Aujourd'hui la sortie est plus ambitieuse, notre objectif est de rejoindre le niveau horizontal du scialet Robin. La veille, nous récupérions ici et là quelques informations sur le "pendule de 15m" permettant d'atteindre la "lucarne main gauche" dans le P138.
 |
| Le porche d'entrée |
À 10h10, je débute l'équipement. Le P24 et le P15 se suivent, les points se trouvent facilement. Nous arrivons au P13. Une main courante où la moitié des points sont utiles mène au-dessus de la verticale. Il faut y installer une dev deux mètres dessous. Je repère loin à droite deux spits, que je rejoins par un saut pendulaire. C'est peu confortable et en plus le spit est mort... Pas grave, je m'y accroche le temps d'installer l'autre, et ça descend. Finalement le frac est trop difficile à passer, alors Félix pose un AF plus bas, là où je l'aurais vu initialement. Mais au moment de franchir la dev, Vincent sera victime d'une glissette l'emmenant taper le bas du dos contre la paroi. Malgré le choc il descend, sans être sûr de bien pouvoir aller plus loin. Pendant ce temps, j'équipe les deux ressauts jusqu'à la tête du P24, qui correspond en fonction des topos, à la tête du P138 (le Jacques'Potes). Je suis pile en bout de corde, il y a juste assez pour la relier au frac. Je passe l'équipement à Félix, qui déroule sa C~195 en 7mm toute neuve. Le double tour de poulie du haut + sifflet s'impose, ça glisse ! Mais avec une demi-clé en plus par contre, je pouvais presque me laisser descendre doucement sans tenir la corde (mauvaise idée)... Arrivés au P138, Vincent nous annonce qu'il préfère remonter, l'ascension depuis le fond risquant d'être compliquée par la douleur. Plus bas, Félix atteint le palier de -117, nous le rejoignons.
 
|
| En bas le palier et la suite du puits ; la dernière portion du puits |
 |
| La petite margelle |
Pendant que Félix descend dans le puits, nous nous occupons à la discussion, jusqu'au moment où Charlie m'indique que le doigt fil de son Handy ne se referme pas complètement. Nous l'examinons et tentons de voir pourquoi. Est-il tordu ? Dans l'optique de voir ça, je tente avec ma clé de 13 de l'élargir légèrement, mais cela suffira à faire sortir un des deux pins du doigt de son logement. Maintenant le remettre en force s'avère plus compliqué, surtout au-dessus de 70m de vide. Le moment est sacrément drôle et compliqué, il ne faut surtout pas perdre cette pièce ! Et après plusieurs minutes délicates, nous parvenons à le remettre en place... OUF ! En prime, le doigt se referme très bien ! Mais seulement quelques fois, avant de revenir à son problème d'origine... Entre-temps Félix a bien avancé, il s'est décalé vers la gauche et ne va pas tarder à comprendre le problème du pendule et les solutions.
Le dernier frac mène à descendre sous quelques lourdes gouttes, et un surplomb aurait pu poser problème au moment du pendule s'il y avait effectivement 15m à faire. Au final, Félix vise la lucarne la plus accessible, comme c'est mentionné dans la description. Le pendule fait entre 4 et 5m, et il est possible de s'aider largement de la paroi concrétionnée. L'obstacle qui nous faisait douter est rapidement vaincu. On remonte en s'agrippant à quelques colonnettes, on passe une étroiture puis descendons de 3 mètres pour prendre pied dans le vestiaire. Nous y laissons une partie du matos et allons à la Salle Blanche pour le repas de 14h30. À partir d'ici, c'est du crapahut dans des galeries et des laminoirs sacrément déchiquetés.
 |
| Après la Salle Blanche |
La longue galerie que nous suivons est nommée le Labyrinthe. Il est facile de s'écarter du cheminement et de tourner autour de quelques cailloux ou lambeaux de paroi. Pour ne pas se perdre : suivre le balisage et le courant d'air lorsque celui-ci disparait et que les conduits rétrécissent. Difficile de savoir exactement où nous sommes sur la topo, notre repère suivant sera les Soldats de calcite. Au détour d'une galerie, un beau conduit circulaire se dessine en contre jour.
 |
| Les soldats de calcite dans le gour des soldats |
 |
Le conduit circulaire
|
Enfin nous arrivons à l'escalade de 12 mètres. En haut deux options s'offrent à nous : escalader et continuer le labyrinthe sur la droite, ou prendre à gauche au 3/4 et aller vers la Galerie des Manchots. Le timing est serré, il est 16h30, il faut environ 3h30 pour remonter, Vincent nous attend dehors et l'horaire secours nous contraint. En haut de l'escalade nous décidons, sur base d'un jugement des obstacles potentiels dans la suite du Labyrinthe, de l'emprunter pour rejoindre la Galerie Avalamont. Dans les faits, nous avons loupé le passage menant à la Galerie des Manchots. Dans le sens de la montée, ce n'est pas du tout intuitif. J'avais effectivement repéré le passage, descendant, mais une fois arrivée en haut de l'escalade, une galerie bien orientée, large et tapissée d'aiguilles blanches, m'a parue correspondre à la Galerie de la Neige... Nous continuons dans le Labyrinthe, il fait chaud ! Après un rétrécissement ponctuel et un bout de méandre, un orifice au plafond laisse entrevoir du volume. Nous voilà dans la Galerie Avalamont ! Nous avons été rapides, et sommes prématurément sortis par un autre endroit que celui indiqué sur la topo...
 |
| Galerie Avalamont |
Nous allons voir du côté du puits des Assiettes, l'atteignant rapidement. La galerie est large et haute, c'est très confortable et joli, ça valait le coup de tenter. Avec Charlie nous allons rapidement voir plus loin, passant au-dessus du P35 et allant jusqu'au bas de l'escalade menant dans la Salle du Lac, sans l'atteindre.
 |
| Terminus côté puits des Assiettes |
Demi-tour, nous décidons de poursuivre dans la Galerie Avalamont jusqu'à la Galerie des Manchots, qui devrait nous permettre de rejoindre le Labyrinthe. On avance vite, pas d'obstacles majeurs. Tellement que nous trouvons notre échappatoire un peu avant 17h30. Malheureusement nous n'avons pas le temps d'aller voir la Cathédrale, la Salle HOP, etc... Il faudra revenir ! Mais en passant directement par la Galerie des Manchots, sans s'embêter avec le Labyrinthe, l'aller-retour par la Galerie Avalamont étant bien plus rapide.
 
|
| Plafond de la Galerie Avalamont ; méandre dans le Labyrinthe |
Nous rejoignons l'escalade, effectivement par son 3/4 haut, et non par la jolie galerie tout en haut de l'escalade (d'ailleurs non topographiée). À bon pas, nous filons à travers le labyrinthe et regagnons la base de puits.
 |
| Originalité sur la route |
Il est 18h30, Charlie déséquipe le P138 et Pascal prendra le relais jusqu'à dehors. Je m'occupe de la fiche d'équipement (fiche de déséquipement sur commande). Tout se passe bien et un peu avant 21h, tout le monde est dehors, retrouvant Vincent parti promener sur le secteur.
Fiche d'équipement :
PF = plaquette en fixe
- P24+P15 : C60
1S+1AF mc 1m 1PF mc 1m, 2PF desc 2m 1dev/S desc 4m, 2S desc 18m, 2AF mc 2m 1AF mc 1m, 1PF+1S desc 16m.
- P13 : C30
2S mc 1m 1S mc 2m 1S mc 1m, 2S desc 4m 1dev/AF desc 10m.
- P3+P5 : C24
2S mc 2m 1S+1S (1 haut à gauche) desc 4m (étroit), 2S desc 2m 1dev/S desc 5m, 2S mc 3m 1S mc 2m 1S mc 1m (fin C24 sur frac suivant, aucun rab de corde).
- P138 : C195
2S desc 11m, 2S desc 16m (palier avec un gours), 2S (rive gauche) mc 2m 1S mc 1m 1S mc 1m 1S mc 1m, 2S (rive droite) desc 16m, 2S desc 25m (margelle), 2S mc 3m 1AF+1S mc 1m 1S mc 1m, 2S desc 4m (margelle), 2S mc 1m 1S mc 1m 1S mc 0,20m, 1S+1AF desc 4m 1dev/S desc 9m, 2S desc 16m, 2S desc 17m, 2S desc 14m 1dev/S desc 4m, 1S+1AF desc 9m pendule 5m gauche vers lucarne, 1 AN mc 2m (remonte), 2AN (colonnettes) mc 3m, 2AN (plafond) desc 3m (~3m de corde en trop sur la C~195).