vendredi 10 juillet 2026

Mise au clair et suites identifiées au Septuagénaire

Mercredi 8 juillet 2026

Participants : Henri, Daniel C., Alary ; Daniel M. en extérieur

TPST : 5h15  / Grotte du Septuagénaire

Excursion légère au Septuagénaire afin de prendre des images et de recoller les bouts entre les différentes équipes d'exploration. Rendez-vous aux horaires habituels. Masdan est déjà sur place poursuivant son objectif de relier l'entrée du trou à la vieille piste sud. Il nous y a déposé une échelle spéléo modifiée en remplacement d'une trop longue dans le puits de l'Anéantissement. Nous croisons sur le chemin un marcassin échoué, probablement de déshydratation.

On se met au frais, remplaçons l'échelle là où il le faut et quittons les baudriers. Passage du siphon où la pavasse devra être retaillée à défaut de pouvoir être manœuvrée. Daniel filme le trajet, on prend quelques images ici et là, traversons le méandre des Massetteux et rejoignons la galerie supérieure.
Sortie du siphon
La grande salle
Nous commençons par aller voir le puits de la Compote, j'en profite pour me faufiler dans l'étroit méandre de gauche (sachant qu'à droite, après un passage au-dessus du vide du puits, débutent les conduites forcées bariolées). C'est étroit, mais la paroi faite d'un sable argileux compressé se creuse à la main. J'avance de 2 mètres, angle à 90° à droite, puis 70cm devant, angle à 90° à gauche, impossible pour moi de poursuivre, pas d'air.

Demi-tour, direction l'ancien terminus. Nous croisons sur le chemin Henri, qui vient nous rejoindre. Avant d'accéder à la salle, on refait un tour voir ce qu'on aurait pu manquer dans ce coin. Le seul intérêt pourrait être cet orifice pourvoyeur d'eau qui s'ouvre en plein milieu du plafond. Enfin nous rejoignons la salle et faisons rapidement le tour. En haut, en bas, dessous, sur les côtés, pas d'air, aucune suite identifiée.
La salle du faux terminus
Encore une fois, demi-tour, direction là où Laurent s'était arrêté sur de l'eau le 20/06/2026, puis où l'équipe SCM était parvenue à poursuivre le 27/06/2026, ne restant que de pénibles flaques. Les flaques sont toujours là, il faut y sacrifier au minimum un genou et un avant-bras, avançant souvent à l'égyptienne suballongé, rarement de front. Après quelques minutes, nous repérons la fente dans le mur du boyau méandriforme avec une pièce de l'autre côté. Le passage est défendu par une trémie fébrile qui s'est mise à se purger toute seule après l'avoir un peu percutée. Rien de très lourd ne semble chapeauter l'ensemble, mais on creuse au-dessus de nos têtes. Nous allons voir plus loin et ressortons dans une salle avec un lac temporaire et une coulée active en fond.
Le boyau méandriforme, au niveau de la fente.
Je passe tout juste en largeur d'épaule en partie basse.
La salle avec la coulée en fond
L'escalade est difficilement attaquable, le palier en surplomb est à 2,40 m de haut et dessous c'est complètement sapé. J'ai un anneau de sangle de 40cm, j'étudie les possibilités mais je suis trop petit pour pouvoir le passer autour de quoi que ce soit. On empile alors 40cm de dalles et de mottes de terre, qui me permettent de passer de justesse la sangle autour d'une stalagmite basse. Test de résistance en me pendent dessus : ok. J'ai au moins une bonne prise main droite. Pour compléter, je prendrai en pince de crabe gauche une vrille pendante de la coulée, puis un contre-appui sommaire au genou sur la langue de la coulée en guise de paroi. Il faut envoyer bien haut tout en se hissant pour espérer poser un pied. Première tentative, ça glisse : ma main droite retient tout mon poids et faire passer la main gauche de la vrille jusqu'à autre chose plus haut me fait partir en arrière. Mais je sens que c'est possible si j'initie le mouvement dans la foulée.
Deuxième tentative, ça passe ! Au-dessus encore un petit volume visible défendu par un bloc branlant au-dessus de moi. Henri utilise les outils pour travailler la trémie, alors je tape dessus avec un caillou, puis sur le dos, et finis par m'y agripper de tout mon poids avant de la faire céder. Je passe. De là, ça part à l'horizontal, mais le passage devra être ouvert au perfo sur 1,20 m maximum. En l'état c'est suffisant pour faire passer le téléphone dans la suite, qui a vue sur 5m largement pénétrables. Je ne crois pas y avoir senti d'air.
À élargir
Le seul truc pénible pour amener du matos ici, c'est la flotte dans le méandre... Je redescends. On mange un petit bout puis Henri me propose d'aller taper sur la trémie. Daniel lui, part poursuivre la suite du boyau méandriforme et nous dit que ça continue, donc nous le rejoignons. Nous quittons les flaques, puis accédons au laminoir de la "tortue luth après le rut". Ça passe juste, Daniel hésite à passer, mais vu ce qu'il y a derrière il s'engage et nous rejoint. De l'autre côté, une belle galerie au plafond plat au bout de laquelle un petit trou représente la suite.
   
Le boyau méandriforme ; la galerie post laminoir
Nous nous penchons dans la suite, étroite, mais travaillable : la voûte part en miettes, le sol est alluvial. Au bout ça s'agrandit. Et surtout, le gros de l'air est là ! Lors de la visite du SCM, il n'y avait pas d'air, peut-être que quelque chose s'est désamorcé entre temps ? Vu le passage bas que nous avons dû franchir juste avant... Si certains ont trop chaud en surface, il y a du travail tout frais ici, avec probablement des trucs à voir plus loin !
Vue dans la suite à élargir
Après cette belle observation, nous revenons à la trémie. Henri a bien avancé et a percé le plafond, nous donnant son épaisseur. Avec le bras long et le burin, je fais du jeu. Le gros tombe dans le boyau, difficile de regarder vers le haut, la terre nous arrive dans le visage. Alors à l'aveugle je pousse vers le haut et le tout fini par s'effondrer. Le passage est ouvert ! Nous arrivons dans une pièce, le plafond fracassé en feuillets au sol, au bout un laminoir minuscule à contre-pendage par lequel doit arriver un peu d'eau, c'est tout.
Nous avons vu ce que nous voulions voir, il est temps de sortir. Sur le retour je me faufile à droite à gauche dans des trucs qui finissent en réseau de fissures semblable au motif d'un mur en brique. Une annexe cependant est un peu plus grande et remonte le long d'une coulée sur 4 mètres ; je ne peux y accéder sans élargir. Pas d'air. On y accède quand l'on remonte les deux ressauts et que l'on débouche dans la galerie rectiligne menant au puits de la compote. Juste au-dessus du dernier ressaut en allant ramper sur une large coulée menant à un laminoir et à une petite pièce.
Vue vers le haut
Un peu avant les deux ressauts, Daniel attrape une fausse prise de main basse qui se brise, il chute de pas haut mais cogne une côte contre la partie restante du bloc. Douleur vive qui se stabilise, il avance. Cependant, quand vient la remontée sur corde, le baudrier lui appuie là où ça fait mal, rendant terrible l'ascension des puits. Il ne pense pas à une côte cassée, mais une visite médicale s'imposera (le bilan traumatique conclura à une fracture de la dixième côte gauche... Repos imposé, en espérant un rétablissement rapide et solide !). Après ça nous ressortons pour de bon et trouvons Masdan patientant à l'entrée du trou. Nous sommes au début d'aprème, il fait chaud ! Par la suite, un petit coup de fil à Jean-Mi permettra de recaler un petit mélange des obstacles du fond, qui nous semblaient étranges à la lecture de son compte rendu. Contretemps, la session topo d'aujourd'hui est reportée au mois d'aout.

Voici la vidéo de Daniel, qui illustre bien le cheminement :

jeudi 9 juillet 2026

Les boulets de Damoclès

Dimanche 5 juillet 2026

Participants : Raphael, Pascal, Andréa, Gilles, Alary

TPST : 11h / Damoclès, massif de l'Estélas

Il m'arrivait quelquefois d'imaginer sous terre, au détour d'une galerie étroite, déboucher au-dessus d'un immense plan d'eau à la profondeur obscure d'apparence insondable. Ce petit rêve redondant n'a motivé en rien ce dont il sera sujet dans quelques lignes, mais a trouvé par un certain hasard sa concrétisation dans le réel.

À l'occasion du weekend spéléo Coume de Saleich organisé par le CDS31, un projet autour du Damoclès se monte en rassemblant la SSAPO (Rémi, Laurent, Benoit) et le SCA. Pour des raisons logistiques et matérielles, nous ne ferons pas équipe. Quand l'une descendra le 04 et repérera par la même le terrain, l'autre (nous) descendra le 05. Ce repérage par la première équipe les amènera à s'arrêter dans le P60 faute de cordes. Il faut ceci dit mentionner l'originalité de la documentation concernant le Damoclès. Nous disposons d'une histoire complètement zinzin en guise de description ainsi que d'une fiche de déséquipement... C'est très drôle à lire, beaucoup moins à comprendre (cf. Spelunca N°108 - Décembre 2007). Cette fiche de déséquipement nécessitant une réflexion inverse à celle de la logique de l'équipement descendant. Gilles a réalisé l'exercice de la remettre dans le bon sens, mais cela ne nous éclairera que partiellement une fois sous terre. D'autant que des surcouches d'équipement se sont rajoutées depuis ce temps... Cet ensemble de facteurs ainsi que des choix d'équipements les conduira à devoir rebrousser chemin avant d'avoir atteint la base du P60. Bien qu'avortée, leur descente sera remerciée par l'expérience qu'ils nous feront parvenir.

Samedi soir, après la traversée Louis-Goueil di Her, nous prenons le repas sur le rassemblement à Saleich. Et comme sur le Caussenard 2023, on me donne à nouveau les armes pour le braquage, sans que je demande… Trop facile, un pattern se dessine. Mais je les repose, discrètement honnête, j'ai prévu le coup. Ceci dit le fromage était bon... Il se fait tard, nous nous emmenons dormir en un endroit avantageux pour le lendemain.

Sept heures du matin, la préparation des kits. Les retours de la SSAPO nous suggèrent de prévoir large niveau matos. On envisage de prendre le perfo, mais sans mèches c'est pas bien utile (aabon ?). La veille, nous récupérions encore un peu de matos auprès d'Oxykarst (merci !). On se charge, au point que Gilles et moi renoncerons à la néoprène, renonçant au passage à la possible baignade dans le lac (aucun regret me concernant). Puis direction le trou, qui sera rapidement localisé par les traces laissées hier.
L'entrée, 8h32
J'entame l'équipement. Et ça commence directement par un ressaut de 6 mètres surplombant un P45. J'essaie de suivre les indications de la fiche, mais ne trouve pas le frac intermédiaire dans le grand puits. Je descends davantage jusqu'au moment où j'approche du frottement. Pas de frac, mais un monopoint discret qui servira à dévier suffisamment la corde pour rejoindre le sol. Ensuite arrive le laminoir de l'amer Denis, où un bon ramping et quelques étroitures mènent au P25. Équipement hors crue. Simple. À sa base, on remonte une coulée de calcite avec une grosse corde en fixe. Cette corde qui se transforme en pierre est complètement enrobée de calcite sur les premiers mètres, la rendant horrible à faire circuler dans les bloqueurs. 
   
P25 ; la coulée à escalader
Une chatière et un petit ressaut que l'on descend amènent au sommet du Puits 16, ou 13 + 3 = 45, ou P40... On ne sait pas, c'est incompréhensible, mais il y a bien 40 mètres. Le départ est donné comme étroit, avec une main courante de quelques mètres. Tout commence bien, je trouve les points, c'est parfait. Mais rapidement ça change. Je ne trouve ni la suite de la main courante, ni la tête de puits, et en plus, la corde que j'ai prise est trop courte, elle n'aurait pas dû être à cette position dans le kit. Gilles s'en rend compte avant que je n'entame la descente. On rééquipe. Comme je ne trouve rien, je reviens en arrière et descends au plus large dans ce méandre surplombant le puits. Pas de frac, juste un spit solitaire. Plus bas, rien ; en haut, ça frotte ; je remonte, pars à l'horizontal, rien... Tant pis, s'en est assez de chercher, ce spit fera le boulot. Quelques mètres plus bas, une fois le méandre donnant dans le puits, je trouve le véritable frac. Ouf !
   
La base du P40 ; vue depuis le bas
À partir de là, Gilles prend l'équipement, il est 11h. Un R4 puis le P8 menant au P60. Ici l'équipement devient vraiment difficile à localiser et à comprendre. Ce P60 débute par un plan incliné argileux glissant qui éjecte quiconque ne s'assure pas de ses appuis. Là où il devient paroi du puits, deux spits apparaissent au plafond, les atteindre n'est pas facile. Dessous, le frac menant au 1ᵉʳ palier se fait discret. Gilles y passe un moment et remonte plusieurs fois. Une fois le palier atteint, une main courante doit mener à la prochaine verticale. Bonne chance ! Gilles cherche et tente des trucs, avant d'enfin y parvenir. L'accès est acrobatique. À la remontée, je trouverai plus haut en paroi 4 spits regroupés, avec juste à côté un monticule d'argile visiblement fréquenté... Difficile d'appeler ça une main courante... Mais aurait-ce pu être par là ?
   
Plan incliné argileux ; vue sur le 1ᵉʳ palier acrobatique
Nous voilà en bas. Je reprends l'équipement pour le P45 qui arrive. La tête de puits est aérienne, mais rien de compliqué. On descend. L'heure du repas se fait sentir, mais le kit bouffe a pris l'eau par le haut et le sandwich à Gilles s'est liquéfié… Il part donc équiper le puits Tarzan et ses 20 mètres avec un pendule, pendant que nous autres mangeons.
   
Tête du P45 ; vue depuis le bas
Il est mention d'une déviation pour réaliser le pendule. Nous ne la trouverons jamais. Heureusement, une corde pendouille dans un méandre de mondmilch et permet à Gilles de remonter avec un peu de mal sur le palier. On installe le pendule, mais sans déviation, ça frotte. On ne remontra pas de cette manière. L'obstacle suivant est un plan incliné déversant pas très commode. L'équipement est créatif. Niveau matos, nous en avons des pelles en trop, on se déleste. Enfin le dernier obstacle, un bête R4 sans main courante d'accès. Et nous voilà dans le méandre Lolo ! Pendant qu'Andréa, Raphael et Pascal enfilent les combis, je m'en vais voir la première "moumoute vouillante". Se mettre à l'eau dans cette étroiture ne me réjouit pas du tout. Nous attendions les néoprènes avec Gilles pour passer en dernier et ne pas rester au froid. Mais après analyse, le passage me semble faisable sans trop se mouiller… Je tente, et y laisse seulement un bras et une jambe ! Et en plus ce n'était ni si froid, ni si désagréable. Pas mal !
   
Échantillon du miroir de faille ; moumoute vouillante 1 toute propre
Derrière, je crois le haut du méandre escaladable et donc cette première voûte shuntable. Je grimpe à 5/6 mètres au-dessus. Le méandre est tapissé en paroi de petites formations excroissantes. Et effectivement je rejoins l'autre côté ! Cependant, les prises et les pas ne sont pas très solides… Après vérification, ce shunt est bien visible sur la topo.
   
Le shunt de la moumoute vouillante 1
Le méandre parait très long sur le plan, dans la réalité c'est rapide et nous arrivons devant la moumoute vouillante 2. Ici, pas de shunt possible. On passe tous à l'eau et c'est légèrement plus merdique. Plus que quelques mètres et nous voilà au niveau du lac du Krakoukass !! Deux bateaux sont là, dégonflés. Impossible de les regonfler. On se stocke comme on peut au bord du lac, et nos nageurs se mettent à l'eau. Ils avancent jusqu'au milieu du lac, le Krakoukass ne les dérangera pas.

Les bateaux ; le lac calme

Avec Andréa, Raphael et Pascal dedans
Le plan d'eau est impressionnant. Il a été plongé jusqu'à 40m de profondeur avec une visibilité sur encore 10m, arrêt sur rien... ça continue à descendre !! Après la petite brasse, on se remonte. Dernier bain dans les moumoutes vouillantes et c'est parti pour les puits.
C'est Pascal qui déséquipe, je reste à proximité (merci d'ailleurs !). Tout se passe relativement bien, hormis en haut du P60 où le plan argileux est parvenu à éjecter Raphael, sans gravité. Les choses avancent mais en haut du P40 étroit, elles se compliquent. J'attends que Pascal arrive sous le dernier frac, puis pars franchir l'obstacle suivant avec mes deux kits car il est bien pénible et risque de me prendre du temps. Une fois franchie, je l'attends en haut de l'escalade de calcite, je l'entends qui arrive, mais la corde ne bouge pas... Et l'entend s'éloigner. Je tente de l'appeler mais rapidement après nous le voyons avec Andréa ressortir par une lucarne en plein dans la verticale du P25... Hop, demi-tour ! Andréa termine sa remontée, Pascal rebrousse chemin, moi descends l'escalade et commence ma remontée. Seulement, je ne le vois toujours pas arriver, observant s'agiter sa lumière à travers quelques concrétions et sur les murs de l'autre côté. Il tourne un moment en faisant des tours et des tours, je tente de lui indiquer le chemin depuis le dernier obstacle mais ce n'est pas bien évident de communiquer… Je commence sérieusement à envisager de le rejoindre, quand finalement il parvient à retrouver le bout de corde, devant lequel il est bien passé plusieurs fois, mais qui ne lui rappelait rien. Ouf ! Il s'avérera une fois sortie, que Raphael ait également fait un petit tour à cet endroit.

On remonte, j'attends Pascal à l'entrée du laminoir de l'amer Denis, Andréa est revenue pour me récupérer un des deux kits. Une fois au frac, je l'entends s'exclamer : "J'ai perdu ma clé !" ; elle s'est arraché lors de son détours... Et comme ce serait trop facile, je n'ai pas ma clé, car elle a été utilisée en bas pour tester les bateaux et que j'ai oublié de remettre la main dessus avant que tout le monde ne remonte... Je m'en vais au plus vite à travers le laminoir tenter de retrouver Andréa, espérant qu'elle n'est pas commencé la remontée du P45 d'entrée. Heureusement la voilà, retardés eux aussi par une erreur d'itinéraire. Elle s'en va généreusement porter la clé à Pascal. Raphael termine avec ses dernières forces la remontée du P45. Puis j'enchaîne avec trois kits pour répartir l'effort. Cette fois c'est la bonne, tout le monde remonte sans encombre et pointe la tête dehors vers 20h15. Quelle aventure !

Nous rejoignons les voitures assaillies par les taons, puis partons camper au parking de la fontaine de l'ours.
Un bon repas !

mercredi 8 juillet 2026

Barnache et déambulations coumesques

Lundi 6 juillet 2026

Participants : Andréa, Alary, Pascal, Gilles

TPST : 10h / Gouffre Barnache (Coume Ouarnède)

Pour clore notre week-end dans le secteur de Saleich, nous rendons visite au Barnache. Il s'agit je crois de l'entrée la plus proche du parking de la fontaine de l'Ours (10 minutes).

L'entrée

Nous franchissons le puits d'entrée, effectuons la petite escalade de 4 mètres avant de déboucher sur une succession de puits, dont deux particulièrement étroits. Ensuite ça devient grand, un P31, un deuxième P31, et une belle galerie donnant sur le puits de la mine, un P35.
On comprend son nom lorsqu'on a parcouru la galerie qui y conduit.



Nous prenons ensuite la direction des galeries Michel Juhle, après un passage étroit et humide et un passage étroit tout court (que nous shunterons au retour grâce à un petit corde en fixe qui évite de plus une escalade et désescalade exposée au dessus de la diaclase géniale).

Berk !

À partir de là, nous suivons notre GPS...


Magnifique plafond

Nous parcourons la galerie Ludo, contournons le puits de la Boue puis immédiatement après le puits de la tyrolienne par une grande main courante aérienne.
C'est par les voûtes de ce puits que nous étions arrivés la semaine passée en entrant par le gouffre du Caractère.


Main courante du puits de la Tyrolienne...

... dans l'autre sens

Nous aussi on a la plage !

Nous passons dans la salle Élisabeth Casteret puis rejoignons la salle PCBM (Putain Con de Bordel de Merde). Effectivement, l'immensité inattendue invite à s'exprimer ainsi !
C'est là que nous mangons.



Détail sympathique

Demi-tour direction la galerie Ludo, mais juste avant on prend à droite, dans la galerie Bernadette. C'est un boulevard avec quelques courts passages à quatre pattes, et l'on arrive subitement dans un petit actif.


C'est l'occasion de faire une mini séance photo.



Quelques dizaines de mètres après, nous arrivons à ce je voulais voir, la base du Puits Momo, un P93 qui nous avait mis en échec il y a un mois.

Le Puits Momo vu du bas. Nous reviendrons !!! 😝

On continue vers l'amont et nous butons sur un siphon. Malgré la profondeur de nombreux débris végétaux sont présents, il ne doit pas faire bon traîner par là en hautes eaux.



Nous faisons demi-tour, mais au lieu repasser par où nous sommes venus, je prends le pari de continuer le réseau Bernadette pour passer au pied de l'arrivée du gouffre Michelle et rejoindre les galeries Michel Juhle peu avant le puits Jeannot.
La topo semble laisser penser qu'il n'y a aucun obstacle à équiper, alors nous tentons. 

Je passe devant, le chemin est à peu près évident, guidé par le courant d'air. Soudainement le plafond s'abaisse dans du sable, on a dû rater quelque chose. Alary en amateur d'étroitures tente d'aller voir plus loin, sans succès. Entre temps je suis reparti en arrière et guidé par un courant d'air fort un balisage bien placé, j'ai trouvé la suite. Heureusement qu'il y a ce balisage !
Le cheminement devient un méandre pas large, Alary ne peut pas emprunter l'itinéraire indiqué par le balisage au moment de franchir une lucarne. Une escalade lui permettra de contourner la lucarne.
Enfin un coude à 90 degrés vers la droite, un coude à 90 degrés vers la gauche, ça y est, ça sent bon la grande salle d'après la topo ! 
Effectivement nous parvenons dans une salle immense, point d'arrivée du gouffre Michel via un P58 (donc la salle dépasse les 60 mètres de haut). C'est l'heure du goûter, puis nous quittons la salle par un passage étroit. Le profil change, on se retrouve rapidement dans une sorte de grand canyon qui oblige à faire des oppositions plus ou moins scabreuses.

Changement de profil

Une coulée

Trace d'une époque révolue

Jusque là tout va bien, on est dans l'axe de la galerie. Une oppo scabreuse plus loin, nous nous retrouvons environ 6 mètres au-dessus d'une vasque et force est de constater que la désescalade va être compliquée !
Nous grimpons dans les plafonds pour avoir un meilleur regard sur l'obstacle. Une verticale infranchissable d'une douzaine de mètres se présente. Alary repère un gros AN, on installe une corde au frottement (vive la 6 mm !) et il va voir ce que ça donne plus loin, nous sommes à quelques mètres de rejoindre la galerie Michel Juhle. 
Quelques minutes plus tard Alary revient avec une mauvaise nouvelle, l'actif se jette encore dans un autre puits. Mais bon sang où sommes-nous ? Va-t-il falloir qu'on se retape tout en arrière ?
Sachant que la topo n'indique aucun obstacle sur la galerie et que la galerie Michel Juhle est fossile, je me dis qu'on a dû rater un départ dans les plafonds un peu avant. Demi-tour, et bingo, un balisage posé sur une banquette nous invite à quitter l'actif et en une minute nous sommes dans la galerie Michel Juhle.
L'actif dans lequel nous nous étions enfoncés est indiqué comme "méandre non topo". Ouf !

Galeries Michel Juhle

Il nous reste plus qu'à revenir au pied du Barnache en contournant le puits Jeannot, c'est très rapide.

Peu après le puits Jeannot

Passage en vire où il ne faut pas perdre l'équilibre !
Au dessus de la diaclase géniale

Nous attaquons la remontée du Barnache. Dans les grands puits, tout va bien. Le P12 nous donne davantage de fil à retordre, c'est ce que dans le jargon on appelle une merde !

On se régale !


La journée se termine par un apéro au milieu du parking, avant de reprendre la route pour Toulouse, Carcassonne et Narbonne selon les protagonistes.