jeudi 28 mai 2026

Échec au Momo ou "la dolomie c'est pourri"

Mercredi 27 mai 2026

Participants : GG (SSAPO), Gilles, Andréa

TPST : 9h / Réseau Bernadette par le Gouffre Duplessis (Coume Ouarnède)

Attention. S'il y a des gens qui lisent cet article et envisagent de descendre le puits Momo, il y a une épée de Damoclès au-dessus de la tête (cf plus loin).


Cette fois-ci départ sous le grand soleil à l'assaut de Bernadette en empruntant le gouffre Duplessis et un enchaînement de puits se terminant par le Momo, un P93 dont paraît-il l'équipement était peu fiable...


On descend rapidement le gouffre Duplessis pour s'engager dans le réseau pourri dont le nom est dû à son développement dans la dolomie, roche calcaire très friable.

P48 de l'entrée


Le P22

Nous trouvons rapidement le départ vers le réseau Bernadette qui commence par un P37 où il me faudra un peu d'aide pour penduler à -14m vers la suite.

Pendule dans le P37

Nous enchaînons sur deux petits P10 et P12 et arrivons sur une succession de puits P31 + P7 + P19 + P4. On accède au P7 par un pendule dans le P31. Il faut s'amarrer sur une lame qu'on coiffe d'une dyneema et dont la tenue n'inspire pas trop confiance. Gilles me rejoint pour rajouter un AF et sécuriser le frac. 

La lame du P31

Gilles reprend la suite de l'équipement et rajoute un spit en début de main courante du P19 indispensable avec la 6 mm.

Main courante du P19

Dans le P19

Après une E3, on parcourt un petit méandre qui débouche au sommet de l'énorme P93, le puits Momo.
Vu la qualité de la roche, Gilles décide de trianguler le départ de main courante avec deux spits et un AN.

Départ de la main courante. Tout semble douteux...

Le positionnement des spits en tête de puits implique un frottement immédiat et un rapide coup d'œil ne laisse pas penser qu'il y a des spits juste en dessous. 
Gilles se rabat donc sur deux très gros AN de type lunule qui permettent de partir plein vide. En passant la dyneema dans le second AN, il se rend compte que malgré l'apparence solide c'est très douteux et se rabat sur les spits. 

Départ P93

Après être descendu de 3 mètres, la corde frotte bien et aucune suite n'est visible, si ce n'est une sangle en fixe totalement inatteignable une dizaine de mètres au-dessous et en pendule très lointain. 
Conversion, nouvelle étude de la tête de puits. 
Gilles perce un AF sur un gros bloc qui domine le vide et au moment d'arrêter le perçage car il sentait que ça vibrait, le bloc se détache et s'écrase 90 mètres plus bas. Ambiance !
Il regarde à nouveau l'un des AN envisagés initialement, les coups de marteau en font tomber des morceaux et sont pas loin de détacher un énorme morceau de voûte. Re-ambiance !
Après une rapide concertation, nous battons en retraite ne voyant pas d'équipement fiable, même avec tous les moyens dont nous disposons : perfo, spit, Pulse.
Selon nous, la solution serait de remettre en place la barre de fer en travers de la tête de puits car aucune autre possibilité ne semble fiable.

Que du pourri au-dessus de la tête !

Nous remontons à la surface en 2h45. La température est étonnamment douce (20°) au regard du coup de chaud dans le Minervois.



On ne s'avoue pas vaincus, mais la descente nécessitera une action collective pour descendre un IPN et remplacer la barre en fer fortement rouillée probablement présente depuis l'explo en 1972.

Bonus, j'ai trouvé le compte-rendu de l'explo dans le livre vert, année 1972.

2 commentaires:

Daniel Constans a dit…

Pas très engageant cette cavité 😁

Gilles a dit…

C'est très beau, mais il faut savoir s'arrêter quand ça pue !