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vendredi 2 octobre 2026

Le serrurier du Lauquet

Mercredi 30 septembre 2026

Participants : Jean Michel E., Alary

TPST : 4h / Source du Lauquet

Retour à la Source du Lauquet près de onze mois suivant notre dernière visite, qui s'était arrêtée sur un siphon en eau. Cette fois-ci les choses sont bien différentes.

Arrivés au parking vers 9h nous entamons la marche d'approche chargés de la nouvelle porte du trou et du minimum syndical pour une désob manuelle. Rapidement un éleveur du coin nous rattrape et nous informe que son taureau s'est échappé et erre dans les parages... Heureusement, Jean-Mi est lourdement bouclé.
La bête peut bien surgir maintenant
La sente vers le trou s'est dégradée. Arbres secs et tombés encombrent le passage. Néanmoins à 10h, nous atteignons le trou. Sa couverture de branchages a été efficace. Nous la déblayons. Le courant d'air soufflant est froid et puissant. Les feuilles sont soulevées et notre crainte levée.
L'entrée non dégagée
Entrée sous terre un bon quart d'heure plus tard. Quelques bouts facultatifs de cordes sont déroulés dans les ressauts. Nous passons le siphon cette fois sec et entrons dans la partie qui m'est inconnue. La roche noire en surface et la bougnafle omniprésente rendent le trou très austère. S'ajoute à ceci la progression, qualifiable de sportive... Un rétrécissement entre une grosse lame et le fin méandre me demandera un peu de créativité pour passer. Mention spéciale au ramping qui précède cela, en hauteur au-dessus du méandre, réalisé dans une position qui ne porte même pas de nom... Après ça les galeries s'élargissent. Nous suivons l'air, l'œil grand ouvert.
Extrait d'un rare bout de galerie confortable
D'un coup d'un seul, la morphologie du conduit change, en devenant un large laminoir remontant. La boue ne tapisse plus rien, la roche noire est à nu. Nous remontons, courant d'air pleine face, pour arriver au terminus connu. Il est 11h30, Jean-Mi sort la massette et fait une petite bouche avant de s'attaquer à un passage étroit plus en hauteur. Pendant ce temps je reste à contempler, quelques mètres devant moi, un passage atteignant le plafond et par lequel descend également une partie du courant d'air. Mais je n'ai pas bien envie de m'enfiler là-dedans et rejoins Jean-Mi pour taper un peu et finalement essayer d'avancer, en vain... Mais de ce point de vue, la branche de droit semble remonter plus haut et en proche, un bruit de turbine se fait entendre, signe d'un rétrécissement contraignant le courant d'air. Alors Jean-Mi reprend ce qu'il sait le mieux faire et moi, je redescends pour remonter à droite. Finalement ça monte bien et j'arrive au même niveau que Jean-Mi. Un pont de roche défend la suite mais tout compte fait, le courant d'air vient de dessous... Dessous donc, une étroiture à l'égyptienne dans laquelle je m'avance quelque peu me donne à voir une vasque d'eau fortement chahutée par le courant d'air qui vient la frapper. Bingo ! Nous avons la suite avec le gros de l'air !
En l'état, je ne passe pas. Le haut de ma combinaison deux pièces me coince. On s'acharne à tour de rôle pour élargir de quelques centimètres le passage. Jean-Mi tente mais ne se le sent finalement pas. Nouvelle tentative pour moi, je vais plus loin, la suite ne semble pas bien grande et me ferait atterrir directement dans l'eau... Tête en avant, c'est la noyade. Alors à la faveur d'une miraculeuse cloche au plafond, je parviens à me retourner pour y aller pieds en premier tout en enlevant ma veste de combinaison. Et de justesse, ça passe !! L'entrée dans l'eau se fait à coup de grandes respirations et enfin la suite se dessine... Mais en partie seulement...
Première étroiture d'accès (je suis dans l'eau là)
Allongée jusqu'au cou dans un bon 40cm d'eau, l'air est contraint de traverser une surface d'environ 250cm², avec seulement 15 centimètres de revanche au-dessus de l'eau... Du bout des bottes je sens que ça remonte mais surtout, qu'il y a beaucoup de place à gauche. Ce rétrécissement est donc ponctuel. Malgré l'envie, je ne tente pas de passer. Le moindre mouvement fait d'énormes vagues et je crains de ne pas pouvoir engager les épaules en gardant la tête hors de l'eau... Nous pouvons donc penser que cette vasque n'est pas si volumineuse que ça et qu'un pompage gravitaire pourrait être à même d'en venir à bout.
En habits de pauvre hère, je me ressors de cette souille étroite… À 12h50 nous prenons le chemin vers la sortie. Trempé comme une soupe et sans matos de désob lourd, difficile de faire plus. Jean-Mi déterre sur le retour de nombreuses prises utiles à la progression puis vers 14h30, nous sommes dehors pour sécher et prendre le repas.
La porte en place
Allant vers la voiture, nous en profitons pour rouvrir un chemin digne de ce nom. Les grosses pierres et les arbres en travers sont dégagés et les branches basses taillées jusqu'à 2,30 m de haut. Nous croisons au passage un habitant du coin qui nous invitera dans son chalet prendre un sirop de romarin. La fin de journée sera dédiée au lavage du matériel dans le Lauquet.

Pour une plongée moyenâgeuse, voici le compte rendu de Jean-Mi : https://exploscm.canalblog.com/2026/10/le-lauquet-c-est-ok.html

En bref, une suite prometteuse a été identifiée, mais pour venir y travailler, il serait judicieux d'aménager avant quelques étroits passages. Mais la période de mise en eau du réseau ne devrait plus tarder...

lundi 28 septembre 2026

Dimanche 27 Septembre 2026: Retour vers le passé.....pour envisager la suite....
C'est un peu le résumé de la sortie de hier à la cavité Historique du Plateau de Lacamp, à savoir la grotte du Cinquantenaire. Avec une équipe de mixité de Clubs: Moi-même du SCA, Daniel Mas individuel, Guillaume, Annick et Arnaud Tixier, Pierre Farlotti du SCM. Accès par l'autre accès plus rapide ouvert récemment. Météo enfin supportable....Descente à 10H45. Si je n'ai pas fait d'erreurs et celons mes notes je n'y étais pas allé depuis le 9 Aout 1985 avec ce qui s'appelait à l'époque la "section Terroles". Je n'y serais allé en fait que 4 fois: le Mercredi 8 Mai 1985: avec Daniel Slone mas, André Capdeville, Serge Bueno, ou l'on y avait entamé la désobstruction. Puis le Dimanche 13 Mai avec Christophe Bès alors au SCA.Enfin le Jeudi 31 Mai toujours en 1985, jour de la Grande première historique sur le plateau. L'entrée étant déjà connue par André et sa "section Douzens" depuis 1973.
malgré les récents aménagements cette descente dans la trémie n'est pas faite pour les gens sensibles des nerfs.... La civière n'y passe....nulle part....rendant ce trou l'un des plus engagé qui soit!
Petit télescopage temporel et technique au "R6" qui en fait en fait 10, ou avec Pierre l'on choisit le bon sens de base en....doublant le mono amarrage sur calcite....pour l'échelle à la De Joly qui vas nous faire descendre....C'est encore un dédale en dessous, et il faut traverser 45m concassé pour arriver dans les belles galeries. Dont j'avais vraiment oublié les dimensions...Tout de suite l'on vas faire trempette pour dépasser la voute mouillante qui est bien sur bien basse, et confirmer définitivement que le siphon de -55 m un peu plus loin est définitivement infranchissable. Ce qu'avait déjà constaté Guillaume en plongée. A moins d'avoir un système pour enlever le sable sous l'eau!. D'autant plus rallant que le conduit laminoir avant est remarquablement large, et doit être l'accès au Gros collecteur du massif. Visite-explo de tout le trou sauf en haut du R8....dont je ne comprend absolument pas comment on avait pu l'escalader!!La présence de Patrick Géa peux peut être expliquer ce miracle! La Grande salle amont est vraiment impressionnante. Je ne me suis pas enfilé dans le méandre de -47, mais j'ai la quasi certitude qu'avant sur la droite le cahot calcité est le même que celui de la salle de la rotonde du trou du Septuagénaire. Le courant d'air ressenti en Aout 85 doit franchir une faille semi active étroite, mais au dessus ces blocs signalent un vide sus jacent. A confirmer en attente d'une topo avec une équipe dans chaque trou. Belle jonction en perspective, mais qui ne résous pas le problème de la trémie ou par 3 reprise je ne trouve pas la sortie!!Majestueuse aussi la cheminée de l'autre amont avec au moins 25m de haut...Petite sortie de 3H05, mais bien sympathique. Motivant encore plus pour continuer la désobstruction du "trou paumé". 

lundi 21 septembre 2026

Un peu de tout, beaucoup de choses

Dimanche 20 septembre 2026

Participants : Charlie, Alary

TPST : 10h30 / Réseau Vieux Lion - Chandelier, Plateau de Sault

Aujourd'hui, les objectifs sont multiples et flexibles. L'idée principale est d'ouvrir un passage étroit dans le méandre sous-jacent à la salle des disques intriqués, où un élargissement quelques mètres dessous avait été entrevu le 30 avril 2023 ou le 20 mai 2023. Aller dans le fossile supérieur est aussi l'occasion de voir le matériel qui y est stocké. En fonction des résultats de cette première idée, nous pourrons nous rabattre sur quelques escalades dans le Réseau I. Niveau matos nous descendons avec de quoi répondre aux deux situations, sauf pour la corde d'escalade (une doit traîner quelque part sous terre...) et la mèche courte en 8mm (nous en avons plus...). Une fois la théorie posée, place à la pratique...

Départ à 5h pour Charlie depuis l'Hérault qui me retrouve à Carcassonne à 6h15 pour ensuite rejoindre le trou que nous atteindrons à 7h40. À 8h04 nous entamons la descente par le VL et quinze minutes plus tard, nous traversons la tyrolienne pour rejoindre le fossile. Première surprise, il y a du matos qui moisit juste ici. Nous posons nos kits et filons en vitesse sortir les cordes et sangles stagnantes du boyau du vent. D'ailleurs sur le chemin, juste après le R4 et avant le R5, une lucarne au sol donne dans un puits remontant équipé d'une corde. 
Non topo ? Que dit ce supérieur ?
L'aller/retour dans le boyau est rapide. Ce dernier est très faiblement ventilé. Il faut prendre en compte que la porte du Chandelier est fermée... Nous ramenons à la tyrolienne 4 ou 5 cordes dont une d'escalade. Il est 8h54 et nous rejoignons le véritable stock matos dans la salle (station 313PT / 314PT), qui se révèle bien conséquent (certains vont être très contents) ! Nos kits bien chargés auront du mal à trimballer tout ça... Nous prenons deux ratailles et partons pour le méandre. Chaque obstacle franchi me fait me souvenir du suivant. Arrivée devant le méandre. Juste avant celui-ci, une corde permet de monter dans la salle des disques. Nous passons le premier rétrécissement. Puis un second, plus sévère, qui laisse entrevoir un trou au sol descendant de 4m environ avec du plus grand en bas. Mais pas certains de pouvoir passer celui-ci, alors Charlie s'engage en premier, ce qui permet de mieux me placer. Nous pensons avoir localisé le chantier, mais pour en être certains, nous remontons le méandre jusqu'à déboucher dans la salle. Du coup, nous faisons la petite boucle, qui révèlera une bien triste nouvelle : le grand cierge au centre de la salle a été cassé, les bouts rassemblés en un petit tas juste à côté...
   
Photo du 30/04/2023 ; photo du 20/09/2026
Nous y récupérons encore des cordes et sangles posées là. Ce qui était équipé l'est toujours. Retour au chantier, Charlie s'en va percer pendant que j'aménage les deux passages étroits. Il est 9h50. Plusieurs salves toutes fructueuses seront nécessaires pour créer un "espace de vie" permettant de descendre. Entre-temps, les gênances des deux rétrécissements sont réduites au minimum uniquement avec des techniques datant de l'Âge du cuivre.
   
Avant ; après
Voici "l'espace de vie"
Deux petites rectifications viendront tacler un bloc, le rendant instable. Ne pouvant le remonter et ne sachant trop sa taille, nous luttons pour le faire partir vers le bas. Bien sûr, il ne passe pas et s'oriente de la meilleure des manières en venant obturer à la perfection notre trou... Encore quelques salves et enfin le trou devient pénétrable. On note durant toute l'opération une circulation d'air légère mais perceptible venant du bas. À 13h, Charlie fait tomber la dernière pierre (remake d'Etienne dans l'inférieur du Corbeau...).
Descente contre le plan de faille
En bas, une petite pièce permet d'observer le jeu de la faille à l'origine de ce rejet (4 à 5m) venu couper verticalement le méandre. La suite cependant, engage peu. La base du méandre est quasi horizontale et il mesure au minimum environ 70cm de haut pour 20 de large. La seule chose motivante réside dans ce léger courant d'air venu de l'inconnu.
La suite du méandre
La suite n'est peut-être pas si inintéressante, mais demandera pas mal d'efforts, surtout en ce qui concerne le volume de stockage. Il est 13h15, nous remontons manger. Une fois tout le matériel remballé, direction la tyrolienne. Je réaliserai une belle opposition au plafond d'une salle (station E12), se terminant sur un colmatage complet de la diaclase. J'ai posé un petit cairn visible depuis le bas. On se trimballe déjà quelques cordes argileuses qui ne rentrent pas dans les kits, mais le pire reste à venir... Au stock matos, je rassemble tout et bourre mon kit avec toute la ferraille. Les sangles serviront à accrocher les poupées de cordes entre elles pour les porter à la main. Il n'y a normalement plus rien ici.
Écroulés sous leur poids !
Nous avons dû en récupérer une dizaine, heureusement le chemin à parcourir avec tout ça n'est pas bien long. À la tyrolienne, nous déposons tout. La quincaillerie est entreposée dans un bidon étanche. Tout le zicral est visiblement altéré. Seuls les gobelets en plastique (Félix ?) semblent être aussi durables que l'inox...

Il est 14h30. Parfait pour aller faire la traversée ? L'idée c'est surtout de rejoindre le Réseau I pour fouiller, repérer des escalades et éliminer des doutes. Nous n'emportons donc aucun matos, tout ce que nous avons rassemblé reste là. Mais c'est déjà une bonne chose de faite et je me dis que si on a le temps une fois de retour à la voiture, je redescendrai rapidement blinder un kit de matos pour remonter ce que je peux... On verra bien... Mais en attendant, je ne suis pas léger pour autant, car je leste encore mon enclume pour alléger Charlie (c'est qu'il travaille beaucoup !). Puis va pour la traversée.

Passage devant le boyau du vent, qui souffle désormais. Rapide coup d'œil à l'affluent non topo précédent le siphon de sable (qui s'appelle en fait le "siphon fossile"...), arrêt devant une voûte basse largement passable, non ventilée dans nos conditions. Descente éclair au siphon fossile, toujours en eau. Rapide coup d'œil également à l'affluent non topo de Lavelanou. Petit détail cependant, un des deux amarrages de la corde qui descend est manquant et le mousqueton de l'autre point est altéré. Le trou souffleur (station 158) fait toujours du bruit.

Petite pause après être descendu du gour perché, où en rive gauche un chenal de voûte montre de curieuses zones d'ombres. L'escalade semble possible malgré le dépilement de la roche et son apparence d'escalier inversé. Je commence en traversée en remontant de deux mètres avec la corde du P7. Dans une fissure peu accessible et à un bon mètre de là, ma main détecte un mousqueton CT, signé SCA...?? Ensuite c'est relativement simple, mais je prends de la hauteur en atteignant un balcon légèrement déclive. Les deux mètres qui arrivent s'avéreront traîtres et particulièrement exposés. Deux prises de bonne taille casseront, mais je parviendrai à monter. Et tout en haut enfin, j'ai vu dans les zones d'ombre : il n'y a aBsoLuMENT RIEN. Maintenant c'est désescalade. Concentration maximale. Une prise lâchera tout de même... Retour au sol avec une certitude : c'est l'escalade la plus exposée que j'ai jamais faite, le curseur limite a été poussé un peu trop loin. Je ne retenterai pas.

Nous arrivons au R4 / P6 (suivi de la "Fleur") et surprise, nouvelle étrangeté, un point en sangle sur AN est au sol et la corde du puits à son nœud de bout de corde remonté à hauteur de déviation...
Hmmmm
On repose la sangle là où elle était et Charlie remarque qu'elle a tendance à vouloir glisser si l'on n'est pas bien positionné dessous. Et même comme ça, c'est limite. Un autre gros AN plus loin fera très bien le travail, mais je descends avant voir s'il y a suffisamment de corde. C'est ok. Alors comment on en arrive là ? En ayant observé le placement des autres cordes le long de la traversée, je penche davantage pour une traversée descendante (comme nous). La personne, dernière de son groupe, s'installe en mode descente. Si elle est un peu grande (facteur aggravant), la sangle remonte légèrement sur son AN et en descendant le plan incliné, s'il y a quelques mouvements, la sangle finit par sauter. Déséquilibrée au-dessus du vide, la personne termine brusquement sa descente sans avoir pu passer la déviation. Et une fois en bas, il était peut-être trop difficile de faire redescendre la corde par le mousqueton de la dev. Puis remonter, sachant que ça frotte et qu'un point n'est plus en place, ne devait pas être très encourageant. Donc on laisse comme ça... Conclusion : faudra y regarder au moment de rééquiper la traversée.

Ensuite nous cheminerons toujours en levant les yeux et en faisant quelques silences, grimpant de temps en temps ici et là. Nous nous arrêtons au trou d'air de la Galerie de l'hoverboard, il ne souffle pas (rappel : porte du Chandelier fermée). Après la Boîte aux lettres, je grimpe la grande coulée jusqu'en haut. Etienne l'avait déjà vu. Je ne trouverai rien de neuf. Peu avant d'arriver à la désob du 15/09/2026, nous trouvons la boîte à piles de Laurent, que nous ressortons. Un échange standard devra avoir lieu. Le Verrou sonore fait toujours du bruit, mais c'est à peine perceptible. En haut on l'entend bien sûr mieux, mais il y a moins d'air qui en sort. Nous passons la soufflerie, elle aussi en sous-régime, et atteignons la base de l'escalade que je souhaitais faire. Mais sans s'en être rendu compte, nous sommes partis du stock matos sans emporter de corde d'escalade. Puis nous n'avons que des grandes mèches pour le perfo... Et en plus il est 17h40 et Charlie a encore 3h de route pour rentrer chez lui et être dans les temps pour son avion le lendemain matin... Et par-dessus tout, c'est son anniversaire ! Alors on se ravise, préférant sortir plus tôt pour au passage laver le matériel. En bref, pas d'escalade, pas de matos remonté. Mais à la place, je cours au boyau de la murène pour en atteindre le fond. Je galère quelques instants dans l'étroit laminoir remontant de deux mètres de long, mais finis par passer.
Un rétrécissement ponctuel défend la suite qui bifurque sur la droite. Pas d'air, pas de résonance, demi-tour. À 18h10, nous sommes à la base des puits du Chandelier et vingt minutes plus tard, la porte s'ouvre, amorçant la turbine. Promenade aux vêpres pour retrouver la voiture et sa petite tarte à la framboise, réconfort pour mes épaules meurtries.

Nous nous arrêtons au passage à niveau du Blau pour nettoyer le matériel. En même temps, Denis au téléphone nous partage quelques recoins qui mériteraient sans doute un peu d'attention. Notamment un, issu de la série "aval du sable" (ep1 ; ep2 ; ep3), où à la fin du troisième et dernier épisode, peu avant le siphon de sable (le vrai), sous des blocs, un bel écho revenu de plus bas leur était parvenu. Depuis le 20/11/2022, qui a remis les pieds là-bas ? Il faut retourner voir ! Et la trémie suspendue qui fait suite aux conduites forcées ensablées, pas de ventilation ? Pas attaquable ?

Il reste à faire...
Samedi 19 et Dimanche 20 Septembre 2026: 2ème weekend entier au "trou paumé".
Avec les mêmes coéquipiers, à savoir Samedi Daniel M, Aude et Sébastien et Dimanche seulement Aude et Seb. Météo presque idéale de ce Mois de Septembre qui passe beaucoup trop vite....
Samedi: pas moi de 11 salves de calibrage dans la descente à partir du premier ressaut avec corde. Refarfouillage au fond ou il n'est vraiment pas aisé de localiser une suite vue l'absence du vent qui provoque la ventilation. TPST entrecoupé d'une remontée en surface pour casser la croute de 7H. L'on sort bien cradoc. Retour à la maison, malgré pour moi l'interminable et sinueuse route et....le soleil éblouissant dans la gueule à l'allée et au retour. Sur ces routes des Corbières il est parfois limite pour croiser un autre véhicule....
Dimanche: Suite et quasi fin du calibrage. Pose de 3 marches dans le dernier ressaut. Puis ouverture d'un espace semblant ce décaler du connu dans le sol de la salle terminale. Et bien non....l'on est toujours dans le connu!! Et le sol faisant penser au plancher d'un ancien gours temporaire. Par contre dans le méandre central Aude progresse de 5 m jusqu'à une petite salle terminant par un départ de méandre, mais sans air. Je relocalise la ventilation à mis parcours venant une faille-méandre dans une des parois.Il semblerai que derrière un peu d'impénétrable ça s'élargisse. Pas loin de 10 salves et de bougnafle remuée. Qui ne décourage pas Seb, mais laisse très dubitative Aude...Je lui rappelle qu'au cours des temps nous avons connu bien pire et que 9 sorties (pour moi) ne sont pas grand chose comparé aux nombres séances qui furent nécessaires pour arriver à des résultats probants. Pour ne citer en vrac que: pleine lune les turbines, Vignevielle le tunnel, le SP4, l'entrée du Chandelier, le Vieux Lion....;ect....TPST d'au moins 8H. Soit 15H pour le weekend.
Ceci dit il serait peut être judicieux de revenir au "Septuagénaire"pour conclure cet été "lacampien": élargissement du laminoir très fin et ouverture du boyau ventilé terminal.Ou la suite est bien plus évidente! Pour la topo...c'est une autre affaire! Ou comme le propose Daniel creusement du siphon asséché du "cinquantenaire". Le long du parcours du sentier classique d'accès il semble il y avoir une logique du creusement sous-jacent. De l'aven de John au trou paumé les dolines se succèdent sur une même ligne entrecoupées des entrées du cinquantenaire et du septuagénaire...Pour l'illustration visuelle voir la vidéo d'Aude sur Youtube.

vendredi 11 septembre 2026

Trou de la Pause : combattre le mal par le mal

Vendredi 10 septembre 2026

Participants : Hervé, Henri G., Alary

TPST : 3h15  / Trou de la Pause
TPST : 3h / Source de l'Agly

La visite du 3 août 2014 signe vraisemblablement la dernière descente au fond du trou de la Pause. Jean-Michel E. et Laurent sont les deux derniers à y avoir mis les pieds. Sauf si je ne suis pas tombé sur l'info, depuis, plus personne n'a revu le fond de ce chantier de grand malade, ayant repris le 10 janvier 2011 après 18 ans de pause...

Mais un article intitulé "Retour à l'Agly", publié par Henri le 06/09/2026, lança une minuscule vague d'intérêt dans les commentaires. Quelques informations partagées par Laurent, un échange de mail avec Henri, et nous étions repartis à l'assaut de l'Agly souterraine !

À 8h15 je retrouve Henri à Alet, puis nous retrouvons Hervé au col de la Lucio pour 9h. La piste qui mène à la ruine (parking) est carrossable avec un véhicule haut. De là, nous continuons à pied même si la piste a été réouverte. Nous suivons les souvenirs d'Hervé et Henri pour retrouver le trou. J'ai les coordonnées et une photo en main, mais le paysage ne colle pas... Finalement, c'est Hervé qui retrouvera le sentier ainsi que l'entrée du trou, installée au centre d'un espace grillagé à côté d'un alignement de trois grands résineux. Le point GPS converti de la fiche de 1994 et donc les coordonnées Grottocenter que j'avais étaient décalées de 84m trop en amont... Je m'équipe. La descente dans le trou ne nécessite aucun matériel mais la progression y est semblerait-il difficile. J'embarque donc uniquement mon mini kit avec dedans de quoi survivre quelques heures au chaud. J'effectuerai la descente seul, avec pour objectif premier d'atteindre la grande salle et la trémie de la Escande Tower. Puis avec pour objectif second, d'aller au fond en essayant de repérer les quelques points intéressants éparpillés sur le trajets et issu des 43 comptes rendu libellés "trou de la Pause". Je vous recommande la lecture de ces articles, permettant de se rendre compte de l'ampleur du travail et des moyens mis dans ce trou, rêvant à chaque session de déboucher dans la rivière de l'Agly souterraine...

En somme, la mission est simple. Mais son succès très incertain. Seul, sans plan récent, dans un trou apparemment difficile de progression, sujet aux crues et non revu depuis près de 12 ans... Il me fallait avoir une certaine dose de sérénité... À 9h30, je passe sous terre, dans un nuage de moustiques. La galerie est descendu jusqu'à une bifurcation net sur la droite. Directement au sol, un ressaut de 3 mètre donne dans un méandre. Juste au-dessus, des tirs ont été faits. Mais ça reste impénétrable. En face, la galerie concrétionnée continue. À ce moment là, je ne sais pas s'il a un shunt au méandre, alors je cherche un peu, mais ne trouve pas (je crois qu'il n'y en à pas ici, faut se coltiner le méandre inférieur...). Donc je m'engage dans le méandre par l'accès qui mène à -21 sur la topo de 92. Au sol, des cailloux de désob partout, bien propre, mais posés sur une base de boue et de terre humide mais relativement compacte. J'avance allongé à l'égyptienne, ça se rétrécit, encore et encore mais ça passe toujours. Pas impossible que le sol soit un peu remonter...
Vers la fin du méandre avec mon mini kit propre
Il me faut virer quelques caillasses du passage, et enfin ça s'élargit légèrement. Niveau courant d'air rien de fou, mais l'aspiration est perceptible. J'arrive au bout du méandre, des traces de mises en charge sur les murs et au bout, un bouchon de blocs et de matière organique... Comment je passe moi ?? Alors que j'approche le bouchon en râlant un coup, surprise, l'acoustique a changé, ça raisonne un peu ! En fait, au-dessus de moi, une belle galerie a fait son apparition depuis un bon mètre... Sauvé ! Ici dorment une gamate et sa corde. Pensant toujours à un peut-être shunt de ce désagréable bout de méandre, je me dis qu'au retour j'irais voir tout droit dans le fossile... On en reparle plus tard... Me voilà déjà en dehors de la topo de 92. Je continue et quelques virages et passages bas boueux plus tard, je débouche dans la grande salle de la trémie consolidée.
   
La salle vue depuis le haut ; l'outillage
En bas, du matériel traine encore et à droite, la structure métallique de la Escande Tower apparait. Rapide diagnostic : le rouge est un choix esthétique que j'approuve. Mais surtout, on dirait que l'eau a emporté pas mal de matériaux. C'est tout propre, et la partie haute de la structure ne retient rien du tout. Structurellement, tout à l'aire en place. Je descends avec précaution.
L'étayage vu depuis le bas
La reptation continue, c'est boueux. Après une épingle, on débouche dans une galerie plus commode, en partie naturellement creusée cette fois. À son terme, deux choix s'offrent à moi, sur ou sous la dalle. Je vais dessus car c'est plus large, peu de traces de passages ou, du moins, elles ont été effacées par le temps. Une diaclase descendante encombrée de mottes d'argile semble mener à un tas de boue, je ne m'y engage pas... Je descends et m'engage dans un sale petit méandre sous la dalle. Tête en avant puis pieds en avant. Il y a des traces de passage sur les parois, mais je bute sur un passage bien trop étroit. Il y a de l'air.
L'épingle
En haut de l'image, la dalle. Dessous, le petit
méandre devenant impénétrable.
Effectivement, j'ai loupé quelque chose. Je remonte au-dessus de la dalle, et encore plus haut dans la boue jusqu'à quelques concrétions. Mais rien. Dernière option, la diaclase argileuse : un point bas et ça remonte derrière, la suite était bien par là !
Je continue, les passages les plus confortables se passent à quatre pattes. Sinon c'est de la reptation dans une bougnafle de plus en plus liquide. Ma combi est déchirée, les scratchs commencent à ne plus fermer à cause de cette gadoue... Je passe un col où repose un bios au manche bleu. Ça redescend puis ça s'enfile dans une étroite diaclase. La boue est liquide, mais dans l'état où je suis cela n'est plus un problème. Une chose est certaine, c'est pas un trou pour les combis rouges… PVC obligatoire !
   
Le bios et la diaclase étroite
Arrive ensuite une succession de points bas / anciens siphons, le plus sympathique dans un beau calcaire se remontant sur 4 à 5 mètres dans des congères de petits galets roulés, et remis en place par l'eau... Cette zone n'est donc pas complètement fossile ? Au sommet, on jonctionne à la perpendiculaire avec une galerie qui suit un plafond de grès.
Vue depuis le haut du siphon et des galets
"Les galeries un peu sympathiques…" Oui. Mais non. Même si on se redresse parfois, le sol est uniquement composé de marmites et de faux planchers tous recoupés les uns dans les autres... Le paysage change, c'est au moins ça ! J'arrive à la fameuse corde et au ressaut. La manière dont elle est foutue, tressée sur elle-même et emportée à quelques mètres de son point de chute, me fait douter encore plus du fait que la galerie soit fossile. De plus, les passages avant que j'y passe sont propres. En crue, l'eau doit encore y circuler, mais pas bien rapidement. Un peu plus loin, après un ressaut, une petite pièce confortable retient quelques outils. Une poupée de corde (déplacée pour la photo)et une bouteille d'eau d'un litre au sol n'ont pas été emportées par l'eau.
La fameuse massette de 2kg ??
Je crois approcher du fond. Encore quelques contorsions, reptations à l'égyptienne, quelques angles droits et enfin se montre la désobstruction finale. De la calcite apparait sur la paroi de gauche, au sol sont visibles de petits gours cristallisés. Il est 10h58, j'ai mis 1h28 à atteindre ce qui, pour moi, sera la fond...
Vue du terminus, de l'aval vers l'amont 
Je tente de franchir le rétrécissement dans la calcite. Laurent l'avait franchi en se dégonflant lors de leur dernière visite... Tête en avant d'abord, je sens que le haut peut passer, mais ça descend légèrement, alors si je coince, la marche arrière va être douloureuse... Pieds en avant, c'est plus rassurant. Les fesses pourraient passer, mais je touche déjà la paroi derrière moi... Je cherche en forçant avec de petits mouvements de coincement / décoincement et à un moment, je crois avoir passé le plus serré, mais le méandre tourne et dans le sens où je suis, impossible de plier les genoux... Peut-être que je passe, mais c'est extrêmement inconfortable, et bien des choses me dissuadent d'en demander plus...
Il est 11h05, j'entame la remontée en essayant d'être attentif à un endroit où un méandre en bordure d'un éboulis de gros blocs filtrerait le gros du courant d'air. Car effectivement, il y a nettement moins d'air qui circule ici que précédemment dans les conduits qui suivent depuis la base de la trémie. Mais malgré cette indication, je ne trouverai rien de très parlant... Je perds un peu de temps à essayer quelques photos finalement inexploitables et surtout, j'en perds à cause de ma combinaison totalement ouverte et qui s'accroche partout. Plus aucun scratch ne tient...

J'enchaîne tous les obstacles moyennant quelques secondes de pause jusqu'à l'entrée du tout premier méandre, celui que j'espère encore shunter par le fossile... Je continue donc tout droit dans le fossile, mais je bute contre des concrétions puis le sol rejoint le plafond. Ici et là quelques départs en plafond, mais pas de suites. Je repère encore quelques zones d'ombres mais sans plus de traces de passage, alors j'abandonne et me remets dans ce méandre pénible et douloureux. Enfin je retrouve la galerie menant à la sortie, où monsieur crapaud se gave de moustiques, presque 1h après être parti du fond (à très bon rythme mais en comptant les pertes de temps sur le trajet). Mon matériel est HS et physiquement, je sens que ça a travaillé... Je regagne la voiture pour ensuite retrouver Hervé et Henri vers 13h à la Source de l'Agly.

Pendant que j'étais à la Pause, Hervé et Henri sont descendus à la source de l'Agly, voici le récit de Henri :
"Pour moi et Hervé rentrée dans la source de l'Agly vers 10H.
Je grimpe avec 2 goujons la vire au-dessus du 1er siphon, équipée en corde. Puis après le toboggan qui suit l'on s'arrête sur une très belle et longue vasque qui à priori doit être le 2ème siphon (fil d'ariane). Pas d'air sensible à cet endroit, donc j'en conclu que tout est en eau malgré la sécheresse. C'était quand même bien d'en avoir le cœur net! Pistage d'une suite un peu partout. Alary nous rejoint à la voiture où l'on casse la croute."

Donc après le repas, nous allons voir un trou trouvé par Henri rive droite de l'Agly, bien en amont de la source. Un ressaut de deux mètres mène dans un méandre arrosé... Aussi près de la surface ? Par ces temps plus que secs ? Probablement un effet temporaire des dernières pluies. Pas de courant d'air, mais une résonance longue et aiguë se propage dans la suite impénétrable du méandre. Au-delà de la douche, le méandre bifurque à gauche puis, au bout de deux mètres, à droite. La visibilité au-delà est nulle, l'eau coule deux mètres plus bas à la base du méandre. Elle se dirige dans la montagne.
Il y a de très fortes chances que cela mène à un niveau noyé, compte tenu de la résurgence proche et d'une observation faite à quelques dizaines de mètres en aval de ce point : toujours rive gauche, un orifice de 40cm de large pour 50 de haut sur 5 mètres de long environ, allant en se rétrécissant, donne un regard dans ses derniers mètres sur une nappe d'eau d'apparence peu mobile. Pas d'air ici non plus.

Après ça, direction la source de l'Agly. Henri y a repéré une zone à ouvrir tout au fond. Pendant qu'ils commencent la purge avec Hervé, j'escalade rive droite et arrive au-dessus de ce que Henri voulait ouvrir. Il n'y a rien, si ce n'est une inscription du "GEK". Alors on attaque un peu plus bas avec le perfo. C'est étroit et peu confort. Première salve en demi-échec, la seconde fera le boulot. Henri passe, débouche dans un tout petit volume tout colmaté d'argile et de calcite. Sans suite. Il est 15h, on se dirige vers la sortie. Fait intéressant, un courant d'air est perceptible, quand on quitte le fond pour se faxer dans la faille. Soit il s'agit simplement d'un courant d'air de versant ou de convection, soit il y a quelque chose à trouver compte tenu du fait que les siphons soient en eau...

Pour conclure, le boulot titanesque fourni dans le trou de la pause est remarquable. Mais difficile d'espérer retourner tout au fond sans devoir emporter avec soi de quoi exploser ce rétrécissement dans la calcite... Si ce que je cherchais en remontant s'avère bien plus accessible et prometteur, alors peut-être un jour y tenter quelque chose... En attendant, vous savez à quoi vous attendre ! Aïe ! Ouille !

lundi 7 septembre 2026

Vieux Lion / Chandelier : il est grand temps de s'y remettre !

Dimanche 6 septembre 2026
 
Participants : Félix, Alary

TPST : 11h30 / Réseau Vieux Lion - Chandelier, Plateau de Sault

La liste d'objectifs patentée au réseau du Vieux Lion / Chandelier est telle, que j'ai dû finir de l'écrire directement sur la table... Heureusement, et pour éviter qu'elle ne se prolonge jusqu'au carrelage, nous nous retrouvons avec Félix à Festes, direction ensuite le parking du VL. Les objectifs que nous essayerons aujourd'hui de rayer de la liste sont les suivants :
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au rééquipement de la traversée et voir comment l'optimiser.
  • Dimensionner la quantité de matériel nécessaire au balisage du cheminement de la traversée.
  • Repérer d'éventuelles escalades à entreprendre dans le secteur entre la Murène et la jonction Réseau I - II (hypothèse d'une jonction aérologique Trou du vent du Blau - Réseau I). 
  • Rendre visite au siphon de sable (vu en eau le 14/12/2025).
  • Rendre visite au siphon d'eau (dernière visite le 11/12/2025).
  • Ressortir du matériel du boyau du vent et refaire un check matos au stock direction des disques intriqués.
Bref, il y a du boulot !
À 10h, nous entrons par le Chandelier et commençons les mesures. Félix devant fait une fiche d'équipement détaillée et repère s'il y a des pistes d'amélioration. Derrière, je récupère le matériel vacant et estime avec une cordelette de dix mètres les longueurs de cordes. Le processus est long. À 11h30, nous sommes à la base des puits. C'est là que s'ajoute l'estimation des besoins pour le balisage. Félix estime le nombre de piquets et moi, les longueurs de ficelle en se basant sur mon nombre de pas. Nous prenons des notes sur un carnet et sur la topo.

Extrait du carnet et de la topo
Nous passons la zone des grands gours temporaires et nous arrêtons juste avant que la galerie ne bifurque à droite, au niveau de deux points d'interrogation (la bifurcation est suivie sur la topo d'une MC et d'un R4). Dans cette zone, je m'en vais escalader pour repérer deux départs rive droite, tous deux colmatés par de l'argile. Seulement au-dessus du cheminement principal, une diaclase s'élève et de là où je suis, je la vois se poursuivre encore plus haut avant de bifurquer. Tout en haut, les parois semblent érodées. La diaclase est perpendiculaire à notre galerie. Je redescends. Quelques mètres plus en amont, une autre cheminée mériterait d'être escaladée. Je ne vais pas énumérer toutes les cheminées curieuses à escalader comme celle-ci, nous en avons repéré plein… J'en ai escaladé certaines, mais pas jusqu'en haut. En général elles sont plutôt accessibles, des portions se grimpent bien.

Un peu plus loin en amont, donc après la MC et le R4, une cheminée rive droite est indiquée sur la topo. En y jetant un coup d'œil, nous observons une chauve-souris en sortir, puis aller et venir. En avançant davantage, il m'est possible de grimper. L'escalade restante de 5/6 mètres demandera du matériel. En essayant de gratter la meilleure vue, j'observe que le chenal s'horizontalise. Peut-être seulement un effet de perspective...  
Nous arrivons à la murène, j'en profite pour aller dans le boyau jusqu'à ce que ce dernier remonte en se rétrécissant. Je m'arrête là ("Je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?"). Mais les désobeurs sont allés plus loin, pas d'air. Par contre, la soufflerie se franchit plein vent ! Juste après l'avoir franchi et avant la première arrivée d'eau, le chenal de voûte au plafond s'enfonce dans le mur, visibilité faible. Mais des traces hautes me font penser que quelqu'un est déjà monté (point d'interrogation rive gauche, cheminée en face rive droite sur la topo). Concernant la première arrivée d'eau, j'escalade la coulée. En haut rien. En face, une fissure en méandre commence. En me déplaçant sur la coulée, j'y accède : elle cut complètement au bout d'un mètre.

Ensuite est indiquée une seconde arrivée d'eau (juste avant la section B - B' sur la topo). Ici une main courante contourne un large gour. Et pendant un instant de silence, il me semble entendre un bourdonnement... En quelques instants l'impression se confirme, j'arrête Félix, qui détecte aussitôt lui aussi le bourdonnement ! Nous sommes dans le secteur supposé de la jonction aérologique avec le Trou du vent du Blau, on stoppe tout. Nous nous mettons en quête de trouver la source de ce bourdonnement, sachant combien l'acoustique sous terre peut être étrange et nous jouer des tours... Nous commençons par borner les limites d'audibilité du son, rapidement réduites à un secteur de 5m² au sol autour de cette fameuse coulée "arrivée d'eau". Le son paraît englober la totalité du volume, donnant même l'impression qu'il provient de l'intérieur des murs... Finalement, il me semble entendre avec plus de netteté ce son quand j'approche la coulée. J'escalade trois mètres, le son devient de plus en plus net. Il me semble venir de devant moi, dans la coulée. À son sommet, plein de petits trous pourraient être à l'origine de ce sifflement et de ce bourdonnement superposés, absolument attribuables à un flux d'air qui circulerait dans un goulot d'étranglement. Seulement, je ne trouve rien, aucun flux... Je mets la main partout, on écoute, on se déplace, on teste en faisant fumer une boîte d'œufs mais rien... J'ai déjà eu le cas d'un flux d'air passant par l'intérieur d'une fistuleuse. Mais le son était bien plus discret.

Ci-dessous la coulée et la vidéo (montez le son...), le son semblait provenir du petit secteur où j'ai placé le "X" rouge. 
La coulée
En regardant bien depuis le bas, Félix localise quelques endroits qui pourraient également être à l'origine de ce son dans le plafond rive gauche. Y accéder demandera du matériel, ce sera pour une prochaine fois ! Aviez vous déjà détecté ce son à cet endroit ?

Après avoir passé une bonne heure là-dessus, nous reprenons nos mesures. L'heure tourne bien trop vite, à 18h nous sommes au choc des titans. Nous arrêtons de regarder le plafond, puis petit à petit, nous laissons les détails d'équipements pour ne prendre que les longueurs de cordes et le balisage. Nous tenons à aller voir les deux siphons. Dans le Réseau III, nous nous arrêtons au trou souffleur, duquel un bruit similaire à celui entendu plus tôt en haut de la coulée est nettement perceptible sans être aussi fort. Pour autant, il n'y a presque pas d'air... (montez le son).
Après le passage inférieur entre le Réseau III - IV, Félix me propose d'aller seul voir le siphon d'eau pour éviter de se retrouver limite sur l'horaire de secours. Je le laisse alors poursuivre les notes pour le balisage (d'ailleurs en bien meilleur étant que dans le I et le II) et file d'abord au siphon de sable. À ma grande surprise, le fond est toujours noyé. Les outils et les gamates qui étaient là sont ensevelis...
Le siphon de sable
Le niveau est légèrement plus haut que le niveau observé en décembre dernier. Ensuite, direction le boyau du vent. Je laisse mon kit à l'entrée, Félix doit m'y attendre. Dedans le courant d'air est net mais pas décoiffant. Les graviers au sol sont disposés comme dans le lit d'une rivière, la base des ressauts est creusée, ça a dû circuler fort ici ! Quelques pissettes sont actives et plus j'avance, plus j'aperçois des suintements. La base du puits du Flo dégouline même, l'espoir de voir le siphon autrement que plein me quitte, d'autant qu'il n'y a aucun courant d'air dans le conduit descendant au siphon. Le conduit d'ailleurs a été lavé, mais est globalement toujours aussi glaiseux. La ligne blanche est coupée à plusieurs endroits. J'approche du ruisseau, mais ne l'entends pas… Et effectivement, l'eau n'y coule quasiment plus ! J'approche la première vasque, l'eau y est magnifique  (comparé à la turbidité terrifiante observée le 11/12/2025). Le niveau d'eau est habituel. 
La première vasque
En d'autres termes, ne serait-il pas le moment d'envoyer une plongée ?? Après ces intéressantes observations, je remonte tout aussi rapidement. Depuis l'entrée du boyau du vent jusqu'au siphon, j'ai mis 12 minutes avec les observations. Et dans l'autre sens, en récupérant la pompe orange, un peu d'inox et une corde poilue, j'ai mis 13 minutes : nous serons sortis à l'heure !

Nous entamons la remontée, notant bien sûr les longueurs de cordes. Il est bientôt 21h, nous n'allons pas en direction du stock matos des disques intriqués (on y passera normalement avec Charlie le 19 ou le 20, en allant au fond voir le méandre). Notons dans les puits d'entrée du LV, à l'endroit du R4+R4 que le soutènement en bois arrive en fin de vie. Les branches commencent à casser (nous avons enlevé la marche qui était prise entre), le bois est fortement attaqué. 
Le soutènement
À 21h30, nous sommes dehors. En résumé, nous avons complété les objectifs qui concernaient le rééquipement et le balisage. Il reste maintenant à comptabiliser le tout. Les deux siphons ont été vus, il serait peut-être déjà le moment d'engager une plongée. La constatation de ce son d'air contraint interroge, il faudra lever la question !
Dimanche 6 Septembre 2026: Retour à l'Agly.
Avec Hervé un vieux collègue pratiquant occasionnel et aimant le secteur. Pour aller voir une ouverture repérée en Juin rive droite du talweg principal en amont de la résurgence de l'Agly à l'Est de Bugarach. Que je suppose avoir été révélée et ouverte par les fortes précipitations du printemps. Dégagement en surface de blocs stockés à -3 au cours de ma précédente visite. Puis ouverture manuelle assez facile d'un pont de blocs dominant un vide. L'étroiture dans la calcite qui suit est un peu plus teigneuse à calibrer. Puis je peux rentrer dans un espace en tube vertical. Ou comble de l'ironie par une sécheresse historique....j'arrive à me tremper complétement avec une pissette tombant du plafond!!Vers le fond un coude infranchissable semble donner sur un méandre en conduite forcée et avec quelques mètres devant....un écho cyclopéen! Un probable phénomène acoustique due à une conduite forcée aboutissant à un plan d'eau. C'est l'hypothèse la plus probable, vue que ce trou est un trop plein de type "griffon"de sous-écoulement. Et que le courant d'air n'y est pas flagrant. Mais à ouvrir quand même. Surtout comme l'on soupçonne avec Hervé que ce ne serait peut être pas lié à l'Agly elle même, mais drainerai le plateau en rive droite. Ou j'ai toujours trouvé étrange qu'il n'y ai pas de trou....3m de première. Histoire de rester au frais rentrée dans la source-résurgence de l'Agly qui est extrêmement sèche. Je n'y avait jamais été un peu loin, et trouve ce collecteur magnifique. Arrêt au premier siphon sans franchir la vire exposée donnant au second siphon. Par contre tentative de localiser l'arrivée de l'excellent souffle perceptible dans les rétrécissements de la galerie. Même sans être allé jusqu'au bout je pense qu'il faudra ouvrir un faille remontante nettement aérée à gauche en hauteur avant le siphon. Une suite y est visible. Du pain sur la planche dans se secteur délaissé depuis un moment...La canicule abominable est de retour aux voitures...TPST+TPES:4H



jeudi 3 septembre 2026

Le Couey Lodge jusqu'au siphon -625

Jeudi 20 août 2026

Participants : Félix, Gilles, Alary

TPST : 14h / Gouffre du Couey Lodge, Pierre Saint Martin

Pour clôturer ce camp à la Pierre Saint Martin, nous misons sur le Couey Lodge. De la pluie est attendue à partir de la fin d'après midi, mais le trou ne craint vraiment que lors de très gros épisodes. À 8h30 Félix débute l'équipement, il n'a pas posé une seule corde de tout le séjour, il est en manque ! L'entrée qui s'ouvre en plein jour est suivie d'un toboggan, d'un petit ressaut et d'un autre toboggan, menant à un P20.
L'entrée
Seulement notre fiche d'équipement et nos plans ne semblent pas concorder au niveau des obstacles, des longueurs de cordes et des amarrages en place... Alors Félix équipe comme il le sent et derrière on optimise comme on peut. Finalement on s'en sort bien et on arrive au sommet du P65, puis au P55. Deux jolis puits.
   
Le P65 et le P55
Après un petit bout de méandre facile, nous arrivons au P20. À sa base débute le redouté méandre étroit de 250m. La vraie difficulté réside dans les 30 premiers mètres, vraiment étroits. Après, ça s'agrandit jusqu'à devenir bien confortable. Je pars devant pour équiper le P11, finalement déjà équipé d'une corde. Il suffit de prévoir deux mousquetons pour accrocher le nœud aux amarrages. Gilles et Félix me rejoignent, on évacue le rab superflu. Encore une centaine de mètres de méandre puis nous voilà dans la Salle du Réchaud, où nous prenons le repas. Il est 13h.
Le rab
Après ça, c'est parti pour rejoindre la rivière. Nous prenons une fine cascade comme point de référence des pluies extérieures au moment du retour. Les ressauts qui arrivent sont équipés en fixe, mais certains, non indiqués et quand même équipés, présentent des cordes en partie détruites... Nos quelques cordes de 5 à 12m nous sont bien utiles ici.
Notre témoin (qui ne donnera rien)
Avant le laminoir
Parlant de laminoir, nous y voilà. Il s'agit de suivre l'actif sur le côté en s'enfilant dans ce fameux laminoir. On espère n'observer aucune augmentation du niveau d'eau ici, ce qui rendrait la remontée particulièrement désagréable... À plusieurs reprises je remarque des passages qui remontent, il y a probablement des passages supérieurs ou des branches annexes. Ce laminoir mène à la Salle Henri Brosset, de belle taille. Les flux d'eau se rejoignent ici en cascadant vers la base de la salle. On avance, des mains courantes commencent à apparaître. Équipement qui n'était pas mentionné sur la fiche...
   
Dans le méandre de la rivière
   
Quelques images
Nous arrivons à la Salle des Deux-Sèvres. Le passage vers la suite est rapidement localisé entre les blocs. Mais le passage suivant nous demandera un peu plus de recherche, alors que nous étions sur la bonne voie. Après cette dernière grande salle, nous retrouvons le méandre et son beau calcaire noir veiné. Quelques petits obstacles ponctueront la suite du parcours.
   
Après la Salle des Deux-Sèvres et un échantillon de ces veines rouges
Enfin à 16h30, nous touchons le siphon à la côte -625. Ce premier siphon a été plongé et donne sur un second, jamais franchi. Quelques photos, un petit goûter et on remonte !
   
Une très belle érosion dans le méandre ; le siphon
Dans la Salle du Réchaud, nous prenons notre deuxième repas, il est 19h30. Le méandre suivi des puits, je déséquipe. Nous n'observons aucune augmentation du débit dans le trou. Pourtant dehors, il pleut fort ! Le puits d'entrée se retrouve alors être celui qui mouille le plus... À 22h30, nous sommes dehors et regagnons la voiture en vitesse pour nous changer tout aussi rapidement !