Dimanche 20 Octobre 2013
Roc de Nitable
Participants : Christophe et Hélène S., Olivier, Pierre, Henri, Sylvain, Christelle, Laurent
TPST : 8h
Equipe de choc réunie pour un défi plutôt osé en cette fin Octobre : Il s'agit de tenter la vidange, à l'aide d'une pompe à main, d'un siphon résiduel découvert lors de la précédente sortie topo-première (voir post précédent sur le Nitable).
La topo vient en effet de confirmer l'intérêt de cette branche, située 25m au dessus de la zone noyée, et qui s'enfonce au coeur même du massif, sous le plateau principal.
L'équipe se scinde en deux : pendant que nous partons vers le fond, Henri avec Olivier et Pierre part revoir la cheminée, située aux 3/4 du trajet, qui canalise une bonne partie du courant d'air du trou.
Nous arrivons à pied d'oeuvre un peu avant midi et installons le matos. Le premier scénario, qui consistait à renvoyer l'eau dans le précédent siphon asséché, est abandonné.
Christophe, en bon gestionnaire de l'eau, lui préfère la construction d'une retenue type Ganguise miniature au sein de la galerie d'accès.
Préparatifs de pompage dans "le tube"
L'opération débute. Nous nous relayons à la tâche rébarbative. Il faut avoir le moral et les muscles, mais lentement, le niveau d'eau descend. Nous comprenons bien vite que ce sera long, il ya plusieurs mètres cube dans le passage.
La pompe et ceux qui l'emploient sont durement sollicités et nous nous pourrissons copieusement :
Nous avons gagné 15cm quand la deuxième équipe nous rejoint. Ils ont fait un peu de première dans une salle annexe mais n'ont pu poursuivre la cheminée principale faute de perforateur.
Un peu plus tard, Christelle arrive en solo depuis l'entrée pour visiter le chantier.
Entretemps, les galères ont pris le pas sur le rythme effréné du début : la poignée de la pompe a cassé et les désamorcages inexpliqués sont fréquents.
Mais le niveau continue malgré tout à descendre. Je tente une avancée et découvre une espèce locale bien vivante dans le siphon : il s'agit d'un ver aquatique transparent, très légèrement violet et aux reflets irrisés. Ses ancêtres ont du faire du chemin sous terre...
Mais Hélène n'est pas la dernière pour tenter des trucs inédits :
Le travail continue tant bien que mal. Quelques centimètres supplémentaires et soudain un petit trou apparaît en plafond. Je m'avance en me trempant copieusement, mais le bain est récompensé.
Un bon courant d'air s'est mis à sortir du trou gros comme un poing. J'adore ces instants où la suite d'un réseau révèle tout à coup sa présence, je reste un moment à respirer cet oxygène sortant de l'inconnu ...
Là où nous sommes placés dans la montagne, ce souffle en dit long; il ne peut en effet provenir que de très loin.
Mais la pompe donne de nouveaux signes de faiblesse. Nous la démontons puis la remontons. Le but est de gagner encore quelques centimètres.
Après une heure de plus, plus moyen d'avancer : les désamorçages sont trop fréquents et le débit de sortie de plus en plus faible. Nous laissons tomber pour aujourd'hui.
Le trou à la voûte s'est un peu agrandi et on y voit mieux : une berge un mètre plus loin, une petite remontée suivie d'un coude à droite et surtout une résonnance spectaculaire que même les autres restés en arrière percoivent.
Même si nous ne passerons pas aujourd'hui, nous avons le sentiment d'une victoire. Ce secteur mérite l'investissement dans du matériel adapté...
Et le barrage en amont a tenu bon :
Toute l'équipe prend le chemin du retour avec un look absolument lamentable, entre escalopes panées (boue+sable) et savonettes à pattes. Les pompeurs les plus assidus sont trempés jusquà la moëlle.
Au mileu du parcours je commence à trouver mon kit de tuyau vraiment très lourd, jusqu'au moment où je me penche en avant et prend soudain 5l de flotte dans le cou : le tuyau s'était vidangé dans mon sac...
Sortie vers 18h30 dans la bonne humeur, surout après le nettoyage du matos. Nous sommes un peu moins bêtes que ce matin...