dimanche 9 août 2026

Promenade de santé au Gouffre Berger (-1075) - Camp berger 2026

Mercredi 29 juillet 2026

Participants : Charlie, Alary

TPST : 10h30  / Gouffre Berger, Engins

Pour cette année et car nous avons différents rythmes et idées derrière la tête, la descente au Berger se fera en trois équipes de deux. Jean-Michel et Félix, Pascal et Vincent, Charlie et moi. Tous avons l'objectif d'atteindre le fond. La veille était dédiée au repos, avec baignade dans l'eau froide à l'entrée de Grotteroche, pré briefing avec Félix pour présenter le gouffre et revoir quelques techniques comme les rappels guidés, puis préparer son matériel en essayant de ne rien oublier.
Journée de repos
À 18h c'est le briefing officiel présenté par Lila (et Félix à la traduction dans la langue de votre choix). Nous nous inscrivons sur le tableau. Pour Charlie et moi, le départ du camp sera à 6h du matin. Pascal partira à 5h30 (Vincent a prévu de dormir non loin du trou). Et Jean-Michel et Félix partiront sur les coups de 7h. Je leur laisse le plaisir de raconter leur aventure. Enfin, une bonne paella plus tard, il est temps d'aller au lit.

À l'aube les réveils se succèdent. Aux horaires indiquées, nous quittons le camp. La route qui monte au parking de la Molière est en mauvais état. Là-haut, il fait déjà chaud (inversion thermique nocturne). Le soleil souligne les Alpes.
Récompense pour ceux qui rentrent tôt, ou qui sortent tard...
Le sherpa bien sanglé, direction l'entrée du gouffre Berger. Pour nous guider, je fais confiance à ma mémoire d'il y a deux ans. J'ai par sécurité quand même chargé une trace, mais sur laquelle le GPS ne peut pas me placer...  et dont le fond de carte disparaitra en cours de route... Nous ne faisons aucune erreur d'itinéraire, mais croisons quelques zombies et renseignons des anglophones perdus, avant d'atteindre l'entrée du gouffre en 45 minutes. Il est 7h15.
   
La base de campagne ; ambiance dans la mallette
Un quart d'heure plus tard, nous entrons dans le gouffre, mais sommes stoppés une bonne dizaine de minutes à la base du premier puits pour donner un coup de main et laisser ressortir les zombies. Après 20 minutes de descente, nous atteignons le puits du Cairn. Nous attaquons le méandre en bons élèves, avec les longes sur les mains courantes, pour finir par les abandonner la plupart du temps. Au passage, ce compte rendu n'indique en rien comment franchir les différents obstacles dans le Berger. Le choix de passer en libre est individuel et mesuré en fonction de ses capacités. Gagner du temps ne doit pas primer sur la sécurité.
   
Le puits du... ; le méandre
Puits Garby, puits Gontard, puits Aldo, puis... enfin nous débouchons dans le collecteur du réseau. Nous laissons ici une bouteille d'eau de 1,5L. Le moment d'ailleurs de parler équipement : nous sommes suréquipés, en vêtements, en eau, en nourriture... Tout ça prend de la place. Mais à ce moment-là, et ne sachant pas trop à quoi ressemblerait notre rythme, il nous fallait être préparés à tout. 

Nous nous mettons en marche, Charlie découvre pour la première fois ces immenses galeries, il est à fond ! Notre objectif public était de passer sous la barre des 14h pour effectuer l'aller / retour au fond. Mais j'avais un objectif caché. Nous connaissant, il me semblait imaginable de passer sous la barre des 12h, sans se presser, mais sans non plus trop tarder sur les photos et sans chercher de déchets. Voilà quelle était la mentalité de départ. Mais malgré ça, faire des photos c'est sympa, ça permet de tempérer et de profiter du paysage. Alors tout du long de la descente nous ferons quelques prises de vues.
   
La Grande Galerie (-275)
Nous trouvons notre rythme, j'enlève des couches de vêtement. Nous passons en libre (ou au descendeur belge) les quelques cascades et ressauts qui se présentent. Sauf la Cascade du Petit Général. Nous croisons un peu avant le premier bivouac (-460) deux personnes, dont une porte une combinaison jaune fluo intégrale (détail qui reviendra plus tard). Nous arrivons au Balcon (15m). Je descends (sur la corde, oui oui) relativement doucement. Devant nous, Pascal et Vincent s'apprêtent à atteindre le Vestiaire. Mais quatre mètres avant le sol, la corde qui me passe entre les mains m'apparait bien peluchée et affaiblie. Trop tard pour réagir, elle passe dans mon Handy puis dégaine d'une dizaine de centimètres sur la première poulie. Je m'arrête instantanément et passe en mode remontée pour isoler la tonche. Faire le papillon avec les fils de l'âme qui se prennent partout n'est pas évident.
Passage de nœud 
La faute à un frottement sur un bombé si on ne se décale pas de la paroi sur les deux premiers mètres lors de la remontée. Nous passons le Vagin sans ravitailler, nos bouteilles sont encore pleines. Arrivent le Vestiaire, puis les Coufinades, dans lesquelles emprunter les mains courantes comme un grand singe est très amusant en plus de faire gagner beaucoup de temps, sans être si fatigant. Seulement il faut être sûr de ses appuis. Ce qui m'avait paru long il y a deux ans est passé en un rien de temps. Pascal et Vincent nous laissent passer. Bonne descente à eux ! À partir d'ici, il n'y a plus personne devant nous. Vient le réseau des cascades, avec moins d'eau qu'il y a deux ans, certes, mais toujours aussi sympa. Première cascade, la Cascade Claudine. À la descente nous ne prenons pas le rappel guidé, un bon saut en arrière permet d'éviter le frottement.
   
La cascade Claudine ; les galets à sa base
Nous voilà au Grand Canyon, dans mes souvenirs un gros morceau. Mais dans les faits, les cordes courantes au sol ne représentent qu'un bon tiers de l'obstacle. Nous l'expédions rapidement et passons le deuxième bivouac (-860). La Grande Cascade puis, la seule "étroiture" de l'itinéraire (chatière de la baignoire) et enfin, le Puits de l'Ouragan. 
La mythique méga plaquette du puits
   
Le puits de l'Ouragan ; vu par le dessous de la cascade
Comme il y a moins d'eau, l'effet ouragan est affaibli. J'aimerais vraiment voir le réseau, la salle des Treize et les cascades surtout, avec bien plus d'eau. Ce puits était notre dernier obstacle. Nous approchons les -1000, les dépassons et touchons le fond à -1075 sur les coups de 11h45, après 4h15 de descente. Ce fut efficace et très plaisant !
Le fond en restant sec !
Comme il y a peu d'eau et que nous sommes en pleine forme, l'envie de continuer plus loin se cherche par des tentatives d'oppositions et d'escalade. Mais rien de convaincant, le risque de finir complètement à l'eau est trop grand ! De toute manière, notre objectif maximal inscrit au tableau est atteint. Et aller plus loin sans l'avoir prévu et inscrit, serait trahir le règlement et notre sécurité.

Alors on remonte un peu pour trouver un coin calme et sec, que nous trouverons vers -965. Petit repas et on se prépare à la remontée. J'enlève tout, y compris la sous-combi. Remettre la combinaison un peu mouillée directement sur la peau n'est pas bien confortable. Au moins je n'aurai pas chaud ! Dans le Puits de l'Ouragan nous croissons de nouveau Pascal et Vincent. Dans le Grand Canyon, personne, le gouffre est à nous ! En haut de la Cascade Claudine, nous croisons un groupe de 4 Français. Puis dans les Coufinades nous croisons Jean-Michel et Félix qui descendent. Il est 14h20. Bonne descente !
   
Jean--Michel et Félix dans les Coufinades
Au Vagin cette fois, nous faisons le plein d'eau avec la gourde filtrante. Mes 1,5L m'ont été suffisants pour la descente et la remontée jusqu'ici. Petite collation. À partir de là, nous ramasserons quelques déchets se trouvant sur notre passage sans les chercher, car nos sacs sont remplis de vêtements et de nourriture. Nous ferons aussi quelques images.
   
Le Vestiaire
   
Grandes stalagmites avant la salle des Treize ; base du Grand Éboulis
Mais quelque part plus haut dans le grand éboulis, là où la ligne téléphonique est clairement visible, passant au-dessus d'un pan de paroi effondré au sol, ma curiosité va me mener à l'escalader et à tomber sur deux boîtes de conserves, puis, juste à côté, un plomb de plongée d'environ 1 kilo... Difficile de fermer les yeux et surtout, une légende tourne sur le camp, disant qu'un mini-kit était offert à tous ceux qui remonteraient quelques kilos de déchets du gouffre... Comme on est en forme, c'est le moment de la vérifier ! Je file un peu de mon matos à Charlie et dégaine mes deux sacs plastiques. À partir de là, nous allons nous mettre à récupérer tout et n'importe quoi : cordes, ferraille, câble, textile, grosses piles, pellicules photo etc... Le gros des déchets sera récupéré dans la Salle Bourgin et dans la Grande Galerie. Je ne pensais pas, mais en fait il reste un paquet de déchets à remonter ! Je fais attention à là où je mets les mains, je n'ai pas les bons gants, les matières sont dangereuses et on est pas à l'abri de tomber sur une m*rde pluriséculaire (ou pas d'ailleurs...). Il doit y avoir entre 3 et 4 kilos de déchets dans mon double sac quand nous arrivons à la base des puits d'entrée. En tassant bien et en vidant à moitié ma bouteille d'eau, le tout rentre dans mon kit. Nous avons encore trop d'eau sur nous et ici nous avions laissé 1,5L d'eau pour la remontée. Alors on se déleste de quelques litres.

Au pied du puits Aldo, il y a foule. Des Français en haut, des anglophones épuisés sur les cordes, on patiente, on se refroidit. Au bout de vingt minutes, on entame la montée avec notre plan de dépassement en tête. Comme j'ai pas chaud, je monte vite, ce qui a pour effet de mettre un peu la pression devant.
Ça bouche !
Bien que très fatigués, certains s'obstinent à remonter sur les grandes tirées bien élastiques. Mais en discutant, en demandant comment va chacun et chacune, et avec divers changements de cordes, on nous laisse petit à petit passer. Cela prend beaucoup, beaucoup, de temps. Et nous serons de nouveau que tous les deux, dans le méandre, peu avant d'arriver à la base du puits du Cairn. Une fois franchi, nous retrouvons nos deux Anglais croisés à la descente vers -460 ce matin, pendant qu'eux étaient en train de remonter. L'un d'eux en combinaison jaune fluo, inconfondable ! Leur but était d'admirer et de filmer le gouffre, une première quelque peu fatigante pour eux dans d'aussi grands volumes (au camp, nous apprendrons qu'ils sont entrés hier matin et ont bivouaqué). Ils nous laissent passer. Enfin à 18h, nous sommes tout les deux dehors, après 6h15 de remontée. Il fait grand beau et nous ne sommes pas plus fatigués que ça. Pour comparer, cela revient à avoir fait une randonnée en extérieur de même dénivelée. Charlie à quand même un peu les bras fumés, faut dire qu'il a gardé le sac sur le dos à la remontée !

La marche retour au coucher du soleil est donc également un petit plaisir. On pense déjà à la cuisine de ce soir ! En 50 minutes, nous voilà au parking. Et à 20h, nous sommes de retour au camp, après avoir fait le tour des commerces fermés. Dommage, pas de tartiflette. Malgré tout, des pâtes au fromage avec une omelette au fromage et du bacon, le tout saupoudré de fromage, ça reste bon. Et pour les déchets alors ? Et bien la légende disait vrai, Lila m'a effectivement filé un mini kit AV !

Pour résumer, la descente de cette année au berger coche toutes les cases. En binômes, nous avons pu avancer à notre rythme tout en prenant beaucoup de plaisir sur les différents obstacles. Niveau timing, nous avons dépassé nos objectifs. Nous avons aussi ramené un paquet de déchets et localisé des secteurs à dépolluer. Au Berger ce qui est le plus fatiguant au final, c'est le manque de sommeil quand la sortie s'étend au-delà du rythme circadien. Pour les objectifs futurs, l'année prochaines nous aimerions (Charlie et moi) descendre deux fois au Berger. Une fois très léger, en partant tôt du camp (5H ?) afin d'éviter l'attente potentielle dans les puits. À adapter en fonction des inscrits après le briefing. Avec pour objectif l'aller/retour au fond sous la barre des 10h. Puis, une seconde fois sans descendre au delà du Vestiaire, simplement pour fouiller et remplir des sacs de déchets puis en remonter un maximum (je me ferai bien un sherpa... -Sleep on it...- ).

Merci à l'organisation autour du camp et du gouffre. À l'année prochaine. Avis aux amateurs !

Aucun commentaire: