendre un bourdonnement... En quelques instants l'impression se confirme, j'arrête Félix, qui détecte aussitôt lui aussi le bourdonnement ! Nous sommes dans le secteur supposé de la jonction aérologique avec le Trou du vent du Blau, on stoppe tout. Nous nous mettons en quête de trouver la source de ce bourdonnement, sachant combien l'acoustique sous terre peut être étrange et nous jouer des tours... Nous commençons par borner les limites d'audibilité du son, rapidement réduites à un secteur de 5m² au sol autour de cette fameuse coulée "arrivée d'eau". Le son paraît englober la totalité du volume, donnant même l'impression qu'il provient de l'intérieur des murs... Finalement, il me semble entendre avec plus de netteté ce son quand j'approche la coulée. J'escalade trois mètres, le son devient de plus en plus net. Il me semble venir de devant moi, dans la coulée. À son sommet, plein de petits trous pourraient être à l'origine de ce sifflement et de ce bourdonnement superposés, absolument attribuables à un flux d'air qui circulerait dans un goulot d'étranglement. Seulement, je ne trouve rien, aucun flux... Je mets la main partout, on écoute, on se déplace, on teste en faisant fumer une boîte d'œufs mais rien... J'ai déjà eu le cas d'un flux d'air passant par l'intérieur d'une fistuleuse. Mais le son était bien plus discret.

Ci-dessous la coulée et la vidéo (montez le son...), le son semblait provenir du petit secteur où j'ai placé le "X" rouge. 
La coulée
En regardant bien depuis le bas, Félix localise quelques endroits qui pourraient également être à l'origine de ce son dans le plafond rive gauche. Y accéder demandera du matériel, ce sera pour une prochaine fois ! Aviez vous déjà détecté ce son à cet endroit ?

Après avoir passé une bonne heure là-dessus, nous reprenons nos mesures. L'heure tourne bien trop vite, à 18h nous sommes au choc des titans. Nous arrêtons de regarder le plafond, puis petit à petit, nous laissons les détails d'équipements pour ne prendre que les longueurs de cordes et le balisage. Nous tenons à aller voir les deux siphons. Dans le Réseau III, nous nous arrêtons au trou souffleur, duquel un bruit similaire à celui entendu plus tôt en haut de la coulée est nettement perceptible sans être aussi fort. Pour autant, il n'y a presque pas d'air... (montez le son).
Après le passage inférieur entre le Réseau III - IV, Félix me propose d'aller seul voir le siphon d'eau pour éviter de se retrouver limite sur l'horaire de secours. Je le laisse alors poursuivre les notes pour le balisage (d'ailleurs en bien meilleur étant que dans le I et le II) et file d'abord au siphon de sable. À ma grande surprise, le fond est toujours noyé. Les outils et les gamates qui étaient là sont ensevelis...
Le siphon de sable
Le niveau est légèrement plus haut que le niveau observé en décembre dernier. Ensuite, direction le boyau du vent. Je laisse mon kit à l'entrée, Félix doit m'y attendre. Dedans le courant d'air est net mais pas décoiffant. Les graviers au sol sont disposés comme dans le lit d'une rivière, la base des ressauts est creusée, ça a dû circuler fort ici ! Quelques pissettes sont actives et plus j'avance, plus j'aperçois des suintements. La base du puits du Flo dégouline même, l'espoir de voir le siphon autrement que plein me quitte, d'autant qu'il n'y a aucun courant d'air dans le conduit descendant au siphon. Le conduit d'ailleurs a été lavé, mais est globalement toujours aussi glaiseux. La ligne blanche est coupée à plusieurs endroits. J'approche du ruisseau, mais ne l'entends pas… Et effectivement, l'eau n'y coule quasiment plus ! J'approche la première vasque, l'eau y est magnifique  (comparé à la turbidité terrifiante observée le 11/12/2025). Le niveau d'eau est habituel. 
La première vasque
En d'autres termes, ne serait-il pas le moment d'envoyer une plongée ?? Après ces intéressantes observations, je remonte tout aussi rapidement. Depuis l'entrée du boyau du vent jusqu'au siphon, j'ai mis 12 minutes avec les observations. Et dans l'autre sens, en récupérant la pompe orange, un peu d'inox et une corde poilue, j'ai mis 13 minutes : nous serons sortis à l'heure !

Nous entamons la remontée, notant bien sûr les longueurs de cordes. Il est bientôt 21h, nous n'allons pas en direction du stock matos des disques intriqués (on y passera normalement avec Charlie le 19 ou le 20, en allant au fond voir le méandre). Notons dans les puits d'entrée du LV, à l'endroit du R4+R4 que le soutènement en bois arrive en fin de vie. Les branches commencent à casser (nous avons enlevé la marche qui était prise entre), le bois est fortement attaqué. 
Le soutènement
À 21h30, nous sommes dehors. En résumé, nous avons complété les objectifs qui concernaient le rééquipement et le balisage. Il reste maintenant à comptabiliser le tout. Les deux siphons ont été vus, il serait peut-être déjà le moment d'engager une plongée. La constatation de ce son d'air contraint interroge, il faudra lever la question !
Dimanche 6 Septembre 2026: Retour à l'Agly.
Avec Hervé un vieux collègue pratiquant occasionnel et aimant le secteur. Pour aller voir une ouverture repérée en Juin rive droite du talweg principal en amont de la résurgence de l'Agly à l'Est de Bugarach. Que je suppose avoir été révélée et ouverte par les fortes précipitations du printemps. Dégagement en surface de blocs stockés à -3 au cours de ma précédente visite. Puis ouverture manuelle assez facile d'un pont de blocs dominant un vide. L'étroiture dans la calcite qui suit est un peu plus teigneuse à calibrer. Puis je peux rentrer dans un espace en tube vertical. Ou comble de l'ironie par une sécheresse historique....j'arrive à me tremper complétement avec une pissette tombant du plafond!!Vers le fond un coude infranchissable semble donner sur un méandre en conduite forcée et avec quelques mètres devant....un écho cyclopéen! Un probable phénomène acoustique due à une conduite forcée aboutissant à un plan d'eau. C'est l'hypothèse la plus probable, vue que ce trou est un trop plein de type "griffon"de sous-écoulement. Et que le courant d'air n'y est pas flagrant. Mais à ouvrir quand même. Surtout comme l'on soupçonne avec Hervé que ce ne serait peut être pas lié à l'Agly elle même, mais drainerai le plateau en rive droite. Ou j'ai toujours trouvé étrange qu'il n'y ai pas de trou....3m de première. Histoire de rester au frais rentrée dans la source-résurgence de l'Agly qui est extrêmement sèche. Je n'y avait jamais été un peu loin, et trouve ce collecteur magnifique. Arrêt au premier siphon sans franchir la vire exposée donnant au second siphon. Par contre tentative de localiser l'arrivée de l'excellent souffle perceptible dans les rétrécissements de la galerie. Même sans être allé jusqu'au bout je pense qu'il faudra ouvrir un faille remontante nettement aérée à gauche en hauteur avant le siphon. Une suite y est visible. Du pain sur la planche dans se secteur délaissé depuis un moment...La canicule abominable est de retour aux voitures...TPST+TPES:4H



jeudi 3 septembre 2026

Le Couey Lodge jusqu'au siphon -625

Jeudi 20 août 2026

Participants : Félix, Gilles, Alary

TPST : 14h / Gouffre du Couey Lodge, Pierre Saint Martin

Pour clôturer ce camp à la Pierre Saint Martin, nous misons sur le Couey Lodge. De la pluie est attendue à partir de la fin d'après midi, mais le trou ne craint vraiment que lors de très gros épisodes. À 8h30 Félix débute l'équipement, il n'a pas posé une seule corde de tout le séjour, il est en manque ! L'entrée qui s'ouvre en plein jour est suivie d'un toboggan, d'un petit ressaut et d'un autre toboggan, menant à un P20.
L'entrée
Seulement notre fiche d'équipement et nos plans ne semblent pas concorder au niveau des obstacles, des longueurs de cordes et des amarrages en place... Alors Félix équipe comme il le sent et derrière on optimise comme on peut. Finalement on s'en sort bien et on arrive au sommet du P65, puis au P55. Deux jolis puits.
   
Le P65 et le P55
Après un petit bout de méandre facile, nous arrivons au P20. À sa base débute le redouté méandre étroit de 250m. La vraie difficulté réside dans les 30 premiers mètres, vraiment étroits. Après, ça s'agrandit jusqu'à devenir bien confortable. Je pars devant pour équiper le P11, finalement déjà équipé d'une corde. Il suffit de prévoir deux mousquetons pour accrocher le nœud aux amarrages. Gilles et Félix me rejoignent, on évacue le rab superflu. Encore une centaine de mètres de méandre puis nous voilà dans la Salle du Réchaud, où nous prenons le repas. Il est 13h.
Le rab
Après ça, c'est parti pour rejoindre la rivière. Nous prenons une fine cascade comme point de référence des pluies extérieures au moment du retour. Les ressauts qui arrivent sont équipés en fixe, mais certains, non indiqués et quand même équipés, présentent des cordes en partie détruites... Nos quelques cordes de 5 à 12m nous sont bien utiles ici.
Notre témoin (qui ne donnera rien)
Avant le laminoir
Parlant de laminoir, nous y voilà. Il s'agit de suivre l'actif sur le côté en s'enfilant dans ce fameux laminoir. On espère n'observer aucune augmentation du niveau d'eau ici, ce qui rendrait la remontée particulièrement désagréable... À plusieurs reprises je remarque des passages qui remontent, il y a probablement des passages supérieurs ou des branches annexes. Ce laminoir mène à la Salle Henri Brosset, de belle taille. Les flux d'eau se rejoignent ici en cascadant vers la base de la salle. On avance, des mains courantes commencent à apparaître. Équipement qui n'était pas mentionné sur la fiche...
   
Dans le méandre de la rivière
   
Quelques images
Nous arrivons à la Salle des Deux-Sèvres. Le passage vers la suite est rapidement localisé entre les blocs. Mais le passage suivant nous demandera un peu plus de recherche, alors que nous étions sur la bonne voie. Après cette dernière grande salle, nous retrouvons le méandre et son beau calcaire noir veiné. Quelques petits obstacles ponctueront la suite du parcours.
   
Après la Salle des Deux-Sèvres et un échantillon de ces veines rouges
Enfin à 16h30, nous touchons le siphon à la côte -625. Ce premier siphon a été plongé et donne sur un second, jamais franchi. Quelques photos, un petit goûter et on remonte !
   
Une très belle érosion dans le méandre ; le siphon
Dans la Salle du Réchaud, nous prenons notre deuxième repas, il est 19h30. Le méandre suivi des puits, je déséquipe. Nous n'observons aucune augmentation du débit dans le trou. Pourtant dehors, il pleut fort ! Le puits d'entrée se retrouve alors être celui qui mouille le plus... À 22h30, nous sommes dehors et regagnons la voiture en vitesse pour nous changer tout aussi rapidement !

lundi 31 août 2026

Qui ? Quand ?... Le mystère de Galamus

Dimanche 30 août 2026

Participants : Félix, Alary

TPES : 8h / Gorges de Galamus
TPST : 1h45  / Grotte du Palimpseste & Grotte de l'Asphalteur (noms provisoires)

Lors des fortes pluies du 07/03/2026 qui avaient touché une partie des Corbières, Laurent s'était rendu, entre autres, dans les Gorges de Galamus alors en crue. Cette visite parfaitement placée lui avait permis de détecter trois résurgences fortement émissives en rive gauche de l'Agly (sous la route). Mais la question de la connaissance de ces drains et de la possibilité d'y pénétrer restait encore à vérifier... Quelques vidéos partagées pour attiser notre curiosité devinrent rapidement un jeu de piste pour essayer de localiser au mieux ces exutoires dans la falaise. De toute évidence, en l'absence de plus d'informations, il nous fallait tenter d'y accéder.
Le 27/03/2026, en transit par le coin, je fis un petit détour pour repérer les emplacements. Enormément de vent ce jour-là, pas évident d'observer distinctement les détails mais je me fis malgré ça une idée plutôt précise de leur position. Il ne restait plus qu'à trouver le bon moment pour y descendre... Moment qui sera trouvé conjointement en août avec Félix !

Rdv à 9h à Couiza, où nous retrouvons également Laurent. Le rapide transfert de matériel se transforme en listing et en discussion autour des objectifs et projets en cours. Pas mal d'entre eux mis en suspens devraient avancer prochainement… Peu avant 10h, nous nous mettons en route et rejoignons le parking de l'Ermitage. Et vers 11h, commence le repérage pour localiser la ligne de descente à la première résurgence. En matériel, nous avons deux cordes de 40m, 10 pulses, beaucoup de textile et même du matériel d'escalade (coinceurs, friends, pitons...). On ne prend pas tout d'un coup mais la guirlande de Noël reste belle. Dans le sens aval vers amont, notre premier objectif serait censé se trouver un peu derrière la ligne de crête de la paroi visible ci-dessous. La flèche rouge indique le départ et la jaune, la cote supposée de la résurgence. Cet exutoire était le plus important des trois en termes débit, espérons qu'il ne s'agisse pas d'une simple fissure sous pression...
La ligne
On débute l'équipement, pris sur une rambarde et autour du muret via une fenêtre d'évacuation des eaux de pluie. J'entame la descente, me bats contre un buisson et repère un bon endroit pour fractionner. La vue est impressionnante ! Plus haut ça frotte. Davantage encore lorsque je pose mon frac, mais comme je bouge peu, c'est ok. Surprise inattendue, Lionel, qui était en canyon dans le coin a eu écho de nos travaux, il est donc venu nous rendre visite ! Deux trous de pulse plus tard, je me rends compte qu'il me manque le tuyau pour souffler ! Félix s'empresse d'aller le récupérer à la voiture. En attendant, je remonte pour fractionner le départ et éliminer ce frottement. Un AF + 1 pulse feront le travail. La soufflette en poche, je pose le second frac et descends d'une dizaine de mètres dans le vide avant d'atteindre un confortable plan incliné.
   
La vue juste sous le départ ; le second frac
La descente se poursuit. J'arrive à aller bien loin avant de devoir à nouveau fractionner. Mais quelques mètres en dessous, j'arrive en bout de corde. Félix, qui assurait l'animation auprès des touristes, est contraint de me rejoindre avec l'autre corde. Cela me laisse le temps de me déplacer sur la paroi, me permettant de localiser un petit porche au sol caillouteux avec une végétation très inclinée, comme pliée par les flots. Une fois la corde raboutée, je descends le rejoindre. Mais ce dernier s'avère ne pas correspondre à ce que nous cherchons (exutoire fossile ?).
Je reprends la descente et obtient presque immédiatement une vision sur un autre orifice encore plus intéressant, seulement 5 mètres sous le premier. La végétation est couchée, le sol caillouteux est clair comme si de la calcite s'y était déposée.
Après environ 45m de descente au total, je prends pied devant cette confortable entrée. Les parois sont sculptées par l'eau et le trou souffle nettement un air frais. Nous avons trouvé notre première résurgence ! J'installe la corde et Félix me rejoint. Nous nous déséquipons pour aller sonder le trou plus en profondeur. Il est 13h.
   
L'entrée
Le départ n'est pas bien large, mais ça passe. Félix ouvre la route. Nous sommes en short / t-shirt et pour ma part sans genouillères... La suite ne sera guère plus confortable, développant en conduite forcée. On descend en ramping un plan incliné de blocs et de graviers, les parois sont cupulées. Pour sonder la suite, Félix envoie quelques cailloux qui laissent penser à un puits. Nous parvenons à nous croiser, je passe devant. Finalement c'est un plan incliné suivi d'un ressaut de 3m qui se désescalade (vidéo ci-après). En bas, le conduit est très joliment poli, avec quelques galets de belle taille. Une voûte basse donne dans la suite qui s'horizontalise sur deux mètres. Cette voûte attirera mon attention car brisée en partie basse comme si quelqu'un l'avait travaillée...
Félix qui sonde le ressaut
La suite est horizontale, puis descend de nouveau pour redevenir horizontale sur 5 mètres. Le sol et les parois sont couverts d'une calcite légèrement humide et glissante. Encore un passage bas et enfin je peux me mettre debout à la faveur d'un point bas.
Horizontale de 5m
Ça continue à l'horizontal, mais d'abord je sonde le point bas. Je me plie au maximum et aperçois du bout de l'œil une boite jaune... Avec un meilleur angle, il me permet de comprendre que c'est une petite gamate avec une sangle... J'essaie de la sortir de là, mais impossible : trop étroit. La voûte qui y mène est d'ailleurs elle aussi travaillée. Le soupçon que la cavité ait déjà été visitée petit à petit augmente... Je ne sens pas d'air par là, mais j'ai l'impression que la zone a quand même été fouillée. Du coup je vais voir à l'horizontale, suivant le courant d'air. Et là, plus aucun doute. La vidéo parle d'elle-même...
AH !
La voûte de ce passage mouillant a été attaquée. Je ne souhaite pas me tremper, on s'arrête là, mais ça continue au-delà en remontant. Il y a de l'air... En l'absence d'information concernant cette grotte et compte tenu des observations et de notre expérience, nous la baptiserons temporairement pour savoir de quoi on parle : la "Grotte du Palimpseste".
   
Quelques images à la remontée
À 14h30 nous sommes dehors. Félix remonte et prend le repas, je déséquipe. Puis direction notre second objectif, plus en amont.


Nous localisions facilement l'objectif. Départ depuis une évacuation d'eau à travers le mur et un spit déjà en place sur ce dernier. C'est Félix qui descend, j'assure l'animation et prends à mon tour le repas. Flèche rouge : départ. Flèche jaune : côte supposée de la résurgence.
La ligne
   
La descente
Huit mètres de descente, premier fractionnement (il y a d'ailleurs un spit solitaire juste à cet endroit...). Ce sera le seul car un porche sous-jacent permet de descendre jusqu'à la végétation. On descend au passage en plein dedans... Ici aussi, ça frotte légèrement. On mettra la protège corde à la remontée. Félix fouille le porche, il est borgne. Idem pour une alcôve plus bas dans la végétation. Trois mètres dessous, il localise finalement une entrée et un petit départ de conduite forcée. Bingo ! Je le rejoins. Pendant que Félix débarrasse l'entrée envahie de Salsepareille, je fais des découvertes. D'abord une grosse corde bleue qui pendait dans le vide, accrochée à la végétation dans l'axe de l'écoulement de la résurgence. Puis un râteau à bitume, pièce historique de la construction de la route ! D'où le baptême de cette cavité : "Grotte de l'Asphalteur".
   
L'entrée (basse au niveau du sol) ; les trouvailles
La cavité débute par une conduite forcée légèrement descendante sur 4 mètres, où nous sommes stoppés par un pont de roche très solide. Nous essayons de l'attaquer avec des cailloux, mais nous brisons tous les cailloux... Alors Félix ressort pour récupérer le marteau. Même avec cet outil de pointe, briser ce pont demandera méthode, endurance et impact. En termes de courant d'air, c'est très léger, mais perceptible.
   
La conduite vue de l'intérieur ; le pont de roche à éliminer
Bien que cet obstacle nous bouche le passage à nous, il n'est pas impossible qu'en creusant le sol, d'autres gabarits plus fins auraient pu passer. Après quelques minutes de martelage, le pont cède. Nous passons en nous allongeant dans les débris tranchants. Mais rapidement de l'argile et du sable remplacent les cailloux. Nous passons un passage bas semblant être capable de retenir l'eau un moment, puis ça remonte un peu pour partir à l'horizontal sur 4 mètres. Puis la conduite forcée se transforme en galerie où l'on tient largement debout ! La galerie remonte, les murs sont couverts de cupules, le plafond suit un chenal très marqué.
La galerie vue depuis sa moitié haute
(le laminoir est pile au centre de l'image, dans l'ombre)
À la base de la galerie, un laminoir bas descend légèrement. Pénétrable mais pas sans la combinaison et quelques outils. Au bout de trois mètres, le plafond gagne quelques centimètres puis la visibilité se perd. Aucune certitude de courant d'air, mais le passage, bien que très bas, est large. Ensuite nous allons en haut en remontant une coulée très lisse. Peu de prises, j'échoue mon premier essai avec un retour glissade. Pour le second, je tente un jeté pour attraper une petite stalagmite de quelques centimètres de haut, avec ça je parviens à grimper. La galerie s'horizontalise et s'abaisse. Des blocs de sable rouge cimentés jonchent le sol. Au bout de 6 mètres, le laminoir redescend légèrement sur un lit de gravier, puis ça devient impénétrable. Le sol, le plafond et les parois se rejoignent, laissant uniquement un petit trou tout au bout. Je ne détecte pas d'air.
Le laminoir tout au fond de la galerie haute
   
Les blocs de grès (peu solides) ; deux espèces de sables cimentés en paroi
Nous observons aussi de beaux regroupements d'hétérocères, probablement Amphipyra effusa. Nous remontons (ou descendons ..?), Félix déséquipe, il est 18h.
Où est Félix ?


Dernier objectif de la journée, le plus simple mais aussi le moins prometteur car il s'agit d'un talweg complètement empierré. L'accès se fait sans corde. Au pied du mur, sous la route, un orifice d'évacuation des eaux en tête du talweg pourrait être à l'origine des écoulements. De la mousse pousse d'ailleurs dans les fissures du bâti, preuve que de l'eau y circule reguièrement. Nous allons voir plus bas en suivant le talweg et en allant voir à droite et à gauche. Nous ne trouverons rien. Laurent avait déjà fouillé l'endroit sans plus de succès.

L'orifice sous la route

En bref, deux objectifs sur trois ont correctement donnés ! En plus d'être très amusant à faire comme prospection, nous avons effectivement mis la main sur deux drains du massif. Les deux devront être revus et explorés plus en profondeur. La première cavité (Grotte du Palimpseste) a déjà été visitée. Mais jusqu'où ? Par qui ?? Et quand ??? Si nous ne trouvons rien à son sujet pour nous dissuader d'y retourner, l'inverse se produira. La cavité est très nettement ventilée (souffle), nous ne sommes pas allés jusqu'au bout. Pour la seconde cavité (Grotte de l'Asphalteur), le courant d'air est faible (souffle ??), mais nous ne sommes pas allés jusqu'au bout. Nous n'avons observé aucune trace de passage. Seuls quelques polissages auraient pu nous y faire penser mais il pourrait aussi bien s'agir du sable transporté par l'eau. L'absence d'indice de passage ne prouve rien. La conclusion est la même que pour la première cavité. Pour information, la période qui dérange le moins les rapaces ici en falaise, c'est de fin août à fin septembre.

En somme, une très belle journée qui a ravi tout le monde !
Ça rajoute encore des objectifs à la liste...

Traversée Trou Huet -> Verna

Mercredi 19 août 2026

Participants : Charlie, Félix, Gilles, Alary

TPST : 5h / Trou Huet - Verna, massif de la Pierre Saint Martin

Entre autres, la Pierre Saint Martin est célèbre pour la salle de la Verna, une des plus volumineuses au monde (3,6M m³), révélée en 1953, trois ans après la découverte et l'exploration de 3.5km de galeries depuis le Gouffre Lépineux. Et quoi de mieux qu'une petite sortie entre deux plus importantes pour la visiter ? Alors pour ne pas simplement faire les touristes, nous rentrerons par le Trou Huet, équipé en fixe.

À 8h30 nous retrouvons Charlie à l'accueil de la Verna, l'occasion de prendre quelques informations sur l'illumination de la salle et le fonctionnement des navettes touristiques qui montent à l'entrée. Félix fait au passage traducteur pour tout le parking. À 9h15, nous sommes au "parking spéléo n°2", il nous reste 1,1km à pied pour rejoindre la porte du tunnel de la grotte. Puis 1 km encore pour rejoindre le Trou Huet, par une trace approximative et peu marquée. Le trou s'ouvre en falaise, quelques cordes nous mettent sur la piste. À 10h, nous sommes devant.
   
Suivre le fil dans le pentu jusqu'à l'entrée
   
La fissure repérée depuis les estives grâce aux jumelles de Marc HUET
Le trou souffle fort et froid. Il débute par un petit méandre élargi. S'ensuit une série de petits ressauts plus ou moins larges, où sont visibles les traces des désobstructions. Le P32 amène du confort mais à sa base, une trémie de petits blocs stabilisés avec des pieds droits et de la mousse expansive fait quelque peu flipper. C'est étroit, ça souffle fort et il faut se faufiler entre ces barres.
   
La trémie et quelques outils
Après ça on attaque un premier méandre désobstrué. Du ramping peu confort nous menant au P14, puis au P44. Voilà le second méandre désobstrué, j'ai froid aux mains et aux oreilles...
   
Tête du P8 par large ; un coléoptère (Aphaenops sp.)
Enfin arrive le troisième méandre, même qualité de progression... Puis, après le P11, le bruit de la rivière se fait entendre, le P35 nous y menant est là ! Et dire que ce trou est équipé en fixe car des BE y amènent des clients… C'est quel genre de clients ?? La Salle de la Verna n'est pas bien loin. De la lumière nous parvient déjà.
   
Base du P35 et accès à la rivière à -208m ; image dans la rivière avec l'éclairage de la visite touristique
Les premières infrastructures apparaissent, des passerelles, le fameux barrage, puis enfin, l'incommensurablement gigantesque salle de la Verna !!
   
Le barrage et les infos techniques
   
La salle vue depuis le barrage
Nous sommes sans voix devant cette grandeur illimitée. Au plafond se croisent de nombreuses failles traversant notre bande calcaire prisonnière de deux bandes de schistes et de grès. En face, dans ce petit croissant horizontal illuminé, c'est Aranzadi. L'aval par lequel transitait il y a quelques temps la rivière, aujourd'hui capturée et perdue dans les éboulis de la base de la salle (perte jamais pénétrée). Nous faisons le tour du cheminement et croisons un spéléo peu bavard portant du matériel qu'on songerait peut-être à renouveler.
   
Pas certain qu'il ait compris le message...
Arrivés au bout du cheminement, nous descendons pour rejoindre la base de la salle et l'escalade de 70m vers Aranzadi. Nous traversons l'immense zone de perte, passons devant des dosimètres radon et escaladons poignée longée la corde en fixe jusqu'au sommet. Entre-temps la salle s'est éteinte.
   
La base de la salle et un dosimètres radon DPR Algade
   
L'escalade
En haut, nous profitons de la vue et de la chaleur emmagasinée pour manger. Vers 13h, la salle se rallume, puis nous partons visiter la galerie Aranzadi.
Tape la pose
La quantité de sédiments au sol est impressionnante. Nous traversons un méandre creusé dans les plus fins de ces derniers, passons de belles coupes sédimentaires et arrivons devant le méandre menant à la Salle Balandraux.
   
Du sédiment !
   
Le méandre dans les sédiments et l'entrée du méandre vers Balandraux
Nous nous engageons dans le méandre, la progression se complexifie. Dessous, dessus... chacun sa route ! Puis à un virage, le méandre se rétrécit. En regardant la topo nous comprenons que ce méandre est vraiment très long et que la Salle Balandraux est probablement inaccessible dans les temps. Demi-tour. Avec Charlie nous allons au bout de la galerie, jusqu'au siphon amont. Puis retour à la salle de la Verna.
La Verna derrière
Pour profiter encore un peu, nous trouvons l'actif dans le chaos et le remontons cascade après cascade, jusqu'à arriver sous la passerelle technique du barrage. C'est très amusant et très beau, bien qu'un peu technique parfois sur certains pas.
      

Quelques images...
Nous remontons ensuite par le sentier des guides et empruntons le tunnel aménagé sur ses 660m. Quelques erreurs d'excavation ont mené les mineurs à découvrir le réseau d'Arphidia, long de 22km. Puis nous arrivons à la porte. Le bourdonnement de l'air qui passe en force est soudainement arrêté par son ouverture, la pression dans le tunnel chute immédiatement et la barotite moyenne survient. L'ouverture et la fermeture de la porte sont deux expériences à elles seules, qui concluent parfaitement notre visite !
   
Le tunnel aménagé (prenez exemple...) ; le tunnel vers Arphidia