Samedi 2 Mai 2026
Participants :
TPST : 12 h / Causse de Sauveterre
Fabienne, Sylvie et Félix, tous trois au SCAL de Montpellier sont à l’initiative de cette sortie sur la causse de Sauveterre. Félix ne pouvant malheureusement pas se joindre à nous car cloué chez lui par une « bonne » crève ! Charles du Gang des Niphargus Déchaînés (si si il existe !) doit nous rejoindre de son côté.
Pascal et moi retrouvons Sylvie et Fabienne sur une aire de covoit et nous rendons bien vite à l’évidence : il faudra prendre les deux voitures car on en a du matos entre les affaire de camping et de spéléo !
Nous arrivons dans le secteur en début d’après-midi, après avoir suivi les indications sur la fiche du CDS 12 qui nous amène sur une piste où… tout s’arrête car plus rien ne ressemble au descriptif. En effet, le Causse de Sauveterre a été ravagé par un incendie en 2022 et plus de 1300 hectares sont partis en fumée dans ce secteur. Les troncs squelettiques des sapins noircis toujours dressés vers le ciel s’étalent encore à perte de vue. Quelques rares buis repartent… avec des plantations ici et là de… nouveaux sapins (tant qu’à faire vu que ça brûle bien !)
Un petit chemin est tracé là où s’étalait auparavant une piste. C’est à pied que nous suivons cette ancienne piste… et le GPS nous amène pile là où est pointée la cavité sur les cartes OpenStreetMap. Top !
Rapide repérage puis nous poursuivons pour trouver le fameux camp de Fredo grâce à qui cette sortie se fait.
Car la cavité est sur ses terres. Nous trouvons effectivement à 5 mn de l’aven, un camp tout plat, bien aménagé, sans cailloux entouré d’un paysage ruiniforme… aux sapins intacts d’un côté et brûlés de l’autre. (la ligne de feu)
Nous prenons le chemin retour vers les voitures et reprenons la piste et au flair suivons la piste qui, nous l’espérons, mènera les voitures au camp sans encombre (sans accrocher le bas de caisse, quoi !).
L’après-midi n’aura pas été de trop pour mener à bien tout cela et nous installer avant que n’arrivent Fredo et sa compagne, Audrey.
Charles finit par arriver lui aussi, escorté par Fredo qui est allé le ramener sur le bon chemin d’un coup de 4X4 !
Nous passons une soirée fumante tous les 7. Fredo fait de la spéléo dans le coin et ailleurs depuis tout petit (il s’est fait connaître au Berger tout jeune… mais ça c’est une autre histoire !). il aime autant partager son lieu que ses connaissances du milieu. La spéléo c’est sa vie, sous terre… et sous l’eau car explorer ce qu’il y a derrière les siphons, loin au fond des trous est sa très exigeante et engageante passion !
Fredo nous donne tous les tuyaux possibles sur le Lacas qu’il connait comme sa poche.
Il y a une semaine encore nous n’aurions pas pu faire grand chose car les siphons étaient amorcés et nous aurions été bloqués avec des étroitures noyées.
Et il y encore deux jours, le quatre pattes dans le deuxième conduit équivalait à se baquer. Mouais !
L’idée de partir vers le petit collecteur amont et fossile séduit donc les plus « refroidissants-quand-mouillés » comme moi.
Fredo prend note de notre décision.
A 8 h 45, Pascal, Sylvie et moi rejoignons Fabienne et Charles partis un peu plus tôt pour installer la main courante qui donne accès au P15 d’entrée.
Ce sera la seule corde à poser car la cavité est brochée/équipée…même si, nous le constaterons vite, des maillons rapides inox seraient bienvenus au vu de l’hygrométrie du lieu.
Le Lacas a commencé à être exploré en 1953 par Marcel Lacas et le club de l’Alpina et ils ont dû se régaler déjà en arrivant au pied du premier P15 sur lequel nous posons pied. Il y a là de magnifiques coulées immaculées et des gours qui sont toujours intacts 73 ans plus tard. Puissent tous les spéléos à venir être aussi précautionneux ! Fredo nous a d’ailleurs fair rêver en nous parlant d’endroits sublimes… où les bottes n’ont rien à y faire ! Mais Chuuut !
Bref… nous poursuivons par un P86 incroyable… comme une salle tombant sur elle-même, toujours plus bas dans sa verticalité.
Puis s’enchaînent un P30 et un puits en plan incliné où le dos n’est pas loin de la paroi… des marchons bien placés le rendront fort rapide à remonter.
Encore un petit ressaut et nous voilà dans la salle des charbons, vaste salle ainsi nommée en raison des son aspect charbonneux qui est dû à de très importants incendies sur le Causse à la fin du XIXe. Cela n’en a pas que l’aspect car ce charbon est présent un peu partout plus bas et collera bien au matos… et la combi reste un peu noire après lavage !
Nous poursuivons à genoux sur une cinquantaine de mètres. Pensée reconnaissante pour l’armée de gratteurs fous qui se sont acharnés là pour pouvoir passer !
Nous débouchons ensuite sur un P55 bien circulaire de toute beauté (ah oui, il faudra me croire sur parole car les seules photos que vous verrez sont celles de notre équipe de retour au camp… car l’humidité annoncée ne donnait pas envie de risquer le téléphone pour vous ramener des photos).
Nous arrivons dans notre première série de méandre… puis un conduit désobé où l’on se mouille enfin un peu plus copieusement. De nouveau le méandre, jusqu’à déboucher sur un croisement. Nous pensons benoitement arriver au carrefour à -260 m qui est le point de jonction entre l’amont fossile et l’aval actif du petit collecteur que nous envisagions initialement pour éviter la baignade.
Il est 13 h 30 quand nous arrivons à cette « jonction ». Après sondage, nous décidons finalement de continuer vers l’aval du petit collecteur car le 2ème conduit étant moins mouillant qu’annoncé… nous nous prenons à espérer voir l’aval. Nous laissons un petit mot au carrefour pour Fredo afin de lui signifier notre changement de programme, car il avait bien l’intention de venir faire un petit tour à notre rencontre.
Nous arrivons sur un méandre aérien qui s’ouvre par endroit profondément sur une petite dizaine de mètres. Il nous fait déboucher sur une jolie cascade de 5 mètres bien décidée à nous tremper qu’il faut contourner dans un virage à 90° pour éviter trempette…
La progression se fait ensuite plus rapide : rivière… fossile… méandre aérien… P15… à nouveau rivière… un dernier puits de 30 mètres nous fait arriver dans la salle de la Dame Blanche… et la rivière nous dépose au laminoir Cricraint à -327 m. Il sera notre terminus car bien ennoyé… Le premier siphon restera derrière !
Pause repas et nous repartons vers l’amont jusqu’à ce « fameux » carrefour au petit mot laissé !
Nous nous aventurons dans ce début de galerie qui tombe vite dans une grosse marmite où nous descendons… avant de nous enquiller dans une chatière sableuse remontante qui est un enfer pour moi à passer… Je me sens comme un gros ver mou… ce qui met mon honneur en berne car je suis le seul à galérer comme ça.
Bon, tout ça ne laisse pas imaginer qu’on ait déniché le bon fossile ! Pascal persévère derrière après une petite escalade. Il a certes trouvé une suite mais nous ne sommes certainement pas à l’endroit visé !
Nous suivons Charles dans son intuition qui est convaincu que la VRAIE jonction à -260 m s’ouvre plus bas dans l’actif. Il est le seul à avoir remarqué ce départ. Nous repartons donc vers l’aval pendant un petit quart d’heure et remontons donc cet autre actif.
Il se perd dans une voute mouillante… Je vais voir de l’autre côté, un ressaut débouche sur un magnifique méandre qui s’ouvre devant moi.
Je retourne avertir la compagnie… qui semble se décourager et n’est pas convaincue et envisage d’abandonner !
C’est alors que l’impossible se réalise : Diable d'homme, Fredo "surgit" inopinément et nous propose de nous emmener… Et c’est bien là haut dans ce méandre que le fossile nous attend.
Nous le suivons un bon moment et passons sous trois puits de 50 m qui s’ouvrent successivement au-dessus de nous. Le premier tout calcité de blanc est de toute beauté.
Nous remontons encore et passons une petite lucarne qui mène à la suite … Un petit passage un peu aérien… un ressaut équipé et un peu plus haut nous arrivons sur une particularité que Fredo voulait nous montrer, un squelette calcité de chauve-souris.
Ce sera le terminus de notre sortie !
Chemin retour jusqu’au carrefour et nous partons pour une longue remontée… avec des puits qui sont arrosés pour beaucoup d’entre eux… De quoi être bien mouillés et se refroider en bas des puits et sur les fracs.
Nous sortons quasi à l’heure où nous sommes rentrés ! Enfin…12 heures plus tard.
Fredo et Audrey nous attendent devant l’entrée. Fredo est sorti depuis 2 h 1/2. Une machine comme dit Charles !
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L'équipe des charbonniers de retour au camp ! |
Dans leur gentillesse, avant de partir du campement, Audrey et Fredo nous allument un feu à l’extérieur près duquel nous nous réchauffons, mangeons et devisons (spéléo forcément) jusqu’à presque tard !
Le matin, avant de partir nous allons faire un petit tour sur la falaise qui n’est pas bien loin. Le Causse est profondément entaillé par le Tarn qui coule au pied. Le ciel est bas et la pluie pas loin… Mais que c’est beau !
Une sortie fabuleuse, une rencontre humaine du même acabit… Un WE du 1er mai mémorable ! Merci à toutes et tous ! Mention spéciale bien sûr pour toi Fredo si tu passes par là !
























