vendredi 11 septembre 2026

Trou de la Pause : combattre le mal par le mal

Vendredi 10 septembre 2026

Participants : Hervé, Henri G., Alary

TPST : 3h15  / Trou de la Pause
TPST : 3h / Source de l'Agly

La visite du 3 août 2014 signe vraisemblablement la dernière descente au fond du trou de la Pause. Jean-Michel E. et Laurent sont les deux derniers à y avoir mis les pieds. Sauf si je ne suis pas tombé sur l'info, depuis, plus personne n'a revu le fond de ce chantier de grand malade, ayant repris le 10 janvier 2011 après 18 ans de pause...

Mais un article intitulé "Retour à l'Agly", publié par Henri le 06/09/2026, lança une minuscule vague d'intérêt dans les commentaires. Quelques informations partagées par Laurent, un échange de mail avec Henri, et nous étions repartis à l'assaut de l'Agly souterraine !

À 8h15 je retrouve Henri à Alet, puis nous retrouvons Hervé au col de la Lucio pour 9h. La piste qui mène à la ruine (parking) est carrossable avec un véhicule haut. De là, nous continuons à pied même si la piste a été réouverte. Nous suivons les souvenirs d'Hervé et Henri pour retrouver le trou. J'ai les coordonnées et une photo en main, mais le paysage ne colle pas... Finalement, c'est Hervé qui retrouvera le sentier ainsi que l'entrée du trou, installée au centre d'un espace grillagé à côté d'un alignement de trois grands résineux. Le point GPS converti de la fiche de 1994 et donc les coordonnées Grottocenter que j'avais étaient décalées de 84m trop en amont... Je m'équipe. La descente dans le trou ne nécessite aucun matériel mais la progression y est semblerait-il difficile. J'embarque donc uniquement mon mini kit avec dedans de quoi survivre quelques heures au chaud. J'effectuerai la descente seul, avec pour objectif premier d'atteindre la grande salle et la trémie de la Escande Tower. Puis avec pour objectif second, d'aller au fond en essayant de repérer les quelques points intéressants éparpillés sur le trajets et issu des 43 comptes rendu libellés "trou de la Pause". Je vous recommande la lecture de ces articles, permettant de se rendre compte de l'ampleur du travail et des moyens mis dans ce trou, rêvant à chaque session de déboucher dans la rivière de l'Agly souterraine...

En somme, la mission est simple. Mais son succès très incertain. Seul, sans plan récent, dans un trou apparemment difficile de progression, sujet aux crues et non revu depuis près de 12 ans... Il me fallait avoir une certaine dose de sérénité... À 9h30, je passe sous terre, dans un nuage de moustiques. La galerie est descendu jusqu'à une bifurcation net sur la droite. Directement au sol, un ressaut de 3 mètre donne dans un méandre. Juste au-dessus, des tirs ont été faits. Mais ça reste impénétrable. En face, la galerie concrétionnée continue. À ce moment là, je ne sais pas s'il a un shunt au méandre, alors je cherche un peu, mais ne trouve pas (je crois qu'il n'y en à pas ici, faut se coltiner le méandre inférieur...). Donc je m'engage dans le méandre par l'accès qui mène à -21 sur la topo de 92. Au sol, des cailloux de désob partout, bien propre, mais posés sur une base de boue et de terre humide mais relativement compacte. J'avance allongé à l'égyptienne, ça se rétrécit, encore et encore mais ça passe toujours. Pas impossible que le sol soit un peu remonter...
Vers la fin du méandre avec mon mini kit propre
Il me faut virer quelques caillasses du passage, et enfin ça s'élargit légèrement. Niveau courant d'air rien de fou, mais l'aspiration est perceptible. J'arrive au bout du méandre, des traces de mises en charge sur les murs et au bout, un bouchon de blocs et de matière organique... Comment je passe moi ?? Alors que j'approche le bouchon en râlant un coup, surprise, l'acoustique a changé, ça raisonne un peu ! En fait, au-dessus de moi, une belle galerie a fait son apparition depuis un bon mètre... Sauvé ! Ici dorment une gamate et sa corde. Pensant toujours à un peut-être shunt de ce désagréable bout de méandre, je me dis qu'au retour j'irais voir tout droit dans le fossile... On en reparle plus tard... Me voilà déjà en dehors de la topo de 92. Je continue et quelques virages et passages bas boueux plus tard, je débouche dans la grande salle de la trémie consolidée.
   
La salle vue depuis le haut ; l'outillage
En bas, du matériel traine encore et à droite, la structure métallique de la Escande Tower apparait. Rapide diagnostic : le rouge est un choix esthétique que j'approuve. Mais surtout, on dirait que l'eau a emporté pas mal de matériaux. C'est tout propre, et la partie haute de la structure ne retient rien du tout. Structurellement, tout à l'aire en place. Je descends avec précaution.
L'étayage vu depuis le bas
La reptation continue, c'est boueux. Après une épingle, on débouche dans une galerie plus commode, en partie naturellement creusée cette fois. À son terme, deux choix s'offrent à moi, sur ou sous la dalle. Je vais dessus car c'est plus large, peu de traces de passages ou, du moins, elles ont été effacées par le temps. Une diaclase descendante encombrée de mottes d'argile semble mener à un tas de boue, je ne m'y engage pas... Je descends et m'engage dans un sale petit méandre sous la dalle. Tête en avant puis pieds en avant. Il y a des traces de passage sur les parois, mais je bute sur un passage bien trop étroit. Il y a de l'air.
L'épingle
En haut de l'image, la dalle. Dessous, le petit
méandre devenant impénétrable.
Effectivement, j'ai loupé quelque chose. Je remonte au-dessus de la dalle, et encore plus haut dans la boue jusqu'à quelques concrétions. Mais rien. Dernière option, la diaclase argileuse : un point bas et ça remonte derrière, la suite était bien par là !
Je continue, les passages les plus confortables se passent à quatre pattes. Sinon c'est de la reptation dans une bougnafle de plus en plus liquide. Ma combi est déchirée, les scratchs commencent à ne plus fermer à cause de cette gadoue... Je passe un col où repose un bios au manche bleu. Ça redescend puis ça s'enfile dans une étroite diaclase. La boue est liquide, mais dans l'état où je suis cela n'est plus un problème. Une chose est certaine, c'est pas un trou pour les combis rouges… PVC obligatoire !
   
Le bios et la diaclase étroite
Arrive ensuite une succession de points bas / anciens siphons, le plus sympathique dans un beau calcaire se remontant sur 4 à 5 mètres dans des congères de petits galets roulés, et remis en place par l'eau... Cette zone n'est donc pas complètement fossile ? Au sommet, on jonctionne à la perpendiculaire avec une galerie qui suit un plafond de grès.
Vue depuis le haut du siphon et des galets
"Les galeries un peu sympathiques…" Oui. Mais non. Même si on se redresse parfois, le sol est uniquement composé de marmites et de faux planchers tous recoupés les uns dans les autres... Le paysage change, c'est au moins ça ! J'arrive à la fameuse corde et au ressaut. La manière dont elle est foutue, tressée sur elle-même et emportée à quelques mètres de son point de chute, me fait douter encore plus du fait que la galerie soit fossile. De plus, les passages avant que j'y passe sont propres. En crue, l'eau doit encore y circuler, mais pas bien rapidement. Un peu plus loin, après un ressaut, une petite pièce confortable retient quelques outils. Une poupée de corde (déplacée pour la photo)et une bouteille d'eau d'un litre au sol n'ont pas été emportées par l'eau.
La fameuse massette de 2kg ??
Je crois approcher du fond. Encore quelques contorsions, reptations à l'égyptienne, quelques angles droits et enfin se montre la désobstruction finale. De la calcite apparait sur la paroi de gauche, au sol sont visibles de petits gours cristallisés. Il est 10h58, j'ai mis 1h28 à atteindre ce qui, pour moi, sera la fond...
Vue du terminus, de l'aval vers l'amont 
Je tente de franchir le rétrécissement dans la calcite. Laurent l'avait franchi en se dégonflant lors de leur dernière visite... Tête en avant d'abord, je sens que le haut peut passer, mais ça descend légèrement, alors si je coince, la marche arrière va être douloureuse... Pieds en avant, c'est plus rassurant. Les fesses pourraient passer, mais je touche déjà la paroi derrière moi... Je cherche en forçant avec de petits mouvements de coincement / décoincement et à un moment, je crois avoir passé le plus serré, mais le méandre tourne et dans le sens où je suis, impossible de plier les genoux... Peut-être que je passe, mais c'est extrêmement inconfortable, et bien des choses me dissuadent d'en demander plus...
Il est 11h05, j'entame la remontée en essayant d'être attentif à un endroit où un méandre en bordure d'un éboulis de gros blocs filtrerait le gros du courant d'air. Car effectivement, il y a nettement moins d'air qui circule ici que précédemment dans les conduits qui suivent depuis la base de la trémie. Mais malgré cette indication, je ne trouverai rien de très parlant... Je perds un peu de temps à essayer quelques photos finalement inexploitables et surtout, j'en perds à cause de ma combinaison totalement ouverte et qui s'accroche partout. Plus aucun scratch ne tient...

J'enchaîne tous les obstacles moyennant quelques secondes de pause jusqu'à l'entrée du tout premier méandre, celui que j'espère encore shunter par le fossile... Je continue donc tout droit dans le fossile, mais je bute contre des concrétions puis le sol rejoint le plafond. Ici et là quelques départs en plafond, mais pas de suites. Je repère encore quelques zones d'ombres mais sans plus de traces de passage, alors j'abandonne et me remets dans ce méandre pénible et douloureux. Enfin je retrouve la galerie menant à la sortie, où monsieur crapaud se gave de moustiques, presque 1h après être parti du fond (à très bon rythme mais en comptant les pertes de temps sur le trajet). Mon matériel est HS et physiquement, je sens que ça a travaillé... Je regagne la voiture pour ensuite retrouver Hervé et Henri vers 13h à la Source de l'Agly.

Pendant que j'étais à la Pause, Hervé et Henri sont descendus à la source de l'Agly, voici le récit de Henri :
"Pour moi et Hervé rentrée dans la source de l'Agly vers 10H.
Je grimpe avec 2 goujons la vire au-dessus du 1er siphon, équipée en corde. Puis après le toboggan qui suit l'on s'arrête sur une très belle et longue vasque qui à priori doit être le 2ème siphon (fil d'ariane). Pas d'air sensible à cet endroit, donc j'en conclu que tout est en eau malgré la sécheresse. C'était quand même bien d'en avoir le cœur net! Pistage d'une suite un peu partout. Alary nous rejoint à la voiture où l'on casse la croute."

Donc après le repas, nous allons voir un trou trouvé par Henri rive droite de l'Agly, bien en amont de la source. Un ressaut de deux mètres mène dans un méandre arrosé... Aussi près de la surface ? Par ces temps plus que secs ? Probablement un effet temporaire des dernières pluies. Pas de courant d'air, mais une résonance longue et aiguë se propage dans la suite impénétrable du méandre. Au-delà de la douche, le méandre bifurque à gauche puis, au bout de deux mètres, à droite. La visibilité au-delà est nulle, l'eau coule deux mètres plus bas à la base du méandre. Elle se dirige dans la montagne.
Il y a de très fortes chances que cela mène à un niveau noyé, compte tenu de la résurgence proche et d'une observation faite à quelques dizaines de mètres en aval de ce point : toujours rive gauche, un orifice de 40cm de large pour 50 de haut sur 5 mètres de long environ, allant en se rétrécissant, donne un regard dans ses derniers mètres sur une nappe d'eau d'apparence peu mobile. Pas d'air ici non plus.

Après ça, direction la source de l'Agly. Henri y a repéré une zone à ouvrir tout au fond. Pendant qu'ils commencent la purge avec Hervé, j'escalade rive droite et arrive au-dessus de ce que Henri voulait ouvrir. Il n'y a rien, si ce n'est une inscription du "GEK". Alors on attaque un peu plus bas avec le perfo. C'est étroit et peu confort. Première salve en demi-échec, la seconde fera le boulot. Henri passe, débouche dans un tout petit volume tout colmaté d'argile et de calcite. Sans suite. Il est 15h, on se dirige vers la sortie. Fait intéressant, un courant d'air est perceptible, quand on quitte le fond pour se faxer dans la faille. Soit il s'agit simplement d'un courant d'air de versant ou de convection, soit il y a quelque chose à trouver compte tenu du fait que les siphons soient en eau...

Pour conclure, le boulot titanesque fourni dans le trou de la pause est remarquable. Mais difficile d'espérer retourner tout au fond sans devoir emporter avec soi de quoi exploser ce rétrécissement dans la calcite... Si ce que je cherchais en remontant s'avère bien plus accessible et prometteur, alors peut-être un jour y tenter quelque chose... En attendant, vous savez à quoi vous attendre ! Aïe ! Ouille !

lundi 7 septembre 2026

Vieux Lion / Chandelier : il est grand temps de s'y remettre !

Dimanche 6 septembre 2026
 
Participants : Félix, Alary

TPST : 11h30 / Réseau Vieux Lion - Chandelier, Plateau de Sault

La liste d'objectifs patentée au réseau du Vieux Lion / Chandelier est telle, que j'ai dû finir de l'écrire directement sur la table... Heureusement, et pour éviter qu'elle ne se prolonge jusqu'au carrelage, nous nous retrouvons avec Félix à Festes, direction ensuite le parking du VL. Les objectifs que nous essayerons aujourd'hui de rayer de la liste sont les suivants :
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au rééquipement de la traversée et voir comment l'optimiser.
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au balisage du cheminement de la traversée.
  • Repérer d'éventuelles escalades à entreprendre dans le secteur entre la Murène et la jonction Réseau I - II (hypothèse d'une jonction aérologique Trou du vent du Blau - Réseau I). 
  • Rendre visite au siphon de sable (vu en eau le 14/12/2025).
  • Rendre visite au siphon d'eau (dernière visite le 11/12/2025).
  • Ressortir du matériel du boyau du vent et refaire un check matos au stock direction des disques intriqués.
Bref, il y a du boulot !
À 10h, nous entrons par le Chandelier et commençons les mesures. Félix devant fait une fiche d'équipement détaillée et repère s'il y a des pistes d'amélioration. Derrière, je récupère le matériel vacant et estime avec une cordelette de dix mètres les longueurs de cordes. Le processus est long. À 11h30, nous sommes à la base des puits. C'est là que s'ajoute l'estimation des besoins pour le balisage. Félix estime le nombre de piquets et moi, les longueurs de ficelle en se basant sur mon nombre de pas. Nous prenons des notes sur un carnet et sur la topo.

Extrait du carnet et de la topo
Nous passons la zone des grands gours temporaires et nous arrêtons juste avant que la galerie ne bifurque à droite, au niveau de deux points d'interrogation (la bifurcation est suivie sur la topo d'une MC et d'un R4). Dans cette zone, je m'en vais escalader pour repérer deux départs rive droite, tous deux colmatés par de l'argile. Seulement au-dessus du cheminement principal, une diaclase s'élève et de là où je suis, je la vois se poursuivre encore plus haut avant de bifurquer. Tout en haut, les parois semblent érodées. La diaclase est perpendiculaire à notre galerie. Je redescends. Quelques mètres plus en amont, une autre cheminée mériterait d'être escaladée. Je ne vais pas énumérer toutes les cheminées curieuses à escalader comme celle-ci, nous en avons repéré plein… J'en ai escaladé certaines, mais pas jusqu'en haut. En général elles sont plutôt accessibles, des portions se grimpent bien.

Un peu plus loin en amont, donc après la MC et le R4, une cheminée rive droite est indiquée sur la topo. En y jetant un coup d'œil, nous observons une chauve-souris en sortir, puis aller et venir. En avançant davantage, il m'est possible de grimper. L'escalade restante de 5/6 mètres demandera du matériel. En essayant de gratter la meilleure vue, j'observe que le chenal s'horizontalise. Peut-être seulement un effet de perspective...  
Nous arrivons à la murène, j'en profite pour aller dans le boyau jusqu'à ce que ce dernier remonte en se rétrécissant. Je m'arrête là ("Je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?"). Mais les désobeurs sont allés plus loin, pas d'air. Par contre, la soufflerie se franchit plein vent ! Juste après l'avoir franchi et avant la première arrivée d'eau, le chenal de voûte au plafond s'enfonce dans le mur, visibilité faible. Mais des traces hautes me font penser que quelqu'un est déjà monté (point d'interrogation rive gauche, cheminée en face rive droite sur la topo). Concernant la première arrivée d'eau, j'escalade la coulée. En haut rien. En face, une fissure en méandre commence. En me déplaçant sur la coulée, j'y accède : elle cut complètement au bout d'un mètre.

Ensuite est indiquée une seconde arrivée d'eau (juste avant la section B - B' sur la topo). Ici une main courante contourne un large gour. Et pendant un instant de silence, il me semble entendre un bourdonnement... En quelques instants l'impression se confirme, j'arrête Félix, qui détecte aussitôt lui aussi le bourdonnement ! Nous sommes dans le secteur supposé de la jonction aérologique avec le Trou du vent du Blau, on stoppe tout. Nous nous mettons en quête de trouver la source de ce bourdonnement, sachant combien l'acoustique sous terre peut être étrange et nous jouer des tours... Nous commençons par borner les limites d'audibilité du son, rapidement réduites à un secteur de 5m² au sol autour de cette fameuse coulée "arrivée d'eau". Le son paraît englober la totalité du volume, donnant même l'impression qu'il provient de l'intérieur des murs... Finalement, il me semble entendre avec plus de netteté ce son quand j'approche la coulée. J'escalade trois mètres, le son devient de plus en plus net. Il me semble venir de devant moi, dans la coulée. À son sommet, plein de petits trous pourraient être à l'origine de ce sifflement et de ce bourdonnement superposés, absolument attribuables à un flux d'air qui circulerait dans un goulot d'étranglement. Seulement, je ne trouve rien, aucun flux... Je mets la main partout, on écoute, on se déplace, on teste en faisant fumer une boîte d'œufs mais rien... J'ai déjà eu le cas d'un flux d'air passant par l'intérieur d'une fistuleuse. Mais le son était bien plus discret.

Ci-dessous la coulée et la vidéo (montez le son...), le son semblait provenir du petit secteur où j'ai placé le "X" rouge. 
La coulée
En regardant bien depuis le bas, Félix localise quelques endroits qui pourraient également être à l'origine de ce son dans le plafond rive gauche. Y accéder demandera du matériel, ce sera pour une prochaine fois ! Aviez vous déjà détecté ce son à cet endroit ?

Après avoir passé une bonne heure là-dessus, nous reprenons nos mesures. L'heure tourne bien trop vite, à 18h nous sommes au choc des titans. Nous arrêtons de regarder le plafond, puis petit à petit, nous laissons les détails d'équipements pour ne prendre que les longueurs de cordes et le balisage. Nous tenons à aller voir les deux siphons. Dans le Réseau III, nous nous arrêtons au trou souffleur, duquel un bruit similaire à celui entendu plus tôt en haut de la coulée est nettement perceptible sans être aussi fort. Pour autant, il n'y a presque pas d'air... (montez le son).
Après le passage inférieur entre le Réseau III - IV, Félix me propose d'aller seul voir le siphon d'eau pour éviter de se retrouver limite sur l'horaire de secours. Je le laisse alors poursuivre les notes pour le balisage (d'ailleurs en bien meilleur étant que dans le I et le II) et file d'abord au siphon de sable. À ma grande surprise, le fond est toujours noyé. Les outils et les gamates qui étaient là sont ensevelis...
Le siphon de sable
Le niveau est légèrement plus haut que le niveau observé en décembre dernier. Ensuite, direction le boyau du vent. Je laisse mon kit à l'entrée, Félix doit m'y attendre. Dedans le courant d'air est net mais pas décoiffant. Les graviers au sol sont disposés comme dans le lit d'une rivière, la base des ressauts est creusée, ça a dû circuler fort ici ! Quelques pissettes sont actives et plus j'avance, plus j'aperçois des suintements. La base du puits du Flo dégouline même, l'espoir de voir le siphon autrement que plein me quitte, d'autant qu'il n'y a aucun courant d'air dans le conduit descendant au siphon. Le conduit d'ailleurs a été lavé, mais est globalement toujours aussi glaiseux. La ligne blanche est coupée à plusieurs endroits. J'approche du ruisseau, mais ne l'entends pas… Et effectivement, l'eau n'y coule quasiment plus ! J'approche la première vasque, l'eau y est magnifique  (comparé à la turbidité terrifiante observée le 11/12/2025). Le niveau d'eau est habituel. 
La première vasque
En d'autres termes, ne serait-il pas le moment d'envoyer une plongée ?? Après ces intéressantes observations, je remonte tout aussi rapidement. Depuis l'entrée du boyau du vent jusqu'au siphon, j'ai mis 12 minutes avec les observations. Et dans l'autre sens, en récupérant la pompe orange, un peu d'inox et une corde poilue, j'ai mis 13 minutes : nous serons sortis à l'heure !

Nous entamons la remontée, notant bien sûr les longueurs de cordes. Il est bientôt 21h, nous n'allons pas en direction du stock matos des disques intriqués (on y passera normalement avec Charlie le 19 ou le 20, en allant au fond voir le méandre). Notons dans les puits d'entrée du LV, à l'endroit du R4+R4 que le soutènement en bois arrive en fin de vie. Les branches commencent à casser (nous avons enlevé la marche qui était prise entre), le bois est fortement attaqué. 
Le soutènement
À 21h30, nous sommes dehors. En résumé, nous avons complété les objectifs qui concernaient le rééquipement et le balisage. Il reste maintenant à comptabiliser le tout. Les deux siphons ont été vus, il serait peut-être déjà le moment d'engager une plongée. La constatation de ce son d'air contraint interroge, il faudra lever la question !
Dimanche 6 Septembre 2026: Retour à l'Agly.
Avec Hervé un vieux collègue pratiquant occasionnel et aimant le secteur. Pour aller voir une ouverture repérée en Juin rive droite du talweg principal en amont de la résurgence de l'Agly à l'Est de Bugarach. Que je suppose avoir été révélée et ouverte par les fortes précipitations du printemps. Dégagement en surface de blocs stockés à -3 au cours de ma précédente visite. Puis ouverture manuelle assez facile d'un pont de blocs dominant un vide. L'étroiture dans la calcite qui suit est un peu plus teigneuse à calibrer. Puis je peux rentrer dans un espace en tube vertical. Ou comble de l'ironie par une sécheresse historique....j'arrive à me tremper complétement avec une pissette tombant du plafond!!Vers le fond un coude infranchissable semble donner sur un méandre en conduite forcée et avec quelques mètres devant....un écho cyclopéen! Un probable phénomène acoustique due à une conduite forcée aboutissant à un plan d'eau. C'est l'hypothèse la plus probable, vue que ce trou est un trop plein de type "griffon"de sous-écoulement. Et que le courant d'air n'y est pas flagrant. Mais à ouvrir quand même. Surtout comme l'on soupçonne avec Hervé que ce ne serait peut être pas lié à l'Agly elle même, mais drainerai le plateau en rive droite. Ou j'ai toujours trouvé étrange qu'il n'y ai pas de trou....3m de première. Histoire de rester au frais rentrée dans la source-résurgence de l'Agly qui est extrêmement sèche. Je n'y avait jamais été un peu loin, et trouve ce collecteur magnifique. Arrêt au premier siphon sans franchir la vire exposée donnant au second siphon. Par contre tentative de localiser l'arrivée de l'excellent souffle perceptible dans les rétrécissements de la galerie. Même sans être allé jusqu'au bout je pense qu'il faudra ouvrir un faille remontante nettement aérée à gauche en hauteur avant le siphon. Une suite y est visible. Du pain sur la planche dans se secteur délaissé depuis un moment...La canicule abominable est de retour aux voitures...TPST+TPES:4H



jeudi 3 septembre 2026

Le Couey Lodge jusqu'au siphon -625

Jeudi 20 août 2026

Participants : Félix, Gilles, Alary

TPST : 14h / Gouffre du Couey Lodge, Pierre Saint Martin

Pour clôturer ce camp à la Pierre Saint Martin, nous misons sur le Couey Lodge. De la pluie est attendue à partir de la fin d'après midi, mais le trou ne craint vraiment que lors de très gros épisodes. À 8h30 Félix débute l'équipement, il n'a pas posé une seule corde de tout le séjour, il est en manque ! L'entrée qui s'ouvre en plein jour est suivie d'un toboggan, d'un petit ressaut et d'un autre toboggan, menant à un P20.
L'entrée
Seulement notre fiche d'équipement et nos plans ne semblent pas concorder au niveau des obstacles, des longueurs de cordes et des amarrages en place... Alors Félix équipe comme il le sent et derrière on optimise comme on peut. Finalement on s'en sort bien et on arrive au sommet du P65, puis au P55. Deux jolis puits.
   
Le P65 et le P55
Après un petit bout de méandre facile, nous arrivons au P20. À sa base débute le redouté méandre étroit de 250m. La vraie difficulté réside dans les 30 premiers mètres, vraiment étroits. Après, ça s'agrandit jusqu'à devenir bien confortable. Je pars devant pour équiper le P11, finalement déjà équipé d'une corde. Il suffit de prévoir deux mousquetons pour accrocher le nœud aux amarrages. Gilles et Félix me rejoignent, on évacue le rab superflu. Encore une centaine de mètres de méandre puis nous voilà dans la Salle du Réchaud, où nous prenons le repas. Il est 13h.
Le rab
Après ça, c'est parti pour rejoindre la rivière. Nous prenons une fine cascade comme point de référence des pluies extérieures au moment du retour. Les ressauts qui arrivent sont équipés en fixe, mais certains, non indiqués et quand même équipés, présentent des cordes en partie détruites... Nos quelques cordes de 5 à 12m nous sont bien utiles ici.
Notre témoin (qui ne donnera rien)
Avant le laminoir
Parlant de laminoir, nous y voilà. Il s'agit de suivre l'actif sur le côté en s'enfilant dans ce fameux laminoir. On espère n'observer aucune augmentation du niveau d'eau ici, ce qui rendrait la remontée particulièrement désagréable... À plusieurs reprises je remarque des passages qui remontent, il y a probablement des passages supérieurs ou des branches annexes. Ce laminoir mène à la Salle Henri Brosset, de belle taille. Les flux d'eau se rejoignent ici en cascadant vers la base de la salle. On avance, des mains courantes commencent à apparaître. Équipement qui n'était pas mentionné sur la fiche...
   
Dans le méandre de la rivière
   
Quelques images
Nous arrivons à la Salle des Deux-Sèvres. Le passage vers la suite est rapidement localisé entre les blocs. Mais le passage suivant nous demandera un peu plus de recherche, alors que nous étions sur la bonne voie. Après cette dernière grande salle, nous retrouvons le méandre et son beau calcaire noir veiné. Quelques petits obstacles ponctueront la suite du parcours.
   
Après la Salle des Deux-Sèvres et un échantillon de ces veines rouges
Enfin à 16h30, nous touchons le siphon à la côte -625. Ce premier siphon a été plongé et donne sur un second, jamais franchi. Quelques photos, un petit goûter et on remonte !
   
Une très belle érosion dans le méandre ; le siphon
Dans la Salle du Réchaud, nous prenons notre deuxième repas, il est 19h30. Le méandre suivi des puits, je déséquipe. Nous n'observons aucune augmentation du débit dans le trou. Pourtant dehors, il pleut fort ! Le puits d'entrée se retrouve alors être celui qui mouille le plus... À 22h30, nous sommes dehors et regagnons la voiture en vitesse pour nous changer tout aussi rapidement !

lundi 31 août 2026

Qui ? Quand ?... Le mystère de Galamus

Dimanche 30 août 2026

Participants : Félix, Alary

TPES : 8h / Gorges de Galamus
TPST : 1h45  / Grotte du Palimpseste & Grotte de l'Asphalteur (noms provisoires)

Lors des fortes pluies du 07/03/2026 qui avaient touché une partie des Corbières, Laurent s'était rendu, entre autres, dans les Gorges de Galamus alors en crue. Cette visite parfaitement placée lui avait permis de détecter trois résurgences fortement émissives en rive gauche de l'Agly (sous la route). Mais la question de la connaissance de ces drains et de la possibilité d'y pénétrer restait encore à vérifier... Quelques vidéos partagées pour attiser notre curiosité devinrent rapidement un jeu de piste pour essayer de localiser au mieux ces exutoires dans la falaise. De toute évidence, en l'absence de plus d'informations, il nous fallait tenter d'y accéder.
Le 27/03/2026, en transit par le coin, je fis un petit détour pour repérer les emplacements. Enormément de vent ce jour-là, pas évident d'observer distinctement les détails mais je me fis malgré ça une idée plutôt précise de leur position. Il ne restait plus qu'à trouver le bon moment pour y descendre... Moment qui sera trouvé conjointement en août avec Félix !

Rdv à 9h à Couiza, où nous retrouvons également Laurent. Le rapide transfert de matériel se transforme en listing et en discussion autour des objectifs et projets en cours. Pas mal d'entre eux mis en suspens devraient avancer prochainement… Peu avant 10h, nous nous mettons en route et rejoignons le parking de l'Ermitage. Et vers 11h, commence le repérage pour localiser la ligne de descente à la première résurgence. En matériel, nous avons deux cordes de 40m, 10 pulses, beaucoup de textile et même du matériel d'escalade (coinceurs, friends, pitons...). On ne prend pas tout d'un coup mais la guirlande de Noël reste belle. Dans le sens aval vers amont, notre premier objectif serait censé se trouver un peu derrière la ligne de crête de la paroi visible ci-dessous. La flèche rouge indique le départ et la jaune, la cote supposée de la résurgence. Cet exutoire était le plus important des trois en termes débit, espérons qu'il ne s'agisse pas d'une simple fissure sous pression...
La ligne
On débute l'équipement, pris sur une rambarde et autour du muret via une fenêtre d'évacuation des eaux de pluie. J'entame la descente, me bats contre un buisson et repère un bon endroit pour fractionner. La vue est impressionnante ! Plus haut ça frotte. Davantage encore lorsque je pose mon frac, mais comme je bouge peu, c'est ok. Surprise inattendue, Lionel, qui était en canyon dans le coin a eu écho de nos travaux, il est donc venu nous rendre visite ! Deux trous de pulse plus tard, je me rends compte qu'il me manque le tuyau pour souffler ! Félix s'empresse d'aller le récupérer à la voiture. En attendant, je remonte pour fractionner le départ et éliminer ce frottement. Un AF + 1 pulse feront le travail. La soufflette en poche, je pose le second frac et descends d'une dizaine de mètres dans le vide avant d'atteindre un confortable plan incliné.
   
La vue juste sous le départ ; le second frac
La descente se poursuit. J'arrive à aller bien loin avant de devoir à nouveau fractionner. Mais quelques mètres en dessous, j'arrive en bout de corde. Félix, qui assurait l'animation auprès des touristes, est contraint de me rejoindre avec l'autre corde. Cela me laisse le temps de me déplacer sur la paroi, me permettant de localiser un petit porche au sol caillouteux avec une végétation très inclinée, comme pliée par les flots. Une fois la corde raboutée, je descends le rejoindre. Mais ce dernier s'avère ne pas correspondre à ce que nous cherchons (exutoire fossile ?).
Je reprends la descente et obtient presque immédiatement une vision sur un autre orifice encore plus intéressant, seulement 5 mètres sous le premier. La végétation est couchée, le sol caillouteux est clair comme si de la calcite s'y était déposée.
Après environ 45m de descente au total, je prends pied devant cette confortable entrée. Les parois sont sculptées par l'eau et le trou souffle nettement un air frais. Nous avons trouvé notre première résurgence ! J'installe la corde et Félix me rejoint. Nous nous déséquipons pour aller sonder le trou plus en profondeur. Il est 13h.
   
L'entrée
Le départ n'est pas bien large, mais ça passe. Félix ouvre la route. Nous sommes en short / t-shirt et pour ma part sans genouillères... La suite ne sera guère plus confortable, développant en conduite forcée. On descend en ramping un plan incliné de blocs et de graviers, les parois sont cupulées. Pour sonder la suite, Félix envoie quelques cailloux qui laissent penser à un puits. Nous parvenons à nous croiser, je passe devant. Finalement c'est un plan incliné suivi d'un ressaut de 3m qui se désescalade (vidéo ci-après). En bas, le conduit est très joliment poli, avec quelques galets de belle taille. Une voûte basse donne dans la suite qui s'horizontalise sur deux mètres. Cette voûte attirera mon attention car brisée en partie basse comme si quelqu'un l'avait travaillée...
Félix qui sonde le ressaut
La suite est horizontale, puis descend de nouveau pour redevenir horizontale sur 5 mètres. Le sol et les parois sont couverts d'une calcite légèrement humide et glissante. Encore un passage bas et enfin je peux me mettre debout à la faveur d'un point bas.
Horizontale de 5m
Ça continue à l'horizontal, mais d'abord je sonde le point bas. Je me plie au maximum et aperçois du bout de l'œil une boite jaune... Avec un meilleur angle, il me permet de comprendre que c'est une petite gamate avec une sangle... J'essaie de la sortir de là, mais impossible : trop étroit. La voûte qui y mène est d'ailleurs elle aussi travaillée. Le soupçon que la cavité ait déjà été visitée petit à petit augmente... Je ne sens pas d'air par là, mais j'ai l'impression que la zone a quand même été fouillée. Du coup je vais voir à l'horizontale, suivant le courant d'air. Et là, plus aucun doute. La vidéo parle d'elle-même...
AH !
La voûte de ce passage mouillant a été attaquée. Je ne souhaite pas me tremper, on s'arrête là, mais ça continue au-delà en remontant. Il y a de l'air... En l'absence d'information concernant cette grotte et compte tenu des observations et de notre expérience, nous la baptiserons temporairement pour savoir de quoi on parle : la "Grotte du Palimpseste".
   
Quelques images à la remontée
À 14h30 nous sommes dehors. Félix remonte et prend le repas, je déséquipe. Puis direction notre second objectif, plus en amont.


Nous localisions facilement l'objectif. Départ depuis une évacuation d'eau à travers le mur et un spit déjà en place sur ce dernier. C'est Félix qui descend, j'assure l'animation et prends à mon tour le repas. Flèche rouge : départ. Flèche jaune : côte supposée de la résurgence.
La ligne
   
La descente
Huit mètres de descente, premier fractionnement (il y a d'ailleurs un spit solitaire juste à cet endroit...). Ce sera le seul car un porche sous-jacent permet de descendre jusqu'à la végétation. On descend au passage en plein dedans... Ici aussi, ça frotte légèrement. On mettra la protège corde à la remontée. Félix fouille le porche, il est borgne. Idem pour une alcôve plus bas dans la végétation. Trois mètres dessous, il localise finalement une entrée et un petit départ de conduite forcée. Bingo ! Je le rejoins. Pendant que Félix débarrasse l'entrée envahie de Salsepareille, je fais des découvertes. D'abord une grosse corde bleue qui pendait dans le vide, accrochée à la végétation dans l'axe de l'écoulement de la résurgence. Puis un râteau à bitume, pièce historique de la construction de la route ! D'où le baptême de cette cavité : "Grotte de l'Asphalteur".
   
L'entrée (basse au niveau du sol) ; les trouvailles
La cavité débute par une conduite forcée légèrement descendante sur 4 mètres, où nous sommes stoppés par un pont de roche très solide. Nous essayons de l'attaquer avec des cailloux, mais nous brisons tous les cailloux... Alors Félix ressort pour récupérer le marteau. Même avec cet outil de pointe, briser ce pont demandera méthode, endurance et impact. En termes de courant d'air, c'est très léger, mais perceptible.
   
La conduite vue de l'intérieur ; le pont de roche à éliminer
Bien que cet obstacle nous bouche le passage à nous, il n'est pas impossible qu'en creusant le sol, d'autres gabarits plus fins auraient pu passer. Après quelques minutes de martelage, le pont cède. Nous passons en nous allongeant dans les débris tranchants. Mais rapidement de l'argile et du sable remplacent les cailloux. Nous passons un passage bas semblant être capable de retenir l'eau un moment, puis ça remonte un peu pour partir à l'horizontal sur 4 mètres. Puis la conduite forcée se transforme en galerie où l'on tient largement debout ! La galerie remonte, les murs sont couverts de cupules, le plafond suit un chenal très marqué.
La galerie vue depuis sa moitié haute
(le laminoir est pile au centre de l'image, dans l'ombre)
À la base de la galerie, un laminoir bas descend légèrement. Pénétrable mais pas sans la combinaison et quelques outils. Au bout de trois mètres, le plafond gagne quelques centimètres puis la visibilité se perd. Aucune certitude de courant d'air, mais le passage, bien que très bas, est large. Ensuite nous allons en haut en remontant une coulée très lisse. Peu de prises, j'échoue mon premier essai avec un retour glissade. Pour le second, je tente un jeté pour attraper une petite stalagmite de quelques centimètres de haut, avec ça je parviens à grimper. La galerie s'horizontalise et s'abaisse. Des blocs de sable rouge cimentés jonchent le sol. Au bout de 6 mètres, le laminoir redescend légèrement sur un lit de gravier, puis ça devient impénétrable. Le sol, le plafond et les parois se rejoignent, laissant uniquement un petit trou tout au bout. Je ne détecte pas d'air.
Le laminoir tout au fond de la galerie haute
   
Les blocs de grès (peu solides) ; deux espèces de sables cimentés en paroi
Nous observons aussi de beaux regroupements d'hétérocères, probablement Amphipyra effusa. Nous remontons (ou descendons ..?), Félix déséquipe, il est 18h.
Où est Félix ?


Dernier objectif de la journée, le plus simple mais aussi le moins prometteur car il s'agit d'un talweg complètement empierré. L'accès se fait sans corde. Au pied du mur, sous la route, un orifice d'évacuation des eaux en tête du talweg pourrait être à l'origine des écoulements. De la mousse pousse d'ailleurs dans les fissures du bâti, preuve que de l'eau y circule reguièrement. Nous allons voir plus bas en suivant le talweg et en allant voir à droite et à gauche. Nous ne trouverons rien. Laurent avait déjà fouillé l'endroit sans plus de succès.

L'orifice sous la route

En bref, deux objectifs sur trois ont correctement donnés ! En plus d'être très amusant à faire comme prospection, nous avons effectivement mis la main sur deux drains du massif. Les deux devront être revus et explorés plus en profondeur. La première cavité (Grotte du Palimpseste) a déjà été visitée. Mais jusqu'où ? Par qui ?? Et quand ??? Si nous ne trouvons rien à son sujet pour nous dissuader d'y retourner, l'inverse se produira. La cavité est très nettement ventilée (souffle), nous ne sommes pas allés jusqu'au bout. Pour la seconde cavité (Grotte de l'Asphalteur), le courant d'air est faible (souffle ??), mais nous ne sommes pas allés jusqu'au bout. Nous n'avons observé aucune trace de passage. Seuls quelques polissages auraient pu nous y faire penser mais il pourrait aussi bien s'agir du sable transporté par l'eau. L'absence d'indice de passage ne prouve rien. La conclusion est la même que pour la première cavité. Pour information, la période qui dérange le moins les rapaces ici en falaise, c'est de fin août à fin septembre.

En somme, une très belle journée qui a ravi tout le monde !
Ça rajoute encore des objectifs à la liste...