lundi 23 février 2026

Trassanel IV en mode rivière souterraine !

Jeudi 19 février 2026

Participants : Gilles, Alary

TPST : 7h15  / Grotte de Trassanel, réseau IV

Après la visite partielle du réseau IV en hautes eaux par Andréa et Gilles le 9 février, qui s'était presque terminée à la manière de Titanic, l'idée avait germé d'y retourner pour pousser plus loin la navigation. Ma crainte était qu'il ne repleuve pas entre temps, mais heureusement quelques pluies ont maintenu le projet hors de l'eau. Nous décidons de prendre en plus des néoprènes des bouées de plage qui nous serviront d'embarcations. Un magnifique crocodile tout neuf, et une grosse glace cornet. C'est une plutôt bonne idée pour prendre le temps d'admirer autour de soi et pour éviter de tout faire à la nage. D'autant plus que ma néop rapiécée est un peu limite... Seulement cela prend de la place, beaucoup même !

Nous arrivons à la base vers 8h30, récupérons une paire de pagaies, une pompe et quelques ficelles, avant de finaliser les kits. Quatre kits normaux et un big kit seront nécessaires.
Là !
Entrée vers 9h15, mais soudainement Gilles ne retrouve pas son descendeur. Rapide retour à la base pour le récupérer pendant que je m'en vais acheminer une partie du matériel et débuter l'équipement du Ribéro. J'ai à peine le temps de monter les deux premiers fracs, que Gille me rejoint et prend la suite de l'équipement. Je seconde avec le reste du matos.
   
Gours à l'embranchement du puits des Ours, et une bonne flaque avant l'accès au Ribéro
Descente rapide avec le strict nécessaire de matos, nous sommes à la base du puits qui siffle, et déjà Gille me dit que l'eau que nous voyons ici en contrebas n'était pas là la fois dernière... Nous lançons une œillade dans la galerie qui se profile vers l'aval, l'eau est montée d'environ 2m de plus ! Là où ils étaient passés à pied, il nous faut embarquer impérativement. Idem côté amont direction Matta, c'est un lac.
On se change, prêt pour notre session aquagym, et on conditionne le matos à emporter avec nous, dont la pompe à pied. Puis c'est parti pour la mise à l'eau des gus et de leur embarcation.
100% approved style
Quelques difficultés quand même à dompter le crocodile, la bête se démène quand Gille tente de se mettre dessus. Nous cheminons en direction de la salle de la coloration, profitant de l'originalité de la balade mais nous demandant bien si le passage bas permettant d'y accéder sera passable ou non… Quelques vidéos et photos.
   
Vue en direction du puits qui siffle et vue vers l'aval
   
On avance en direction de la salle de la coloration
Nous débarquons au niveau de l'éboulis et du passage bas, qui est siphonnant ! Gilles repère une petite escalade par l'éboulis, je monte voir si on peut redescendre derrière. Avec les néop ça glisse énormément, mais c'est faisable. On tente un passage en faisant suivre tout notre bazar. Nous voilà dans la salle de la coloration, flottant 4 à 5m au-dessus du sol ! On entreprend une photo. Je prends un peu d'avance et Gilles se met en place. Nous préparons ce qui aurait dû être la plus belle photographie spéléo encore jamais prises... Mais une fois en position, mon téléphone légèrement mouillé fait le mort... Et ce malgré la coque de protection et mon petit sachet congélation étanche.... C'est bien dommage, surtout qu'il est censé résister à l'eau (IP68)... Il ne se rallumera pas de toute la sortie. Pas de photos donc, et pas non plus d'horloge ! Il va falloir compter juste...

Bref, nous touchons le bout de la salle de la coloration et arrivons à la base du puits de la grande diaclase. Le fond doit être une quinzaine de mètres dessous lorsque nous débarquons au sommet du plan argileux qu'il nous faut d'habitude remonter. Ici un petit actif qui cascade se fait entendre. Ce bien mignon ruisselet jonctionne le lac de la salle de la coloration avec la suite de la cavité. Nous passons la salle des lacs, qui aujourd'hui n'en forme qu'un seul. Les fistuleuses oscillent à vue d'œil avec les micro vaguelettes que nous produisons. Pour repère, il y a ici une concrétion en forme de champignon magique (image ci-dessous), le niveau d'eau était tout juste au-dessus de la base du chapeau.
Le champignon magique (13/12/2023)
Nous débarquons au niveau du labyrinthe au niveau de la petite escalade derrière une grosse colonne puis cheminons à pied jusqu'aux deux passages rétrécis à désescalader. Le second avec la cordelette est un embarcadère un peu technique. Là, nous nous trouvons dans ce qui semble être un cul de sac, le passage bas qui mène à la méduse est quelque part sous l'eau. On teste des choses, et on finit par trouver quelques petites marches puis une lame dans l'eau qui permet de prendre pied et d'escalader un plan argileux. Ça redescend derrière dans un petit canal suffisamment large pour mettre les bouées. Nous atteignions la méduse, le plan d'eau arrivant presque à toucher la ligne de l'ombrelle au-dessus des tentacules. Nous débarquons devant le magnifique massif de concrétions blanches tant photographié. L'eau lui arrivant quasiment au pied, j'en profite pour la laver.

Un peu avant la Vierge et la galerie annexe du -177, de grandes draperies rétrécissent le passage. Nous prenons alors un passage sur la gauche et débarquons pour grimper un plan argileux. Mauvaise route, c'est un cul de sac ! Il faut passer entre ces coulées. Et pour ça, il me faut débarquer en équilibre sur une colonne pour faire passer la bouée verticalement. Gille et son croco passent de justesse, suivis du train-train flottant composé du kit et de la pompe. La vierge retient son souffle sous l'eau. Nous passons un passage rétréci et faisons la pause repas car les ventres se manifestent. Il nous semble être 13h30 / 14h à vue d'estomac. Ne sachant l'heure, nous ne tardons pas. Je crois la salle des Graviers encore à une demi heure de parcours, mais en réalité nous sommes tout proches. Ici nous marchons dans l'eau. Le passage se rétrécit et nous oblige à abandonner les bouées pour se baquer dans la flotte, autrement il nous faut les dégonfler. Ça passe la tête hors de l'eau. Le sol remonte et quand nous débouchons dans la galerie des fleurs, ce n'est plus un plan d'eau calme mais un actif écrêté qui coule à environ 5 L/s, se divise en deux par deux canyons d'argile de 40cm de profondeur qui se rejoignent sous une coulée à gauche, l'eau clapotant ensuite vers l'inconnu. Je pense qu'on pourrait aisément creuser l'argile pour élargir le passage sur 1m de long, derrière ça descend et ça semble limite pénétrable. Pas d'air cependant. J'ai planté une lame de 30cm à la verticale devant la coulée à la confluence des canyons. D'après mes renseignements, il n'y a pas eu de traçages récents depuis ce point.

Nous continuons dans la salle des graviers. Pas de cascades, seulement des traces d'écoulements et quelques gouttes. Le point -159 n'est pas en eau. Et pour les mystères, je me suis arrêté devant le trou dans la salle, n'ayant pas du tout envie d'aller là dedans en néoprène... Peut-être que l'eau est visible plus bas.

L'horloge tourne c'est certain, mais nous ne savons pas dans quel sens ! Nous faisons le chemin inverse sans tarder mais en profitant quand même du paysage. À la fin du labyrinthe, nous embarquons et faisons un très rapide tour sur un petit lac butant contre un mur, nous débarquons alors de l'autre côté non sans mal à cause de l'argile mouillée. Je ne reconnais pas le passage... Fichtre ! Alors je m'avance pour tenter de raccrocher des choses que nous avons vues, pensant être en direction de la sortie. Finalement je revois un trou d'eau où je me souviens avoir dit : "On dirait vraiment un siphon." Les choses s'alignent, je retrouve le passage des deux désescalades rétrécies, nous repartions en fait vers le fond... Demi-tour à 180° sur soi-même, je sais que c'est tout droit, alors on avance, bien que je ne revoie pas clairement le cheminement. Nous revoilà devant le fameux petit lac du mur... Quelle est cette sorcellerie ?? La présence de l'eau modifie vraiment le paysage et le cheminement logique. Puis d'un seul coup, face à ce lac et surtout au doute, sur ma droite, un passage dans les concrétions vient enfin achever le puzzle du plan de la grotte, le réorientant au passage automatiquement en direction du nord. Ça y est, tout est clair, nous tenons le chemin vers la sortie. La suite suivra sans encombre, hormis la crevaison du boudin extérieur de ma glace lors du passage de l'éboulis de la salle de la coloration. L'air restant dans la partie du milieu suffira pour retrouver la base du puits qui siffle.

Comme le retour nous a paru rapide, nous allons dans l'amont. Le plan argileux pique directement dans l'eau, ce sera comique à remonter... Nous allons jusqu'à la corde du passage Matta. Une large coulée rive droite coule abondamment. Demi-tour, escalade délicate du plan argileux, nettoyage du matos, rangement et on se remonte. Gilles déséquipe et prend les deux kits dédiés, je remonte le reste. Ascension sans encombre, avec quelques pauses dans le Ribéro qui respire par de grandes aspirations, suivies de quelques secondes de pauses avant d'aspirer de plus belle, ou de souffler faiblardement pour s'inverser à nouveau. Nous arrivons au niveau du renne, je n'ai aucune horloge interne. Il pourrait être 15h comme 20h... Gilles lui penche pour un 18h30 / 19h. On va bientôt le savoir car en attrapant la corde et en relevant la tête, j'aperçois venu de la porte, une intense lumière ! Alors, déjà il ne fait pas nuit (oui oui...) et surtout, pourquoi la porte est ouverte ?? On espère que nos affaires n'ont pas été chapardées ! Non, elles sont bien là. Il est 16h30. Dehors par contre, c'est la tempête, pluie et rafales puissantes. Comme la porte était juste posée et non claquée de l'intérieur, les différences de pressions sont parvenues à l'ouvrir.

On rejoint le porche de la base pour se changer au sec. Cathy nous y trouve à ce moment là, venue gérer des opérations de serrurerie. Elle nous partage au passage avoir déjà vu l'eau dans le IV atteindre la base de la corde du puits qui siffle, soit encore un bon mètre cinquante d'eau en plus par rapport à aujourd'hui. C'est ce qu'il faut de plus pour peut-être avoir un lac dans la salle des graviers. Mais le passage bas la précédant devient inévitablement siphonnant... Au final, une belle expérience qu'on ne revivra probablement pas tous les ans, faite à un moment où le niveau d'eau permet encore de parcourir le IV de bout en bout. Reste maintenant à voir en combien de temps le IV se vidangera !

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