dimanche 21 juillet 2019

Aérologie souterraine

Dimanche 21 Juillet 2019
Trou du vent du Blau, Chandelier et Feuilles
Participants : Jean-Luc, Dom, Henri, Alex, Laurent
TPES : 4h

Après avoir échappés de justesse au Tour de France, on se retrouve un peu avant 10h au parking de l'Escale pour le premier acte d'une série d'expériences aérologiques réservées à la période estivale.
La météo n'est pas avec nous avec un temps couvert qui le restera jusqu'à la fin et une température modeste (23°environ).

Ce projet qui mijote depuis quelques temps pourrait potentiellement nous apprendre pas mal de choses sur la ou les connexions entre le système semi-actif du Blau restant à découvrir et le système fossile du Chandelier.
Nous avions déjà déterminé de façon purement qualitative, avant la découverte du Chandelier, une relation entre les deux cavités.
Aujourd'hui on passe à la vitesse supérieure avec plus d'organisation : mise en place de sections bien définies pour chaque trou, mesures initiales à l'anémomètre, puis mise en pression par le Blau et synchronisation du temps de réponse au Chandelier grâce aux portables mis en haut-parleur.

Après avoir bouché hermétiquement le trou des Feuilles (fuite du Blau), on élabore un joli bouchon amovible au Trou du Vent avec des sacs de paille et de la mousse végétale (très efficace).

Accès

Une montgolfière au trou du vent c'est moins spectaculaire qu'à la Verna...

Bouchon trou du vent
Première constatation, seulement une partie du courant d'air estival est en place au trou du vent : seule la faille Parkinson doit apporter de l'air, et le siphon aval doit toujours être en eau, empêchant l'air du nouveau réseau de parvenir jusqu'à l'entrée. Le débit d'air nest que de 1mètre cube/seconde environ. On laisse une ouverture de la taille d'un sac de paille et on fait une première mesure à 11h20.
La vitesse du courant d'air est de 4,2 m/sec.

Jean-Luc et Alex restent au Blau pendant qu'avec Dom et Henri on monte au Chandelier, où la vitesse dans la section calibrée est de 7,2m/sec (débit avec la porte ouverte bien supérieur au Blau avec 3 mètres cube/seconde).

L'expérience démarre, avec Alex en relais sur le portable et Dom au chrono. Jean-Luc bouche hermétiquement le Blau à 11h44. 30 secondes plus tard, l'anémomètre qui fonctionne en continu au Chandelier enregistre une première impulsion d'augmentation de vitesse (0,2 m/sec puis crescendo), qui ne reviendra plus à sa valeur nominale. A 6minutes, l'augmentation s'accélère de manière plus franche. La vitesse passe à 9 m/sec. On pense alors que ça ne bougera plus.
Mais de manière surprenante, la vitesse va continuer son ascension jusqu'à une phase de plateau vers 12h10, soit 26mn après le début de l'expérience. La vitesse va alors dépasser les 12 m/sec !

Nous stoppons l'expérience pour aller manger et le trou du vent du Blau est débouché.
Nouvelle mesure à 13h15 : la vitesse au Blau est de 4,4 m/sec, à peine plus élevée que la valeur de 11h20 (il faut dire que les conditions météo bien que très peu dopantes pour le courant d'air sont restées remarquablement stables donc contre toute attente propices à cette expérience).
Nouvelle mesure également au Chandelier à 13h30 : la vitesse est retombée précisément à sa valeur nominale du jour : 7,2 m/sec !

Conclusions : cette expérience ouvre des perspectives, et il faudra poursuivre la collecte de données lorsque tout le courant d'air sera amorcé au Blau.

- la jonction aérologique entre les deux systèmes ne fait plus aucun doute.

- la première impulsion à 30 secondes pourrait correspondre à l'onde de perturbation se propageant théoriquement à la vitesse du son. En négligeant les pertes de charge, cela mettrait en évidence un trajet de 9000m, à savoir exactement un parcours Blau - réseau IV - entrée du Chandelier. Alléchant !

- la grande inertie de la mise en pression (25mn) pourrait être liée aux grands volumes d'air à comprimer tout au long du parcours (ce qui a déjà été découvert est assez en phase avec cette théorie).

- A noter qu'au cours de l'expérience, le fait de déboucher le Blau quelques minutes n'a pas d'incidence sur l'augmentation de vitesse au Chandelier, démontrant là aussi la grande inertie du système lorsqu'on parle de volumes d'air.

Dans tous les cas cette recherche est à poursuivre et on pourrait prochainement espérer localiser le tronçon où s'effectuerait la jonction, avec par exemple des binômes sous terre aux points-clés.
L'expérience inverse pourrait également démontrer une capture d'une partie de l'air du Chandelier par le Blau lorsque le siphon aval sera désamorcé.
A suivre...

8 commentaires:

riton a dit…

Heureusement que la faille parkinson n' pas été poursuivie...l'on n'était pas sorti de l'auberge!

masdan a dit…

Vous vous faites vieux! Foncez dans le chandelier avant qu'un épisode cévenol n'arrive.... Et la topo attendra, sinon, c'est ingérable..Pour l'esprit spéléo d'exploration : 2 qui font la première en topotant, et les autres, les schtroumpfes , qui s'emmerdent en arrière....


laurent a dit…

Ce coin est certainement le seul de l'Aude où il y a encore pas mal de flotte sous terre !
Mais on sera quand même au fond du réseau cette semaine pendant la canicule...

Dom POULAIN a dit…

une approche scientifique du réseau,les meninges travaillent dures

masdan a dit…

Mais les méninges ça flottent ?Les courants d'air sont féroces par ces fortes chaleurs,dans le cas des tubes à vents...

masdan a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=d78-7SKvkTw&t=1051s......



Aérologie 2, les vieux régué font de la résistance.....

masdan a dit…

Quand je pense qu'avec l'éclairage acétylène, le courant d'air éteint l'électrique !!!

Le Long a dit…

Beau boulot ! Bon courage pour la suite des explos au fond ;-) Nico