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jeudi 7 mars 2024

Saint Pancrasse évolution

Jeudi 7/03/2024

Perte de St Pancrasse

TPES : 1h (Laurent)


Après les premières pluies un peu sérieuses depuis deux ans, je suis allé contrôler la résistance de la porte en planches de la perte de St Pancrasse.

Les images se passent de commentaires :



La porte a cédé par le bas sous la pression, et le débit englouti par le trou durant le "coup d'eau" de fin février a dû être assez phénoménal.
La cavité montre une capacité d'absorption très intéressante, il y a fort à parier qu'il va y avoir du changement dans le trou, sans doute une réactivation du réseau fossile et pourquoi pas un déblayage des remplissages. Verdict cet été...

En tout cas, il y a urgence à intervenir pour ne pas que de trop gros débris rentrent sous terre.

Je pense que le plus simple serait de goujonner une grille métallique à mailles fines mais résistantes pour que seule l'eau rentre.

dimanche 27 août 2023

L'enfer est pavé de bonnes intentions...

Samedi et dimanche 26 et 27/08/2023

Perte de St Pancrasse

Participants : Denis, Sophie (dimanche), Laurent (samedi +dimanche)

TPST : 3h (samedi) + 4h30 (dimanche)

Avec le mauvais temps prévu sur le Pays de Sault, nous nous rabattons ce WE sur la perte de St Pancrasse, où les conditions observées dans le courant de la semaine semblent optimales (voir post précédent).

Samedi soir je pars en solo pour avancer les travaux en technique boostée. Pas d'eau dans le chantier, ce qui permet de faire deux trous en 1m aux bons endroits. Le trou souffleur du fond ventile fort mais on ne peut pas l'atteindre visuellement sans avoir la tête en bas. La mission est menée à bien et je pose aussi quelques marches pour pouvoir se passer de la corde et du baudrier dans le premier ressaut.

Dimanche matin nous y retournons confiants avec Denis et Sophie pour déblayer et surtout voir la configuration derrière.
Surprise ! Après les pluies de la nuit, le ruisseau atteint de nouveau l'entrée de la cavité. Pour se donner du courage, on essaye de s'illusionner sur le fait que nous allons passer sans trop nous mouiller.

Au début ça passe bien. Nous arrivons au chantier qui est à peu près au sec, mais ce n'est pas le cas de la zone de traction ni surtout de la zone de stockage...
Après quelques gamattes, l'eau finit par gagner les gants, les bottes puis jusqu'aux sous-vêtements : ambiance totalement inimaginable après des jours à crever de chaud dehors et à chercher un peu d'eau pour se rafraichir.
Dire que nous sommes ici pour éviter les quelques averses prévues à Coume Froide. Super diagnostic !
Malgré tout, nous ne sentons pas le froid tout de suite car l'eau est presque tiède et a aussi réchauffé le rocher depuis le début de l'été.

Mais cela ne dure pas, et le froid finit par l'emporter sous les embruns et le bruit incessant de la cascade.
Nous continuons malgré tout jusqu'à vider l'ensemble des gravats de l'opération très efficace de la veille.
Un petit vide pénétrable de 2m s'ouvre à gauche mais ce n'est qu'un annexe qui sera utile au stockage. En bas le trou souffleur est éliminé et fait place à présent à un court laminoir avec du lapiaz de voûte. Le ruisseau court au sol et on entend l'eau cascader plus loin. Malgré les températures équilibrées avec l'extérieur, il y a de bonnes bouffées de courant d'air. L'obstacle semble court et on devine un élargissement plus loin, il faudra gagner de la hauteur de plafond pour passer mais c'est très encourageant...
Nous renonçons à repercer tout de suite pour ne pas endommager le perfo avec la flotte. Il est sans doute possible de dévier l'eau dans le puits d'entrée avec un système de canalisation à imaginer.

Avant de remonter, je fais visiter l'autre branche de la cavité à Denis et Sophie. Il y a pas moins de 4 actifs différents, dont 3 n'avaient pas été vus en activité l'année dernière. La température est beaucoup plus froide dans cette partie de la cavité plus isolée de l'eau tiède de la perte (d'ailleurs ce phénomène de réchauffement localisé de la roche au contact de l'eau serait très intéressant à étudier).
Dans un affluent, Denis fait un peu de première après une escalade mais il s'agit d'une arrivée fossile, sans doute depuis la surface.
En revanche une suite intéressante est détectée dans l'aval fossile (qui n'est pas fossile aujourd'hui car un petit ruisseau parcourt le bas du méandre). Il s'agit d'un shunt au dessus d'une banquette de graviers indurés : on voit une suite pénétrable en méandre et il y a là aussi des bouffées de courant d'air.
Ce trou est parti pour nous réserver des surprises...

Nous sortons vers 14h comme des serpillères. Malheureusement je n'avais pas pris la caméra en bas mais les images de l'entrée donnent le ton :


Après un pique nique rapide au bord de l'Orbieu, nous allons nous réchauffer à la tisane à la maison.
Une journée en décalage absolu avec la semaine de feu que nous venons de vivre !

 

mercredi 23 août 2023

Emballement climatique, état des lieux local sur les rivières en milieu karstique...

23 août 2023

A nouveau les villes audoises viennent de battre leur record absolu de température. A Narbonne, le précédent record datait d'août 2022. A Carcassonne, la barre des 43°C a été atteinte.

Nous assistons impuissants ou presque à ce que tous les spécialistes du climat annoncent depuis trente ans au moins.

Au niveau des rivières et du karst, on est également dans l'inédit total : certaines rivières pérennes des Corbières sont à sec pour la première fois de mémoire d'homme.

Exemple dans la partie amont du canyon de Caune Pont, sur le Sou :


Pour comparaison, le même endroit il y a 10 ans lors d'une opération de traçage (le 29 juillet 2013)


Sur l'Orbieu, certains sites de baignade réputés ressemblent à un oued africain :


Je viens me baigner ici tous les étés depuis 1983, et j'ai pris un sérieux coup au moral en découvrant les dégâts :


Le cours d'eau est sec sur plus d'un kilomètre, jusqu'à une perte jamais vue auparavant en amont des gorges


Heureusement, le karst dans certains secteurs résiste encore et toujours à la sécheresse. A mi-parcours des gorges, la source tiède de l'Orbieu est une oasis irréelle et presque miraculeuse, affichant des débits à peine en baisse par rapport à une année normale, malgré l'absence de recharge aquifère l'hiver dernier.
La rivière reprend vie à partir de ce point, mais l'eau qui sort ici n'a aucun rapport avec les pertes (au débit bien plus faible) situées en amont des gorges, et qui elles ressortent en rive droite sous le village de Montjoi.


L'intérêt stratégique de ce système, auquel sont également liées les pertes de St Pancrasse, est démontré : de belles réserves se cachent encore là dessous, encore faudra-t-il savoir les gérer intelligemment...

St Pancrasse justement, c'était l'occasion de retourner sur le site de cette découverte récente en contexte exceptionnel : eh bien la perte devant la cavité, et donc la cavité, est à sec ! Là aussi c'est complètement inédit.
Petit tour d'horizon :


Le ruisseau se perd au moins 200m en amont et donne 1 l/sec maximum : il ne faut pas chercher l'alimentation majeure de la source tiède de ce côté...
Le barrage fait l'an dernier avec les deux Daniel n'a pas bougé : il faut dire qu'il n'y a pas eu de crue en un an. Le trou crache un fort souffle froid bien agréable : ce serait le moment d'y travailler, mais difficile d'être partout à la fois...
Les autres trous en aval soufflent également, mais moins fort.
Avis aux amateurs, il y a de la première à faire dans ce coin également.