samedi 13 avril 2024

Aven d'Argentières

Vendredi 12 avril 2024

Participants : Léo E., Gilles

TPST : 5h / Aven d'Argentières

Petit entraînement sportif avec Léo E. pour préparer notre séjour en Ariège la semaine prochaine.

La piste menant à Argentières depuis Félines paraît toujours aussi longue, même si elle est en bon état. Nous croisons une belle 203 qui monte la piste, pas de doute, le temps s'est arrêté là-bas !

Nous avalons les 40 minutes de marche lourdement chargés : un kit de matériel individuel sur le ventre, un kit d'équipement sur le dos. Les sangles des kits sont parfaitement inconfortables !
L'équipement est assez lourd, 250 mètres de cordes et 50 mousquetons, le tout dans deux kits.

Nous arrivons vers midi au trou, la température est idéale pour le pique-nique. 

Vers 12h30 je rentre dans le trou et débute l'équipement suivi par Léo chargé du second kit d'équipement et de son kit perso.

Arrivés vers le fond je mets un nœud sur une corde histoire de réviser le passage de nœuds... Conclusion, Léo va s'entraîner sur un arbre chez lui. 😁

À 14h50 nous touchons le fond et après une petite collation on attaque la remontée. Léo déséquipe, je le conseille au début. 

Une fois récupéré le premier kit, je trace vers la surface que j'atteins à 16h50. Léo arrive une demi-heure plus tard.

De retour chez moi, nous désenkitons une bière (à la cerise...) à la main, je mesure toutes les longueurs de cordes pour faire une fiche d'équipement précise (cf infra).

Nous nous penchons ensuite sur notre séjour en Ariège en préparant les 3 kits de la sortie de mardi sur le massif de Sourroque : l'aven des Corbeaux (à ne pas confondre avec celui de Bélesta) et choisissons les trous des deux jours suivants.


Fiche d'équipement

P7
AN (arbre) → 3 m, 2B ↓ 7 m
C15

P38
2 AN (avant étroiture) → 2 m (ne pas utiliser la broche, cela rallonge inutilement), 1B + 1S → 3 m, 2B ↓ 8 m,  2B ↓ 2 m, 1 dév/S ↓ 8 m, 2S ↓ 16 m , 1S + 1B → 2 m, 2S ↓ 7 m, 2B ↓ 5 m
C75 (une C32 permet de changer de corde avant la tirée de 16 mètres)
 
E3 (noté R2.5 sur la description) + R9 (R4 + R4.5)
↑ 4 m, 1B (en haut, au sommet de l’escalade) → 2 m, 1B → 2 m, 2B ↓ 6 m, 2S ↓ 5 m
C25
 
P28
1B + 1 AF → 1 m (ignorer la broche seule), 1B ↓ 4 m, 2S ↓ 7 m, 1B + 1S ↓ 6 m, 2B ↓ 12 m, 2B ↓ 7 m, 2B ↓ 5 m, 2B → 1 m, 1B ↑ 4,  2B ↑ 10,  2B → 2 m, 2B
La partie en italique correspond à la corde en fixe (de 1998…)
C72 permet de faire P28 et de doubler toute la corde en fixe (sinon enlever une vingtaine de mètres).
 
Descente vers le « lac »
Corde précédente (ou 2B) → 3 m, 2B ↓ 7 m, 1 dév/B ↓ 2 m, 2B ↓ 5 m, 2B ↓ 5 m,  2B ↓ 6 m
C40
 
B (broches) sont des broches (dans le P7), des plaquettes inviolables ou des goujons avec des plaquettes inox en fixe.

dimanche 7 avril 2024

De bonnes nouvelles du front

Samedi 6 avril 2024

Perte de Coume Froide

Participants : JLuc, Henri, Hugo, Alary, Laurent

TPST : 8h15

Journée en équipe plus réduite que d'habitude, et où pour la première fois tout le monde va travailler sous terre. Nous accueillons Hugo, une nouvelle recrue motivée qui va vivre son baptême du Pays de Sault.

La première mission de la journée consiste en la mise en sécurité de la poche instable nous donnant du fil à retordre depuis plusieurs semaines.
A notre arrivée un nouvel affaissement des remplissages en paroi gauche s'est produit, sans entraver toutefois le passage principal ni le fond actuel.

Purge paroi gauche

Comme il y à présent pas mal de place, nous bâtissons des murettes afin de fossiliser les bords. Un diagnostic des risques conclut à la nécessité de stabiliser également les clés de voûte, même si elles ont l'air solide au premier abord, on ne sait jamais étant donné les expériences passées.

J'ai amené des pieds droits goujonnables qui vont parfaitement s'adapter au site : après réflexions collectives et pas mal de discussions, ils trouvent leur place.
Nous voici beaucoup plus à l'aise pour poursuivre.

Renfort préventif

La pause de midi en extérieur est l'occasion d'une nouvelle découverte d'ammonite dans un nodule ferreux sorti de la grotte. Il y en a probablement d'autres. Malheureusement la photo est floue.

Ammonite floue

Les choses sérieuses reprennent ensuite au fond. Enfin nous allons progresser vers l'inconnu entrevu au mois de janvier.
Hugo dégage le front de taille puis attaque les remplissages du trou souffleur jusqu'à ce que la roche se resserre. Tout est solide cette fois, et on entrevoit une suite pénétrable assez rapidement derrière.


Une série de trous est forée en paroi gauche.
Retour sur les lieux, travail efficace...
Après quelques minutes, Alary annonce que ça va passer, puis s'engage. Henri et moi suivons...

Nous arrivons dans un lit de ruisseau bien nettoyé avec tout le courant d'air canalisé, et avançons d'environ 6 mètres. Nous sommes dans un chaos calcité de très gros blocs où l'eau s'est frayée un chemin. Rien n'a bougé ici depuis très longtemps étant donné la couche de calcite omniprésente sauf où l'eau passe.
La pente est faible pour l'instant, toujours en direction du sud. Les remplissages argileux ont disparu.
La suite est un passage descendant où l'eau s'engouffre en crue, mais juste en face, le gros du courant d'air est canalisé dans une lucarne horizontale.
Il y a un peu de mise au gabarit facile à prévoir avant d'aller titiller cette suite prometteuse.
Nous pourrons stocker sous terre cette fois grâce à la place acquise plus haut.


Durant la dernière heure, nous assistons à de fortes inversions du courant d'air avec une fréquence d'une minute environ, alors qu'il fait assez doux et pas de vent. La bête respire, bizarre...

Nous n'aurons l'explication que plus tard, une fois de retour aux voitures, où un fort effet de foehn, accompagné de bouffées d'air chaud et de sable du Sahara se propage soudain rapidement depuis les crêtes exposées au sud. Le réseau souterrain répercutait donc le contrecoup lointain de cette brusque variation atmosphérique au moins une heure avant qu'elle n'atteigne la clairière de Coume Froide.
On peut sans doute voir dans cette aérologie souterraine contrariée l'influence d'un système complexe à entrées multiples.

Nous avons tous le sentiment qu'une étape importante a été franchie aujourd'hui. A suivre prochainement ...

 

vendredi 5 avril 2024

WE Pascal dans l’Hér-eau (euh enfin… le Gard !) 30-31 Mars 1er avril

Nous nous retrouvons Gilles et moi près de St-Jean de Buèges pour le WE Pascal, là où nous étions avec d’autres membres du SCA pour le rassemblement du Caussenard 2023.

Au programme, l’aven du Grelot dont Gilles avait vu une partie lors d’un stage récent… et un retour au Garrel pour aller courir jusqu’aux niphargus.

Mais de niphargus nous n’admirerons point ni n’entendrons tinter de grelot…

Car renseignements pris auprès des deux locaux qui se joindront à nous le premier jour, Gwladys et Polo, les cavités visées ne sont pas envisageables au vu de l’eau qui est déjà tombée sur la région les derniers jours.

Après moult délibérations sur notre petit groupe WA créé pour l’occasion nous nous rabattons donc sur…


L’AVEN DE ROGUES
Samedi 30 avril
TPST : 12 h
Participants : Gilles, Gwladys, Polo, Vincent

3/4 d’heure de route nous mènent du Causse-de-la-Selle où nous logeons jusqu’au Gard, et plus précisément sur le plateau venté de Rogues… vaste lande où nous voyons, au moins un kilomètre avant d’arriver, un seul véhicule garé en plein milieu de nulle part. Le camion blanc de Polo qui a passé la nuit là, juste à côté du trou. 

 

Gwladys la 4ème participante arrive peu après. Gilles l’avait eue comme encadrante lors d’un stage sur le secteur.

Gilles rêvait d’équiper en prenant une voiture comme amarrage… mais ce sera pour un autre trou, une autre fois car Polo a déjà lancé sa C30 dans le P21… amarrée sur de vieux pieux rouillés qui forment un mix de main courante et de tête de puits… avec un protège-corde sur le rebord… car au vu de la mauvaise caillasse qui borde le trou, on comprend vite que personne n’a jamais dû tenter de loger là le moindre spit.

Un petit coup de pied dans les pieux… oups… pas taper trop fort Vincent… ça bouge un peu cette histoire… On va y aller doucement, hein, pour descendre !

Gilles avait fait le pari de rester en corde continue pour enchaîner P20+P16+P14+P12+P20+P10+P10 pour arriver à -128 m plutôt que de suivre les longueurs de Grottocenter.

Et même pour être bien large, d’ajouter d’entrée de jeu cette C30 depuis le haut du P21 d’entrée pour s’offrir une marge de manœuvre supplémentaire.

C’est parti… avec Polo qui part devant et commence à équiper et se jette sur les premières broches de la série pour étrenner sa C110 en 8 mm.

L'équipement du P20
suivant oblige Polo à se mettre dans une position périlleuse pour attraper la tête de puits.


Gilles prend le relais pour équiper. L'itinéraire est moins facile à lire : il y a des zones borgnes à éviter, et disposant seulement de la coupe ce n'est pas évident. Par chance, le flair de Gilles nous mène après un looooong ramping dans un boyau vers le R7 attendu et sa suite : la galerie de la découverte et la grande salle à -128 m.


Après manger, Gwladys attaque l'équipement. N
ous sommes un peu juste en matériel, toutes les économies étant bonnes à faire ! L'endroit est beaucoup plus étroit que ce que nous avions vu jusqu'à présent.

 

 Le départ du P22 est impressionnant, une boîte à lettres qui oblige à se jeter dans le vide. Le perfo de compète de Polo n'aura pas voyagé jusqu'ici pour rien… En deux temps trois mouvements, un joli frac est posé pour accéder plus facilement au P15, nettement plus arrosé que ce qui précède.

Au pied du P15, nous allons prospecter à l'opposé du R15 final. Nous remontons vers une bien belle cascade, puis avec Polo un méandre de plus en plus étroit et boueux.

Retour au R15 qui s'équipe entièrement en naturel. L’ambiance est là… l’eau s’écoule bruyamment… Gilles rajoute un foré et nous voilà au fond à -223 m… juste avant le début du réseau du grand collecteur qui s’avance dans un méandre final que nous partons explorer.

Puis il est temps de remonter.

Gwladys et Polo se chargent du déséquipement, Gilles atteignant le premier la surface à 20 h 15…

S'en suit le dékitage nocturne, chacune et chacun arrivant miraculeusement à retrouver ses petits !

E
ncore 45 minutes de route… le wok de crevettes déjà un peu préparé la veille nous réchauffe le corps un peu trempé par les puits arrosés !

Fichtre on nous vole une heure cette nuit. C’est pas récompensé !


AVEN DE LA POTENCE
Dimanche 30 avril
Participants : Gilles, Vincent
TPST : 6 h

Ca va devenir une habitude car ce sera pareil le lendemain, c’est le matin que nous dékitons et rekitons… ce matin-ci sous la pluie. Mais quelle chance d’avoir un abri de fortune sous la main au RB&B.


Gwladys n’est pas libre aujourd’hui et Polo qui devait être des nôtres nous envoie un message pour nous dire qu’il est crevé et ne viendra pas car il a passé une nuit dantesque dans son camion rincé par des trombes d’eau des heures durant.

Nous sommes un peu plus près qu’hier mais quand même, la piste nous semble bien longue. Nous avons de la chance, la pluie s’est arrêtée.

Gilles a aussi du flair dans la garrigue car il arrive à trouver un cairn puis un autre et ici une marque rouge qui nous amène vers l’aven, non sans avoir dû préalablement contourner un petit lac probablement temporaire. Pourvu qu’il ne s’écoule pas dans l’aven !!!!

L’aven sombre se dessine soudain, avec sa végétation complètement « déplacée » ici notamment les fougères qui s’étagent dans la descente devant nous.

Nous prenons le temps de manger (eh oui c’est déjà l’heure du repas)… une tartelette aux pralines et coquelicot c’est exotique ici.

Un chêne bienveillant remplacera les vilains pieux d’hier pour descendre en main courante vers cet aven… décidément majestueux et empreint de mystère.



Après un tour de la grande salle en bas, la suite ne nous apparaît pas !

C’est après avoir grimpouillé un petit ressaut de 4 mètres qui ne ressemble pas à grand chose que nous dénichons un puits en lucarne dans de gros blocs (la topo le laissant deviner quand même).

Gille règle le Y de main de maître… et la corde passe sans frotter mais le kit et moi si !!

Les premières concrétions apparaissent avec leurs formes saisissantes… quelle belle cavité !

Nous arrivons sur un toboggan de 20 m terriblement cordivore… Grrrrrrrrrottocenter étant un chouille optimiste.

Gilles a prévu de la corde en rab. Ouf !

Arrive ensuite u
n bel enchainement P14+P37+R3+P13.

Quelle ambiance magnifique dans cette cavité enchanteresse et si variée !

Une bien jolie verticale donc mais pour revenir à des aspects techniques… ben en 8 mm, Gilles préfère prudemment poser des fracs doublés là où on mettrait des dévs.

Arrive le P37 qui nous mène vers le fond… mais ne nous pressons pas ! Gilles s’arrête à temps à la bonne hauteur pour aller penduler vers un petit palier dans la deuxième lucarne qui donne sur un P13 derrière.

Fichtre, c’est qu’il faut aller chercher les points pour équiper. Et comme Gilles m’a condamné à déséquiper, je n’en mêne pas large tout en l’admirant quand même en grand écart sur la pointe des pieds, avec de quoi se prendre un beau vol pour venir embrasser le puits devant !

Nous nous arrêtons en bas de ce P13 car le P30 final juste en dessous est connu pour être gazé.

Nous remontons donc et sans l’élégance naturelle de Gilles (et quelques bons centimètres en moins sur la carcasse) j’arrive à déséquipe ce premier puits sans me vautrer…

De retour au
palier, Gilles décide d'aller faire un tour en bas du P37 borgne. Je dépendule et le rejoins.

Nous étions à peu près pas trop mouillés jusque là… mais le P37 en décide autrement et nous arrose copieusement pendant la remontée…

Gilles passe devant… Je lui rends la main pour le déséquipement en haut du grand toboggan.

Arrivé au bas de l’aven, quelques gouttes viennent nous cueillir… Et cela va crescendo jusqu’à la voiture où mon parapluie de berger béarnais supporte vaillamment bourrasques et pluie cinglantepour nous abriter mutuellement (enfin un peu) pendant que nous nous changeons….

La douche salvatrice, chaude cette fois, clôturera agréablement la journée… suivie du wok épisode 2.


AVEN DIDIER
Lundi 1er avril
Participants : Gilles, Vincent
TPST :
7 h

Réveil… soleil ! Chouette faire sécher la combi et tout ce qui veut aussi !!!!

Nous quittons le RB’B… faisons un stop rapide pour admirer les chutes du Zambèze…


Puis nous arrivons sur le plateau au-dessus du cirque de la Séranne.

Dékitage, renkitage, miam-miam au soleil… ça fait du bien !

Un tas de pierres à l’horizon à 100 m, c’est là !… appréciable avec 3 kits à trimballer.

12 h 45, Gilles se glisse dans une petite fenêtre entre de gros blocs… En dessous un P44 qui peut s'équiper d’un jet, mais vu la longueur de la tirée, Gilles privilégie les fracs, à 5 et 15 m.

La descente est grandiose… le vaste puits s’ouvrant sur plusieurs vastes espaces qui donnent un sacré volume à cet aven.

Et comme si cela ne suffisait pas, en bas la grande salle est surplombée d’une arche impressionnante.

Au bout de la salle, un petit mur avec une chatière. En levant la tête vers l’autre côté, je découvre que bien mystérieusement, malgré la taille minus de la lucarne d’entrée et le décalage du puits, la lumière du jour est encore bien visible dans la diagonale !

Pendant ce temps, Gilles bosse dans ce passage malcommode : derrière le « mur », un premier puits qui n’est pas le bon qu’il faut contourner pour atteindre la tête du P11 plus loin derrière… mais il y a peu de prises et ça glisse bien ! Merci pour la zolie main courante l’ami !

Gilles réalise là, en reprenant le descriptif, que la corde du P44 aurait dû nous emmener en bas du P11 et qu’il a probablement fait trop de fracs par rapport à l'équipement de la fiche.

La corde suivante étant une C30 obtenue par rabout de C11 et C19, et voyant que la C19 allait suffire, Gilles tout heureux récupère la C11… et il file en dessous avec le deuxième kit que je lui laisse fort volontiers pour profiter un peu plus tranquillement des volumes et coulées de toutes les couleurs.


Tant pis, les cordes suivantes sont largement plus longues que ce que prévoit la fiche (Gilles n'avait pas les bonnes longueurs)… donc croisons les doigts !

Finalement les obstacles suivants s'enchaînent bien, et le raboutage de deux cordes dans le P12 suivant me permet de réviser le passage de nœuds.

Nous quittons la corde pour un court instant, et nous voici repartis au pied de l'échelle : P9 + R5 + P7. Changement d'ambiance, une grande faille s'ouvre entre
nos jambes. On entend l'eau qui coule en bas ainsi qu'un ronronnement. Comme c’est étrange ce son. Aspirateur ? Turbine ? Plus bas, sous des blocs il doit y avoir une lame de pierre sur laquelle l’eau vient frapper
et ça résonne
.

Pendant que je rêvasse sur cette musique naturelle, Gilles s’engage dans ce P20 plein pot, mais vu comme ça coule… !!! Je l’entends me héler qu’il cherche un équipement hors crue (il est bien marqué sur la topo et heureusement il existe).

Un grand pendule (c’est moi qui déséquipe?) lui permet de faire un frac et nous nous enfonçons un peu plus dans les entrailles de la bête.

Plus nous descendons, plus l'équipement est minimaliste. Le départ du P19 se résume a un spit. La main courante débute sur un AN et Gilles
double comme il peut le spit avec deux Dyneema raboutées pour en faire une très longue.


Y a t-il un frac caché ? Parce c'est plutôt moyen. Ouf ! Au bout de 3 mètres, son vœu est réalisé, un vrai frac sur deux points !! Gilles qui avait emporté toute la quincaillerie dont il dispose pose ses deux derniers amarrages (41 pour être exact), il ne fallait pas un spit de plus dans la sortie !

Gilles entame la descente copieusement arrosée. Il cherche désespérément le moyen de faire une dév pour nous éloigner de l'eau, mais aucun AN sérieux ne se présente au cours de la descente. Tant pis nous serons mouillés !

Il est 17 h, l'objectif -150 m est atteint. Le fond forme un petit lac d'un côté et de l'autre un laminoi
r où l’eau s’engouffre furieusement. Pas franchement engageant… Heure, fatigue… allez zou on remonte !

Avant de rejoindre la surface, nous entendons l’orage gronder… Oh non pas encore une rincée pour retourner à la voiture.

Pourtant c'est ciel bleu au-dessus !

Ouf non, c’est pour nos copains dans le Minervois !!!!!

18 h 45 nous arrivons aux voitures… clôturant un WE bien rempli qui nous a amenés ailleurs que ce qui était prévu… pour notre plus grand bonheur !

 CR corédigé avec Gilles

jeudi 4 avril 2024

J'ai confondu des boules d'argile avec des œufs de pâque... mince alors !

Du Samedi 30 Mars au Lundi 1 Avril 2024

Participants : Charlie.P, Alary

Grotte des Madalle / Grotte de la Boîte aux lettres / Grotte du Fournials

TPSTtotal: 25h30


                

Samedi 30

    Grotte des Madalle

    TPST: 1h

Petit tour rapide de début de journée pour vérifier le niveau d'eau dans la grotte. Ce dernier est monté d'environ 30cm par rapport à notre ancien trait témoin datant de début mars. En plus de ça, le courant est maintenant bien visible, faisant tournoyer quelques petites bulles en surface. L'eau se dirige bel et bien vers là où nous creusions, soit de ce fait, l'aval. À suivre jusqu'à ce que l'eau se retire.


    Grotte de la boîte aux lettres

    TPST: 2h30

Au départ des Madalles, nous faisons un tour dans la rivière toute proche, qui s'est remise à couler temporairement plus loin que d'habitude après quelques pluies puissantes (de quoi crée quelques embâcles). L'eau semble se perdre à plein d'endroits dans le lit de manière non significative, comme au point le plus bas atteint par l'eau ce jour là, se terminant en une petite flaque. De jour en jour, la rivière remonte.

Vidéo de l'eau qui revient en surface à la mi-mars: 

Là où nous sommes garés, se trouve la boîte aux lettres, grotte bien connue du village, découverte lors de la construction de la route. Charlie y avait déjà été en période sèche il y a fort longtemps, et avait repéré une zone style lit de ruisseau, mais entièrement comblé... C'était donc le moment parfait pour y faire un tour, d'autant plus que je n'y suis jamais allé ! La cavité suit une grande diaclase, avec des espaces parallèles des deux cotés. C'est plutôt large, et haut d'environ 30m par endroits, tout joliment concrétionnée. Ici, on trouve des remplissages de galets de rivière asses haut dans les salles, et des coulés de calcites rongées du dessous par l'eau, créant des sortes de demi sphères toutes lisses. 

Ça raconte
Et en arrivant dans une plus grande salle, après la fameuse boîte aux lettres (étroiture descendante pas cool), nous entendons le bruit de l'eau ! Quelle excitation !


Et nous tombons effectivement sur l'actif, un petit ruisseau qui a quand même dégagé près d'un bon mètre cube de graviers, sans boucher la suite !
L'amont est un passage très bas, l'eau touche le plafond. Même topo pour l'aval, un petit siphon. Tant qu'à être là, nous explorons un peu partout, et retombons plusieurs fois sur l'actif passant quelques mètres plus bas, avec une vue plongeante. À force, nous arrivons vers une escalade scabreuse plein vide des deux coté (départ sur une arête), d'où pend une corde de nature inconnu, menant vers un supérieur. Un des vides nous est inexploré, donc nous descendons avec précaution, sur de grandes lames de roches flottantes. Puis après une bonne quinzaine de mètre de descente, nous atterrissons dans une salle plus grande, avec de superbe forme de creusement hydrique, tout de courbes et de tranchants ! La zone a vraisemblablement déjà été explorée, je repère à quelques rares endroits au sol des traces de genoux et autres frottements à moitié recouvert d'argile. Dans cette salle, 5m plus bas, passe l'actif. Pour y accéder, il faut passer un petit éboulis de gros blocs en descendent. Charlie s'y engage, mais c'est trop étroit pour moi, l'angle est très mauvais, et je finis par ne plus du tout avoir de prises de pieds, ni de main... mais je parviens au bout d'un petit moment de recherche, à enfoncer tant bien que mal un genou dans l'argile, et à remonter suffisamment pour regagner en mobilité du haut du corps, et m'extraire. Charlie aura également un peu de mal à remonter via cette étroiture. En tout cas, une désob ici dans le ruisseau (à l'étiage) pourrait se tenter ! On reviendra. 

D'ailleurs, la Grotte des Madalles et cette grotte ci communiquent probablement via cet actif.

    Grotte du Fournials

    TPST: 6h

Petit repas pris à la maison, et nous faisons les kits pour continuer à creuser au fond du Fournials. Mais avant de sortir les burins, nous ré-équipons l'escalade pirate de la dernière fois, et équipons également la désescalade du clou de charpentier pour voir ce qu'il s'y trame.

Désescalade du clou
Là où nous prenons pied, un joli gour avec trois grosses piles bien pourries ayant fui au fond... et déposé une couche noirâtre sur les bords.
Super !
Finalement, cette zone est une chaussette bien concrétionnés, avec éventuellement un petit passage à élargir tout au fond, avec un très léger courant d'air. Peut être un jour.

Une fois cela fait, direction le fond les sacs bien chargés. Nous attaquons directement par l'élimination des deux blocs bloquant le passage. Un des deux est plus gros que ce que l'on pensait, il demandera un peu plus d'attention. Puis nous stockons là où nous pouvons, et rapidement nous sommes quasiment à court de place. Avant de partir, un dernier tir ! Que nous évacuerons à notre retour.

Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui... Et entamons la remontante, certes plus léger que ce matin, mais bien affaissé de fatigue !

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Dimanche 31

    Grotte du Fournials

    TPST: 9h30

Une bonne douche, un bon repas, et une bonne nuit de sommeil plus tard, nous repartons pour le front. 

Le tir de la veille nous a ouvert la voie ! Mais une fois passé (une personne à la fois pour jeter un œil), aucune suite évidente, le tout est colmaté. Et malheureusement, nous perdons le courant d'air. Bien que dans la micro salle juste avant nous le sentions bien, ici, ce ne sont que de très faibles traces éparses... Le sol, très aéré, se creuse très bien, mais impossible de stocker où que ce soit, d'autant plus que nous risquerions de déstabiliser certains blocs pas rassurants (créant un sablier). Nous cherchons donc à tour de rôle le moindre soupçon d'air, jusqu'à la salle que nous avions atteint la fois dernière (là où nous posons notre matos). Il est vrai que nous nous sommes précipités au point le plus bas, sans fouiller en détail cette salle. Et c'est en vérifiant le moindre interstice trouvable, que je finis par détecter un bon courant d'air aussi puissant que celui détecté tout en bas dans l'étroiture. Et en effet, il y a un boyau qui souffle de l'autre côté. Nous jetons quelques cailloux, et au bout d'un moment, certains finissent par tomber dans de l'eau (bruit sourd), après un petit temps en l'air. Sauf qu'attaquer le boyau par le dessus ne peut pas s'envisager (manque de place de stockage, et risque de le boucher), donc nous réfléchissons à le rejoindre par plus bas, en coupant dans la montagne (pour être plus précis, le plafond déclive est rejoint par une coulée de calcite qui a emprisonné plein de blocs, et c'est ici que nous attaquons, priorisant la roche pleine). Pour imager, l'entrée du boyau est 3/4m au dessus de nous, et à environ 1m à l'horizontal. Nous attaquons alors la pleine roche, qui s'avère finalement plus être un sorte de beurre bien dur, amortissant les chocs...

Gauche: étroiture où nous creusions initialement.
Droite: contacte roche/calcite, direction l'inconnu.

La pleine roche, toute veinée de poches d'argile et d'autres trucs meubles, rendent la progression armée peu efficace, mais à force de fracture, nous parvenons à enlever des écailles, et donc à avancer dans le caillou. Après le repas, on décide d'élargir cette horrible étroiture jute en haut, que l'on passe une bonne dizaine de fois par jours... A force, on enlève de plus en plus de choses du baudrier, là, seul le descendeur y reste accrocher ! 
Début du minage
Journée de doute et de réflexion... mais qui on espère, nous permettra de progresser plus loin dans le réseau !

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Lundi 1

    Grotte du Fournials

    TPST: 6h30

Ce matin, il fait super beau, nous voyons les Pyrénées d'Est en Ouest avec une extrême clarté, magnifique ! Retour en force au fond, plein de détermination (et de courbatures). Pas de perte de temps, ça perce, ça bourre, ça débourre, TOUS AUX ABRIS !! Et ça va durer comme ça toute la journée, jusqu'à 15h, moment où le perfo finira à plat. 
Résultat final

En fin de journée, pas de miracle, mais le plafond recule, et la calcite épaisse est sous nappée d'argile. On entend d'ailleurs bien les cailloux rouler de l'autre côté ! On se rapproche ! Nous remballons le tout, et remontons. Mais nous faisons un détour par la grande salle, afin d'analyser à nouveau la zone de désob historique. On remarque directe la quantité de roche sorties et stockées à droite à gauche absolument partout le long d'une quasi verticale de 6m. Il reste de la vielle ligne, et d'autres trucs vieux de 20 ans. En bas, le courant d'air est présent, aussi puissant que là où nous creusons. Mais le plafond et le sol sont remplis de micro vide, et la quantité de perçages effectués (dont certains de gros diamètres) ne nous engagent pas trop pour une désob ici, d'autant que c'est étroit et bien instable, et puis il faudrait au moins être 3 ou 4 pour tirer les gagattes ! Mais on garde ça en tête ! On en profite pour récupérer une grosse barre à mine et une gamatte, tous deux plus âgés que moi... ça servira au fond. Et finalement, nous reprenons l'ascension, dans cette chaleur terrible, qui nous fait couler de partout ! (~17.5°C). 

Nous mettons la tête dehors, le temps est digne d'un été, avec de magnifiques cumulonimbus en formation au nord !
Superbe !
Pour la prochaine session, nous devrions avoir une mèche en 8mm, et un second accu pour notre vieux perfo (la perle rare). En tout cas, l'aventure continue !

dimanche 24 mars 2024

Samedi 23 mars – Aven du Roc d’Agnel (11160 TRASSANEL)

Participants : Gilles, Alary, Chloé, Jean-Michel L. TPST 5h

Rendez-vous est pris à 11h30 sur le parking de Cabrespine. Tout le monde est ponctuel, nous nous équipons et entamons la marche d’approche avec une météo plus fraîche que la veille et heureusement car ça monte !

Le porche de la cavité est discrètement situé sur le flanc NE du roc d’Agnel. Nous mangeons un morceau et rentrons ensuite dans le trou. Gilles en premier pour équiper, que je suis, puis Chloé encore un peu débutante chaperonnée par Alary.

Dès l’entrée, petite escalade suivi d’un P10 et nous voilà devant un chatière verticale et montante. Les conseils judicieux de Gilles permettent de poser les pieds au bon endroit et de passer sans encombre et sans ceinture aussi, trop étroit !

Puis c’est la descente dans le P55 qui n’est pas très impressionnant mais esthétique. Toutes les parois sont couvertes de calcite ! 

Plus bas, une bifurcation. La suite, peu évidente, assez étroite, est sur la droite. Le temps que Gilles équipe, nous admirons les curieuses concrétions qui poussent ici. On dirait des gouttes de miel sur des pédoncules. C’est joli et intrigant. Comment se forment-elles ? Un processus biologique ?

Puis nous prenons les passages étroits où on est en opposition, la corde servant surtout de sécurité. S’ensuit une lucarne, un petit P6 et enfin un joli P30 avec un fractio plein vide exprès pour Chloé et c’est le fond. 

Retour tranquillou, Alary déséquipe la partie basse et moi la partie haute. Nous remontons bien contents et en nage. Dehors, la bise s’est levée et se charge de nous refroidir. Nous arrivons aux voitures vers 18h30.

Une bonne sortie et beaucoup de curiosité pour cet aven qui garde peut-être quelques secrets ?