mardi 27 mars 2018

Ginoles Express

Mardi 27 Mars 2018
Suivi traçage Pays de Sault
Participant : Laurent
TPES : 4h

Les premiers résultats n'auront pas tardé : la sulforhodamine injectée en bas du poljé de Coudons Dimanche est déjà dehors à la source, ou plutôt aux sources de Ginoles.
Début de la restitution hier soir vers 23h, peut être avant à la source amont qui semblait nettement plus concentrée que la source principale suivie.
La montée a été rapide puis le pic est passé en fin de nuit. Forte concentration encore très visible ce matin.

La source suivie est à droite mais beaucoup d'eau arrive des trop-pleins en amont
L'eau est au ras supérieur du seuil


Je fais un prélèvement dans la source pour pouvoir caler la courbe du fluorimètre puis monte dans la forêt vers les trop-pleins qui, de toute évidence, sont actifs. Le débit global du système doit se situer aux environs de 800 à 1000 l/sec.
Effectivement trois des quatre trop-pleins sont émissifs et d'un joli rose.





Le trop-plein le plus en amont a débordé légèrement durant la nuit

Je fais également un prélèvement dans le trop-plein qui débite le plus pour comparaison avec la source pérenne. Dans l'échantillon amont la couleur est visible à l'oeil nu dans la bouteille tandis que dans celui de la source basse ce n'est pas le cas (mélange ?).

Premières conclusions : ce traçage vient de mettre en évidence l'existence d'un drain rapide entre la dépression de Coudons et la source de Ginoles. Drain activé uniquement en hautes eaux puisque lors des précédents essais soit le traceur n'était pas réapparu, soit les vitesses constatées étaient très lentes (perte du ruisseau de Montmija).
Ce résultat démontre tout l'intérêt des traçages en hautes eaux à comparer avec ceux en moyennes ou basses eaux.
Connaissant la structure géologique en karst barré à l'aval, on peut imaginer sans peine une rivière souterraine en écoulement libre dans la partie amont du système pour parvenir à la vitesse linéaire de progression constatée : 125 m/h.
Bonne nouvelle sur le plan spéléologique, mais qui pose un problème d'ordre géologique puisque l'eau est théoriquement obligée de traverser l'étage des marnes de l'Aptien supérieur pour aboutir à la source. Il aurait été plus simple pour l'eau de la perte de filer droit sur la source de Font Maure sans aucun barrage étanche dans cette direction. Mystère...

Deux cartes pour résumer ces résultats :


Sur la carte, l'horizon étanche est noté N6a2

Pour l'instant, pas de résultats sur la fluorescéïne injectée au Rébounédou, alors que le Blau vient d'enregistrer une nouvelle montée d'eau suite aux pluies de hier.

Le Blau vers 11h30 ce mardi
Il ne semble donc pas pour le moment que le Rébounédou fasse partie du "premier cercle" de la zone d'alimentation du Blau. Affaire à suivre...

Enfin dernière info, j'en ai profité pour aller revoir une zone de pertes, repérées lors d'une prospection cet automne, dans un endroit stratégique au niveau de la structure géologique du plateau ( croisement entre vallée fossile menant au Blau et versant sud du synclinal des marnes albiennes divisant le plateau en deux sous-unités hydrogéologiques).
En suivant un ruisseau d'une trentaine de litres par seconde, je suis tombé sur une zone plus calcaire (là où théoriquement il n'y en a pas) avec une perte magnifique, totale, surplombée par un petit trou souffleur dans une zone très sauvage et visiblement jamais prospectée.

Le ruisseau creusant un petit canyon dans les marnes albiennes

Le trou souffleur juste au dessus de la perte
Cette perte, vu son emplacement géographique et géologique, méritera d'être ciblée en priorité lors d'un prochain traçage.

dimanche 25 mars 2018

Multitraçage plateau de Sault : c'est parti !

Samedi et Dimanche 24 et 25 Mars 2018
Participants samedi : Henri, Laurent TPST : 1H30 TPES : 2H30
Dimanche : Boris, Henri, Laurent TPES : 6H30

Samedi après-midi, nous sommes allés relever les cotes pour le futur étayage dans la trémie du Chandelier. En parallèle, il fallait décider de lancer ou pas le fameux traçage "hautes eaux" qui était initialement prévu en 2015.
Deux cycles secs en 2016 et 2017 avaient sérieusement mis à mal ce projet, mais la crue du Blau du mois dernier l'avait réhabilité auprès du BRGM qui finance cette action.

La fenêtre météo de ce week-end semblait particulièrement intéressante, alliant une alimentation de bon niveau du karst pendant plusieurs jours mais sans excédent, un reste de neige, un état de saturation préalable maximal et une période de non-végétation.
Autant dire une fenêtre qui ne se présente que très rarement.
Une visite de plusieurs sites après la pluie du samedi avait confirmé le diagnostic : le top départ était donc lancé dans la soirée.

Dimanche matin nous nous retrouvons donc à trois avec 20kg de traceur à expédier dans le karst à deux endroits distincts.
La première cible est le poljé de Coudons. Cette perte dans le fond de la dépression ne coule que très rarement (contrairement à la perte de Montmija plus en amont et drainée par la source de Ginoles). Elle est située à cheval sur trois compartiments karstiques différents (Clansayésien, Gargasien, Barrémien) verticalisés et séparés par deux horizons marneux.
De plus, nous sommes au confluent d'au moins deux, voire trois bassins versants souterrains : Font Maure, Ginoles et de manière moins évidente le Blau. Il existe donc un grand mystère autour de cette perte.
L'été dernier un essai de traçage BRGM avait eu lieu en alimentant artificiellement la perte avec un camion de pompier : le traceur n'était jamais réapparu, probablement piégé quelque part pendant plusieurs mois.
Cette fois nous avons mis les chances de nôtre côté : un ruisseau alimenté par la fonte lente de la neige encore présente sur le versant nord du Camelier envoie une quinzaine de litres par seconde dans un trou bien marqué sur le bas côté.
La sulforhodamine est diluée et envoyée dans la perte.

La perte est bien précise

Même la neige est colorée


Ensuite direction le Blau et pique-nique sur les berges. La source roule entre trois et quatre mètres cubes par seconde environ.

La station et le seuil en toile de fond
L'après-midi, nous partons au Rébounédou, qui est une des plus grosses pertes du plateau. L'eau ici sort à Font Maure en temps normal mais pourrait bien être en partie capturée par le Blau quand les gros drains souterrains sont activés en hautes eaux.
La perte envoie 300l/sec environ dans un petit lac qui s'infiltre de manière diffuse. Heureusement, un peu avant, une petite diffluence alimente une perte plus précise. C'est là que nous décidons d'injecter les 10kg de fluorescéïne.

La perte annexe

Début de l'injection
Nous rinçons malgré tout le matériel et les bassines dans le cours principal de la rivière qui alimente le petit lac : résultat visuel garanti


Voilà, il ne reste plus qu'à attendre que la nature fasse le reste pour obtenir nous l'espérons de nouvelles pièces au puzzle.
A l'heure de ce compte-rendu, une ou plusieurs rivières puissantes et inconnues font transiter les colorants à plusieurs centaines de mètres de profondeur dans un boîte noire de 150 kilomètres cube.
La suite bientôt...

samedi 17 mars 2018

C'est la reprise au Chandelier

Samedi 17 Mars 2018
Trou du Chandelier
Participants : SCA ; Dominique, Steve, Henri, Jean-Luc, Laurent
 SSP; Bastien, Lionel, Arthur
TPST : 7h

C'est l'heure du bilan dans la trémie après les fortes pluies de cet hiver. La récolte est d'environ 3 mètres cube de glaise et gros blocs dans les filets.
Plusieurs goujons ont été arrachés, ou plutôt les blocs dans lesquels étaient placés ces goujons; un câble acier a été sectionné, mais le reste de la structure a maintenu l'ensemble.
Il semble qu'une grosse majorité de la matière se soit effondrée en une seule fois.

Un petit air de déjà vu au sommet du ressaut

Fous ta cagoule...

On attaque manu militari par l'élimination d'un très gros bloc derrière le grillage puis par l'évacuation des fragments vers le haut provisoirement. En fin de matinée, Arthur, Lionel et Bastien arrivent et visitent le chaos. Discussions sur la façon d'étayer durablement l'obstacle, puis ils doivent repartir rapidement.
L'après-midi le ballet des gamattes se met en route : strapontin en travers du ressaut, balancier vers le bas et stockage dans le puits borgne au sommet du P35. A cinq il n'y a pas d'inactifs. A mi-vidange, une série de gros blocs à extraire et descendre (dont un de plus de 100kg) permet à Steve de s'exprimer comme il se doit...le mousqueton zicral du balancier frein de charge n'y survivra pas, mais ça fera quelques cartouches économisées...

Deux bons mètres cube sont ainsi envoyés vers leur dernière demeure. Le puits borgne est presque plein. Il reste un ventre plus bas dans le grillage mais le gros de la vidange est fait. Evidemment, le plafond menace encore et toujours, et la prochaine étape devra être de l'étayage version renforcée...

Dom et Steve partent à 16h. Le reste de l'équipe descend jusqu'à la galerie pour les premières constatations post-crue.
Comme prévu le collecteur (semi)fossile s'est bien remis à couler pendant une courte période. Quelques centaines de litres par seconde tout au plus, suffisamment pour effacer les traces de notre passage et amener des laisses de sable laiteux.
Seul le balisage subsiste, il était heureusement placé en hauteur sur des piquets et uniquement un secteur localisé de rupture sera constaté et réparé.
Il y a de l'eau partout, peu profonde, dès qu'on quitte la base des puits. Un point de plus pour l'ambiance...
Le niveau max atteint est bien marqué, cela devait être une belle rivière. Nous poursuivons facilement jusqu'à être stoppés au départ du "gour de 200m", qui pour le coup n'usurpe pas son nom : De l'eau à perte de faisceau de Scurion !
Mais cela n'empêche pas le puissant courant d'air de passer. Une fois l'étayage de la trémie terminé, ce sera la fête à la néoprène ou au canot...
A noter que le niveau semble avoir déjà baissé d'environ 50cm depuis la crue.

Au retour, repérage et visite de point d'absorption aval qui semble bien ébouleux, puis sortie sous un déferlement météorologique : orage, trombes d'eau, puis grésil et enfin neige en moins d'une demi-heure...


dimanche 11 mars 2018

Arrivée au ras de l'eau
François président du CDS 11
Alain Cuthulic à la manoeuvre
le technicien en démo
Samedi 10 Mars 2018: Manoeuvre de printemps à Notre Dame du Cros.
Très sympathique exercice en falaise. Dans les gorges, que je connaissait pour l'escalade, mais dont le potentiel pour les entraînements spéléo est intéressant.
17 participants des différents Clubs. Forte participation du SCM qui est un peu dans ces terres, et....présence de 3 membres du CLUB!
Les actifs auraient ils oublié ce qu'est le SSF, et qu'il est basé sur l'engagement des spéléo actifs?
Et que par définition, nous sommes sensé être secouru ou secourir un collègue? Les pompiers ne sont dans les secours spéléos qu'un appuis annexe (1 seul présent sur cette manoeuvre), contrairement à  la vie courante. De la participation des spéléo dépend la survie du SSF local...D'autant que ces manoeuvre au rythme de environ 3 par ans ne sont pas spécialement chronovores!
Révisions des fondamentaux notamment les répartiteurs sous l'excellente supervision de Lionel.
Beaucoup d'eau à la résurgence
En plein air, l'on a une vision générale des ateliers et c'est bien pédagogique. L'on travaille la traction victime sur palan. Puis après mise en civière un vrai balai aérien d'un bord à l'autre de la gorge. Très spectaculaire et mené tambour battant dans le teaming imposé...Une vrai réussite dans un cadre magnifique. TPES:7H

dimanche 4 mars 2018

Trève hi(ver)nale

Dimanche 04 Mars 2018
Trou de Ver
Participants : Dominique, Steve, Henri, Jean-Luc, Julie, Sebastien, Elodie, Laurent
TPST : 5h30

Vu les conditions aquatiques sur le plateau de Sault, il était temps d'aller voir la suite du trou de Ver dans les Corbières plus sèches, suite qui attendait depuis Juin 2017.
Equipe étoffée et retrouvailles souterraines avec Seb et Elo pour une journée "cool" pas trop loin de la surface.
La veille j'étais allé faire un peu de ménage pour avancer le boulot (on pourrait dire une sortie ver solitaire...).
Steve se retrouve donc d'entrée de jeu au fond devant un bon chaos de blocs avec quelques "calibres", ce qui n'est pas pour lui déplaire.

Steve concentré avant l'action

Stockage du personnel
 Les blocs sont acheminés facilement dans une niche idéalement placée. Le passage s'ouvre avant la mi-journée.
Franchissement de l'obstacle
Derrière il y a un petit ressaut puis la suite du méandre qui est pénétrable et donne dans un élargissement relatif quelques mètres plus loin. Malheureusement, malgré de belles formes, la suite est bouchée par de la terre fine et sableuse. Une cheminée calcitée est explorée et s'arrête dans un évasement sans suite évidente. En plus ce n'est pas le jour pour pister le courant d'air car l'équilibre thermique est presque parfait.
On le piste quand même avec de l'encens car il y a une multitude de petits départs annexes sur le cheminement.
Après le casse croûte à l'extérieur, on repart creuser le point bas. C'est étroit mais les cailloux descendent de plusieurs mètres. Les courants d'air contradictoires nous font tourner en bourrique, et on décide de revenir un jour plus favorable.

A la remontée, Steve, Dom et moi allons revoir un annexe avec un potentiel de continuation. Un bloc coincé, dangereux car placé exactement pour nous tomber dessus, barre la suite. Longue reflexion et hésitation avant de l'entreprendre.
Finalement on parvient à faire passer une corde avec un noeud coulant autour depuis le bas. On se met à tirer comme des malades depuis la zone abritée. Sans succès...
A deux doigts de laisser tomber on passe finalement la corde par une petite lucarne ce qui lui donne un autre angle de traction. Et là badaboum.
Passage ouvert, petit bout d'explo, niche ornée de quelques géodes mais sans suite : rebelote !

Au final, 17m de première aujourd'hui et le courant d'air de l'entrée absorbé par une suite mystérieuse. Affaire à suivre par conditions météo plus favorables...

samedi 3 mars 2018

Samedi 3 Mars 2018, l'après-midi: Prospection Clôt des Ombres, au dessus Chandelier.
Solo pas vraiment...car avec Aza...
Départ du point 857, ou d'ailleurs juste à coté, un départ serais à creuser.
Montée par la piste revenant vers le Sarrat de l'Etreuil. A coté de l'aire de pique nique en forêt, coup d'oeil à une belle doline...désespérément bouchée...Pourtant l'aplomb théorique du réseau devrais être là...Descente de la vallée sèche à l'Ouest du Pech Salvezy. Très beaux sous bois par belle météo. Ce n'est ici qu'un chapelé de dolines coalescentes...ça doit sans doute signaler quelque chose dessous. Car il y a des endroits ou il n'y a pas du tout de dolines. ça finis par être fatiguant un aussi beaux lapiaz (souvent moussu) mais vraiment sans....rien! Même pas un semblant de départ, de faux trou!
Récompense quand même, juste à la fin, et juste avant le replat-polgé déboisé, j'arrive à une superbissime entrée, que je suppose être le Barrenc du Clôt des ombres (?). Une des plus belles entrées du Plateau de Sault. Trop belle, d'ailleurs, pour être honnête, car je genre de gros trou à avalé tellement de choses, qu'il doit être bouché jusqu'à l'os. A faire quand même ne serais que pour le plaisir de la visite. D'autant qu'il est très facile à retrouver, ce qui est rarement le cas ici...
Je vais essayer de trouver la topo dans "l'écho des ténèbres". Retour par l'Est de la Rouquette, le pas des brebis et la D 120. Aza a eu son contant de galopade. TPES:3H.



Vendredi 01 Mars 2018
participants :Daniel M et Daniel C
TPST : 3h ; Gratouillage / Trou de la barre

En passant, le REMOL coule, aussi je profite pour voir ou il se perd: le ruisseau disparaît au niveau de la grotte du Maquis.



Nous décidons avec D Mas de déboucher un trou sous le trou de la barre, mais pas vraiment d'espoir..

https://youtu.be/R2bELIfOzRk