lundi 7 mars 2022

Dimanche 6 Mars 2022: Journée décisive du siège?

Sous entendu du siège en règle de la colline de Pech de Laure.

Puiqu'entame sérieuse de la désobstruction du T22(-3m), cote Ouest de la dite colline. Un de mes objectifs d'y a maintenant fort longtemps....Ce trou....sans trémies (ça change), est situe un peu au Nord et dans la suite logique du réseau 1bis de la grotte de Trassanel. Entame avec les 2 vieux de service à savoir moi même et Daniel Mas. Daniel qui détient le record imbattable de sortie sur le "vestiaire" "boutonniere" à l’extrême Est du site.

Enorm



ement de gens sur le site à ce jour: des coureurs de fonds, des vetetistes, des randonneurs et la manœuvre de printemps du spéléo secours.

Il me semblait au départ que nous n’orrions qu'à décaisser de la terre et des petits cailloutis. Et bien non, la spéléo de recherche est toujours pleine de surprise....Après le dégagement d'un tir de l’époque et un peu de terre, une grosse lame au travers du conduit nous contraint à sortir les "pailles". Certaines sont des pailles d'apparat, Daniel les ayant fabriquées dans des tubes en serpentin! Mais très très efficaces dans le calcaire-sucre si caractéristique de Trassanel. En fin de séance l'on peut affirmer qu'il y a bien quelque chose sous cette belle conduite forcée. Par un mince espace un excellent souffle est perceptible même sur les doigts!

En allant voir la belle conduite forcée un peu au Nord, Daniel manque de mobiliser le personnel secouriste...sur place....en chutant lourdement en cheminant sur une murette. Et en maudissant nos ancêtres, qui n’étaient pas de si bon bâtisseurs que ça!!Tout le monde n'a pas le talant de Jean Luc!

Trou à poursuivre ABSOLUMENT. Avis aux amateurs. Il faut quand même savoir que pour atteindre l’entrée, il faut endurer une redoutable marche d'approche de....50m!!!Et dans comme dans l'Aude tous les grands réseaux sont près des voitures...

TPST+TPES:5H

dimanche 6 mars 2022

Initiation spéléo à Rouairoux

Vendredi 04 mars 2022

participants : Adultes : Tangui, Mélanie, Edith, Boris / Enfants : Titouan, Clémence, Agathe, Marius

TPST : 2h30

Un couple d'amis nous rend visite en cette fin de vacances scolaires, ils ont envie de nature Audoise et pourquoi pas de nature souterraine. Sans expérience spéléo en dehors des grottes touristiques, et avec 4 enfants de 2, 6, 7 et 10 ans, le choix de la cavité se porte sur la Caunia de Rouairoux, sur le plateau de Lacamp à Lairière.

Arrivés vers 15h sur place, la météo n'est pas avec nous, on sera mieux sous terre ! Devant l'entrée, petite montée en tension pour Mélanie qui se sait peu à l'aise en milieu confiné mais qui tient à relever le défi. Il faut dire que cette entrée étroite, en fond de doline peut impressionner un non spéléo. Les gosses, eux, sont à fond.

 

La fine équipe

Toute l'équipe passe sans encombre l'entrée, le couloir et débouche dans la grande salle. Cette cavité très particulière se développe par creusement mécanique des marnes bariolées sous d'épais bancs de grès et poudingues qui en constituent le toit. On peut alors observer au plafond de belles figures de dépots sédimentaires. 

Descente dans la grande salle

Petite pause avant le retour

Il y en a pour tous les goûts : grands volumes, petit canyon qui méandre pour les enfants, toboggan d'argile et quelques concrétions en remontant l'affluant de -67. On observe également des Niphargus dans ce même affluent.

Niphargus dans l'affluent de -67




On ressort vers 18h00, ce maudit crachin breton s'est renforcé, mais tout le monde est content de cette découverte. Mention spéciale à Mélanie qui a dompté son appréhension et à Marius pour sa première vraie spéléo à 2 ans.

lundi 28 février 2022

Escalades en effectifs réduits au strict minimum

Dimanche 27 Février 2022

participants : Béranger, Félix

TPST : 10h30

La semaine dernière, en stage spéléo, je reçois un mail comme quoi Béranger voudrait aller au Vieux Lion ce weekend, mais que quasiment toute l’équipe est indisponible. Une sortie au VL après toute une semaine de stage ?!? Au final, le samedi, je suis moins crevé qu’attendu, donc je propose à Béranger d’y aller le lendemain si je suis assez en forme, avec confirmation le matin même.

Donc dimanche matin, on se retrouve au VL, pas au top de la forme pour moi, mais ça ira (j’ai réussi à négocier un rdv 30 minutes plus tard que d’habitude).

Pour une fois, on descend assez léger, avec juste mon petit perfo Lidl et deux accus supplémentaires.

Béranger découvre le boyau du vent sous un tout nouveau aspect : la dernière fois qu’il y était, rien n’était élargi, et il n’avait pas pu passer la chicane en Z. Donc découverte pour lui de la suite.

On commence par aller voir le bas de l’escalade faite la semaine dernière par Denis et Laurent, et on détache les cordes en bas de l’escalade. À la question s’il veut visiter la suite ou attaque l’explo, Béranger choisit la seconde option.

On décide de commencer par un petit peu de désob au niveau de la perte de la rivière semi-active, là où Jean-Mi avait cassé un bloc : il y a 3 gros blocs dans le passage : on pourrait probablement passer, mais ils sont assez instables : on essaye de sortir celui du haut, mais il est trop lourd pour être sorti à deux : on s’acharne un peu dessus à la massette, ce qui l’allège un peu, mais toujours pas assez. Il faudrait soit le sangler et le tirer à 3, soit le fendre au perfo (pour les deux autres, je pense qu’il faudra les fendre également si on veut les sortit). On n’a donc presque pas avancé de ce coté là, et on arrête donc pour manger (dès le début, on avait décidé de ne désober que jusqu’au repas, soit une petite heure).

Après repas, on monte dans les galeries supérieures (cf croquis mis à jour).

Béranger améliore le passage de l’entonnoir (I) en creusant un chemin bien plat dans l’argile : en cas de besoin, il devrait maintenant être possible de déséquiper la corde tout en passant sans trop de risque.

On remonte ensuite un premier cran de l’escalade K (le premier cran se faisant bien sans corde) : on reboucle sur la lucarne H, et une vraie escalade U remonte.

Ensuite Béranger déséquipe l’escalade faite la semaine dernière (qui donnait sur le puits N) pendant que je finis d’installer une main courant pour protéger les puits M et N (2 goujons aux deux extrémités, et un amarrage foré à la sortie du puits M.

Je fais ensuite l’escalade en O : coté ouest (P), ce qui semblait une belle galerie n’est qu’une niche sans espoir de continuité, avec quelques excentriques. Vers l’est, un antre passage (Q) redonne sur la salle précédente (nb : au retour, on remarquera un nouveau passage T au-dessus de Q), ainsi qu’un petit passage étroit qui fait 3m vers l’est avant de revenir 2m vers l’ouest avant de pincer (AD). Je déséquipe tout sauf 1 goujon+plaquette (sans maillon), avec Flo qui contre-assure sur les points encore en place. A noter qu’un des pulses n’a pas voulu sortir, donc j’ai dû percer autour jusqu’à fragiliser assez la roche pour le ressortir.

C’est ensuite au tour de Béranger d’entreprendre une escalade, cette fois-ci juste en V, juste en haut de la première escalade de Denis (D) : ce départ, pour remonter dans la faille, avait été vu le weekend dernier par Denis et Laurent. Après 7-8m de dénivelé, on prend pied sur un plancher qui nous sépare de l’escalade de Denis (D) qui est juste en dessous. Juste avant un petit départ (AA) s’enfonce dans la paroi : le départ est impénétrable, ensuite ça semble s’élargir. Le temps que je remonte sur la corde d’escalade en déséquipant, Béranger explore la suite. Ensuite, il installe la corde semi-statique pendant que je visite la suite à mon tour : on avance d’abord quelques mètres presque a plat vers l’est (ie dans la faille, vers le boyau), puis la pente augmente à cause des éboulis au sol jusqu’à devenir quasi-verticale (W). En bas de la verticale, une petite galerie d’environ 25cm de diamètre plonge à 45° vers l’est). Il est ensuite possible de monter en libre dans des blocs le long de la paroi sud de la faille/galerie (nb : la redescente est assez compliquée, car on ne voit plus les prises : je recommande aux suivants d’installer une corde). On arrive ainsi au sommet de la galerie/faille, où il y a de nouveau quelques excentriques, et dont le plafond est bien arrondi (ancienne conduite forcée?) avec des coups de gouges de 15-20cm. Il y a peut-être un départ (AC) désobable au pied de biche (terre et blocs) pour continuer vers l’est, mais aucune visibilité sans enlever au moins quelques blocs). Sinon, il est possible de ramper au sommet des blocs (X) vers l’ouest (juste sous le plafond) : on a ainsi une belle vue de haut. Après quelques mètres, il n’y a plus de sol sur lequel ramper : il faudrait équiper : en face, on voit une suite (Y), qui nécessiterait environ 3m de vire aérienne. Plus bas, on devine une continuité de la faille : je demande à Béranger d’aller à l’escalade K, et je le vois via ce passage. Donc l’escalade K+U serait un accès vers le haut de la faille. Est-ce que ça donne aussi sur autre chose, impossible à dire.

En redescendant, je rajoute une dev la semi-statique qui équipe maintenant V pour plus que ça frotte : on peut donc y monter sans problème.

On fait l’inventaire du matos, et on ressort, bien crevés, après 10h30 sous terre.


PS : j’ai récupéré les pulses pour pas qu’ils s’oxydent et pour les nettoyer

Une alternative à la perte de Coume Froide ?

Dimanche 27/02/2022

Prospection solo vallée sèche de Coume Froide

TPES : 3h

 

Pendant que la jeune génération s'occupait au Vieux Lion, je suis monté revoir un secteur que je m'étais promis de prospecter suite au traçage de février dernier, durant lequel un axe de drainage préférentiel avait été identifié à partir de la perte de Coume Froide.

Une seule demi-journée de dispo ce WE, et du beau temps doux, c'était l'occasion.

Aucune cavité connue dans ce secteur marneux (mais pas que), mais quand on sait ce que l'on cherche, et assez précisément où, c'est sans doute plus facile.

Après un passage à la perte (où l'éboulis avalant la flotte quand il y en a est encore gelé avec le CA aspirant de la nuit), début de prospection désespérément vide d'affleurements. Puis une première découverte en bordure de doline : un trou impénétrable axé sur le pendage, et un courant d'air irrégulier qui en sort. A surveiller lors des premières chaleurs pour faire un diagnostic objectif.

Le couteau donne l'échelle

Je prends le temps de tester la moindre anfractuosité du secteur, et une centaine de mètres plus loin, dans un secteur très bouché, un petit trou attire mon attention : un brin d'herbe palpite juste devant alors qu'il n'y a pas de vent. La main confirme : bon courant d'air froid !

C'est petit et ça ressemble à une fissure, mais pas loin il y a deux belles dépressions dans la terre.

Trou souffleur

Je repars à la voiture chercher de quoi creuser un peu.

En 1/2 heure la visibilité augmente à 1m. Et à bout de bras je sors un caillou coincé en travers du passage : il s'agit d'un vestige de plancher stalagmitique...

Le gant donne l'échelle

Courant d'air franc + calcite ancienne, dans cet endroit insolite, même si c'est étroit ça vaudra le coup d'insister car une des branches du système Blau - Font Maure passe là dessous avec certitude, en amont probable de la diffluence.

Avec de la chance cela pourrait éviter des travaux pharaonesques (qui sont dans les tuyaux depuis deux ans) pour explorer cette branche par la perte pleine de blocs de Coume Froide. Suite du trou à tester à l'occasion quand il fera chaud, entre deux grosses explos dans le réseau...


samedi 26 février 2022

Vandalisme

Une info relayée par Jean-Claude, à faire circuler largement...


Une bien triste journée pour la spéléologie audoise…

Avec la source de Laïdoux à laquelle il est relié, l’aven de Bories 3 est une cavité de premier ordre pour l’observation de la zone noyée du karst du Minervois audois.

André Tarrisse, qu’on ne présente plus tant il est apprécié de tous les spéléos, est un contributeur très important pour les observations qui y sont réalisées. Il a financé (entre autres) l’achat d’une sonde CTD et son câble de téléchargement remontant jusqu’à quelques mètres de l’entrée de l’aven de Bories 3. Le SCM intervient régulièrement pour décharger la mémoire du capteur autonome.

Ainsi, les intermittences qui se développent irrégulièrement dans le « siphon » sont enregistrées en termes de pression (niveau), température et conductivité électrique. La chronique est actuellement riche de 20 mois d’enregistrements qui, comparés à ceux réalisés à Laïdoux, est une source exceptionnelle de savoir, un patrimoine inestimable. La publication des premiers résultats est en cours de rédaction et devrait paraître prochainement dans SPELEAUDE.

La mémoire risquant d’être saturée dans quelques jours, il était temps de rejoindre aujourd’hui le ravin du Linze pour la visite trimestrielle.

Pour accéder au touret terminé par un embout de téléchargement, il est nécessaire bien sûr de connaître la situation du trou, de se glisser dans le bidon protégeant l’ouverture des crues du ruisseau, d’avoir prévu un minimum d’éclairage et parfois vous l’allez voir : de s’être muni d’un couteau bien tranchant.

Car l’embout en question était délicatement accroché au touret, mais le câble le reliant à la sonde dans le siphon était tranché net une vingtaine de centimètres en arrière.

Ce que l’intelligent personnage ne savait certainement pas, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple câble électrique mais d’un câble de transmission optique. Il n’est donc pas possible de l’abouter avec des « dominos », même pas de le réparer en atelier. Le câble de 100 m est définitivement hors d’usage et son remplacement complet revient à 343,20 € (port compris, tarif 2020)

S’ajoutant au préjudice matériel, la série d’enregistrements vierge de tout incident depuis l’activation (juin 2020) va comporter une large fenêtre d’interruption. Les enregistrements sont surtout importants lors des crues, l’éventuelle crue de printemps était attendue avec impatience et aurait eu toute notre attention… Il n’en sera rien.

J’entends bien « c’est peut-être un chasseur » : je les sais particulièrement mal à l’aise dans les trous, de plus il fallait prévoir au moins une frontale et quand ils descendent dans le ravin, c’est pour traquer leur gibier et pas pour faire du tourisme dans une cavité.

Donc il s’agit d’une récidive assimilable au vol des deux Reefnet à Laïdoux il y a quelques années, forcément le fait de personnes dans ou très proches du milieu spéléo…

J’espère que l’auteur de cet acte inqualifiable, au moins pour André, va peser les conséquences de son geste et trouver le moyen anonyme de lui rembourser la somme mentionnée ci-dessus.

Je ne pensais plus possible de tels actes dans le milieu de passionnés que nous formons. Force est de constater qu’il y des brebis galeuses (la gale étant bien légère comparée au mal qui les ronge). Bonne lecture en espérant qu’elles seront dénoncées sans scrupule (il existe beaucoup de moyens anonymes pour le faire savoir) et que la spéléo audoise éradiquera pour toujours cette engeance.

Jean-Claude Gayet, le 25/02/2022

 


 

 

dimanche 20 février 2022

Avalanche de galères (presque) jusqu'au bout

Dimanche 20/02/2022

Vieux Lion/Chandelier

Participants : JLuc, Flo, Dom, Denis, Laurent

TPST : 9h


Il y a des journées comme ça qui démarrent mal...

7h du mat, message de Dom : retard en prévision...

10 mn plus tard, autre message : Denis a perdu ses clés et son matos spéléo est à l'intérieur de la voiture...

Je tente de contacter JLuc pour lui signaler le retard, il n'aura jamais le message...

On se retrouve à Couiza pas en avance donc, mais Denis a pu trouver ses clés de secours.

Dom a amené le nouveau perfo Hilti. Par habitude, je vérifie quand même la compatibilité des accus avec le modèle plus ancien, le vendeur lui ayant assuré que c'était bon...

Et ben c'est pas compatible ! Connectique et pièces identiques mais différence de moulage plastique de l'arrière...Pas d'autres choix pour aujourd'hui que de tenter de percer avec l'ancien perfo dont la percussion est quasi-morte : rendement à 20% max. Echec global de la journée en prévision ; quand ça veut pas...

Flo a heureusement amené le TE6 qui pourra théoriquement un peu compenser. On descend donc sous terre à seulement 10h avec deux perfos de désob, 4 accus plus le perfo d'escalade et un tas de matos. Les kits sont blindés...

J'ai pris de l'avance pour aller commencer à calibrer la dernière ligne droite du boyau du Vent, mais rien à faire, la mèche ne veut pas avancer dans son trou.

Et pour cause : la pastille à l'extrémité de la mèche de 1m vient de rendre l'âme après plusieurs années de bons et loyaux services. Nous sommes maudits...c'est un sketch !

On se réorganise : JLuc et Dom enlèvent les gravats amenés par la crue à la sortie du boyau, Flo et Denis partent continuer l'escalade à partir de la salle carrefour, et je tente d'optimiser la désob avec les moyens du bord restant à disposition.

On a convenu de se retrouver pour manger après ces premières missions respectives. Quand je rejoins l'équipe escalade dans la salle, je me rends compte que le bruit d'actif dans la lucarne après le siphon perché est plus fort que d'habitude. Il n'a fait que 12mm de pluie mais ça réagit déjà bien sous terre.

Flo avant l'escalade dans le grand puits: il est encore sec...

Quand j'arrive à la salle, Flo ressemble à une serpillère : son escalade était bien arrosée, mais le bougre n'a rien voulu lâcher et est monté sous la flotte !

Il est trempe jusqu'au slip et une flaque d'eau se forme sous lui alors qu'il mange. Respect total pour la volonté, alors qu'il y avait d'autres escalades sèches pas très loin. En plus le palier atteint n'est qu'un relais dans un volume vertical sans départ de galerie, la série pas de bol continue...






Pas d'autres choix pour lui que de se mouvoir puis de remonter. Il part déblayer la deuxième salve du jour au boyau, puis remonte avec JLuc et Dom.

Comme il n'est pas trop tard dans l'après-midi, on décide avec Denis de continuer vers le fond et d'attaquer une des deux escalades qui résonnent. Auparavant je file revoir le siphon amont de la rivière temporaire, je ne me lasse pas de cette zone sculptée à l'extrême.

Roche déchiquetée dans la zone active

Cours de la rivière temporaire dans l'inférieur (dimensions 5X3m)

Sans surprises et bien dans le ton de la journée, non seulement le siphon amont a arrêté de baisser, mais il est remonté de 5m ! La rivière temporaire est à deux doigts de s'activer pour de bon.

On persévère malgré tout et Denis commence à escalader vers les volumes supérieurs. On se remotive, 1h plus tard ça commence à sentir bon avec un palier horizontal et du volume.

Et soudain, c'est le drame...

Denis en pleine action. La stalagmite est prête à le recevoir en cas de glissade...

La voix de Denis arrive du haut : "Il y a des traces de pas". Damned, on vient de reboucler avec la zone explorée le 12/02 par Félix et Flo. C'est la cerise sur le gâteau, le réseau nous fait un doigt (d'ailleurs bien visible sur la photo précédente)

En haut de l'escalade du jour

Du coup, on a bien atteint une résonance, mais ce n'est pas celle du fond, un mur sépare ces deux compartiments et le mystère n'est donc pas levé de ce côté là.


Pourtant, après tant d'échecs et de péripéties, tout (ou presque) va soudain s'éclairer. La zone est certes complexe mais bourrée d'informations. Nous suivons la faille de Picaussel (ou de l'Etreuil) dans des vides étagés et coalescents, l'ensemble est assez impressionnant, volumineux, à la fois vertical et horizontal. Réseaux actifs et fossiles jonctionnent régulièrement et ne font plus qu'un.

Il faut trouver la faille dans la faille, la clé du labyrinthe...

Morphologies de conduits, niveau max de crue, cotes alti, tests d'éclairages entre volumes sont autant d'indices et on se prend au jeu de piste. Un premier passage attire notre attention : il y a une galerie la-haut, que l'on pourrait prendre pour un bouclage. Il n'en est rien, et elle est à l'altitude des galeries du Chandelier.

Placage de sable ancien dans la zone fossile, 25m au-dessus de la rivière temporaire

Une galerie nous attend en haut, il y a un pas à équiper

Niveau max de crue sur paroi (réseau sup)

Miroir de faille et zone broyée (faille de Picaussel, 140m sous la surface)

Galerie sur la même faille

L'enquête se poursuit, aidée par les faisceaux focalisés des lampes. Nous découvrons un deuxième passage, puis un troisième. Les faisceaux éclairent de grandes cupules en paroi dans une galerie, un ancien collecteur possiblement, d'au moins 10m de haut, pleine roche et hors crue. Il manque un ou deux points d'ancrage pour l'atteindre là aussi.

C'est grand ! (Réseau sup, en limite de la zone de battement de nappe)

On voit qu'une partie de cette galerie reprend la direction est, vers le point chaud, l'autre partie semble aller vers l'ouest et recoupe la faille de temps à autre, comme un grand méandre. Peut-être une des solutions, ou la solution, à ce dédale.

Autre accès vers le niveau inconnu visible au-dessus

L'avalanche de galères s'achève donc sur de belles perspectives moyennant de petites escalades supplémentaires. Le paysage s'est éclairci.

On pourra shunter le dernier puits et la dernière escalade, gagner de l'énergie et du temps en équipant une grande main courante horizontale de 40m environ (ambiance dantesque) pour arriver directement dans ce secteur. Un gros paquet de boulot en perspective pour les prochains mois, également en topo.  

Ce dessous le schéma d'explo mis à jour au 20/02. Certaines lettres du schéma de Félix dans un post précédent ont été replacées.

 


Dimanche 20 Février 2022: Trauquière suite et...fin(?)

Retour solo sur cette petite zone attenante au Massif de Missègre et au Nord de Arques.

Entame de la desobstruction...

Descente de l'aven en sous bois, rive gauche. Que j'avais vu il y a fort longtemps. Impressionnante entrée étroite au ras du sol dans un secteur bouchè à bête. Beaux puits de lapiaz de 7m (fond à -10m). Les vielles carcasses que j'avais vu à l’époque sont toujours là, et les sacs plastiques les ayant contenu. Prions pour que ces pratiques sans nom soient de l'ordre du passè!Dans une lucarnette sur le cote Est, je sens très nettement un souffle. Ensuite entame de la desobstruction de la conduite forcée repérée le 23/01, toujours rive gauche, zone amont. J'y vais voir au fond et c'est étroit et colmate. Là aussi ressenti d'un net souffle...Rive droite il me semble retrouver un trou fait il y a bien 30 ans. Grotte méandriforme de 10m et descendant à -4. Très colmatée, mais pile poil à l'aplomb de la perte localisée le 10/02. Le temps déforme les souvenirs, et je ne ma la rappelait pas comme ça! Avec cette perte et ces 4 trous (+ un en bord de route) il doit bien exister par là un petit bout de rivière souterraine. Dès fois il ne faut pas un très gros massif pour donner de jolis trous!

Marmite en aval de la perte

Par contre sans moyens (perceuse et pailles), et sans aide d'au moins une personne, inutile de continuer par là.

trou rive droite

TPES:6H

Entrée
du -7. Piège à bestioles parfait!