Participants : Alary, Pascal, Manu, Klem et Léonie, plus 5 membres d'un club de Perpignan
TPST : 8h / La Grotte Lachambre, PO (Conflent)
La Grotte de Lachambre est tellement célèbre et les visites demandés avec une longue liste d'attente, que nous étions ravis, d'avoir la possibilité de visiter ce réseau en remplaçant un groupe, qui a annulé sa visite.
Dimanche sous un ciel bleu de pré-printemps, nous filons vers le Canigou. Le réseau Lachambre est la plus longue grotte des PO avec ces 26,8 km. Il se trouve sur la rive droite du têt, sous la montagne d'Embulla.
Louis Baills du Conflent Spéléo Club de Prada nous a donné rendez-vous à la gare de Ria (Sirac, Conflent, PO) à 9 h. Nous nous repartons dans moins de véhicules pour monter à l'entrée.
Louis Baills en train de nous expliquer la topo et notre circuit
Nous voici prêt pour un circuit d'environs 8 h, sortie prévu vers 16 h
La grotte est fermée par une double porte blindée. André Lachambre et son épouse réposent (en urne) dans le sas d'entrée. La grotte était trouvé 1981 par André Lachambre, qui a donné son nom au réseau.
Parce qu'elle contient une galérie unique au monde (le canyon blanc), la grotte et tous les environs sont classés et les visites très réglementés. C'est le Conflent Spéléo Club Prades, qui gère la grotte, mais la préfecture contrôle toutes les visites. Il a fallu envoyer nos adhésions afin de envoyer la demande de visite par la préfecture.
C'est aussi la préfecture qui interdit, que les photos prises dans le réseau soient publiés sur les réseau sociaux ou sur le blog. On peut faire des photos, mais uniquement pour usage privé. Donc malheureusement je ne peux pas vous mettre mes photos des concrétions ici. Mais j'ai acheté le livre, publié par le club et qui souhaite de le lire peut le preter de moi.
La couverture du livre montre la fameuse galérie du Canyon Blanc.
Le réseau Lachambre est le plus grand réseau souterrain des Pyrénées Orientales. Voici la topo:
Explorer tous le réseau prends plusieurs jours. Donc nous avons fait une boucle de 8 heures, en passant par les zones les plus remarquables:
Entrée se trouve à la galérie Pagès, en haut à gauche. Nous avons visité la Galérie François, la galéie du Canigou, la galérie de la Genette (où se trouve un sclelet de cette espèce), la galérie du grand canyon (blanc), et la Galérie Merder.
Le début du circuit se fait plutôt à 4 pattes, à travers des tunnels traversant du marbre rouge sans concrétions. Après la moitié de la matinée on trouve des salles avec des jolies concrétions, drapeaux, stalagmites, gours cristallisées, etc.
Piquenique à midi après la moitié du circuit. Et suivant la visite du fameux Canyon Blanc: C'est un tunnel d'environs 1-2 mètres de large et entre 4 et 7 mètres de haut. Couvert à la base entièrement par des cristaux d'aragonite sur plusieurs kilomètres. Le Canyon Blanc et très fragile, donc la plupart de cette galérie est fermée pour toute passage par une grille depuis 20 ans. On visite seulement la première partie, mais elle suffit largement pour avoir plein des yeux! Les parois blanc comme de la neige, des cristaux d'aragonite très fins, couvrant aussi quelques concrétions, qui resemblent à des brosses de vaiselle. Une merveille!
On finit la boucle et retrouve le chemin vers la sortie à la Rose des Vents. Sortie vers 16 h et retour vers Carcassonne au soleil couchant. Une très belle sortie! Merci Louis!
Après la visite partielle du réseau IV en hautes eaux par Andréa et Gilles le 9 février, qui s'était presque terminée à la manière de Titanic, l'idée avait germé d'y retourner pour pousser plus loin la navigation. Ma crainte était qu'il ne repleuve pas entre temps, mais heureusement quelques pluies ont maintenu le projet hors de l'eau. Nous décidons de prendre en plus des néoprènes des bouées de plage qui nous serviront d'embarcations. Un magnifique crocodile tout neuf, et une grosse glace cornet. C'est une plutôt bonne idée pour prendre le temps d'admirer autour de soi et pour éviter de tout faire à la nage. D'autant plus que ma néop rapiécée est un peu limite... Seulement cela prend de la place, beaucoup même !
Nous arrivons à la base vers 8h30, récupérons une paire de pagaies, une pompe et quelques ficelles, avant de finaliser les kits. Quatre kits normaux et un big kit seront nécessaires.
Là !
Entrée vers 9h15, mais soudainement Gilles ne retrouve pas son descendeur. Rapide retour à la base pour le récupérer pendant que je m'en vais acheminer une partie du matériel et débuter l'équipement du Ribéro. J'ai à peine le temps de monter les deux premiers fracs, que Gille me rejoint et prend la suite de l'équipement. Je seconde avec le reste du matos.
Gours à l'embranchement du puits des Ours, et une bonne flaque avant l'accès au Ribéro
Descente rapide avec le strict nécessaire de matos, nous sommes à la base du puits qui siffle, et déjà Gille me dit que l'eau que nous voyons ici en contrebas n'était pas là la fois dernière... Nous lançons une œillade dans la galerie qui se profile vers l'aval, l'eau est montée d'environ 2m de plus ! Là où ils étaient passés à pied, il nous faut embarquer impérativement. Idem côté amont direction Matta, c'est un lac.
On se change, prêt pour notre session aquagym, et on conditionne le matos à emporter avec nous, dont la pompe à pied. Puis c'est parti pour la mise à l'eau des gus et de leur embarcation.
100% approved style
Quelques difficultés quand même à dompter le crocodile, la bête se démène quand Gille tente de se mettre dessus. Nous cheminons en direction de la salle de la coloration, profitant de l'originalité de la balade mais nous demandant bien si le passage bas permettant d'y accéder sera passable ou non… Quelques vidéos et photos.
Vue en direction du puits qui siffle et vue vers l'aval
On avance en direction de la salle de la coloration
Nous débarquons au niveau de l'éboulis et du passage bas, qui est siphonnant ! Gilles repère une petite escalade par l'éboulis, je monte voir si on peut redescendre derrière. Avec les néop ça glisse énormément, mais c'est faisable. On tente un passage en faisant suivre tout notre bazar. Nous voilà dans la salle de la coloration, flottant 4 à 5m au-dessus du sol ! On entreprend une photo. Je prends un peu d'avance et Gilles se met en place. Nous préparons ce qui aurait dû être la plus belle photographie spéléo encore jamais prises... Mais une fois en position, mon téléphone légèrement mouillé fait le mort... Et ce malgré la coque de protection et mon petit sachet congélation étanche.... C'est bien dommage, surtout qu'il est censé résister à l'eau (IP68)... Il ne se rallumera pas de toute la sortie. Pas de photos donc, et pas non plus d'horloge ! Il va falloir compter juste...
Bref, nous touchons le bout de la salle de la coloration et arrivons à la base du puits de la grande diaclase. Le fond doit être une quinzaine de mètres dessous lorsque nous débarquons au sommet du plan argileux qu'il nous faut d'habitude remonter. Ici un petit actif qui cascade se fait entendre. Ce bien mignon ruisselet jonctionne le lac de la salle de la coloration avec la suite de la cavité. Nous passons la salle des lacs, qui aujourd'hui n'en forme qu'un seul. Les fistuleuses oscillent à vue d'œil avec les micro vaguelettes que nous produisons. Pour repère, il y a ici une concrétion en forme de champignon magique (image ci-dessous), le niveau d'eau était tout juste au-dessus de la base du chapeau.
Le champignon magique (13/12/2023)
Nous débarquons au niveau du labyrinthe au niveau de la petite escalade derrière une grosse colonne puis cheminons à pied jusqu'aux deux passages rétrécis à désescalader. Le second avec la cordelette est un embarcadère un peu technique. Là, nous nous trouvons dans ce qui semble être un cul de sac, le passage bas qui mène à la méduse est quelque part sous l'eau. On teste des choses, et on finit par trouver quelques petites marches puis une lame dans l'eau qui permet de prendre pied et d'escalader un plan argileux. Ça redescend derrière dans un petit canal suffisamment large pour mettre les bouées. Nous atteignions la méduse, le plan d'eau arrivant presque à toucher la ligne de l'ombrelle au-dessus des tentacules. Nous débarquons devant le magnifique massif de concrétions blanches tant photographié. L'eau lui arrivant quasiment au pied, j'en profite pour la laver.
Un peu avant la Vierge et la galerie annexe du -177, de grandes draperies rétrécissent le passage. Nous prenons alors un passage sur la gauche et débarquons pour grimper un plan argileux. Mauvaise route, c'est un cul de sac ! Il faut passer entre ces coulées. Et pour ça, il me faut débarquer en équilibre sur une colonne pour faire passer la bouée verticalement. Gille et son croco passent de justesse, suivis du train-train flottant composé du kit et de la pompe. La vierge retient son souffle sous l'eau. Nous passons un passage rétréci et faisons la pause repas car les ventres se manifestent. Il nous semble être 13h30 / 14h à vue d'estomac. Ne sachant l'heure, nous ne tardons pas. Je crois la salle des Graviers encore à une demi heure de parcours, mais en réalité nous sommes tout proches. Ici nous marchons dans l'eau. Le passage se rétrécit et nous oblige à abandonner les bouées pour se baquer dans la flotte, autrement il nous faut les dégonfler. Ça passe la tête hors de l'eau. Le sol remonte et quand nous débouchons dans la galerie des fleurs, ce n'est plus un plan d'eau calme mais un actif écrêté qui coule à environ 5 L/s, se divise en deux par deux canyons d'argile de 40cm de profondeur qui se rejoignent sous une coulée à gauche, l'eau clapotant ensuite vers l'inconnu. Je pense qu'on pourrait aisément creuser l'argile pour élargir le passage sur 1m de long, derrière ça descend et ça semble limite pénétrable. Pas d'air cependant. J'ai planté une lame de 30cm à la verticale devant la coulée à la confluence des canyons. D'après mes renseignements, il n'y a pas eu de traçages récents depuis ce point.
Nous continuons dans la salle des graviers. Pas de cascades, seulement des traces d'écoulements et quelques gouttes. Le point -159 n'est pas en eau. Et pour les mystères, je me suis arrêté devant le trou dans la salle, n'ayant pas du tout envie d'aller là dedans en néoprène... Peut-être que l'eau est visible plus bas.
L'horloge tourne c'est certain, mais nous ne savons pas dans quel sens ! Nous faisons le chemin inverse sans tarder mais en profitant quand même du paysage. À la fin du labyrinthe, nous embarquons et faisons un très rapide tour sur un petit lac butant contre un mur, nous débarquons alors de l'autre côté non sans mal à cause de l'argile mouillée. Je ne reconnais pas le passage... Fichtre ! Alors je m'avance pour tenter de raccrocher des choses que nous avons vues, pensant être en direction de la sortie. Finalement je revois un trou d'eau où je me souviens avoir dit : "On dirait vraiment un siphon." Les choses s'alignent, je retrouve le passage des deux désescalades rétrécies, nous repartions en fait vers le fond... Demi-tour à 180° sur soi-même, je sais que c'est tout droit, alors on avance, bien que je ne revoie pas clairement le cheminement. Nous revoilà devant le fameux petit lac du mur... Quelle est cette sorcellerie ?? La présence de l'eau modifie vraiment le paysage et le cheminement logique. Puis d'un seul coup, face à ce lac et surtout au doute, sur ma droite, un passage dans les concrétions vient enfin achever le puzzle du plan de la grotte, le réorientant au passage automatiquement en direction du nord. Ça y est, tout est clair, nous tenons le chemin vers la sortie. La suite suivra sans encombre, hormis la crevaison du boudin extérieur de ma glace lors du passage de l'éboulis de la salle de la coloration. L'air restant dans la partie du milieu suffira pour retrouver la base du puits qui siffle.
Comme le retour nous a paru rapide, nous allons dans l'amont. Le plan argileux pique directement dans l'eau, ce sera comique à remonter... Nous allons jusqu'à la corde du passage Matta. Une large coulée rive droite coule abondamment. Demi-tour, escalade délicate du plan argileux, nettoyage du matos, rangement et on se remonte. Gilles déséquipe et prend les deux kits dédiés, je remonte le reste. Ascension sans encombre, avec quelques pauses dans le Ribéro qui respire par de grandes aspirations, suivies de quelques secondes de pauses avant d'aspirer de plus belle, ou de souffler faiblardement pour s'inverser à nouveau. Nous arrivons au niveau du renne, je n'ai aucune horloge interne. Il pourrait être 15h comme 20h... Gilles lui penche pour un 18h30 / 19h. On va bientôt le savoir car en attrapant la corde et en relevant la tête, j'aperçois venu de la porte, une intense lumière ! Alors, déjà il ne fait pas nuit (oui oui...) et surtout, pourquoi la porte est ouverte ?? On espère que nos affaires n'ont pas été chapardées ! Non, elles sont bien là. Il est 16h30. Dehors par contre, c'est la tempête, pluie et rafales puissantes. Comme la porte était juste posée et non claquée de l'intérieur, les différences de pressions sont parvenues à l'ouvrir.
On rejoint le porche de la base pour se changer au sec. Cathy nous y trouve à ce moment là, venue gérer des opérations de serrurerie. Elle nous partage au passage avoir déjà vu l'eau dans le IV atteindre la base de la corde du puits qui siffle, soit encore un bon mètre cinquante d'eau en plus par rapport à aujourd'hui. C'est ce qu'il faut de plus pour peut-être avoir un lac dans la salle des graviers. Mais le passage bas la précédant devient inévitablement siphonnant... Au final, une belle expérience qu'on ne revivra probablement pas tous les ans, faite à un moment où le niveau d'eau permet encore de parcourir le IV de bout en bout. Reste maintenant à voir en combien de temps le IV se vidangera !
Après 4 années de sécheresse, les conditions pluvieuses actuelles permettent enfin de poursuivre les investigations hydrogéologiques au coeur du plateau de Sault.
Il s'agit de la continuité des travaux sur la diffluence souterraine Blau - Font Maure, en réalité une diffluence Atlantique - Méditerranée qui se produit sous la surface lors de conditions hydrologiques bien précises. Cette connexion entre deux sources majeures du plateau, séparées par près de 14 km, a déjà été prouvée par nos travaux antérieurs et a fait exploser le potentiel spéléologique du réseau Vieux Lion/Chandelier. Il s'agit à présent de contraindre géographiquement la position de cette diffluence dans la structure géologique complexe du plateau, et accessoirement de déterminer le parcours des principaux drains souterrains.
Comme en 2021, le projet s'articule en partenariat avec l'université de Perpignan et fait partie d'un stage de Master, Jade étant la stagiaire. Le financement partiel de l'université permet cette année d'élargir le partenariat à l'AMEK pour la location du matériel de suivi.
La cible principale cette fois est la perte du Pas des Brebis, un ruisseau jamais tracé car passé longtemps sous les radars, mais très bien placé à la croisée supposée des différents drains et dans un secteur-clé de la structure géologique. Afin de compléter cette opération, un deuxième site plus connu et assez proche est également ciblé avec un autre traceur pour obtenir un comparatif. Il s'agit de la perte de la Vernouze.
Quelques photos et vidéos de cette journée d'installation et d'injections en attendant les premiers résultats :
Ruisseau du Pas des Brebis avant injection
C'est parti !
Ca laisse des traces...
Vernouze :
Quand les gants ne sont pas imperméables...
A noter à la Vernouze un bon courant d'air soufflant sortant de l'entrée et l'absence de mise en charge de la doline, ceci malgré un débit pendant la crue dépassant certainement le m3/sec d'après les sédiments et embâcles transportés. Il faudra revoir la cavité après cet épisode... Visite également d'une doline annexe qui a absorbé pas mal d'eau et où un trou entre roche et terre mériterait un sondage.
Après les récentes pluies, Daniel souhaitait retourner au Trou de la Dent, en espérant que l'eau y coule à nouveau. À notre arrivée, nous n'avons pas été déçus : l'eau coule en goutte-à-goutte depuis les stalactites, dans un bruit constant.
Toujours aussi belle, la cavité nous révèle ses concrétions excentriques.
L'humidité apportée par les pluies qui arrosent notre département depuis des semaines a ravivé l'éclat des parois et des concrétions. C'est un régal pour nos yeux ébahis.
Pour Manu c'est une belle découverte, puisqu'elle n'était encore jamais allée dans cette pittoresque cavité.
Daniel en profite également pour se frayer un chemin dans les petites galeries désobstruées, qui finissent bien vite sur des culs-de-sac.
À la sortie, une chauve-souris venue de l'extérieur me fonce en plein visage, manquant de me faire tomber en arrière dans le ressaut.
Comme à son habitude, Daniel a pris des images de l'exploration pour les publier sur sa chaîne YouTube :
Rendez-vous à 9H sur le parking de la grotte, puis grimpette suivant le sentier menant à l'entrée de la grotte en enjambant quelques arbres déracinés. Il pleut légèrement. Aujourd'hui est une visite plutôt classique, Aude et Sébastien découvrent la grotte. Je reste un peu en arrière, guettant la moindre bestiole. Avec les pluies récentes, j'aurais imaginé la grotte plus active que ça. Nous arrivons à l'échelle de pirate, Aude s'engage mais est rapidement contrainte de remonter, à cause du balancement de l'échelle et d'une impression erronée de hauteur. Ses esprits repris, elle parviendra sans mal à atteindre la base de l'échelle. Nous progressons jusqu'à la salle à manger, suivant les nouveaux équipements installés par Philippe. Petit repas, petit café, et mes trois camarades s'en vont visiter la suite de la cavité pendant que je reste à graviter autour de la salle à manger en quête de collemboles à photographier et à collecter. Je crois rester là une petite heure, avant de me décider à rejoindre le groupe parvenu à la salle du Chaos. Difficile de ne pas se perdre, parcourant seul la magnificence minérale de la galerie des Fleurs. Une fois le groupe retrouvé, nous ne tardons pas à faire demi-tour pour retrouver la sortie.
Salle de la Découverte ; Galerie des Fleurs
▬▬▬▬▬
Dimanche 15 février 2026
Participants : Vincent, Philippe, Alary
TPST : 6h / Grotte de l'Aguzou
Aujourd'hui c'est topographie. Philippe a fait quelques tests pour lancer le processus depuis le porche d'entrée jusqu'à l'autre côté de la porte. Seul, le travail est fastidieux, consistant à réaliser pour chaque station topo 32 visées d'habillage en suivant une pente précise. Les stations sont la plupart du temps à hauteur sur des trépieds. À trois, le travail est bien plus efficace. Philippe prend les visées, Vincent lui indique la pente à respecter, puis je note les valeurs obtenues à chaque visée. Le placement des stations doit être méthodique pour prévoir les cheminements annexes ainsi que les particularités du terrain (concrétions remarquables, alcôves...). Parfois le dessin associé à des visées complémentaires s'impose. Toutes ces mesures et ces détails nous font avancer d'une station et demi par heure.
Quelques pages du carnet topo
La soirée sera l'occasion de visualiser en 3D quelques tronçons mesurés aujourd'hui grâce à l'usine infernale mise en place par Philippe. Et sera aussi le moment de replonger dans les mémoires de la spéléo locale et de ces protagonistes...
▬▬▬▬▬
Lundi 16 février 2026
Participants : Vincent, Philippe, Alary
TPST : 7h / Grotte de l'Aguzou
Deuxième journée topographie. Nous avons pris le rythme et fonctionnons globalement comme hier, nous extasiant lorsque les valeurs tombent juste... Pour cette première session topo, nous avons pris la direction de la gigantesque salle de l'Aguzou 1, que nous atteindrons un peu avant 17h. Quelques écoulements généralement secs ont retrouvé de l'activité, il nous faut jouer entre les gouttes !
Dernier point avec l'immensité derrière
Ayant terminé plus tard, nous n'intégrons pas les données sur l'ordinateur. Préférant encore une fois, plonger dans les archives entre revue spéléo, diapo, tirages photo et matériel d'époque...
▬▬▬▬▬
Mardi 17 février 2026
Participants : Vincent, Philippe, Alary
Après quelques jours sous terre, celle-ci se passera à la maison. Nous commençons par découvrir et travailler les rudiments du dessin topo, suivant quelques conseils et récupérant quelques ressources. Pendant que je m'entraine et prends en main le logiciel de dessin, Philippe et Vincent débutent l'ajout des données fraîchement récoltées, afin de les contrôler et de les visualiser. Ce travail d'enregistrement consiste à compléter un tableur en suivant une structure précise pour que le logiciel 3D puisse les interpréter. En fin d'après-midi enfin, un premier résultat apparait !
Résultat brut
Voici deux captures d'écran non rendues du résultat brut ,à affiner avec les visées complémentaires et les annexes. La technique doit encore être améliorer pour optimiser l'enregistrement des données et la visualisation 3D. Encore merci à Philippe pour l'accueil !
TPST : 4 h / Aven de la Boissière (Brissac, Hérault)
Nous choisissons la marche d'approche la plus courte, en remontant en 4x4 la "Combe pluvieuse". Il semblerait que ce soit une ancienne piste de charbonniers.
Le très bon état des murs de soutènement m'interpelle, ainsi que sa dénomination exacte : RD 1E4.
La piste à l'abandon
Le chemin remonte ensuite à moitié en escalade dans une combe dont heureusement nous sortons rapidement au profit d'un beau chemin.
L'accès au trou est cairné, mais encore une fois on bénit le GPS !
La combe
Le trou et le barda
Le départ est fort simple, une main courante, deux spits et on peut descendre le P67 en un jet !
Mais la suite se trouve en faisant un pendule à -30 dans le premier puits. La cavité a été rééquipée, il y a des AF bienvenus.
L'aven est très concrétionné et relativement humide, d'ailleurs nous finirons bien mouillés vers le bas.
Après le pendule dans le P67
Une deuxième verticale de 5 mètres conduit après un deuxième pendule dans une petite lucarne pénible à passer débouchant au sommet du P26.
La lucarne
En bas du P26 j'aperçois des spits pour faire une main courante, mais pas de départ de main courante ! Pas un AF, rien, je suppose que cela a été fait volontairement pour garder une part d'équipement sur AN.
Accès au P32
L'équipement du P32 est folklorique, les AN sont de belle taille d'un côté sur une paroi, mais inspirent moyennement confiance en face. C'est pour ça qu'on double les points ! Mais à condition de ne pas prendre les AN sur la figure...
C'est assez esthétique de tout équiper en AN, mais peu rassurant quand on ne le pratique pas régulièrement. J'aime bien !
Le P32
Nous terminons par un P19 peu large et accrocheur. La cavité se termine de façon décevante (mais au sec).
Sortie à 15 h, nous reportons encore l'heure du repas car nous sommes mouillés et il y a du vent, on verra à la voiture !
Une grande classique de l'Hérault, explorée par Martel en 1889 !
Après la marche d'approche d'une vingtaine de minutes et le pique-nique pris au bord du trou, nous attaquons vers 12h30.
Au pied du P25 de l'entrée, la visite peut se faire en choisissant l'un des deux grands puits (environ 90 mètres), ils aboutissent tous les deux au sommet d'un vaste éboulis.
Nous choisissons le puits Nord et nous avons bien fait car de l'eau s'écoule dans le puits Sud.
Le fiche d'équipement est sommaire, je pars donc lourdement chargé dans le P25 + P90. Bien m'en a pris, il ne restera plus rien arrivée en bas hormis trois Dyneema.
En mode sapin de Noël !
Très rapidement le trou prend une ambiance luxuriante.
Le puits Sud que nous ne descendrons pas
Départ du puits Nord
Vue sur l'éboulis
Au bas de ce puits nous remontons l'éboulis, passons au pied du puits Sud qui arrose et descendons l'éboulis en direction du P27.
Au bas de celui-ci nous tombons sur le chantier de désob du GSI. Pour info, le boyau est plein d'eau !
Nous remontons le P27 en direction du réseau remontant. Il faudrait faire une escalade pour continuer, on s'en tient là.
On en profite pour faire quelques photos de ce gigantesques éboulis.
Sortie vers 17h, sous un grand ciel bleu. Eh oui, ça existe encore !