dimanche 4 avril 2021

Le lion est dompté...

Samedi 03/04/2021

Trou du Vieux Lion - réseau du Chandelier

Participants : 

Côté Chandelier : Etienne, Léon et Léo TPST 8h30

Côté Vieux Lion : JLuc, Dom, Denis, Steve, Henri, Boris, Laurent TPST 9h30


Samedi 2h du matin : je ne dors plus suite à une succession de rêves-cauchemars où j'ai tour à tour oublié les radio et ARVA, été coincé sur la route par un accident de tracteur, et fini par voir la route se dérober sous les roues de la voiture...

Le subconscient travaille grave car aujourd'hui c'est la dernière chance d'avancer pour la "cause" avant un certain nombre de semaines de confinement.

On a décidé de démarrer tôt, et heureusement on arrive à bon port à 8h du mat avec tout le matériel. JLuc, Dom, Denis et Steve descendent au VL pendant que je vais rejoindre et briefer l'équipe Chandelier. En arrivant à l'Escale, je trouve Léon et Léo qui attendent Etienne après un bivouac sur place. Ils sont sans nourriture depuis la veille et Léon n'a pas de néoprène. Ca commence mal...

L'équipe rentre sous terre à 10h avec une probable option de demi-tour assez rapide. Inquiet, je rejoins les autres au fond du VL à 11h. Ils ont déjà bien avancé vers le bas avec un système de rotation sur le front de taille toutes les 20mn.

Au sommet du puits artificiel, bas du Vieux Lion

Puits de 4,5m creusé en deux séances

 

13h : Un appel retentit à la radio. Soulagement, la "section St Antonin" est arrivée à bon port, avec de l'eau jusqu'au nombril dans le réseau I. C'est l'heure du test ARVA qui doit valider ou sanctionner le travail accompli.

Un premier coup d'adrénaline monte lorsqu'on se met à entendre parler l'équipe Chandelier à travers le remplissage. Ils nous signalent par radio qu'ils sentent un courant d'air arrivant vers eux. 

Le verdict ARVA tombe : 2,4m de lacune. Génial, la motivation monte encore d'un cran et l'espoir de concrétiser aujourd'hui devient possible. C'est décidé, on continuera jusqu'à la délivrance. Boris arrive en renfort et les rotations reprennent de plus belle.

Petit tour d'horizon :


15h : Il devient désormais possible de communiquer entre équipes sans radio. Nouveau test, il reste 1,4m mais nous n'avons plus les flèches directionnelles sur une distance aussi courte. On se réajuste plusieurs fois à la voix. La structure du remplissage, induré par la calcite, nous permet de ne pas voir les parois s'effondrer autour de nous, le puits creusé dépasse à présent les 6m.

Tout s'accélère soudain à 16h30; les quelques vidéos qui suivent dans l'ordre chronologique valent mieux qu'un long texte pour décrire les faits et l'ambiance :





 



On l'a fait !!! 15 ans après la jonction historique de Matte Arnaude avec Cabrespine, et presque deux ans après le début des travaux en surface au Vieux Lion, le SCA offre au département de l'Aude une seconde traversée d'envergure nationale, et surtout un accès direct aux drains majeurs du pays de Sault depuis la surface du plateau par ...  une jonction topographique en aveugle, au mètre près, à 75m de profondeur après presque 4000m de cheminement souterrain, et en l'absence de cavité au départ. Un pari qui énoncé comme ça pourrait s'approcher de la débilité profonde...



On ne résiste pas à une petite visite, et le cerveau a du mal à réaliser que ces paysages vus en pointe engagée ne sont plus qu'à 20mn de la sortie.

Arrivée dans l'affluent du Vieux Corbeau depuis la jonction


Sortie des étoiles plein le yeux à 18h30, avec encore du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Sans la communication avec les gars du Chandelier, il aurait fallu au moins une sortie supplémentaire pour s'orienter, et encore !


 

Merci à toute l'équipe d'avoir eu confiance dans le diagnostic de départ, initié par une intuition tenace lorsque l'on passait par là pour aller bosser au P8, puis confirmé plus tard par la topo. Et bravo pour n'avoir jamais perdu la motivation nécessaire; tout au long de ces nombreuses épreuves et obstacles surmontés les uns après les autres.

Une belle page de l'histoire de l'exploration du plateau de Sault et du SCA se tourne, et une autre va pouvoir commencer à s'écrire. La prochaine étape visera à présent le Blau souterrain...

 




lundi 29 mars 2021

dimanche 28 mars 2021



Dimanche 28 Mars 2021: Trou du vestiaire, Trassanel, cinquième édition.

Et oui Daniel, d’où l'interrét de ce tenir aux comptes rendus....

Cette fois ci avec les 2D (les 2 Daniels...). Énormément de monde sur la zone, vue le très beaux temps: des trailers, des cyclistes, des randonneurs. Et les derniers de mohicans du milieu spéléo sur la zone!

Environ 15 "pailles" plus tard l'on peut dire que ce "départ" commence à ressembler à un vrai trou....Ce qui est très encourageant c'est que le très bon souffle que l'on sent toute la journée n'est pas si véloce que ça. Je m'explique: vue la chaleur par moment, si ce n'était qu'un tube à vent avec les cheminées de l'Aven de Clergues, l'on pourrait s'attendre à une aspiration certaine vue l'emplacement perché. De plus une des fois précédentes l'on avait constaté une ventilation alternative, genre courant d'air de volume....

Perspective en partant après cette glorieuse avancée de....1m: un laminoir à gauche semblant bouché par la terre. Une suite présentie à droite d’où semble venir l'air. Derrière un bloc au sol qui nous cache la vue. Autant les "pailles" ont un fonctionnement fantaisiste dans du rocher peu homogéne, autant elles font des dégâts considérables dans le beaux calcaire bleuté trassanélien. Affaire à suivre. TPES:6H30.

Cette fois ci l'on a pu casser la croute sur place grâce au printemps qui s'installe.

Je n'arrive plus a insérer des photos. Vous devinez ce que je pense des gens qui gére notre blog!!!!

samedi 27 mars 2021

Les derniers mètres

Samedi 27/03/21

Trou du Vieux Lion

Participants : JLuc, Clément, Dom, Laurent

TPST : 7h

 

On devait être 5 au départ mais problème de voiture pour Romain de bon matin. Heureusement il arrive à faire passer l'info de ne pas l'attendre.

Après un passage à Font Maure, on se retrouve au Vieux Lion à 9h sous la pluie. Sous terre tout est encore sec et c'est tant mieux.

On commence par aménager le chantier du fond : chemin de ronde en pierre pour descendre au point de départ; équipement d'une main-courante et d'un balancier pour monter les gamattes sans forcer, pose de marches pour le confort et la sécurité. Tout est paré pour envoyer du lourd dans des conditions optimales, avec en prime un certain sens de l'esthétique...

Départ de la journée à 1,8m du rebord du puits artificiel et tout va s'enchainer à un bon rythme. En fin de matinée, Clément qui est sur le front tombe sur un sol nettement plus dur. Ca pourrait être une mauvaise nouvelle mais en fait la configuration vers le bas va nous sauver : il s'agit de blocs qui ont subi de telles pressions qu'ils sont facilement fractionnables au marteau burin. De la calcite s'est insinuée dans les fissures de telle sorte que ces ensembles forment des parois qui ne risquent pas de s'effondrer. Il "suffit" de casser là où on veut passer. L'exercice est physique mais la motivation est au top.

On abaisse ainsi le sol et trouvons rapidement de petits vides entre les blocs, avec parfois même quelques concrétions. L'aspect ressemble à présent trait pour trait au bouchon côté Chandelier. La paroi nord nous sert de guide et de vieilles stalagmites enfouies sous le remplissage retrouvent l'air dont elles ont été privées depuis belle lurette; le chantier raconte l'histoire géologique récente de ce coin de massif...

A la fin d'une après-midi de forçats, les blocs et graviers collés par la calcite deviennent de plus en plus libres et il est difficile d'abandonner pour remonter à peu près à temps pour le couvre feu, tellement il nous semble que chaque coup de piquette pourrait amorcer le courant d'air. La paroi s'infléchit carrément vers le nord à présent, ce pourrait être l'amorce du plafond de la galerie sous-jacente ?

Mesure en fin de chantier : nous avons atteint 3,5m de profondeur. Il ne pourrait peut être rester que 3m si on ne loupe pas la lucarne de la voûte. Les prochaines sorties seront à nouveau sous haute tension.

Malheureusement pas de photos, l'appareil est pour une fois resté dans la voiture.



 

dimanche 21 mars 2021

Dimanche 21 Mars 2021: Les vestiaire commence à s'ouvrir....Trassanel, Pech de Laure.

Retour aujourd'hui à partir de 10H avec Daniel M pour une séance quasi hivernale.

Et cette fois ci avec une efficacité technique qui change la donne: pointeroles neuves, pailles qui marchent,accus aux point.

Non stop, tant la technique des "pailles" ne nous laissent pas le temps de souffler entre deux "tirs". 13 au total, dont 11 vont vraiment bien fonctionné. Avancée de 2 bons mètres....enfin en bout de pieds. Il n'y a qu'un seuil de calcite compacte qui nous fait fuser les trous par deux fois. Le courant d'air imperceptible au début, deviens vraiment véloce et chaud dés que l'on ouvre vraiment le diaphragme. Et non seulement ça, mais semble fonctionner en inversion (courant d'air de volume?). Le début de journée et des plus agréable au niveau météo, puis les nuages arrivant, un vent frigorifiant est des plus pénible.

A la fin , je tente une tête en avant, et bien m'en prend: sous une magnifique voute cupulée un éboulis vaporeux barre l’accès à ce qui nous semble un vide assez conséquent. Et ce en direction du massif! Déjà plus rien à voir avec l'aspect brisé du "trou de la crête" proche. Il faudra confortabiliser et l'éboulis devrais être facile à travailler....La suite au prochain numéro.Qui sera le quatrième sur ce trou.

Est ce qu'un jour nous verrons ce site sans vent?!

TPES: 5H.


samedi 20 mars 2021

exercice ,formation secours

samedi 20 mars 2021

Exercice secours , grotte du cimetière

participants SCA : Alain M,Cathy,Denis ,Jean luc , Laurent,Dom

participants total 25 spéléos

Premier exercice SSF de l'année ,tous les clubs sont représentés.

Ça faisait bien longtemps qu on ne s était pas vu !

Debut des hostilités vers 10h,au passage belle réalisation du grillage d entrée.

Chaque équipes préparent son atelier , il est vrai que cette cavité se prete bien à l entrainement , à la pédagogie et offre une belle visibilité pour nos CT.

Vers 13h , la pause repas s impose ,pic nic et saucisses... 

L après midi est consacré au passage de la civière par un petit cheminement et les 3 ateliers,traction ,balancier et tyrolienne.Un très jolie parcours qui permet de se remettre en tete les differentes techniques.

Petit debriefing ,post sortie de civière.

Une très agréable journée , dans une très bonne ambiance.

La grotte du cimetière a bien rempli son rôle de cavité école.

Pas de photos ,dommage , il y en aurait eu des sympas


 

dimanche 14 mars 2021

Mauvais sort et exorcisme par les ondes

Samedi 13/03/21

Réseau du Chandelier + Trou du Vieux Lion + Trou des Salamandres

Participants : Denis, Boris (Chandelier TPST 9h30); Steve, Dom, Clément (Salamandres TPST 1h30 et Vieux Lion TPST 5h); JLuc, Laurent (Vieux Lion TPST 6h30)


Une aube flamboyante se lève sur une de ces journées dont on sait par avance qu'elles seront riches, pour le meilleur ou pour le pire. Après plusieurs semaines de baisse des niveaux hydrologiques, il est temps de remettre le couvert pour une nouvelle tentative de communication intraterrestre Vieux Lion - Chandelier.

Tout a été préparé, discuté, planifié, et le répit météorologique atteint aujourd'hui son apogée avant une reprise annoncée des conditions hivernales.

Boris et Denis, marathoniens désormais récurrents du Chandelier, entrent sous terre à 9h30, impatients de voir si le réseau est praticable jusqu'au fond.

Une autre équipe composée de Steve, Dom et Clément, nouvelle recrue motivée du club, partent au trou des Salamandres pour familiariser Clément aux agrès et récupérer les cordes en place, avant de nous rejoindre au Vieux Lion.

JLuc et moi descendons au VL à 11h pour faire un état des lieux du tunnel après la crue et sortir quelques gamattes le cas échéant. La cavité post-crue est magnifique, propre, luisante et sèche.

Equipe de pointe Chandelier prête au départ

Dans le Chandelier, l'eau a fortement baissé et il ne faut plus nager qu'à un seul endroit, sur quelques mètres. Le III et le IV sont secs, et la vasque siphonnante ayant arrêté l'équipe à quelques centaines de mètres du fond lors de la précédente virée n'existe plus.

Le niveau d'eau a bien baissé dans les gours du I (traces de niveau max bien visibles à droite)

Progression dans le II

L'équipe de pointe ultra light atteint le terminus de l'affluent du Vieux Corbeau en un nouveau temps record, 2h45.

Pendant ce temps au Vieux Lion, avec JLuc nous avons dégagé le fond du tunnel, les effondrements ont été très limités. Il est midi vingt quand j'entends le signal d'appel, les premiers coups de marteau venant de l'autre côté du bouchon.

L'ARVA et la radio sont allumés. L'appel par les ondes reçoit une réponse fort et clair. Cris de joie des deux côtés, c'est la première fois qu'on va pouvoir communiquer autrement que par des codes au marteau.

Mais la joie est de courte durée : l'ARVA placé au début du chantier au même endroit que lors de la mesure des 8,4m refuse obstinément de descendre sous les 13m. L'espoir est encore là car il faut à présent tester le tunnel. Pourtant les choses empirent très vite : non seulement les valeurs ne diminuent pas en allant vers le fond, mais elles augmentent significativement : 30m au bout du tunnel !

La joie a laissé place à la stupeur et au silence des deux côtés. On vient de prendre une grande claque...Tout nous passe par la tête, ce sont ces p....ns d'appareils qui déconnent, ou alors l'ogre de Sault se paye notre tête, quelle haute prétention de croire qu'on pouvait ainsi l'apprivoiser. On vient de percer un tunnel de 7,5m et déplacé 10 mètres cube de sédiments en 6 séances absolument pour rien...Punition pour notre impatience !

Il faut quelques minutes pour reprendre la pleine conscience de la situation et analyser rationnellement les éléments en notre possession. On reteste la base des puits puis l'ancien fond pour se débarrasser des doutes perturbateurs, mais tout nous ramène toujours au point-clé du début du tunnel. Il ne reste que la solution du bas mais l'appareil augmente les distances quand on l'oriente vers le sol. Ces dernières baissent à l'inverse quand l'ARVA est pointé vers le haut. Un vrai casse-tête.

Heureusement il y a la liaison radio. Nous mettons en place rapidement une série de tests d'orientation synchronisée qui commence à donner des résultats. Le décryptage des signaux va durer une quarantaine de minutes mais nous parvenons in fine à déterminer précisément le point ainsi que l'angle d'attaque dans le sol. La lacune au point faible n'est plus que de 7,8m, avec une inclinaison à 60° dans une direction bien établie du sol.

Une fois de plus nous retombons sur le calcul topographique initial, au mètre près dans le calcul des dénivellations. Tout concorde à nouveau des deux côtés du chantier malgré l'improbabilité de l'emplacement de cette jonction, sous une croûte de calcite uniforme, et l'absence totale de signes observationnels. L'espoir revient, merci la radio sans qui tous ces tests auraient été impossibles...

 

La zone de jonction vue côté Chandelier

ARVA en place au niveau du bouchon (côté Chandelier)

Les renforts arrivent à ce moment-là en haut du puits. Dom demande des nouvelles. Je réponds :

- "Il y en a une bonne et une mauvaise"

- "C'est quoi la mauvaise ?"

- "On a creusé le tunnel pour rien"

- "Et la bonne ?"

- "On est vraiment trop forts en topo"

Avec les renforts il y a notre arme secrète en la personne de Steve, qui est venu pour en découdre : 

- "7,5m à creuser seulement ? C'est par où ?"

La vidéo suivante se passe de commentaires et donne un aperçu des quelques heures qui vont suivre cet échange :

L'équipe du Chandelier s'est également remotivée et creuse en remontant. Les travaux sont entrecoupés de mesures de distance à l'ARVA, qui baissent à vue d'oeil. On passe rapidement sous les 7m. Mesure suivante une heure plus tard : 6,4m... Encore une heure plus tard : 5,8m...

L'euphorie à présent a repris le dessus, cette fois on est sûrs de la tenir cette jonction...

Le travail redouble par le Chandelier

Extraction d'un verrou

Dans le puits artificiel creusé depuis le Vieux Lion, on sent les vibrations  des coups de pied de biche arrivant de dessous. Vers 15h, les piles de la radio du fond rendent l'âme, mais elles auront fait le job. Denis et Boris font demi-tour à 16h mais nous continuons encore un peu par le VL en se relayant. Clément prend ses marques avec la désobstruction, il arrive à un moment clé de l'exploration du massif.

Nous descendons encore de 80cm avant l'heure de la remontée, le puits fait environ 1,8m et la lacune n'est plus que de 5m avant la jonction, dans du terrain meuble. L'affaire de quelques sorties.

Le puits creusé en moins de quatre heures côté Vieux Lion

Avant de partir je jette un regard au "tunnel de l'impatience" qui restera comme le témoignage de la différence entre logique humaine et logique d'un karst polyphasé situé au niveau d'une faille majeure. Encore une bonne leçon !

L'histoire du jour ne s'arrête pas là. En suivant la tradition des retours de désob par le Chandelier, Boris et Denis trouvent un nouveau réseau dans le IV, 15 m en diaclase puis obstacle à équiper avant...un grand vide avec perte de faisceau lumineux à 20 ou 30m. Peut être un fossile...

Puis en suivant la logique du grondement sourd entendu pendant la crue, à la charnière III - IV, la visite du passage en question s'arrête sur un bon trou souffleur, semblant s'élargir ensuite. Le Blau ?

Le IV regorge de suites à explorer, et il sera bientôt accessible en 30mn. Tiens,on est à nouveau impatients !

Traditionnel débriefing nocturne à la sortie du Chandelier, détente, rigolade et convivialité après ces heures sous tension. Le genre de moment qui soude pour de bon une équipe...