mardi 27 février 2018

Les coquillages sont orphelins...
Dans la suite de la très brève info publiée par Laurent.
Pierre Guérin alias "pick" dans le milieu spéléo nous a quitté le Jeudi 22 février 2018.
Ayant rejoint le CLUB vers 1992 (est ce que quelqu'un a des infos la dessus?), après quelques années loin des trous. Il vas faire partie des actifs, mais plutôt version classiques et surtout rassemblements fédéraux. Née le 6 Avril 1929 à St adresse en Normandie, il avait donc 63 ans quand il nous a rejoint.
Avec un riche passé de spéléo dans sa région d'origine et ailleurs. Je crois qu'il avait fait ces premiers pas en 1940 ou même avant. Curieux des beautés de la Nature, il ce passionneras aussi très tôt pour les coquillages, certainement abondants du coté du Havre. Au point dans devenir un collectionneur de haut niveau et constituer ce qui deviendra le "musée du coquillage" de Pomas. Par le biais d'échange ou d'achats cette collection amoureusement étiquetée et rangée dans des vitrines faites avec des matériaux de récupération, est devenue un vrai trésor pour les connaisseurs. Il avait toujours un grand plaisir a les faire découvrir surtout aux enfants. Lui qui garderas toute sa vie cette âme d'enfant.
Un peu absent aux turbulences du monde, mais les yeux pétillant de malice et de joie de vivre quand il parlait de ce qu'il aimais.
Il deviens notre président du 5 Décembre 1999 à l'assemblée générale au café des négociants à Carcassonne, jusqu'à la 68 ème AG à Roquefère le 1 Décembre 2002, ou il est remplacé par Serge Delpech.
"Pick", un personnage atypique et attachant, comme une certaine génération de spéléo savait en produire. Le roi du bricolage, que ce soit sa 4L brinquebalante aménagée en véritable camping car.
Ou ces installations un peu ubuesques dans sa maison. Avec toujours très peu de moyens et une touche personnelle unique! Qui le feras militer au "système d'échange local"(SEL), monnaie alternative, basée sur l'échange de service.
Son activité spéléo ce réduira évidemment petit à petit, notamment après son petit accident à Trassanel le 15 Avril 2000, ou à 71 ans il avait tenu à faire le réseau 4. A l'époque, une sorte de plateforme fabriquée avec une grille ornais le puits Ribero au niveau d'un fractionnement plein vide mal commode. Elle avait été posée par Jean Guiraud, autre pionnier et découvreur de Cabrespine. Au moment de ce lancer dans le vide pour le tronçon suivant, son pieds resté coincé entre deux barreaux lui avait provoqué une torsion de la jambe, dont les ligaments croisés du genoux avaient fait les frais!
Arrivé au niveau 3, il ne peux plus marcher, et Alain lui confectionne un point chaud en espérant que les choses s'améliorent. Comme ce n'est pas le cas, il remonte et déclenche la procédure spéléo secours.
J'étais de la partie, mais relativement confiant descendu au 4 accompagner le reste du groupe...Au retour, je suis évidemment mobilisé, et ferais l'accompagnant de l'équipe médicale. Secours réel mené de main de maître par notre cher Papy et tous les actifs-secouristes, qui tous connaissent très bien le trou. Les journaleux locaux toujours à l'affût de sensationnel serons avec justesse mais fermeté remis à leur place par Papy. Je crois une première dans le département (le remise en place!). Pour eux c'était du pain béni: un président à la très longue expérience qui doit être secouru!!!!Ultérieurement je publierait un article, que j'ai archivé, ou j'avais aussi exposé ce que nous faisions et les circonstances de l'incident....Le secours déclenché le 15/04 à 17H30 ce termineras le 16 à 3H15...dans la bonne humeur!
Après sa présidence, il s'éloignera un peu du CLUB.....mais jamais de ces chers coquillages.
Et de ces nombreux voyages pour des séjours, congrès ou stages (de bio-spéléo notamment), avec sa femme Janine, ancienne professeur d'art  plastique. Et artiste peintre et sculpteur aussi passionnée que le compagnon de sa vie. Et dont le talent a toujours forcé mon admiration.
le 8 Octobre 2015 avec Janine
Un être discret, fantasque, passionné mais surtout un coeur d'or d'une bonté a toute épreuve.
Avec ces chers coquillages
Tel était notre cher Pick, que les actifs actuels du CLUB n'ont pas connu.
Et que j'ai eu a la fois l'honneur et la tristesse d'évoquer ici.



Pik est parti...


Lundi 26 février2018
participants : Daniel M., Daniel C.
TPST : 2h ; Visite au Travers des truffes / Libellé : Travers des Truffes (Marmorières).

But de la visite: voir comment réagit le courant d'air a l'entrée du trou.



Le test avec de la fumée nous montre que le trou souffle puis aspire très fort: pas besoin de se coller a l'entrée...



L'aspiration est très forte, au point d'aspirer le mouchoir que j'allume pour faire de la fumée:
voir la vidéo ci dessous: 

Au retour, Daniel repère un trou qui semble tomber de deux mètres environ : beau creusement a ouvrir... 

dimanche 25 février 2018

Dimanche 25 Février 2018 l'après-midi: Petit tour prospect- ballade alentours col du Chandelier.
Montée par le sentier balisé. Je confirme que les voûtes mouillantes du réseau ce sont désamorcées: courant d'air aspirant monstrueux, à la lucarne de la porte....Il me semble que ce n'est pas beaucoup de temps après la crue!Par contre pas un "fantôme" de sef aux culbuteurs...Vas comprendre?Tentative de fouille à l'aplomb supposé du réseau. mais je retombe sur des zones déjà faites. Et je l'affirme aujourd'hui: c'est désespérément bouché! Au retour prise à flanc et passage sous la falaise en amont de l'entrée. A droite du porche de la galerie fossile redécouverte par Laurent,je vais voir une sorte de conduite qui manifestement n'avais pas du être vue souvent (ronces à l'entrée). Je confirme qu'elle est indépendante de la grotte. Début de creusement au fond et....net souffle (un à la riton évidemment!), la fumée de l'encens sortant à l'horizontale. Je pense qu'une séance de gratouillage y serais bienvenue,
l'on ne sait jamais....Il doit bien exister ce niveaux fossile au dessus de l'escalade ventilée du Blau, et au dessus des grandes cheminées du Chandelier?
Prochaine étape: brochage (j'ai la colle et les tiges) des ressauts d'entrée. Puis il n'y auras plus qu'à (Bastien si tu me lis...) aller prendre les cotes pour cet étayage de trémie.
Vestige d'un temps ou il n'y avait pas de forêt.
L'on vas s'y callier!
Très belle météo. TPES:5H.

samedi 24 février 2018

Carrière de Limousis

24 Février 2018
TPST et ES 9 h
Participants : M. le Maire de Limousis ; Gruissan : Sylvain, Jean-Michel ; SCM : Michel, Marie (le matin), Dominique, Guillaume ; MJCN : François ; SCA : Elodie, Sébastien, Henri, Laurent, Daniel, Jean-Luc, Pierre, Alain, Etienne ( + ceux que j'oublie qui peuvent se manifester en commentaire, je les rajouterai pour qu'il en reste une trace)

Présentation du chantier et des explorations, par M. le Maire et moi même. Jean-Mi la massette trépigne d'impatience d'aller casser du cailloux. Du coup nous n'attendrons pas le président du CDS pour commencer la présentation ;-) Nous faisons le tour de la carrière, les discutions karsto vont bon train. Nous nous organisons pour visiter les deux principaux trous, le trou du sable et le trou du spit. Vers 13 h tout le monde est ressorti, nous mangeons un bout. Des équipes se dessinent pour aller titiller les différents points d’intérêt. Sylvain, Jean-Mi et Guillaume font 3 m de première au fond du trou du sable après quelques pailles. Jean-Luc et Henri remuent des blocs (pour le plaisir de bâtir des murettes) quelques mètres après le P.20 du trou du sable.

Dans le P20

Laurent, Séb et moi farfouillons un peu le trou du Spit et faisons une petite rectification dans un des points bas laissant apercevoir un peu de sombre... Le reste de l'équipe s'est attaqué à vider toute une poche encore facile d'accès mais qui se verra recouverte par les futurs travaux ; il y sera donc ensuite très compliqué de déstocker. Quelques rectifications de plus dans le secteur des trous à ciel ouvert.

En conclusion, M. le Maire tient à maintenir un accès à ces cavités atypiques comportant de nombreux témoignages géologiques. Tous les spéléos du CDS 11 peuvent y organiser des sorties moyennant un minimum de planification. De très nombreux points peuvent encore livrer des suites. N'hésitons pas à aller travailler les cavités à ciel ouvert, avant que leur accès soit plus compliqué, et surtout l'évacuation des déblais quasi impossible jusqu'à l'extérieur.

Pour équiper :
Trou du Spit : P 15 : C20, 2S, 1dèv sur AF ; P 3, T 5, P 5, P 10 : C 35, 1AF, 1S, 1AN, 1AF, 2S, 2S (il faudrait planter 2 spits pour doubler certains points).
Trou du Sable : P 9, P 22 : C 65, 2S, 2S, 2S, 1S+1AF, 2AN(longs), 1dèv sur AF, 1S+1AF, 2AN ; P 5 : C 8, 2 S, 1 dèv(ou 2S)

vendredi 23 février 2018

Comparatif Blau


Le lendemain de la crue du Blau, Boris et Thibault qui s'occupent de la station hydro sont allés faire un jaugeage au niveau de celle-ci pour pouvoir rajouter un point de fort débit sur la courbe de tarage. Ils ont pris une photo presque au même endroit que moi la veille ce qui permet un comparatif inédit et très explicite.

22 Février
21 Février
On reconnaît l'arbre balisé en bord de clôture et l'arbre fourchu juste à gauche dans le cours d'eau. Le résultat du jaugeage donne 5,5 m3/sec +/- 1 (photo du haut). Cela montre la vitesse de la décrue, mais surtout les photos permettent d'extrapoler un peu plus le débit de pointe atteint le 21/02 au matin.
Sachant que le Blau avait une tranche d'eau de 50cm supplémentaires, que la vitesse et la largeur étaient bien supérieures, et que de plus environ 2 à 3m3/sec débordaient vers le chemin (voir post précédent), on peut affirmer sans trop de risques que la crue affichait au minimum 15m3/sec, certainement plus...
Il s'agit de valeurs égales ou supérieures à celles publiées pour Font Maure et Fontestorbes et cela va dans le sens d'une interconnexion des trois exutoires, avec le Blau en soupape supérieure.
Un monde mystérieux et fascinant, et tout un programme...


mercredi 21 février 2018

Tournée crue Pays de Sault...et surprises

Mercredi 21 Février 2018
Laurent  en solo
TPES : 5H

Ca faisait plusieurs années que ce n'était pas arrivé sur le secteur : une grosse crue hivernale que l'on doit à un front chaud stagnant plus de 36h (car bloqué dans sa progression par l'air froid présent sur l'est européen) et continuellement rabattu sur le relief pyrénéen, doublé d'un état de saturation préalable du karst.
Une combinaison explosive pour cette zone au climat océanico-montagnard, et une occasion de relevés et d'observations à ne pas manquer.

Début de la tournée par la station hydro du Blau au niveau du gué du Sourd et premiers constats :
Le Blau est sorti de son lit en amont de la station et malgré cela la station est entièrement sous l'eau, du jamais vu depuis l'installation !

Le chemin d'accès au gué est sous l'eau

Le gué du Sourd

La station de mesures, accrochée à l'arbre, est noyée. Le seuil n'est plus visible non plus

Diffluence du cours du Blau vers les champs et le chemin
La vidéo pour illustrer :

Le ton est donné; le débit du Blau est énorme, probablement supérieur à 10m3/sec sans trop prendre de risques sur l'évaluation.

Montée impatiente vers la résurgence. Pas déçu du spectacle...

Sous les porches d'entrée. No comment...

Le porche le plus haut est plein lui aussi et déborde

Vue depuis le porche principal (totalement saturé) vers l'aval



J'ai le sentiment d'être arrivé au bon moment pour observer le pic de crue : il n'y a aucun signe d'amorce de décrue sur les berges.
En descendant le cours du torrent, en rive gauche, je tombe sur une grosse sortie d'eau inconnue dans un éboulis au dessus de la rivière.

Sortie d'eau mystère
C'est quoi ce truc ? Se pourrait-il que...?
Mais bien sûr... Je suis juste à l'aplomb de la galerie du Chandelier...qui ne doit plus être fossile en ce moment ! Cette source bien planquée ne doit couler que quelques heures tous les 5 ans environ...sacré coup de bol.
Du coup, montée vers l'entrée du Chandelier pour confirmer ce fort pressentiment; et là, nouvelle surprise : malgré le froid et la neige au sol, le trou souffle !
Cette fois ça siphonne bien et pour de bon plus bas, et la montée des eaux dans le karst expulse l'air de la galerie ! Exceptionnel...

Le prochain objectif de la tournée est le trop-plein des Graviers. En effet, le but aujourd'hui est d'échantillonner un maximum de sources et pertes majeures pendant la pointe de crue pour faire en laboratoire un "instantané" crue plateau de Sault en géochimie, ce qui manque cruellement à ce jour. Nul doute que ce décryptage apportera de nouvelles et intéressantes informations sur de possibles correspondances...

Bref, descente par le sentier du maquis qui a les pieds dans l'eau au niveau de la vallée qui déborde là aussi.
Ambiance sur le sentier

Cours du Blau majestueux en sous bois

Confluence Graviers-Blau

Le trop-plein des Graviers vu du bas

Et vu depuis le sentier...


Après ce tour d'horizon dans la vallée, départ vers le plateau où le paysage change radicalement.

Les dolines de la vallée suspendue sont pleines d'eau et sous la neige

Certaines débordent vers des pertes situées plus en aval

Au loin, les crêtes du Madres subissent une tempête de glace
Echantillonnages au Rébounédou et à Coumeilles qui absorbent plusieurs centaines de litres par seconde, puis retour par Fontestorbes.

Belle crue là aussi


Fin du circuit par la source de Ginoles, dont le débit est anecdotique en comparaison des autres observations de la journée, puis bien sûr par Font Maure, dont la confluence avec l'Aude est spectaculaire...


Au niveau hydro après cette tournée, la plus grosse surprise vient du très fort débit du Blau qui semble comparable à celui de Fontestorbes et même supérieur à celui de Font Maure pour cette crue. Ceci contredit les conclusions présentées lors de la dernière réunion du comité de pilotage du projet "Sault". Il semble que le comportement des différents exutoires varie selon l'intensité et le type de crue. Nous n'aurons malheureusement pas de valeurs à comparer car la station du Blau est inexploitable. Il y a encore du pain sur la planche pour tout comprendre. Espérons que la géochimie de cette crue nous aide un peu.
Au niveau spéléo, le fonctionnement du Chandelier se précise. La perspective de pouvoir contempler des débits de cet ordre de grandeur prochainement sous terre est tout simplement terrifiante et fascinante à la fois. Une leçon d'humilité donnée par la Nature...