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mardi 25 mars 2025

Stage techniques légères

Un peu pris par le temps, j'ai pas mal de comptes rendus en retard. Les voici donc!

Samedi 15 au samedi 22 février : Stage techniques légères sur le plateau d'Albion (Vaucluse)

À la base, cette semaine là, je devais encadrer le stage perf de Saint Bauzile de Putois dans l'Hérault. Suite à quelques incertitudes au boulot, ça a pas mal duré pour obtenir l'accord pour les congés, et quand j'ai enfin eut confirmation, l'équipe d'encadrants était complète. Je me suis donc inscrit sur le stages techniques légères d'Harry Lankester, qui avait lieu la même semaine, à l'ASPA, sur la plateau d'Albion. 

Il se trouve que sur les 8 inscrits, on est 4 à préparer le moniteur : le stage se transformera donc en une sorte de stage de préparation au moniteur, ce qui me va à merveille (je m'étais inscrit surtout pour ça).

À noter qu'on n'aura pas droit à de la 6mm (sur le même stage l'an dernier, on avait au moins eut droit à 2 petits bouts de pureline sur une sortie), mais on a 200m de la nouvelle 7mm de Petzl (qui est sensé officiellement sortir cet été).

Dimanche 16/02 : Aven du Caladaïre

participants : Félix, Pierre (Petro), et Léonard(Cadre)

TPST : 7h, profondeur atteinte -200

On descend jusqu'à la diaclase à cran, puis demi tour sur l'horaire. J'ai enfin l'occasion d'équiper le P90 avec ses pendules : au final, c'est beaucoup moins difficile que je ne m'y attendais, excepté pour le fait que Pierre a eut la mauvaise idée de remplacer un bon nombre de mousquetons-plaquettes par des AS dans ce kit là : c'est pas évident d'équiper un pendule tout en faisant une tension relâchée, et en tendant un AS...

Lundi 17/02 : Aven du Jean Nouveau

participants : Félix, Pierre (Petro), Pierre-Antoine, Antoine et Léonard(Cadre)

TPST : 10h, profondeur atteinte -400

Et oui, vous avez bien lu, j'étais, avec Pierre, Antoine, et Pierre-Antoine : pas pratique pour savoir qui parles à qui, mais une équipe bien sympas.

On descend à 4 + 1 cadre, pour un aller retour à -400, le but étant de faire une sortie profonde, mais autrement très facile (cavité brochée, pas étroite, et on est 5 pour porter les 6 kits, dont 2 utilisés pour les puits d'entrée (P20+P165).

Toujours aussi sympas comme cavité. 

Mardi 18/02 : Aven du Bourinet

participants : Félix, Pierre (Petro),  Michel ou Léo(Cadre)

TPST : 7h, profondeur atteinte -100

Cette fois-ci, cavité bien plus étroite, avec comme exercice du jour qu'en cas de rupture d'un point, il soit possible de remonter sans aucun frottement de la corde (ce qui est bien plus strict que ce que j'applique d'habitude en techniques légères, qui est simplement qu'en cas de rupture d'un point, le spéléo qui est sur la corde doit pouvoir remonter en sécurité pour modifier l'équipement). Du coup, c'est un joli casse-tête (on fait des têtes de puits sur 3 voir 4 points), mais c'est amusant, et ça fait bien réfléchir à comment la corde travaillerait en cas de rupture d'un des amarrages.

 

Mercredi 18/02 : Aven du nid d'Aigle

participants : Félix, Pierre (Petro),  Michel ou Léo(Cadre)

TPST : 7h, profondeur atteinte -100

Si vous cherchez une classique sympas, fuyez!

La cavité est étroite presque tout du long : je n'ai souvenir que de 2 endroits de toute la cavité où il est possible de n'avoir aucun mur à porté de main. En général, on peut toucher au moins 2 murs opposés, voir 3 ou 4 murs en même temps. Par endroits, ça devient même franchement étroit (à un moment, il m'a bien fallu 5 minutes pour réussir à faire une conversion et remonter 5m). Même l'équipement laisse à désirer : l'équipe de la veille à commencer à rajouter des points, et j'ai continué le boulot : même comme ça, on n'arrivera pas jusqu'au fond.

Bref, une cavité bien étroite (heureusement pas trop humide ou boueuse), mais du coup bien intéressante pour réfléchir à l'équippement en corde de 8mm qui ne doit pas frotter.

 

Jeudi 19/02 : Grande Doline

participants : Félix, Pierre (Petro), Pierre Antoine, Antoine, Aria, Élodie, Julie, Édouard (cadre) et Harry (cadre)

TPST : 6h, profondeur atteinte -20

Journée "falaise" dans une grande doline. On commence à équiper chacun une voie. Pour ma part, Harry me propose de partir sur une voie vierge. Le début se passe bien : un arbre pour commencer la main courante, puis tête de puits puis fractio sur AF. Ensuite, Harry m'avait demandé d'essayer de partir vers la gauche : impossible, le rocher sonne creux partout ou je sonde. Du coup, un fractio légèrement à droite sur Pulse, puis un fractio sur spits (j'ai rejoint la voie d'à coté), avant de repartir (enfin) vers la gauche, pour une section de main courante finissant sur 2 pulses pour descendre en bas (il n'y avait malheureusement rien pour faire des AFs, mettre des coinceurs, ou des pitons, du coup, j'avais plus de matos pour pousser plus loin).

Ensuite, on s'entraîne aux 3 techniques de décrochage (balancier grande longe, balancier pédale crollée, et croll à croll), puis au balancier espagnol et au dégagement sur vire. Je finis par un dégagement sur tyrolienne sans corde de secours, avec juste un bout de dyneema.

 

Vendredi 19/02 : Aven Autran

participants : Félix, Pierre, Pierre Antoine, Antoine, Aria, Élodie, Julie, Édouard (cadre) et Léonard (cadre)

TPST : 12h30, profondeur atteinte -300

Avant le stage, Harry nous avait envoyé le programme prévisionnel, avec pour la grande courses du vendredi, le fond d'Autran (-650) : une belle sortie que j'avais envie d'organiser déjà depuis un bon moment. L'idée étant que la veille, un groupe de prépa init pré-équipement jusqu'à -100 pour faire gagner du temps (l'équipement jusqu'à -100 est fait uniquement de petits ressauts avec des têtes de puits étroites, du coup prend beaucoup de temps à équiper) .

Au final, il s'avère qu'une partie du groupe est trop fatigué (et n'a pas le niveau) pour aller au fond. Du coup, l'objectif est revu à -400, au siphon blanc, soit à peine plus loin que ce que je connais déjà. On se retrouve donc à 8 stagiaires pour équiper jusqu'à là (il y a un an et demi, on avait fait la même chose à 4 stagiaires) : il n'y a donc qu'un kit à moitié vide par personne. Au final, vu le rythme d'équipement, et la contrainte de retour au gîte avant 22h, il devient évident qu'on n'ira pas plus loin que le fond du P103 (à -360), le terminus de ce que je connais. Pour gagner du temps, plutôt que d'avoir tout le monde qui descend puis remonte le P103, Édouard propose qu'une partie du groupe visite le réseau des Papys à la place (un réseau supérieur au dessus du P103) : connaissant déjà le grand puits, je me joins à lui.

Au retour, une fois le P103 déséquipé, et le méandre franchit, on se réparti les rôles. Pour ma part, sachant qu'un kit lourd dans les têtes de puits étroites fait partis de mes points faibles, je me propose de faire la mule, et de prendre le plus gros des kits jusqu'à dehors.

Conclusion du stage : 

Un stage bien sympas, qui je penses m'a bien mieux préparé au moniteur que la prépa moniteur faite à la Toussaint. Seule regret : l'un des cadres manquait clairement d'expérience en techniques légères ... 


lundi 9 septembre 2024

Aven du Jean Nouveau (Vaucluse)

Samedi 07 septembre 2024

participants : Gilles, Félix, Liam (SSP), Nico(SCHS)

TPST : 14h15

On se retrouve le vendredi soir au camping de Sault, dans le Vaucluse (84).

Le samedi, pendant que Liam et Nico finissent de préparer leurs affaires, on part déjà avec Gilles à l'entrée du trou. Gilles équipera le P167 d'entrée en 8mm, pendant que je forme Liam et Nico aux spécificités de la 6mm.

On laisse 45 minutes d'avance à Gilles pour équiper le puits (il descend à 9h30), mais entre Gilles qui équipe plus vite que prévu, et le groupe qui mets un peu plus de temps que prévu à descendre, Gilles nous attendra une vingtaine de minutes en bas.

Je prends la suite de l'équippement, de -167 à la diaclase de pâque à -327 : tout tient dans un seul kit de 25L (c'est principalement de la 6). Gilles reprends l'équippement pour le kit suivant pendant que le reste de l'équipe mange, puis Liam équipe le P80 (en 8mm, vu la présence d'une vire au milieu).

Je finis en équipant le dernier kit, dans une partie beaucoup plus aquatique (nombreux petits lacs/gourds/coulées actives), jusqu'à atteindre le bout de l'équippement prévu. Un petit bout de corde en rab est bien utile pour descendre le petit ressaut qui fait suite. On s'arrête à -570, juste au dessus d'un petit lac profond d'environ 1.5m (pas la peine d'aller nager pour faire 10m de plus).

Liam (et Gilles?) s'occupent du début du déséquipement. Puis Gilles et Nico ayant froid, ils remontent, pendant qu'avec Liam, on s'alterne pour déséquiper la fin. Je finis de déséquiper le puits d'entrée à 23h45.

 

Retour au camping, et dodo pour les uns, repas supplémentaire pour les autres.

Dimanche matin, on se réveille sous une faible pluie, qui se maintiendra le temps de défaire les kits et de plier les tentes. On règle le camping, et on se sépare. Rapidement, la pluie s'intensifiera : heureusement qu'on n'a pas traîné le matin!

 

jeudi 25 juillet 2024

Réseau d'Albion: Traversée Aven Julien - Trou souffleur

Samedi 20 et dimanche 21 juillet 2024

Participants : Félix, Gilles, Alary

TPST: 17h / Réseau d'Albion (Saint-Christol, Vaucluse)


Au mois d'Avril, le projet de réaliser la traversée entre l'Aven Julien et le Trou souffleur via la rivière d'Albion se met en place. Dans cet objectif quelques nuitées au gîte de l'ASPA sont réservées, déjà connu de Gilles et Félix. Une chance de ce réseau, est l'extrême proximité de l'entrée par le trou souffleur (entrée originelle), placé à 5 minutes du gîte ! En amont de notre visite, nous épluchons la bibliographie concernant le réseau, fouillant les récits d'explos, les témoignages et les comptes rendus, nous mettent l'eau à la bouche ! Le réseau est en grande partie équipé en fixe pour les explorations en cours, c'était donc une superbe occasion de pouvoir descendre aussi bas sous terre, sans se préoccuper de l'équipement/déséquipement (évaluer à plus de 20h par les connaisseurs du trou... je vous laisse imaginer trouver dans ces immensités les centaines de spit et amarrages forés pendulé de tous les côtés...).

Pour re-situer le réseau, l'entrée originelle (Trou souffleur) culmine à 851m d'altitude, et est située aux abords du village. Il donne sur un réseau qui dépasse les 26km de développement et dont le point bas noyé est à 41m d'altitude (le point bas non noyé est à 83m d'altitude, niveau d'eau variable). De cette entrée, on tombe sur une rivière, et de là, de très nombreuses et grandes escalades sont réalisées, et ont permis de trouver d'autres entrées (comme l'Aven Julien 983m ou encore l'Aven Aubert 896m). Notre objectif sera de rentrer par l'Aven Julien, et de ressortir par le Trou souffleur, le point bas sera à la cote ±245, soit un -740 depuis l'entrée par le Julien.

Départ chacun de notre côté le vendredi, Félix depuis Sète, Gilles depuis Villeneuve, et moi, Carca. Je profite de ce déplacement pour passer la journée de vendredi dans le PNR du Lubéron, en bonne compagnie, chercher quelques bestioles. En fin d'aprèm, nous nous retrouvons vers 17h30 au Souffleur, et allons repérer l'entrée du Julien, situé à 1.2km à vol d'oiseau. 

Voilà notre entrée
Puis direction le gîte, s'installer, manger, et récupérer quelques informations supplémentaires devant l'immense topographie. 
Au détour d'un bon repas


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Le lendemain, nous arrivons au Julien après 8h, la température augmentant dehors, nous nous réjouissons de rentrer sous terre, vers 8h30. Les premiers puits s'enchainent bien jusqu'à rejoindre une première galerie bien concrétionnée vers -110.
Galerie de la Courtille
Au passage d'un carrefour, Félix nous propose un petit détour pour aller voir de belles coupoles en plafond.
Une des plus belles
S'ensuit quelques ramping pas bien méchants, alternant avec de la belle galerie horizontale, avant d'arriver sur le P50. Un joli vide agrémenté d'un peu d'eau chutant du plafond.
Vue depuis le bas
Nous arrivons alors dans la Salle de l'AZE, un très grand volume avec pleins de blocs effondrés partout. C'est déjà très impressionnant, mais ce n'est rien comparé à ce qui nous attend... Passage du puits de la vire (mc longeant le haut d'un P20), et nous entamons la galerie du costard ! C'est un beau conduit où l'on circule debout sans souci, avec de temps en temps, de beaux massifs de concrétions colorées d'un genre de jaune opaque et de blanc. Sous certaines concrétions, sont positionnées des bouteilles d'eau qui se remplissent, et que l'on peut boire (au jour du 25/07, nous ne sommes pas malades...)
Galerie du Costard
Souvent concrétionné sur la gauche
Belle couleur
Divers passages bas
Juste après, une belle série de puits nous amène vers les -385. Nous commençons à observer des silex de plus en plus gros sortir des murs ! Superbe contraste entre ces gros blocs ronds noir incrustés et la roche en place anguleuse blanche ! A un endroit, vers le puits du Yoyo, nous débouchons dans une salle à la morphologie impressionnante, comme si plusieurs puits s'étaient tous rejoints au même endroit, donnant de grosses goulottes toutes tournées vers le même centre, c'est aussi très volumineux !
Un puits parmi d'autres
Les silex
Retour dans de l'horizontale, où l'on suit une superbe faille très marquée ! La ligne de faille est marquée dans le sens haut-gauche, bas-droit sur la photo. Les mouvements sont bien visibles dans ce passage.
La faille
Après ça, arrive quelque chose qui m'était absolument sorti de la tête... une très longue série de grands puits nous faisant passer de -384 à -680. La descente s'amorce avec de petits puits, pas très hauts, pas très larges, on est en confiance. Puis arrivé au pied du P32 (-508), une bifurcation dans la morphologie des puits laisse entrevoir la suite colossale, et je me rends compte qu'on n'est absolument pas encore en bas de tout ça ! Car effectivement, ces grands puits sont très fractionnés, en tirées de 10 à 20m (sauf à certains rares endroits), et ça prend beaucoup de temps de passer tout ça. Nous en profitons pour essayer quelques photos, et vidéos.
Après le P32 (vidéos au-dessus), arrive le P53, et là, c'est l'hallucination devant l'immensité de ce puits. Je ne parviens pas à éclairer davantage, même avec mon spot (portée du faisceau supérieure à 50m sous terre), alors on se contentera d'une vidéo où l'on ne voit rien (ça va arriver souvent). Le P53 et le P70 s'enchainent directement.
A -637, nous prenons enfin pied sur une trémie de gros blocs, dessous, un gros P55. Puis nous débouchons enfin au sol (-680), juste à côté d'un beau ruissellement venu de plus haut. En cumulé, et bien que la descente soit heureusement coupée de quelques rares paliers et blocs, la verticale en directe frôle les 210m... soit, une Tour Montparnasse de haut. Il nous aura fallu presque une heure pour descendre tout ça ! On jette au passage un petit coup d'œil aux poulies du descendeur voir ce qu'il en est, car les descentes sont réputées abrasifs... et effectivement, la poulie du bas à complètement changé de forme, elle qui était habituée à de la 8mm, se retrouve bien chamboulé par cette 9.5 voir peut-être même 10mm ! Petit repas ici bien installé, avant de repartir. On remonte alors de 40m sur une corde parallèle, et arrivons à l'entrée du bien nommé Boyau Anal, ici, nous rangeons le matériel inutile pour essayer de le préserver, mais il ne le restera pas bien longtemps. 
On essaie tout de même de ne pas trop se tartiner, avant d'arriver sur un ressaut, un P10 et un P30, obligeant à ressortir le matériel, ce qui à vite fait d'engorger nos bloqueurs de boue. Ces deux puits sont équipés en double, mais nous descendons les un après les autres car c'est bien glissant ! Pour éviter de mauvaises surprises sur une corde boueuse, je fait un tour de bras supplémentaire avec la corde, ainsi, j'évite les à-coups qui me propulserai vers le bas sans que je puisse freiner. Pour faire encore un peu de corde, une E25 nous attend, un vrai régal de devoir tenir la gâchette de la poignée, remettre celle du crolle et réenclencher le pantin tous les mètres ! En haut, les muscles tétanisés par la gestion de la glisse font apparaitre quelques crampes (à ce moment, on pense à tous les puits que nous allons devoir remonter... heureusement là-bas, le matos sera propre, et la gestion de l'effort, olympique).
Haut de la E25
Un dernier boyau aquatique, boueux et bas, puis nous arrivons dans les Alizés, et enfin, la Salle de l'Acribologie. Une salle aux dimensions encore une fois gigantesques, qu'on a presque du mal à éclairer. 
De cette très grande salle, un long plan incliné terreux et glissant parfait pour la glisse contrôlée mène directement à la rivière d'Albion, point bas de notre sortie, à -740m. Pour arriver jusqu'ici, cela nous aura pris 8h30. Nous lavons notre matériel à l'aide d'une brosse à dent intelligemment emportée, et partons vers l'amont par cette incroyable rivière.
Un peu après L'Abbée
Quelques rapides
Toujours de grands volumes
Nous arrivons désormais sur un passage qui nous avait fait planer quelques doutes, la voûte basse... Et finalement, le niveau d'eau étant normal, nous arrivons à passer sans que l'eau ne dépasse le niveau du bassin ! C'est bien mieux comme ça ! Un peu plus loin, nous apercevons le pied de l'éboulis de la Salle des Artifices, sous lequel passe la rivière. 
Cet éboulis d'une soixantaine de mètres de haut, donne donc dans la Salle des Artifices, une salle encore et toujours absolument immense. Nous peinons évidement à l'éclairer.
Comme nous avons encore de la ressource et que nous sommes bons niveau timing, nous décidons de pousser voir l'amont, avant de commencer à remonter. Nous contions donc l'ascension de l'éboulis sur près de 80m, et passons à côté du bivouac. Un vrai espace de vie, avec même une balançoire dont les amarrages sont à 10m de haut au plafond... de quoi bien s'amuser. Quelque chose d'également hallucinant, c'est le niveau qu'atteint la rivière lors des crues, puisque cette dernière peut monter de 140m de haut, et donc atteindre le bivouac... En haut, nous débouchons dans une salle encore une fois absolument énorme, si ce n'est la plus grande. Des escalades monumentales sont en cours ici (et un peu partout dans le réseau d'ailleurs), et des plongées sont également faites à différents endroits. Ça redescend un peu, et nous retrouvons la rivière. Le conduit se rétrécit (5mx5m), et débouche sur un magnifique lac au bout duquel une petite tyrolienne est en place !
Bien sympa comme passage
On longe la rivière avec une main courante hors crue tonché de partout attachée à 2,5m de haut, puis le siphon n°1 se présente à nous. Au-delà de ce premier bain, nous en comptons aujourd'hui 6 autres, entrecoupés de grandes salles.
Siphon 1
Depuis ce point, nous remontons un peu dans le Réseau Amalgame, pour voir l'Arche de blocs et le P300. La légende veut que l'arche à, semblerait, récemment bougé...
L'Arche
Un peu après, nous arrivons au pied d'un puits d'une trentaine de mètres menant au pied du P300, nous n'apercevons pas grand-chose de ce dernier depuis le bas, il faudrait monter plus haut pour bien l'observer, mais quoi qu'il en soit, la topographie de ce puits escaladé donne des sueurs rien qu'en la regardant.
Un peu en dessous du P300
Ici se termine notre tour dans l'amont, retour vers le bivouac et la Salle des Artifices pour trouver l'éboulis remontant du puits André Gendre, un grand P114 (130 en réalité) absolument monstrueux. Nous entamons la grande remontée un peu après 20h, délestés de quelques couches de vêtements. Ce puits manque d'adjectifs pour décrire l'immensité qui nous entoure...
Après le P114, une série de ressauts sur une cinquantaine de mètres nous mène à un bon pallier sous le puits de l'Astrolabe (P76), où nous prenons le temps de manger un bout, et de se ravitailler en eau. Durant notre ascension, nous trouvons d'énormes pendules plein vide qui partent un peu partout dans des supérieurs, c'est absolument terrifiant ! Vers 22h30, nous arrivons tout en haut, dans le méandre de l'Ankou. Nous quittons la corde, car il n'y en a pas, malgré un vide étroit de quelques mètres en dessous, qui cumulé à la fatigue a de quoi mettre la pression par endroit, faut pas glisser... Ce méandre plutôt étroit mesure près de 750m de long, mais heureusement, notre portion à nous n'en fait que 250... Pour autant, ce n'est pas terminé, car nous sommes encore à -200 !
Nous veillons à rester groupés et à suivre très attentivement une série de points blancs pour ne pas se tromper de chemin, et éviter de finir dans des trucs terribles. Au bout de 45 minutes, nous quittons le méandre et arrivons dans notre dernière série de puits, dont le plus grand est un P42, c'est tranquille. Les crampes qui nous inquiétaient, se sont finalement manifestées que dans le dernier puits, à cause de la fatigue. Cette longévité est du au fait que nous avions les pieds contre paroi 85% du temps, permettant de se stabiliser sans forcer et aussi que les puits sont fractionnés en tirés raisonnables. Puis, vers 1h45 le dimanche, nous mettons la tête dehors, après 17h passées dans un autre monde.
En bref, une sortie extraordinaire, dont je retiendrai surtout les volumes, qui m'ont vraiment renversé. Une sorti record également, en termes de profondeur atteinte (-740m) et de temps passé sous terre (17h). Et un très bon entrainement pour le Berger en aout (on va peut-être voir les objectifs à la hausse du coup ! ). 

Retour au gîte, où un super repas nous attend, puis (et pas puits, c'est fini les puits) dodo. Quelques heures plus tard au matin, nous récupérons la voiture et les clefs du Julien, là où il se trouve. Puis nous prenons la route direction Fontaine de Vaucluse, à 31km d'ici à vol d'oiseau, voir à quoi ça ressemble. La journée est lourdement pluvieuse, mais une accalmie nous permet l'aller voir la résurgence. 
Très beau site
Nous pouvons dire à ce terme, que la boucle est définitivement bouclée !

dimanche 21 avril 2024

Souffleur d'Albion

Samedi 5 avril 2024

participants : Félix + 9 membres du SCAL

TPST : 13h40

Mon autre club  (le SCAL, à Montpellier), me propose une sortie au souffleur d'Albion, LA cavité emblématique du plateau d'Albion dans le Vaucluse, qui, à -600, donne accès au collecteur (ie la rivière) qui alimente la fontaine de Vaucluse.

 On se retrouve le vendredi soir au gîte de l'ASPA (tenu par Harry et Marie-Cléia Lankester, 2 spéléos très impliqués (Harry est instructeur et BE et organise régulièrement des stages, Marie est responsable de la commission environnent de la fédé). Briefing par Rémy Limagne (qui en plus d'être président du spéléo club du Jura est aussi membre du SCAL), puis on prépare les équipes pour le lendemain : Rémy restera avec une autre personne ayant des contraintes horaires, et s'arrêtera à -200 avant le méandre de l'Ankou, le reste de l'équipe ira à la rivière à -590. Vue la pluies récentes, on décide de ne pas prévoir d'aller dans la rivière : il y aura très probablement trop de débit.

Je rentre le premier à 8h20, après avoir équipé la corde d'entrée (il faut juste quelques mètres), la suite étant équipée en fixe pour le moment (contacter Harry pour vérifier si c'est toujours le cas le jour où vous voulez y aller).

Dans la descente, on perds presque une demi heure suite à un mal-compris : en bas d'une déséscalade de 2m, il faut prendre à gauche dans une lucarne au niveau des pieds. Un des spéléos dit au suivant que c'est à gauche, celui-ci confirme avoir compris, donc le premier continue. Le second rate le passage dessuite à gauche, et tente une étroiture impénétrable à gauche quelques mètres plus loin, avant de continuer à chercher encore plus loin. Bref, une demi heure de perdue.

On se regroupe tous au départ du Méandre Ankou (terminus pour Rémy et Blandine), et on décide de s'imploser de rester toujours en visuel avec le suivant. Le méandre est haut et étroit, et on progresse presque toujours en opposition. Au début, on avance lentement en cherchant notre chemin, avant de repérer de discrets points blancs qui indiquent le passage le plus facile : on mettra 1h à parcourir les 200m.

Ensuite, on enchaîne 350m de puits de grandes dimensions, dont un P114 pour finir (2 personnes décideront de faire demi-tour en haut du P114). Arrivée en bas, on descends un éboulis sur plusieurs dizaines de de dénivelé, avant d'arriver à la rivière. Le débit est impressionnant : large de 3-4m, profonde de pas loin de 50cm aux endroits les moins profonds, et avec un débit que j’estimerai au pifomètre à un peu plus de 1m³/s. En effet, progresser dans la rivière serait au mieux épuisant (voir peut-être même dangereux). On mange, puis on entame la remontée un peu avant 15h.

Au retour, sur une main courante, je trouve une micro-traxion et un couteau. Pensant que c'est l'un de nous qui a oublié ça là, je le récupère. On se retrouve au départ du méandre, qu'on parcourrira groupé, de nouveau en une heure (cette fois-ci, on suit directement les points blancs, mais la fatigue commence à bien se remarquer chez certains).

Je sortirais en dernier, à 22h. À la sortie, on croise 2 autres spéléos, qui font parti d'un groupe ayant fait des explos au souffleur ce jour là. Il se trouve que c'est l'un d'eux qui avait oublié son matériel en bas.

Retour à pied au gîte, douche, repas (que nos hôtes nous ont laissé au frigo, il ne reste qu'à réchauffer), et au lit.

Le dimanche, retour.

dimanche 10 mars 2024

Stage techniques légères sur le Plateau d'Albion (Vaucluse)

Samedi 2 au samedi 9 mars 2024

participant SCA : Félix

Je me suis inscrit sur un stage techniques légères sur le Plateau d'Albion, dans le Vaucluse.

L'hébergement se fait à l'ASPA, un gîte géré par 2 spéléos : Harry Lankester (BE et Instructeur fédéral, et organisateur de ce stage), et Marie-Cléia Lankester (Monitrice (il me semble) et responsable de la commission environnement de la fédé). Bref, le gîte est super, pensé pour la spéléo (une grange pour le matos collectif, un "tunnel" où on peut mettre nos affaires spéléos, un grand évier et 2 machines à laver pour laver le matos, et la chaufferie pour faire sécher les combis pendant la nuit), et avec une nourriture excellente et bien adaptée à l'activité spéléo.

 Sur le stage, il y a différentes options : découverte, SFP1 (perfectionnement en progression et commencer à équiper), SFP2 (s'améliorer à l’équipement), prépa initiateur, et techniques légères. On est 15 stagiaires au total, pour 7 cadres de haut niveau (1 instructeur, 2 moniteurs, 1 BE, et 3 initiateurs vraiment pêchus)

Pour ma part, je suis inscrit sur la partie techniques légères, avec Béa (que je connais bien, et qui n'arrivera que le lundi matin) et Daniel. Pour ceux qui ne connaissent pas, les techniques légères, c'est de la corde de 8mm (principalement, pour 2 petits ressauts on a eut droit à de la pureline en 6mm), des mousquetons doigts fils (type mousquetons de dégaine) qui restent CE, beaucoup d'AS (y compris des minuscules qui ne servent qu'à remplacer mousqueton + plaquette) et de dynemas, et bien sûr des plaquettes (dans lesquelles on passera parfois directement la corde pour économiser les mousquetons).

Et particularité de ce stage : le but est de faire des grands puits (ce à quoi le plateau d’Albion se prête bien).

Samedi : arrivée au gîte

Le rdv est donné à 16h. Présentation du stage, présentation de l'hydrologie et de la géologie du plateau d'Albion, et avertissement : il va commencer à pleuvoir en début de soirée, et il va pleuvoir beaucoup jusqu'au dimanche soir. Ils annoncent entre 60 et 110mm en 30h, sachant que le sol est déjà bien gorgé d'eau par les grosses pluies du week-end précédent.

Harry : "Le Jacky est une cavité sèche ... prends la combi enduite"

Préparation des kits pour le lendemain.

Dimanche : Aven Jacky, objectif le fond (environ -150)

Participants : Félix, Daniel, Raph (Cadre).

TPST : 5h

Ayant le matériel propre, on monte tout équipé (baudrier compris) dans la voiture de Raph. Je connais déjà la cavité, et la dernière fois j'avais équipé la partie basse. Il est donc décidé que j'équipe le début cette fois-ci. Je pars donc de la voiture 10 minutes avant les 2 autres (qui restent au secs), et ils me rejoignent au moment où je fini d'installer la dev dans le puits d'entré : synchro parfaite!

Je continue à équiper, sur un équipement un peu vieillissant, obligeant à improviser un peu quand les spits sont morts (les suiveurs ajouteront quelques AF). Et effectivement, la cavité réputée sèche mouille pas mal : je suis très contenant d'avoir pris ma combi enduite presque neuve (même si une texair aurait été encore mieux). Après quelques puits, je propose qu'on tourne plus tôt que prévu pour que Daniel puisse se réchauffer un peu, et commençant à pressentir qu'on n’atteindra pas l'objectif, vu que ça mouille de plus en plus. Pendant que Daniel équipe, je sors régulièrement le poncho et la bougie à alcool pour me réchauffer un peu. À -70, on décide de renoncer : on est tous trompés et frigorifiés, et le passage qui suit arrose encore plus. On ressort, quelle chance, pendant une petite accalmie (la pluie reprendra pendant la route de retour). Mais avec nos -70, on a quand même battu le record de profondeur de la journée : certains groupes on fait demi-tour tellement vite qu'ils étaient de retour au gîte à 10h30.

Lundi : Aven du Caladaïre (objectif -250)

Participants : Félix, Daniel, Béa, Laura alias Lo (Cadre), Sevan (Cadre).

TPST : 6h

J'équipe le puits d'entré : un très beau P70!

Le P70 (photo par Sevan)


Ensuite, Daniel équipe le ressaut qui suit et le P100.

Pendant que Daniel équipe sous la supervision de Lo, on fait de la technique avec Sevan : Décrochage, Auto-moulinette (pour Béa), Balancier espagnol (pour moi), et techniques optimisées de passage de nœud (que je connaissais déjà, mais pas Béa).
 

Balancier espagnol en cours de mise en place (photo par Sevan)

On descend ensuite le P100, qui est grandiose. Par contre, il arrose sévère : en 10 minutes de descentes, on est trempés (Bravo à Daniel qui a du passer environ 1h sous la douche pour l'équiper). La suite est un petit boyau avec un débit de plusieurs litres par secondes : ça pourrait se passer, mais on commencerait à risquer l'hypothermie pour ceux qui n’équipent pas et attendent : on décide de faire demi tour. Béa déséquipe.

Après vérification, on n'a pas raté grand chose : on a fait la partie la plus belle de la cavité, le reste de ce qui était prévu n'a pas beaucoup d'intérêt (et ensuite, ça devient carrément infâme, excepté un autre P100 presque au fond). Bref, une sortie à -180 est vraiment sympas, au-delà, ça devient plutôt pénible d'après ce que j'ai compris.

Mardi : Aven du Jean Nouveau (objectif -327)

Participants : Félix, Daniel, Béa,Harry (Cadre).

TPST : 7h 

La veille au soir, Harry nous laisse le choix de l'objectif : -327 ou -400. Au vu du rythme du groupe les jours précédents (et que lors du stage M0, on s'était arrêté vers -300 faute de temps), on décide de viser -327.

Quand on arrive, la cavité est équipée, mais pas de voitures en place. Harry savait qu'une équipe y était allé le samedi, et suppose donc qu'ils ont abandonné leur matériel pour échapper à la crue. Il tente de les contacter sans succès. On décide de re-équiper par dessus leur équipement.

J'équipe jusqu'à -187 (un petit puits, puis un P167 !!!). La cavité est brochée, et la corde en place sert de guide, donc en 1h20 j'ai fini mon équipement (avec quelques améliorations par rapport à l’équipement de l'autre équipe).

Béa prend la suite, puis Daniel. Bien mouillé, je passe le plus gros de mon temps sous le Poncho avec la bougie.

On fini par atteindre l'objectif fixé. Coté temps, on aurait probablement pu pousser jusqu'à -400 si on avait pris le matos, mais honnêtement, mouillé comme j'étais, je n'étais pas mécontent de m'arrêter là.

Au retour, on croisera l'équipe qui avait équipé la cavité : au final, ils avaient volontairement laissé équipé, pour revenir poursuivre leur opération de dépollution.

 

Mercredi : Aven Aubert (objectif -200)

Participants : Félix, Daniel, Béa, Raph (Cadre).

TPST : 6h

Pour la journée "repos" du mercredi, Harry nous a prévu un -200 "facile".

L'entrée s'ouvre au milieu d'une volière (avec un accès spécial pour les spéléos). En effet, l'entrée a été trouvée par le bas depuis le réseau du soufleur d'Albion, après un total de 200m d'escalades en artif!.

J'équipe une série de petits puits dans la zone d'entrée. Ça arrose dès le puits d'entrée, et le méandre/boyau qui suit coule bien (alors qu'il ne coulait pas la fois où Béa était déjà venue). Sur un des puits, je dois bien bidouiller pour aller chercher très loin le hors crue pour éviter de trop se mouiller (au retour, on trouvera 2 broches là pour ça, mais quasiment impossibles à trouver si on ne les connaît pas : cachées derrière une lame, et avec un pendule à 45° à faire pour les atteindre).

Béa prends la suite avec une vire remontante enchaînant sur un P100 (puits de l'adrénaline) avec une belle cascade qui coule (qui s'écrase sur un palier intermédiaire, avant de finir sa descente). La descente se compose uniquement de fracs pendulaires (tous dans le même sens), pour toujours s'écarter de la cascade. 

Daniel équipe le P55 final (puits de l'aboutissement), qui est encore plus impressionnant que le P100. Arrivé en bas, l'objectif est atteint!

On avance une dizaine de minutes de plus dans le méandre qui suit : pas très agréable, ni très intéressant.

Jeudi : Aven des Papiers (objectif -167)

Participants : Félix, Béa, Michel (Cadre).

TPST : 6h

 Daniel, un peu fatigué, part sur une cavité moins physique. L'objectif du jour est "modeste" (par rapport aux autres jours), mais on nous a prévenu : la cavité est difficile!

Béa équipe le début : tête de puits étroite, la suite est une succession de ressauts très fractionnés pour éviter les frottements de la corde (les frottements de la combi sont impossibles à éviter : le passage est souvent tellement étroit que je ne peux pas voir où je mets les pieds!

Arrivé en bas de la première corde, une petite "salle" de 2-3m² permets de se tenir debout à 2. Il faut ensuite remonter une petite escalade équipée en fixe sur une 10ène de mètres (ce qui me prends pas loin de 10 minutes avec le kit qui se coince plusieurs fois). Nouvelle suite de petits puits, généralement pas bien large.

Je reprends ensuite l’équipement. Les têtes de puits sont toujours aussi étroites pour la plupart, même si la base des puits commence à l'être un petit peu moins. Pour une suite de 2 petits ressauts, Michel me propose de ne pas utiliser la corde prévue, mais sa pure-line, une cordelette de 6mm à base de dyneema : ça file bien! (les tests sur corde neuve sont concluants (avec certaines limitations, comme le fait qu'il ne faut aucun choc, donc que tous les fractios doivent être doublés), mais les tests au vieillissement sont encore en cours). Je poursuis l'équippement jusqu'à l'objectif.

Au retour, on veillera scrupuleusement à appliquer le conseil de Michel : lorsque la sortie de puits est étroite, on fait passer le kit en premier. Et lorsque le puits lui même est trop étroit pour gérer le kit en dessous de soi, alors on le fait passer au dessus ne nous même dans la remontée (c'est pénible, mais moins qu'un kit qui se coince sous nous dans une étroiture verticale). La remontée sur la pure-line est très agréable (aucun effet yoyo). Sinon, globalement, la remontée avec un kit dans les puits étroits est laborieuse, mais moins horrible que je ne m'y attendais.

Vendredi : Aven Julien (objectif -250 à -350)

Participants : Félix, Daniel, Flo, Jack, Michel (Cadre), Savan (Cadre).

TPST : 9h30

Pour le vendredi, c'est journée "Grande sortie". Initialement, il est prévu que l'équipe techniques légères aille à l'Autran avec quelques autres du stage perfectionnement. Mais vu que les puits d'entrés sont déjà équipés le jeudi, il ne reste que le P103 et le 40 qui suit à équiper pour atteindre l'objectif de -400. Étant déjà allé jusqu'à -360 lors du M0 (mais on avait équipé depuis le début), et aillant équipé le P103, il n'y aurait que le P40 pour moi à équiper que je ne connais pas.

Je décide donc de m’inscrire plutôt pour l'Aven Julien (qui est en ce moment équipé en fixe), la seule cavité parmi celles proposées que je ne connais pas.

Et je ne regrette pas mon choix : la cavité (elle aussi ouverte depuis le bas suite à des escalades en artif) débute par une trappe fermée à clef et une buse. S'en suit une série de petits puits un peu arrosés, mais ça va. On espère juste que ça n'empirera pas trop pendant qu'on est dedans (40mm de pluie annoncés dans l'après-midi et la soirée), faute de quoi on ressortira trempés.

Arrivés en bas, on fait un crochet par la galerie des coupoles (magnifiques coupoles au plafond, dus à l'air (et au CO2) sous pression lors des anciennes mises en charges). Puis on poursuit jusqu'à la galerie du costard : on se croirait presque en Ardèche (moi qui croyait que le plateau d'Albion s'était sans aucun intérêt coté concrétions), avec de nombreuses coulées et stalagmites jaunâtres voir jaunes.

Galerie du Costard (photo de Sevan)

 

Plus loin, on arrive sur une zone étroite, où Daniel, Fatigué, décide de faire demi-tour, accompagné par Michel. Derrière la zone étroite, c'est tout aussi beau (voir plus) que dans la galerie du Costard, mais plus étroit. On trouve encore de nombreuses concrétions dans le jaune, voir dans l'orange pour certaines. On pousse encore un peu plus loin, avec une nouvelle zone étroite, un méandre, et un P20 que seul Sevan et moi descendront : on serait bien allé plus loin, mais Flo et Jack commencent à appréhender le retour et préfèrent s'arrêter là. Donc demi-tour. On a au moins atteint l'objectif minimal (-250).

Au début des puits d'entrés, Jack m'appelle : Sevan ne va pas bien, il faut que je vienne le secourir (juste un petit exercice de décrochage, ouf!, il ne fait que semblant). On ressort à 19h, pendant une accalmie (Daniel et Michel, qui nous attendent dans les voitures, sont sortis sous la pluie-neige), même si le Mistral est glacé. Retour au gîte, douche puis repas pour les 2 groupes déjà rentrés.

Vers 21h30, on reçoit des nouvelles que les premiers commencent à sortie d'Autran (ce qui est parfaitement normal comme horaire vu l'objectif), mais on commence un peu à s'inquietter pour l'équipe du Caladaïre, qui était sensé passer 8 à 10h sous terres, donc être sorti au plus tard vers 20h. Un peu avant 22h, une première équipe de 3 cadres part pour l'entrée, et avec le reste des cadres présents, je commence à me préparer pour aller prêter main forte si besoin. Au final, juste au moment où les 3 cadres arrivent au parking, on reçoit le message que l'équipe vient de sortir : ça a juste pris un peu plus longtemps que prévu.

Samedi : nettoyage du matériel et retour.

Après le petit dej, rangement de nos affaires, puis nettoyage du matériel collectif.

Un dernier pique nique au gîte, puis debriefing collectif puis individuel pour ceux qui voulaient, et retour à la maison sous un nouveau déluge.



Bref, un stage génial malgré le fait qu'on se mouillait beaucoup à cause des fortes précipitations du premier weekend.

Si ça intéresse quelqu'un, Harry propose un autre stage pendant les vacances de la Toussaint : si quelqu'un veut faire une stage un peu poussé, n'hésitez pas (à titre d'exemple, un des stagiaires "découverte" avait fait une unique cavité avant le stage, à -40. Le dernier jour du stage, il est allé à -400 à Autran)

mardi 28 novembre 2023

Stage équippier environnement (M2) : Grotte de Saint Eucher (84)

Lundi 20 -samedi 25 novembre 2023

participants SCA : Félix.

Grotte de Saint Eucher (84 : Vaucluse)

TPST : variable : 0 à 6h sous terre + travail en surface et en salle

 

Je me suis inscrit (pour la 2ième fois) au stage équipier environnement, qui cette année à eut lieu à la grotte de Saint Eucher, dans le sud du Vaucluse, dans la vallée de la Durance.

Porche d'entrée, en falaise

 

Ce stage consiste en une partie théorique en salle (une conférence le matin, une le soir, réparties entre des thématiques de spéléo scientifique (géologie locale, karsto, radio-balisage, ...), et d'autre plus orienté sur la gestion des cavités, la règlementation, les parcs naturels, ...). Le reste du temps est consacré à l'étude d'une (et une seule) cavité, quand c'est possible avec un enjeu de gestion. À noter que ce stage constitue aussi le module 2 du moniteur (mais est ouvert à tout le monde).

Début du stage le lundi matin à 10h. Il y a eut un petit changement depuis le dernier stage : maintenant, si on veut  qu'il compte pour le module 2 du moniteur (M2), il faut le préciser, car il est maintenant évaluer (avant, il suffisait d'être présent pour valider). Je demande donc à passer officiellement sur le M2 : comme ça, si dans les 2 ans j'arrive à valider le module 1 (tests techniques), j'ai déjà mon M2 (sinon, j'en referrait un : ce que je risque de faire de toute façon).

Après une présentation du stage, et un rapide contexte régionnal, on part sur une coline pour observer la géologie du coin (on devait aussi aller voir une ancienne carrière, mais par manque de temps, on se contentera d'un afleurement en bord de route).

Le soir, on se réparti en 4 groupes thématiques (dans lesquels on restera jusqu'à la fin de la semaine) : Karstologie/description de cavité, topo, aérologie, et biospéologie. Pour ma part, je choisis la Karsto+description.

On sera 3 stagiaires (moi, Théo et Juan), avec 3 cadres : Ludovic (un karstologue professionnel, qui ne restera que jusqu'au mercredi soir), Marie-Cléia (l'organisatrice du stage), et Doum-Doum (dont l'encadrement du M2 constituait la dernière étape pour devenir instructrice).

Mardi, on vas voir la carrière qu'on n'a pas eut le temps de voir la veille : elle est très intéressante : on y trouve des strates quasi verticales, recoupées par l'érosion avant un nouveau dépot horrizontal ; des brêches ; du paléokarst, des dépots de manganèse ; ... Puis en fin de journée, on fait enfin un petit tour dans le début de la grotte (on passe presque 2h à faire 100m, vue qu'on observe plein de choses au passage).

Portion de galerie dans les conglomérats

 

Mercredi : dernière journée de présence de Ludovic : on en profite pour étudier au maximum la grotte

Jeudi : mise au propre des données, et préparation en salle d'une description "normalisée" des différentes parties de la cavité (le but étant de travailler sur 2 méthodes d'évaluation de la cavité, qui servent à évaluer ses enjeux).

Faille aillant permis le creusement de la gallerie, mais qui a encore bougée après!

Lapiaz de voute

 

Vendredi : jusqu'en milieu d'après midi, retour dans la grotte pour compléter sur le terrain la description des différentes sections avec la méthodologie standardisée, et pour compléter les photos qu'il nous manque pour notre rapport.

Samedi : présentation aux autres équipes de notre travail.


Et en question de fond, tout le long de la semaine : quelle solution proposer, sachant que la cavité est facilement accessible et très fréquentée, mais qu'elle sert aussi de site de reproduction au Murin de Capaccini (une espèce de chauves-souris particulièrement menacée). Le GCP (Groupe Chiroptère de Provence) a acté de fermer la cavité en 2024 (à minima pendant la période de reproduction), mais est ouvert à discussion sur la meilleure manière de garder un accès "compatible" pour les spéléos. Plusieurs solutions sont donc envisageables : porte avec clef disponible uniquement en dehors de la période des chauves souris, forrage pour donner un accès après la zone d'entrée où il y a les chauves souris, ...


Si certains veulent le compte rendu complet, re-demandez moi en début d'année, le temps que tout soit compilé. Vous aurrez alors une version beaucoup plus complète (rien que pour la partie karsto/description, on est à 23 pages)

dimanche 5 novembre 2023

Stage M0 sur le plateau d'Albion

Samedi 28 octobre 2023 - Vendredi 3 novembre 2023

Stage M0 sur le plateau d'Albion (Vaucluse)

Participant : Félix (+Gilles sur le stage perf)


En complément du compte rendu de Gilles, voici la partie plus spécifique au M0.

Tout d'abord, c'est quoi le M0? C'est à la fois un stage de perfectionnement "avancé", orienté techniques légères, et une préparation au "M1", le stage "tests techniques" du moniteur fédéral. NB : il n'est pas nécessaire d'être initiateur pour y participer, par contre il est attendu d'avoir un niveau en équipement similaire à celui des tests techniques de l'initiateur (par contre, il est possible d'y aller sans aucune compétence en encadrement).

Nous sommes 4 stagiaires cette année, que je connais tous déjà de stages précédents : Arya, Élodie, Olivier et moi-même. Et 2 cadres à la fois : Benji (le seul du stage que je ne connaissais pas) toute la semaine, et Jacques jusqu'au mardi, Alex ensuite.

Arrivée le samedi un peu avant 14h, l'heure du RDV. Les chambres ne sont pas encore libres, donc on discute un peu. Une fois le dernier arrivé, on rentre dans le vif du sujet : une rapide présentation du stage, et on part pour un terrain proche où nos cadres nous ont installé un parcours dans un arbre pour vérifier notre aisance (avec passage de nœuds, pendule, vire, conversions, ...). Ils en profitent pour vérifier l'état de notre matériel, et nous donner des conseils sur son optimisation (entre autres, vu ma taille, ils me conseillent d'allonger ma pédale et ma grande longe (je dois avouer que d'une fois sur l'autre, je me contentais de reproduire la longueur que j'avais déjà, sans trop me poser de questions)).

Retour au gîte, repas, préparation des kits pour le lendemain, installation dans les chambres et un petit point sur ce qu'il faut faire et ne pas faire à l’équipement : la soirée est bien chargée : il est 23h sans qu'on ait eut une minute pour souffler!


Dimanche : Aven Jean-Nouveau

TPST : 8h

Participants : stagiaire : Félix, Arya, Élodie ; Cadres : Benji, Jacques. NB : Olivier est absent ce jour là.

On prévoit le matériel pour aller jusqu'à -400. On a beau prendre uniquement du matériel de techniques légères (cordes 8mm, mousquetons doigts fils (Nano 22), AS et Dyneema, et bien sûr des plaquettes (Zicral)), on se retrouve tout de même lourdement chargé.

Arya et Élodie dévident les 2 premiers kits dans le P167 d'entrée, pendant que je suis avec 2 kits bien plein. Je reprends ensuite l'équipement jusqu'à la salle du 14 Juillet (-262). Pendant ce temps, Arya perce un fractio sur AF dans un P30 à la demande de Harry (le gérant du gîte, qui est aussi instructeur Fédéral et BE) car c'est l'unique tronçon de 30m au milieu d'une série d’obstacles fractionnés tous les 15m environ. Elle en rajoutera quelques autres pour améliorer le confort de l’équipement. Puis Élodie reprend l'équipement jusqu'à environ -300.

 

équipement sur barre métallique


Il est alors malheureusement l'heure de faire demi-tour si on veut respecter le planning. On déséquipera donc, finissant de nouveau avec 2 kits chacun sur la fin.

Retour au gîte : on défait les kits, puis en prépare ensuite les kits pour les 2 cavités du lendemain (Jacky et Pépette), avec une pause repas entre les 2. Ensuite long débriefing sur tout ce que les cadres ont vu de bien, d'astucieux, ou de pas top dans l'équipement qu'on a fait. On discute de nombreuses astuces (par exemple : si 2 points sont quasi alignés verticalement, et qu'un brin de l'oreille du haut appui sur le doigt du mousqueton du bas, alors on peut passer ce brin dans le mousqueton du bas). Longe discussion également sur les différentes manières de rabouter 2 cordes au niveau d'un fractio, et laquelle est la plus adaptée selon la situation (c'est l'occasion pour moi d'apprendre enfin comment on fait un chaise double huité pour rabouter 2 cordes au lieu de le faire sur base d'un Mickey (ce qui est plus simple à faire, mais bien plus dur à défaire)). Encore une fois, il est 23h avant qu'on ne soit libéré!

Lundi : Aven Jacky

TPST : 7h

Participants : Félix, Élodie, Jacques (Cadre)

Suite à un petit malcompris avec nos cadres, on a remplacé 50% des mousquetons par de la dyneema (on était juste sensé prendre 50% de dyneema en plus). On a donc bien plus de plaquettes que de mousquetons. Certes, c'est léger, mais pas rapide à installer, quand sur chaque fractio il y a au moins une dyneema à tricoter (tisserand, noeud plat, ou reprise du mousqueton sur l'autre point, selon ce qui se prête à chaque situation).

Élodie équipe le début, puis je poursuis, et je redonne la main à Élodie. On n'aura pas le temps d'aller au fond (mousqueton + plaquette, ça reste quand même bien plus rapide), par contre ça nous aura fait un super cours sur l'utilisation de la dyneema à toutes les sauces. On fera demi-tour à -130

Dé-kitage, renkitage pour le lendemain (on échange de cavités, mais l'autre groupe aillant commencé à faire ses kits avant qu'on arrive, on ne peut pas juste échanger les cordes), repas, débrief, puis soirée sur le matériel et ses propriétés.

Mardi : Aven de la Pépette

TPST : 7h

Participants : Félix, Élodie, Benji (Cadre)

entrée de Pépette

Cette fois-ci, c'est moi qui commence l’équipement : un ressaut d'entrée, et un P46. Élodie prends la suite (on en profite pour me refaire une pédale plus longue, qui me permet de la garder en fixe tout en attachant le mousqueton sur le baudrier). Enfin, je reprends l’équipement pour le dernier puits : main courant, tête de puits, un fractio, puis j'arrive sur un palier, et là, il n'y a plus rien! Ni moi, ni Benji, ne parvenons à trouver les points pour la suite : soit il falait prendre le puits parallèle, soit ils sont vraiment bien cachés! En tout cas, on fait demi tour à -140, soit 10m au dessus de l’objectif, par manque de temps : dommage.

Le soir, présentation sur les différents systèmes de coordonnées utilisés pour donner les coordonnées des entrées des grottes : longitude/latitude, UTM (30,31,32), Lambert I, II, III, Lambert 93, ... Et les ellipsoïdes de référence (par exemple, à la pierre saint martin, le topo-guide utilise encore un ellipsoïde "antique", l'ED50 : si on ne fait pas attention et qu'on utilise le WGS84 (le classique, utilisé par Google Maps par exemple), alors on est 300m à coté : trop peu pour facilement se rendre compte qu'on est pas du tout au bon endroit, mais bien assez loin pour pouvoir passer sa journée à chercher l'entrée!

Mercredi : Falaise

TPES : 6h

Participants : stagiaire : Félix, Arya, Élodie, Olivier (qui nous rejoindra qu'à midi) ; Cadres : Benji, Alex (Vdk)

On commence la journée en équipant chacun une voie en falaise (15-20m). J'équipe ma voie en 45 minutes. Ensuite, on a pour consigne de re-équiper la même voie maintenant qu'on la connaît, en essayant de gagner en vitesse d'équipement et en confort : 18 minutes. Puis une 3ième fois : 17 minutes (avec un gros changement sur le début, qui améliore le confort, mais qui change pas mal les choses, limitant donc le gain en temps : il aurait fallu la faire une 4ième fois pour en voir vraiment l'effet, mais on passe à la suite). Je déséquipe la main courant d'accès globale à ce secteur de la falaise, puis j'équipe une nouvelle voie dans une autre partie plus surplombante, qui permettra de faire des ateliers pour l'après-midi.

On remonte manger, et on se prendra quelques gouttes de pluie à la fin du repas (heureusement, ça en restera là).

On consacre l'après-midi à différents ateliers : décrochage d'équipier depuis le bas vers le bas (le classique : grande longe ou pédale crollée). On voit aussi une technique un peu plus sophistiquée avec une grande dynema à la place de la pédale, qui permet de démultiplier notre poids pour soulever quelqu'un de beaucoup plus lourd que soi.

On voit ensuite une technique très simple de tension de tyrolienne : d'un coté, on fait un demi cabestan vérouillé par un noeud de mule (nb : à ce point, la main courante n'est pas encore tendue, donc c'est facile, contrairement à quand on tends la main courante avec le demi-cabestan), et de l'autre coté, on fait un noeud rémy (un noeud basé sur 2 mousquetons, qui coulisse dans un sens mais pas dans l'autre, et qui peut remplacer un croll perdu). Il faut donc en tout seulement 3 mousquetons ! Attention par contre à bien prévoir le débrayage avec le demi-cabestan, autrement la tyro sera impossible à défaire.

Enfin, on voit le balancier espagnol avec 2 variantes : la classique et une avec une dyneema en plus. Selon les personnes l'une ou l'autre est plus efficace (La force exercée est 0.5*mon_poids+poussée_de_ma_jambe pour la version classique contre mon_poids + traction_de_mon_bras pour la version avec dyneema).

Et enfin, une petite révision de l'Auto-moulinette.

Retour au gîte de bonne heure, et préparation de la grande sortie du lendemain : au final, on n'ira pas à l'Aven des Papiers comme initialement prévu, mais à l'Aven Autrans, plus intéressant, qui vient d'être déséquipé. On prépare les kits, on fait un petit débreifing de la journée, puis on prépare les topos et on discute de l'organisation.

Jeudi : Aven Autrans

Équipe 1 : Arya, Élodie, Benji (cadre) :  TPST : 19h

Équipe 2 : Félix, Olivier, Alex (cadre) :  TPST : 18h

Objectif : au moins le bas du P103 (ie -360), si on a le temps le siphon blanc à -400. On aura 6 kits de corde (en 8mm, sinon il en aurait fallu encore plus) et un kit avec le second repas de chacun, le premier étant dans nos mini-kits). On décide qu'une première équipe partira du gîte à 7h, et la seconde à 8h30.

Le matériel d’équipement pour Autrans (sans le kit bouffe)

Arya et Élodie se portent volontaire pour être dans l'équipe 1 : ouf! Le réveil à 6h du mat ne me faisait pas du tout envie.

La première équipe rentrera sous terre à 8h10, la seconde (la mienne) à 9h10. On se prendra une averse juste à l'entrée du trou. On rattrapera la première équipe à -50. En trouvant un bas de puits assez confortable, on décide de leur laisser une demi-heure d'avance pour continuer à équiper : on sort donc tous nos ponchos (et moi en plus ma bougie : autant se mettre confort).

L'équippement s'enchaine jusqu'à -109 (à partir de là, Olivier reprends l’équipement pour les divers petits obstacles), puis on parcourt le méandre rouge, bien glissant (il doit son nom à l'argile rouge qui le tapisse), puis un petit bout de galerie facile (le seul!) avec un petit filet d'eau au fond. On entame ensuite le "grand méandre", qui n'a de grand que sa longueur : 700m de long pour 100m de dénivelé, avec juste un P11 et un R4 au milieu. Il est beau, il est propre, il y a un joli petit ruisseau qui coule au fond ... Tout serait parfait s'il était 3 fois plus large. En l'état, c'est à peine si ça passe à l'égyptienne (ie de coté), et encore, très souvent, il faut se hisser un peu sur les bras, ou fléchir un peu les jambes, pour faire passer les endroits les moins larges de notre physionomie aux endroits les plus étroits. Le tout bien sûr avec un kit rempli de 100m de corde! et mon mini-kit. On mets 1h30 à parcourir le méandre.

On arrive alors au bout du méandre, qui se jette dans le P103 : un puits magnifique de 20-30 * 40-50m de diamètre, avec une belle cascade, et d'énormes rognons de silex dans la partie passe (certains de plus d'un mètre!). C'est à mon tour d'équiper : sacré ambiance! Une main courante remontante pour passer au dessus de la cascade, puis descente en rive gauche, avec plusieurs pendules pour s'écarter autant que possible de la cascade (ce qui n'empêchera pas de se prendre des embruns). Il faut ensuite traverser la rivière au profit d'un palier sur lequel s'écrase la cascade, pour poursuivre en rive droite. On se rassemble en bas, et vu l'heure (déjà 19h!), on décide de faire demi tour. Sans compter que le temps que j'équipe, le débit dans le méandre à doublé!

On remonte le P103 (je profite d'avoir emmené un petit Kway pour réduire l'impact des embruns), puis de nouveau le grand méandre : dans ce sens, il nous faudra presque 2h30 pour le parcourir : les cordes sont maintenant mouillées (donc plus lourdes), on est plus fatigués, le niveau d'eau est un peu monté, et surtout ça monte! On poursuit ensuite sans encombre la remontée jusqu'à -109, au pieds de la série de puits de l'entrée. J'attaque le déséquipement : au début, c'est confort, mais plus ça vas, plus les puits sont arrosés! 

Benji pars devant pour améliorer l’équipement pour essayer d'écarter au maximum les cordes du chemin de l'eau, et fait un aller-retour dehors pour signaler que tout vas bien, vu qu'il est clair qu'on sera loin de tenir l’horaire prévu d'être sorti avant minuit, et Alex finit par prendre la fin de l’équipement pour gagner du temps. Sur la fin, dans certains puits, c'est littéralement la douche (prenez une douche à l'italienne, et imaginez que le pommeau couvre toute la cabine de douche : ça vous donnera une bonne idée de l'ambiance). On se débrouille tant bien que mal pour se faire passer les kits bien lourds dans les têtes de puits pour la plupart bien étroites (d'autant plus que pour la plupart, on a maintenant 2 kits par personne).

On fini par tous se regrouper à -20, personne ne voulant sortir trop en avance, car on est tous trompés de la tête au pieds, et dehors les températures ont chuté drastiquement : il ne fait plus que 1°C. On sort à 3h10, et Alex qui termine le déséquipement à 3h20.

Ça nous fait 18h sous terre pour l'équipe 2 (mon record, si on exclu un bivouac à Cabrespine), et 19h pour l'équipe 1. On rentre en marche forcée aux voitures pour essayer de se réchauffer un peu (ou plutôt de ne pas se transformer en glaçon), on se change, et retour au gîte, où Doum-Doum nous attends en pyjama pour nous dire qu'un bon Bœuf Bourguignon nous attends au Frigo. Le temps de manger, il est presque 5h du matin le temps d'être au lit.

Vendredi : Nettoyage du matériel et retour (ou pas ?)

Pas de repos pour les braves : le réveil est à 7h30 (soit 2h30 de sommeil) car il faut laver le matériel et ranger le gîte. Les M0 sont en charge du nettoyage de la quincaillerie et des sangles/dynemas/AS, pendant que ceux du stage perf s'occupent de laver les cordes. Pour le sangles/dynemas, on peut utiliser les 2 machines à laver "spéléo" d'Harry (le bouveau gérant du gîte de l'ASPA), et pour le reste, on a un grand lavabo. On peut s'estimer chanceux, les perfs, eux, doivent aller à la rivière ... sous la neige (qui heureusement ne tient pas).

Rangement du gîte, debriefing individuel et collectif, il est l'heure de prendre un dernier repas ensemble. Le stage M0 est ensuite terminé. Les stagiaires du stage perf( dont Gilles) doivent encore recevoir leur debriefings individuels. Ensuite commencent les au-revoirs. Avec Gilles, on finit par décider de rentrer, et Gilles propose généreusement de conduire ma voiture, ce qui est plus raisonnable vu mon manque de sommeil. On monte dans la voiture, Gilles démarre ... enfin, il essaye : la voiture ne veut pas démarrer! On essaye en poussant la voiture dans la pente : elle ne semble pas loin de démarrer, mais ça ne suffit pas. Parmi les rares stagiaires encore présent, on en trouve un avec des câbles : on relie les batteries des 2 voitures, mais sans plus de succès! On retourne au gîte, où Marie Cléia nous propose du "start pilot", un spray pour aider des moteurs récalcitrants à démarrer : pas plus de succès. En désespoir de cause, je finis par appeler l'assistance de mon assurance auto. Un dépanneur est sensé arriver dans une heure. Peu avant l'échéance, le dépanneur me rapelle pour me dire qu'il en a encore pour une heure de plus! Harry, rentré entre-temps, me propose de tenter de me remorquer avec son mini-bus : on essaye, sans succès d'abord, puis on fini par réussir à faire démarrer la voiture avec la clef (le fait d'être remorqué à du recharger la batterie). On arrive donc enfin à partir! Il est 20h30 le temps d'arriver à Sète.


PS : les photos sont d'Élodie