jeudi 9 août 2012

A LA RECHERCHE DE CHIENS PERDUS




Dimanche 22 juillet

Il y a quelques années, un drame se jouait dans la Montagne Noire. Au cours d’une partie de chasse, proche du village de Fournes Cabardés, deux chiens de petite taille se sont introduits sous terre à la poursuite d’un renard. Malgré les appels répétés de leur maître pendant plusieurs jours, ils n’ont pas refait surface. L’inaccessibilité du lieu n’a pas permis l’intervention d’un tractopelle. Les tentatives  manuelles des chasseurs pour extraire  les animaux sont alors restées vaines.
Nous avions connaissance de cet accident. Grâce à l’insistance de Sylvain, nous pouvons enfin accéder au site. L’intérêt de cette visite est multiple. Il est évident que les chiens sont morts depuis longtemps. Mais ils étaient munis de colliers émetteurs, qui sont peut-être encore récupérables. Un autre intérêt est spéléologique car, au dire des témoins, le terrier des renards est situé dans une « grotte ».
Guy, de Sallèles Cabardés et le maître des chiens sont là. Le trou est situé proche d’une crête et la roche affleure un peu partout. Nous approchons du lieu fatidique. Malheureusement, les calcaires sont encore loin et nous nous arrêtons dans les grés de Marcory. L’instant est émouvant car le propriétaire des chiens n’est pas revenu sur les lieux depuis le drame. Il a du mal à retenir ses larmes.  
L’entrée n’est vraiment pas large mais je me faufile rapidement dans une petite galerie de deux mètres cinquante de diamètre sur six de long. Nous saurons par la suite qu’il s’agit d’une excavation pour la recherche minière de fer. Les terriers de renards partent de chaque côté mais la roche est très fissurée et la sécurité est limite. Il aurait été difficile d’extraire les chiens par là. Par contre, grâce aux colliers émetteurs,  les chasseurs les avaient localisé à une dizaine de mètres et avaient commencé à creuser au pic un trou dans cette roche fracturée. Ils s’étaient malheureusement arrêtés au bout d’un mètre, faute de moyens supplémentaires.
On peut regretter que les spéléo n’aient pas été contactés car leur expérience et les moyens  techniques de forage dont ils disposent auraient sans doute permis de sauver ces pauvres chiens. Il est vrai que dans certains secteurs, les chasseurs ne voient pas d’un très bon œil les spéléo. Ceux-ci  ouvrent des trous et ne prennent pas toujours la précaution de les refermer ou de les sécuriser. Ils créaient ainsi des pièges parfois mortels pour leurs compagnons de chasse.
Alors, un petit effort et tout le monde sera gagnant. La chasse et le chasseur, s’ils sont des alliés, peuvent être un bon moyen pour découvrir de nouvelles cavités.





2 commentaires:

Jean Marie a dit…

Les colliers et les ossements des chiens vous les avez retrouvés ?

JPP a dit…

En accord avec le propriétaire, nous n'avons pas continué les investigations. Que les chiens reposent en paix.