Lundi 23 février
Après les tests en falaise, nous passons au test sous terre. Trois équipes sont constituées :
- David et moi à l'aven de la Potence, encadrés par Agathe et Paco ;
- Franck et Erwann à l'aven de la Boissière, encadrés par Laura et Kathleen ;
- Louisa à l'abîme de Rabanel encadré par Flo.
En ce qui concerne mon groupe, nous partons avec deux voitures pour évaluer également la capacité à déterminer un trajet. Le trou est trouvé sans difficultés, Paco a même eu la gentillesse de porter le troisième kit d'équipement.
J'équipe le P28 de l'entrée, puis David prend le relais pour les deux R4 qui suivent. Pendant ce temps je décroche Agathe en bas du P28.
Je reprends ensuite la main pour le P5, P7 et TB20. Il est presque midi, nous décidons de manger là car le reste de la cavité est moins confortable.
David déroule le dernier kit : P14 + P37 + P13. Quand nous arrivons au fond, la C100 ne touche pas le sol. Les calculs sont bons !! David effectue un décrochage sur Paco et nous prenons le chemin de la surface.
Au bas du P28 vu que nous sommes larges sur l'horaire, Paco et Agathe réfléchissent et mettent en œuvre une méthode de décrochage pour une personne pendue sur sa poignée chaussée. Ensuite David et Paco effectuent un décrochage croll à croll (c'est du bonus, cette technique n'est pas demandé à l'initiateur).
Retour au CREPS, nous dékitons et échangeons nos sentiments avec les autres stagiaires.
Vers 18 h la pression monte, nous sommes appelés tour à tour individuellement pour savoir si nous continuons l'aventure à l'issue des tests techniques. Pour Franck, l'expérience s'arrête là, quant à Louisa, David, Erwann et moi, notre niveau a été jugé suffisant pour continuer.
Pour la soirée, les cadres nous font un retour techniques sur ce qu'ils ont observé durant ces deux jours de test.
Discussion très intéressante et parfois pointue sur la technique, ça me plaît !
Nous rejoignons ensuite la soirée des perfs, Pierro se lâche sur la technique.
Mardi 24 février
Nous entrons maintenant dans un temps de formation. Vers 8h30 nous nous retrouvons devant le CREPS et profitons de l'équipement sur l'ancien four à chaux (?). Nous y sommes bien mieux installés qu'en falaise.
Programme du jour en image :
Les cadres nous présentent les manips, puis par binôme nous les mettons en œuvre. La pause de midi est un bon moment de convivialité.
En fin de journée le maladroit Paco butte sur une pierre et se fait une blessure à la jambe. Nous établissons un premier bilan, l'installons dans un point chaud et allons donner l'alerte.
Soirée commune avec les perfs autour de l'accidentologie, animé par Paco.
Mercredi 25 février
Journée scientifique animée par Margot et Guillaume, essentiellement axée géologie.
Cette journée débute sur les bords de l'Hérault où Guillaume nous présente la formation du calcaire. Margot assure la traduction en anglais pour nos trois amis grecs.
Nous prenons ensuite la direction d'un parcours karstique que Guillaume a élaboré. Nous y découvrons la dolomie. Nous mangeons au sommet d'une grande perte que nous allons visiter ensuite.
Vers 15h et après avoir repris la route, nous enfilons nos combinaisons pour explorer la grotte de la Fausse Monnaie. Nous discutons remplissage, creusement, concrétions, biocorrosion.
Une journée fort intéressante pour le piètre "scientifique" que je suis. Guillaume a l'art de très bien raconter les choses, et les déplacements dans la journée permettent de faire respirer le cerveau, ce qui est appréciable.
Vu l'heure tardive de notre retour au gîte, la soirée EPI est décalée au samedi matin. Guillaume nous présente ses jeux pédagogiques.




Jeudi 26 février
Nous entrons maintenant dans la préparation de la journée d'évaluation avec le public support qui aura lieu le vendredi. Deux groupes sont constitués :
- David et moi, encadrés par Paco et Agathe à la grotte de la Fausse Monnaie ;
- Louisa et Erwann, encadrés par Kathleen et Laura à la grotte de Gennevaux.
Le matin en salle nous discutons de l'organisation d'une sortie d'initiation, tous les détails techniques qui en découlent, notamment la gestion de la promiscuité lors du réglage du matériel.
Après avoir pris le repas au gîte, nous filons dans les cavités. Nous l'équipons, repérons les difficultés pour le public support et mettons en place le déroulé de la journée.
La (longue) soirée sera consacré à la rédaction de la fiche péda de la sortie. Pas facile à remplir quand on ne l'a jamais fait !
C'est le grand jour ! Rendez-vous à 9h30 avec le public support des deux équipes.
Laura habille d'une combi les initiés du jour, puis nous prenons la route pour la grotte de la Fausse Monnaie.
Notre public est constitués de deux ados Swan et Siwa (12 et 13 ans), d'Élise qui n'a jamais pratiqué la spéléo et de Marielle, licenciée depuis deux ans.
Sur le parking, nous réglons les baudriers, ajustons les pédales et les torses. Une fois sur place, David installe un "practice" pour présenter le déplacement sur main courante et la mise en place du descendeur.
Je m'occupe ensuite de la descente dans le P9 dans l'entrée pendant que David accueille au fur et à mesure en bas et donne un premier apport scientifique.
Nous mangeons en haut du toboggan. Discussion sur la formation des grottes, le SSF, les ancrages pour les plus curieux.
Nous reprenons notre progression, au fur et à mesure des besoins nous présenterons la poignée chaussée, la remontée sur corde sans pantin, et au final la remontée sur corde avec pantin pour le P9 de l'entrée.
À 17h nous sommes sur le parking, l'horaire a été tenu.
Une fois le public parti, nous faisons un debrief à chaud avec Paco et Kathleen. Nous sommes satisfaits de la séance, même si celle-ci a été émaillée de quelques erreurs.
De retour au gîte, nous dékitons. Vers 19h, nous nous retrouvons dans le salon du gîte avec nos cadres pour un second debrief de la séance. Nous discutons des erreurs qui ont été observées, avec David nous commençons à nous poser des questions sur le verdict final qui doit tomber avant le repas... 😕
Je file dans la foulée à la douche, mais je n'ai pas le temps de mettre sous l'eau que David vient me chercher, "on y retourne" me dit-il ! Je me rhabille en vitesse et nous nous retrouvons tous dans le salon, les 5 cadres et les 4 stagiaires. Le résultat tombe : nous sommes tous reçus ! Youpi !
On peut relâcher la pression et profiter de la soirée qui pour les plus résistants se terminera à 4h.





Samedi 28 février
La journée débute par le nettoyage du matériel du CSRO dont nous disposions et son chargement dans la remorque que Kathleen se chargera d'amener dans la journée dans le Lot pour le stage qui débute le soir même.
Ensuite debrief individuel puis exposé par Agathe et Paco sur les EPI.
Enfin et nous l'attendions impatiemment depuis de début la semaine, Paco nous montre son "musée de horreurs". Une valise remplie d'objet très intéressants à observer pour attirer l'attention sur des points d'usure qu'on ne pense pas toujours à vérifier sur les baudriers, croll, MAVC, descendeur, mousquetons...
Au final c'était un stage très enrichissant, on peut féliciter les cadres d'avoir su faire preuve de bienveillance et d'avoir fait diminuer la pression dans un cadre pourtant évaluatif.
J'ai beaucoup aimé la liberté accordé à l'équipement tant qu'il est fait en sécurité, les apports techniques sur l'équipement et les manips d'encadrement.
La journée scientifique était fort intéressante, ni trop peu, ni pas assez, le dosage était parfait.
Enfin la passion des cadres pour l'initiation et la transmission de leur boîte à outils avec un public néophyte était grandement appréciable.
Je suis content d'avoir gravi ce premier échelon dans l'encadrement et j'espère maintenant pouvoir le mettre à profit pour encadrer à mon tour sur des stages fédéraux.