mercredi 11 février 2026

Braquage à gain substantiel au Trou de la Barre

Mardi 10 février 2026

Participants : Daniel M., Alary

TPST: 6h / Trou de la Barre


Vingt-quatre sorties que Daniel a imposées au trou de la Barre suivant un rythme de plus ou moins 3 jours de travail par semaine. Autant de sorties lui ayant permis de creuser un tunnel sous une coulée de calcite obstruant l'entièreté de cette ancienne galerie devenue un porche de belle dimension (4m de large au sol actuel), elle-même reposant sur une épaisseur importante de débris de gélifraction. Un commentaire sous l'un de mes articles, une réponse rapide, puis presque instantanément après, un appel : je serai présent pour cette vingt-cinquième sortie !

Rien d'exceptionnel à l'horizon, c'est une sortie comme de nombreuses autres avec Deniel : on creuse un tunnel, on sort des dizaines de sacs (...), et on tente de lire le terrain pour deviner le cap à prendre... Un peu avant 9h, nous arrivons sur le parking à l'est du Pujol, au niveau de la haie de cyprès. Il fait beau, il n'y a pas de vent. Pour l'occasion, j'équipe un bleu de travail adapté au climat désob du Minervois sec. Nous cheminons vers l'entrée du trou. Daniel me montre un petit orifice non loin de notre chantier d'aujourd'hui, qu'on attaquera peut-être un jour... chaque chose en son temps.

Nous voilà sur la terrasse en construction du trou de la barre. Plutôt bien orienté, nous avons le soleil, mais aussi l'ombre des chênes verts. Nous commençons par sortir ensemble 24 sacs d'environ 10/12kg chacun, puis prenons rapidement nos postes définitifs. Je vais au fond creuser et m'approprier le chantier. Daniel lui remonte les sacs, les vide et travaille la terrasse. Les quelques moments où Daniels me retrouve pour récupérer mes sacs permettent d'échanger quelques mots. Autrement, ce n'est vraiment pas la cohue. À mon poste, je suis à ma droite une paroi ou un pendant de voûte qui oblique sur la gauche. Les matériaux à enlever sont des cailloutis de gélifraction entremêlés d'argile poudreuse sur 50 centimètres, avec dessous des faibles dalles de gravier et de sables dolomitiques calcités. Grâce au piqueur plat de Daniel, le boulot est fabuleux, défoncer le front de taille comme une pelle mécanique est un vrai régal. Ce qui l'est moins par contre, c'est le plafond très friable. En réalité et simplement en bougeant, je creuse aussi en hauteur avec mon casque, et comme celui-ci a des trous, il se retrouve rempli de graviers, qui me tombent par moment dans la combinaison... Par chance, c'est suffisamment humide pour limiter la poussière, c'est au moins ça ! Et par chance encore, ce plafond friable reste en place, ne laissant que rarement quelques kilos de gravier s'écraser au sol, ou avec moins de chance, dans le col de la combinaison !

Front de taille en début de journée et sable induré
Pendant ce temps, Daniel effectue sa séance de muscu. Et autant dire que ça envoie ! Les sacs pèsent entre 10 et 12 kilos chacun, pas le temps de souffler... Sauf quand vient l'heure pour moi de manger en extérieur, après avoir vidé un premier accu du piqueur et avancé d'un bon mètre. Je ressors en emportant avec moi un bloc d'une vingtaine de kilos extrait des graviers. Daniels prend ma place, je profite du beau temps.
Juste avant de sortir manger
Retour sous terre. Daniel tient à continuer de sortir les sacs, qu'il comptabilise au fur et à mesure. Rapidement, nous approchons les 70 sacs de sortie. La paroi de droite qui me guide bifurque brusquement à droite. Continuons ainsi. 84 sacs, il est 15h. Daniel a son quota de muscle, alors je lui cède ma place sur le front, et m'occupe de gérer les sacs. L'énergie est encore présente, trouvant ressource probablement dans cet objectif un peu absurde qui m'a traversé la tête : sortir 100 sacs (au moins...) ! Enfin, lorsque le centième sac est compté, je commence à subodorer un parfum de fin de chantier. Je retrouve Daniel au fond pour lui redonner une fournée de sacs vides, quand il me propose d'en rester là pour aujourd'hui. La proposition est acceptée, les objectifs sont remplis. Nous avons avancé de deux mètres et sorti puis vidé 113 sacs (89 par l'excavation du jour), soit un peu plus d'une tonne de matériaux !
Braquage
Très chouette journée, il ne reste plus qu'à faire l'habituelle vidéo de fin de chantier, et c'est ciao ! Sauf que pendant que je finis de vider les sacs dehors, j'entends Daniel qui m'appelle hâtivement depuis l'intérieur du trou... Petit coup de flip, je pense à un effondrement... Je me presse à l'intérieur. Et stupéfaction, ça s'est effondrer ! Mais rien de problématique, bien au contraire... Ce qui vient de se produire est tout simplement à peine croyable !

Daniel, plantant ici et là le burin pour sonder, le fit traverser soudainement le plafond, avant que ce dernier ne s'effondre, laissant une lucarne par laquelle il détecta au-dessus un laminoir horizontal de 2m50 de large dans lequel il nous est possible de nous faufiler !
L'intuition de Daniel a été très bonne sur le cap à suivre. Et à cela j'ajoute le fait qu'il avait prévu de creuser en plafond pour essayer de remonter... Coup de chance ? Expérience ? Manifestation divine ? Probablement un peu de tout ça... Allons voir plus loin. Je me faufile, déplace les stalagmites juste posées sur le sol, mais en brise une au plafond qui immédiatement manifeste son mécontentement en sifflant ! Elle aspire de l'air. Je l'obstrue momentanément pour confirmer que c'est bien elle, après quoi elle restera silencieuse... Ce laminoir se poursuit sur 3m devant. Complètement à gauche, le plafond est proche de notre tunnel en revenant vers l'extérieur. En prenant à gauche directement sous la coulée, on serait arrivé ici presque immédiatement ! Dans ce petit volume, directement sur la droite, un orifice semble plonger. Je m'y avance mais recule instantanément voyant que ça descend de plusieurs mètres sans savoir si c'est creux sous moi. J'envoie le téléphone, les images me rassurent. Je défonce un peu le sol pour passer dans la suite, par cet orifice ayant percé une bonne épaisseur de remblais, eux-mêmes posés sur des planchers de calcite. Quelle chance que le sol ait été soutiré de la sorte !
Je descends un peu dans ces formes d'érosion. Des cupules de quelques centimètres de diamètre agrémentent les courbes du conduit. Des dalles de calcides et de sable indurés se baladent, je purge, et descends de 4 à 5 mètres, avant que le conduit ne se verticalise davantage. Entre deux pentes de remblais d'argile, un puits s'ouvre, c'est noir, les cailloux chutent en silence avant de dévaler dans un écho qui perdure. C'est excitant ! De l'autre côté, ça remonte dans les remblais et semble s'arrêter dans une cloche.
Je traverse pour tout de même m'en assurer. Mais par un autre orifice remontant, j'accède à une petite pièce qui donne dans un fin passage horizontal débouchant sur un conduit descendant. C'est plus humide ici. Ça ne raisonne pas. Je descends de 5 mètres puis me stoppe sur un plancher de calcite, colmaté 50 centimètres dessous par de l'argile retournée.
Je ne tarde pas plus et remonte pour investiguer davantage ce puits juste survolé mais identifié comme la suite directe de la cavité. J'y envoie une belle pavasse, c'est de bon augure ! La première verticale paraît taper les 10 mètres, puis se poursuit par un plan incliné sur au moins tout autant de distance, dans ce qui ressemble depuis le haut à une diaclase. Le bon caillou permettra de l'équiper sans trop de souci.
Rempli de joie et excité comme jamais, je remonte raconter ça à Daniel, tout autant conquis. Nous pouvons quitter le chantier sur une note encore meilleure que celle des 100 sacs du jour. Nous reviendrons très prochainement explorer ce qui se cache là-dessous, et qui pour le moment, nous fait rêver de tout et n'importe quoi !

La vidéo visite complète de Daniel : 

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