Participants : Kémo, Gilles, Alary
TPST : 5h45 / Aven de Costebelle (Missègre)
En prévision de cette sortie, je suis allé quelques jours avant, repérer l'entrée du trou et débroussailler les accès. Les coordonnées Grottocenter sont correctes. Cette journée de repérage spéléologique à vélo depuis Carcassonne est l'occasion de revoir aussi quelques autres trous : Trou mosquito (entrée obstruée ?), Aven de la Galine et Aven de l'Étable.
Le rendez-vous est donné à 9h30 à Missègre, avant de rejoindre l'une des seules places de parking en haut de la piste. Petite marche d'approche d'une quinzaine de minutes et nous voilà au trou. Lors du repérage, caché sous la mousse, le marquage rouge de l'entrée et vingt centimètres dessous, deux spits qui m'avaient paru bien rouillés. La fiche d'équipement ne les mentionne pas et indique une dev à la place. Finalement ces deux-là sont bons et avec Cabestan bien haut sur l'arbre, ça frotte seulement ponctuellement sur la terre et au moment de sortir. Cinq mètres dessous le premier monopoint, que l'on vient doubler en un temps record par un AF ! Le record à battre est de 15 minutes pour 10cm de roche... En effet notre perfo de compétition se révèle extrêmement capricieux ainsi que douloureux pour les oreilles et la patience. Après quelques instants de perçage il se débraye et le moteur tourne dans le vide, tentant parfois de raccrocher ou alors produisant un horrible bruit beaucoup trop fort semblable à celui de la fraise de détartrage du dentiste... La mèche restant coincée dans son trou plusieurs dizaines de fois. Pour remédier à cela il faut taper sur la machine, faire tourner le mandrin à la main, inverser le sens de rotation, ne pas appuyer trop fort, appuyer très fort... Bref, un rien le fait partir en vrille. Espérons ne pas avoir trop à l'utiliser.
Au pied du puits d'entrée nous croisons M. Crapaud, que nous saluons. Puis nous nous engageons dans les passages étroits. J'arrive devant un spit et un petit AN, associés à la tête du R7. C'est ok, mais la descente n'est pas bien large. Je descends un peu et Gilles placé au-dessus remarque un autre passage potentiel par une petite lucarne sur ma gauche. J'y jette un coup d'œil et trouve en plus d'un conduit plus spacieux, deux spits non mentionnés ! Elle est là la véritable tête du R7.
Malgré tout les deux points précédents sont nécessaires pour accéder au R7. J'équipe avec un peu de mal, j'ai peu de place. La tête du R5 est bien plus spacieuse. Encore un rétrécissement et nous arrivons sur un palier constituant l'accès au P38. Je prends les deux spits et pars à l'horizontal chercher le Y de la tête de puits. Les points sont deux mètres plus bas, je prends pied sur une margelle. La faille s'élargit, c'est confortable. En recentrant le nœud du Y on parvient à éviter un frottement au plafond qui se crée quand on atteint le frac du dessous.
On descend dans des goulottes et entre des pendants de plafonds parallèles à la faille, puis on prend pied sur un large palier. Alerte monopoint ! Mais il y a de quoi poser un AF. Gilles me rejoint et c'est reparti pour la douce mélodie... On commence à comprendre comment dompter la machine... En parallèle je remarque qu'il ne me reste qu'une seule plaquette, et que son boulon est foiré et risquerait d'endommager le spit. Gilles me file le rab restant, et se rend compte qu'une de ses plaquettes a perdu son boulon ! Heureusement il nous reste encore deux AS et du textile. À présent nous avons utilisé 4 spits de plus que la quantité mentionnée sur la fiche.
La tirée suivante est courte, la fin se fait facilement en désescalade jusqu'au palier pour éviter un frottement. La main courante d'accès à la tête du P18 est là, on compte le matos qu'il nous reste. Je veux y mettre un AS mais sa vis ne mord pas. Le deuxième AS se pose sans souci. Gilles perce un AF en 12mm pour que je puisse garder la plaquette restante pour la tête de puits.
Le départ du P18 est aérien. L'AS qui ne s'est pas posé la première fois ne se pose pas la seconde, sa vis est foirée ! Alors on entreprend un ultime AF des plus douloureux, qui n'aboutira jamais, le perfo ne perfore plus, il fait juste du bruit. Alors Gilles bricole un "faux frac", qui nous permet de descendre.
Le dernier équipement mentionne 1 AN à -10. Il y a effectivement deux grandes lames, mais équipé dessus n'évitera aucunement le frottement contre paroi sur la dernière tirée. On cherche d'autres options. Planter des spits bien dans l'axe de la suite serait envisageable, mais notre perfo est mort et on a plus de plaquettes. Alors Gilles trouve la solution en installant sa corde de 6mm reprise sur les deux lames. Certes c'est quand même en frottement. Mais elle ne les craint pas autant que la 8, et en faisant un petit effort, ça passe.
Gilles passe alors devant et descend jusqu'au prochain palier. Pour accéder à la suite il faut se faxer dans un rétrécissement vertical glissant. Le bout de la corde restant est bien utile ici. Je suis tout de même contraint d'enlever le baudrier et d'aller chercher plus loin un léger élargissement, me tartinant au passage correctement. Et enfin nous accédons à la poche terminale, à -95. Pas de courant d'air net détecté. Il est 14h, l'heure du repas !
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| Vue vers le haut en tête du R7 par la lucarne |
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| Vue vers le haut du P38 depuis le large palier |
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| Mieux |
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| Frac au palier |
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| Faux frac |
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| Lames vie depuis le bas ; depuis le haut |
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| La cheminée remontante. |
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| Dehors ! |
Fiche d'équipement à jour :
P 12
corde 55m ; 1 AN sur arbre, 2 S (ou 1 dév.) ↓ 5m, 1 S + 1 AF ↓ 5m
R 7
R 7
même corde ; 1 S + 1 AN (petit) ↓ 2m, 2 S (par une lucarne étroite) ↓ 5m
R 5
même corde ; 2 S (1 AF 12mm optionnel) ↓ 5m
P 38
corde minimum 90m ; 2 S → 4m ↓ 2m, 2 S (Y) ↓ 14, 2 S ↓ 15 , 1 S + 1 AF ↓ 7
P 18
même corde ; 2 S (1 AF 12mm optionnel) → 2m ↓ 2m, 2 S (Y) ↓ 10m, 2 AN (lames) ↓ 6m (gros frottement sur la dernière tirée, mériterait un meilleur frac plus bas au palier. Faire pendre le bout de la corde dans l'étroiture suivante est bien utile pour la remontée).









13 commentaires:
Les AF ne doivent pas faire travailler la roche encaissante en traction . Tous les AF des photos sont foireux , particulièrement celui sur la photo légendée : mieux ; je suis sur qu'il ne resisterait a un choc modéré .
On se rappellera au moins de ce trou pour le décès du perfo, parce que pour le reste... 😬
A la découverte....l'on y a cru, car bien placé et ventilation à l'entrée!
Je suis contant que vous l'aillez refait. Car sur mon massif préféré. Nous rappelant une époque de découverte intense sur le secteur.
Une idée de l'année de découverte ?
Aven de Costebelle ou CB2, découvert par Henri GUILHEM et Laurent HERMAND en Janvier 1998. Topographié par Christophe Bès en Avril 2009 au cours d'un stage CDS. Ce fut l'une des assez nombreuses découvertes suite à la dynamique lancée par l'exploration du gouffre de la Pleine Lune en 1997. Cavité typique du secteur dolomitique des environs du village: faillées, peu creusées et très loin du collecteur révélé par l'explo du Chant du Loup....Une belle désillusion!
Alary....le nouveau Casteret (Norbert) qui partait en explo dans les Pyrénées avec sa femme. Des remorques attelées aux vélos pour le matos!!!
Merci Henri pour les infos.
Merci pour l'historique ! Sur Grottocenter il est inscrit 2006 pour l'année de découverte...
Ahah ! J'y ai pensé pour aller laver le matériel à la rivière, 2km que je n'aurais pas à faire en voiture. Mais le chemin n'est pas praticable avec une remorque, et le poids des caisses posés au dessus de la roue arrière rend l'équilibre inexistant.
Une future grotte touristique 🤣🤣
Bon, pour l'Eldorado touristique, c'est déjà fait, le méandre pénible de l'Évent de la Cascade...
Les solutions existes là:
- Recalibrage du méandre avant les puits.
- Shunt du charmant méandre de l'amont par un puits....
- Plus compliqué: jonction avec le cinquantenaire
Tu parles là du Septuagénaire...
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