Rattrapage informationnel de quelques travaux et observations en cours depuis le début du climat tropical ...
- Perte des Eychartous :
Il s'agit d'une cavité que j'avais découverte au 20è siècle dans le synclinal d'Arques, chantier à peine entamé et vite abandonné à l'époque pour d'autres horizons à plus fort potentiel.
Retour sur les lieux pour voir l'évolution de la perte : le trou n'est pas entièrement bouché et absorbe totalement un joli ruisseau entre conglomérats et marnes rouges (c'est à la mode en ce moment mais ce ne sont pas les mêmes formations géologiques que sur le plateau de Lacamp, elles sont ici 20 millions d'années plus anciennes et peuvent contenir des débris d'oeufs des derniers représentants des dinosaures juste avant leur extinction).
Deux séances de désobstruction en famille permettent d'ouvrir un départ de méandre ventilé soufflant un air modérément chargé en CO2 (0,8 %). A poursuivre en décaissant le remplissage caillouteux induré, il peut y avoir une cavité de 2 ou 3 km là dessous...
Le site :
- Perte amont de St Pancrasse :
Cavité d'une centaine de mètres de développement (déc-)ouverte lors de la sécheresse de 2024 et pouvant absorber un gros débit. Chantier avec fort courant d'air au fond mais difficile à travailler (conduite forcée très résistante de faible calibre).
J'avais protégé l'entrée avec une double grille en fer goujonnée pour ne pas que le trou se comble avec les crues d'hiver. Bien m'en a pris...
Retour sur les lieux en ce début juillet : la grille semble avoir tenu mais il y a plusieurs mètres cube d'alluvions qui se sont entassées devant. Cependant le trou n'est pas bouché car on entend un peu d'eau cascader et le courant d'air est présent au ras supérieur du barrage :
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| Le site après les crues et avant déblayage |
Grosse séance de déblayage et détournement d'une partie du débit du ruisseau en prévision d'un traçage :
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| Le site après déblayage |
Lancement du traçage quelques jours plus tard, il s'agit de déterminer la fonction capacitive de ce karst combinant circulations classiques et hydrothermales, mais aussi par rebond de connaitre le potentiel de la cavité elle-même :
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| Résultats attendus dans les prochaines semaines... |
- Perte de Camurac :
Autre projet en cours, en partenariat avec l'université de Perpignan : un stage de Master intitulé "CONTRIBUTION À LA CONNAISSANCE DU RÉSEAU KARSTIQUE DU PLATEAU DE SAULT PAR TRAÇAGE NATUREL ET ARTIFICIEL"
C'est dans ce cadre qu'a été réalisé le multitraçage Pas des Brebis - Vernouze de cet hiver, avec des résultats surprenants et très intéressants (ceci est une autre histoire).
Un volet de cette recherche concerne donc les traceurs naturels, et plusieurs campagnes d'échantillonnage d'eau et de sédiments ont eu lieu au printemps et au début de l'été.
Lors de la dernière tournée, en pleine chaleur, je suis allé titiller la perte de Camurac, origine la plus lointaine connue de l'énorme source de Font Maure, située pas moins de 24 km en aval !
Belle surprise puisque après déblayage d'un bouchon de sédiments et branches en marge de la perte, un bon courant d'air s'est amorcé, ce que je n'avais jamais vu malgré un certain nombre de visites. Cela signe l'absence de siphon proche ou de bouchon étanche au moins en étiage...
De plus on entend distinctement l'actif cascader un peu plus loin, il est donc prévu d'y consacrer un sondage en règle avec l'accord de la mairie.
Il serait également possible de détourner le ruisseau lors des travaux d'été pour bosser au sec. A suivre donc prochainement...
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| Etat des lieux avant amorçage du zef à gauche du bloc |
- Perte de St Andrieu :
Dernière partie de ce tour d'horizon des pertes en cours d'investigation, et non des moindres : St Andrieu, accès désormais fléché vers une jonction et la suite des explorations du principal réseau connu du massif de Missègre, le réseau du Chant du Loup, origine avérée du collecteur principal vers Alet (13 km à vol d'oiseau pour rappel).
Nous sommes actuellement freinés depuis plusieurs mois par une mince fissure très résistante sans visibilité : il fallait aller voir le potentiel aérologique de ce chantier en profitant des fortes chaleurs.
Chose faite vendredi 10 en fin de journée : très peu d'air dans la fissure terminale mais grosse ventilation dans la chatière un peu avant.
Avec les conditions météo idéales, je sais que cette énigme ne passera pas la soirée !
Effectivement, un peu avant le fond, découverte d'une fracture presque bouchée au sol qui laisse filtrer pas mal d'air, mais ça ne suffit pas. Je sens sur ma gauche un bon flux glacé sembler arriver de nulle part. En fait le courant d'air recherché vient d'un trou bien caché derrière une lame descendant du plafond, 1m à peine avant le fond.
En déblayant, je vois une petite géode pleine de cristaux un peu au-dessus : tout le flux est là, bye bye la fissure, la suite est trouvée !
Ce chantier devrait donc reprendre très prochainement, deux à trois personnes suffisent pour le moment.
Avec toutes ces perspectives en plus de l'exploration au Septuagénaire, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il me tarde d'être à la retraite (pas trop envie d'être plus vieux que maintenant), mais je ne serai pas contre la mise à disposition d'un temps additionnel...

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9 commentaires:
Oumfr, bigredouzaine, il n'y a plus qu'à trouver du monde !
La "Grande" Spéléo de retour! En suivant la direction de mon bras pour paraphraser un dialogue d'un film qui viens de sortir sus à St Andrieu!! Comme l'on disait dans les temps anciens ou les hommes avaient encore un "esprit de conquête"!!!!L'on ne sait effectivement ou donner de la piquette, mais outre St Andrieu, je suis partant pour......les zones fraiches, par exemple Camurac ou a priori il devrais faire meilleur....St Pancrasse et les Eychartous pourront attendre. Dans cette dernière perte Laurent j'y avait creusé avec toi, mais si tu avait l'année, je retrouverai dans mes archives la date précise. Il me semble que c'était dans tes débuts au CLUB, c'est à dire dans les années 90. Vive la Grande spéléo audoise!!!
Non mais à cause de toi pôle emploi va m'embêter encore longtemps 🤣.
Bon, du coup, dès qu'il y a un créneau de libre, on fonce !
Pour info la perte des Eychartous est connue depuis assez longtemps, dans les années 90 par le regretté JP Brieu et par moi-même. Je l'ai même colorée le 30 avril 1993 et c'est ressorti 1h40 après à la source du bord de la route (600 m en ligne droite pour 40 m de dénivelé soit une vitesse de près de 400 m/h. On y est ensuite revenu une fois en 1999 et 3 fois en 2002 avec O Brieu et J Dumec pour désober puis on n'y est pas retourné.
Il y a confusion, tu parles sans doute de la perte aval des Eychartous qui est temporaire. Ce n'est pas la même.
Celle mentionnée sur ce post est beaucoup plus loin et plus haut (1200m en ligne droite pour plus de 100m de dénivellation depuis la source), sans trace de désob antérieure. Il y en a d'ailleurs une troisième 100m encore en amont sur le contact des grès d'Alet, qui se rebouche régulièrement.
Nous avons utilisé cette perte du contact géol pour détourner l'eau et bosser à sec. Il nous a alors bien semblé entendre un bruit d'actif au loin au fond du chantier.
Il doit y avoir une galerie déclive directe au contact des grès jusqu'à la résurgence...
Oui, mais la résurgence n'est pas celle de Font Maure ?
Le ruisseau des Eychartous c'est dans le synclinal d'Arques
Effectivement celle dont je parle est la perte aval, je ne connais pas l'autre. On avait creusé en RD du ruisseau sans succès mais on ne s'est pas acharné. Pour info c'est qqn du village qui m'en avait parlé en disant que quand il était gamin il descendait dans un trou dans le lit du ruisseau et il avait exploré des galeries. Depuis le trou s'est rebouché et c'est pas évident de le retrouver. On a aussi attaqué côté source et ça vaudrait le coup de le reprendre, ça peut être un accès facile et c'est au bord de la route. Ca pourrait s'envisager en interclub.
Certes, mais il y a des inter-clubs beaucoup plus fondamentaux!!!????
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