mercredi 8 juillet 2026

Barnache et déambulations coumesques

Lundi 6 juillet 2026

Participants : Andréa, Alary, Pascal, Gilles

TPST : 10h / Gouffre Barnache (Coume Ouarnède)

Pour clore notre week-end dans le secteur de Saleich, nous rendons visite au Barnache. Il s'agit je crois de l'entrée la plus proche du parking de la fontaine de l'Ours (10 minutes).

L'entrée

Nous franchissons le puits d'entrée, effectuons la petite escalade de 4 mètres avant de déboucher sur une succession de puits, dont deux particulièrement étroits. Ensuite ça devient grand, un P31, un deuxième P31, et une belle galerie donnant sur le puits de la mine, un P35.
On comprend son nom lorsqu'on a parcouru la galerie qui y conduit.



Nous prenons ensuite la direction des galeries Michel Juhle, après un passage étroit et humide et un passage étroit tout court (que nous shunterons au retour grâce à un petit corde en fixe qui évite de plus une escalade et désescalade exposée au dessus de la diaclase géniale).

Berk !

À partir de là, nous suivons notre GPS...


Magnifique plafond

Nous parcourons la galerie Ludo, contournons le puits de la Boue puis immédiatement après le puits de la tyrolienne par une grande main courante aérienne.
C'est par les voûtes de ce puits que nous étions arrivés la semaine passée en entrant par le gouffre du Caractère.


Main courante du puits de la Tyrolienne...

... dans l'autre sens

Nous aussi on a la plage !

Nous passons dans la salle Élisabeth Casteret puis rejoignons la salle PCBM (Putain Con de Bordel de Merde). Effectivement, l'immensité inattendue invite à s'exprimer ainsi !
C'est là que nous mangons.



Détail sympathique

Demi-tour direction la galerie Ludo, mais juste avant on prend à droite, dans la galerie Bernadette. C'est un boulevard avec quelques courts passages à quatre pattes, et l'on arrive subitement dans un petit actif.


C'est l'occasion de faire une mini séance photo.



Quelques dizaines de mètres après, nous arrivons à ce je voulais voir, la base du Puits Momo, un P93 qui nous avait mis en échec il y a un mois.

Le Puits Momo vu du bas. Nous reviendrons !!! 😝

On continue vers l'amont et nous butons sur un siphon. Malgré la profondeur de nombreux débris végétaux sont présents, il ne doit pas faire bon traîner par là en hautes eaux.



Nous faisons demi-tour, mais au lieu repasser par où nous sommes venus, je prends le pari de continuer le réseau Bernadette pour passer au pied de l'arrivée du gouffre Michelle et rejoindre les galeries Michel Juhle peu avant le puits Jeannot.
La topo semble laisser penser qu'il n'y a aucun obstacle à équiper, alors nous tentons. 

Je passe devant, le chemin est à peu près évident, guidé par le courant d'air. Soudainement le plafond s'abaisse dans du sable, on a dû rater quelque chose. Alary en amateur d'étroitures tente d'aller voir plus loin, sans succès. Entre temps je suis reparti en arrière et guidé par un courant d'air fort un balisage bien placé, j'ai trouvé la suite. Heureusement qu'il y a ce balisage !
Le cheminement devient un méandre pas large, Alary ne peut pas emprunter l'itinéraire indiqué par le balisage au moment de franchir une lucarne. Une escalade lui permettra de contourner la lucarne.
Enfin un coude à 90 degrés vers la droite, un coude à 90 degrés vers la gauche, ça y est, ça sent bon la grande salle d'après la topo ! 
Effectivement nous parvenons dans une salle immense, point d'arrivée du gouffre Michel via un P58 (donc la salle dépasse les 60 mètres de haut). C'est l'heure du goûter, puis nous quittons la salle par un passage étroit. Le profil change, on se retrouve rapidement dans une sorte de grand canyon qui oblige à faire des oppositions plus ou moins scabreuses.

Changement de profil

Une coulée

Trace d'une époque révolue

Jusque là tout va bien, on est dans l'axe de la galerie. Une oppo scabreuse plus loin, nous nous retrouvons environ 6 mètres au-dessus d'une vasque et force est de constater que la désescalade va être compliquée !
Nous grimpons dans les plafonds pour avoir un meilleur regard sur l'obstacle. Une verticale infranchissable d'une douzaine de mètres se présente. Alary repère un gros AN, on installe une corde au frottement (vive la 6 mm !) et il va voir ce que ça donne plus loin, nous sommes à quelques mètres de rejoindre la galerie Michel Juhle. 
Quelques minutes plus tard Alary revient avec une mauvaise nouvelle, l'actif se jette encore dans un autre puits. Mais bon sang où sommes-nous ? Va-t-il falloir qu'on se retape tout en arrière ?
Sachant que la topo n'indique aucun obstacle sur la galerie et que la galerie Michel Juhle est fossile, je me dis qu'on a dû rater un départ dans les plafonds un peu avant. Demi-tour, et bingo, un balisage posé sur une banquette nous invite à quitter l'actif et en une minute nous sommes dans la galerie Michel Juhle.
L'actif dans lequel nous nous étions enfoncés est indiqué comme "méandre non topo". Ouf !

Galeries Michel Juhle

Il nous reste plus qu'à revenir au pied du Barnache en contournant le puits Jeannot, c'est très rapide.

Peu après le puits Jeannot

Passage en vire où il ne faut pas perdre l'équilibre !
Au dessus de la diaclase géniale

Nous attaquons la remontée du Barnache. Dans les grands puits, tout va bien. Le P12 nous donne davantage de fil à retordre, c'est ce que dans le jargon on appelle une merde !

On se régale !


La journée se termine par un apéro au milieu du parking, avant de reprendre la route pour Toulouse, Carcassonne et Narbonne selon les protagonistes.


jeudi 2 juillet 2026

Retour au Moulin de Bouisse

Jeudi 2 Juillet 2026: Les trois mousquetaires ont frappé....
Retour au trou du Moulin de Bouisse après 4 Mois d'arrêt due aux intempéries: Moi même, Daniel Mas et Jean Michel Escande. Donc un inter-club....de vieux!!!Entre 9H30 et environ 16H, soit un TPST de 6H30-7H. Je passe sur les multiples péripéties vécues: passage éboulé depuis la dernière fois, stockages savants, salves aux pailles (6) qui parfois foirent, sortie pour casser la croute. Avec quand même le bénéfice d'un trou très sec, ce qui est un vrai bonheur. En fin de séance alors que la fatigue ce fait sentir, franchissement d'un laminoir remontant et arrivé dans de bons vides entre blocs.Blocs de plus en plus gros. Puis après descente d'un ultime ressaut avec Jean Mi arrivée dans une galerie-laminoir sur pendage vraiment large...Mais impossibilité de bien localiser la suite qui semblerait bien être dans un des surcreusements canalisant la flotte. ça méritera de bons calibrages et surtout d'avantage de monde pour farfouiller. Mais la sensation que l'on se rapproche de plus en plus de la "planète", comme dis Alary, est bien présente. Il vas falloir probablement encore gagner un cran en profondeur pour arriver enfin dans le "bon" calcaire. Première estimée à 50m, pour 7-8m gagné en profondeur. Bon sang je n'aime pas la grosse chaleur, mais vivement qu'elle revienne pour accélérer la ventilation-fil conducteur. Les habitants rencontrés sont contant de nous revoir. Le patrimoine de leur commune s'enrichi!

lundi 29 juin 2026

Deux jours au Gouffre du Caractère

Vendredi 26 et samedi 27 juin 2026

Participants : Vladimir, Gilles, Alary

TPST : 19h30  / Gouffre du Caractère, Coume Ouarnède

Vendredi matin Gilles passe me chercher à Carcassonne, avant de filer à la gare de Foix récupérer Vladimir. En amont, il a préparé 4 kits remplis du matériel nécessaire : 580 m de corde et plus de 134 amarrages, sans compter le rab. À Herran, nous passons par le gîte de la Paloumère où Vladimir nous a réservé une chambre. Nous y déposons quelques affaires. Vers 11h, nous arrivons au parking de la Fontaine de l'Ours et nous préparons à rejoindre l'entrée du trou. Avec les coordonnées et la trace GPS, nous y accédons en une trentaine de minutes. On mange un bout et on se prépare. L'entrée verticale (R6) est étroite sur une dizaine de mètres et donne sur un beau P35. Il est 12:30, c'est Vladimir qui équipe, nous le suivrons avec le reste du matériel.
   
Au parking ; début de l'équipement
Je ferme la marche et descends avec deux kits qui me donneront bien chaud dans le R6. Au pied du P35, nous trouvons l'actif qui coule au goutte à goutte. Pendant que Vladimir équipe le P5 et le P11, avec Gilles nous remontons l'amont, mais sommes très rapidement stoppés par une étroiture sous trémie où le matos s'accroche partout. Et puis il n'y a rien à voir de plus par là ! Après ces deux obstacles, une petite main courante mène à l'escalier, où les marches sont des marmites fossiles plus ou moins grandes. Je récupère au passage une Leptoneta à la région oculaire vestigiale. Intéressant ! Puis prends l'équipement. La suite est une vire au-dessus d'un haut méandre suivie d'un P5 en pendule qui mène au P13 par une margelle dépourvue de main courante. En haut du P13 suivant je localise 3 spits, mais leur emplacement générera du frottement. Je cherche un moment sans trouver quoi que ce soit sur l'autre paroi, le frac sera bas et ça fonctionnera comme ça. Dessous une petite bricole équipée en frac, mais qui pourrait aussi l'être en déviation. Gilles prend le relais pour le P9, le P47 et le P8. Rien de compliqué jusqu'à un palier intermédiaire dans le P47, à -24 environ où il faut fractionner. Un peu par hasard, il se décale vers sa gauche sur 2 mètres et trouve deux spits cachés. On aurait pu chercher longtemps !
   
P47 vue depuis le haut ; vue depuis le bas
Je reprends ensuite pour le P4 (étroit), le P5 et le P32. Dans ce dernier il est question d'une déviation sur AF, que je cherche aux emplacements où elle irait bien sans la trouver. Un AN plus bas au-dessus d'une coulée fera le travail. Je descends jusqu'à la base du puits pour y laisser le kit de matériel. D'ici débute un long méandre, mais ce sera pour demain. Niveau matériel, nous avons beaucoup de rab, nous en remontons une partie et laissons le reste dans la salle de l'Audience. Il est 17h20, nous remontons léger et faisons quelques images. Cela nous permet aussi de tester l'étroitesse du R6 d'entrée dans ce sens. Il en ressort qu'avec un kit à tirer la tache sera extrêmement pénible. On les tirera depuis l'extérieur.
   
P35 vue depuis le haut ; vue depuis le bas
Dehors nous laissons une partie de notre matériel à sécher et faisons un rapide détour par le Gouffre Duplessis et son impressionnante doline d'entrée. Enfin nous rejoignons le parking et le gîte.
   
Séchoir ; entrée n°2 Duplessis


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Le lendemain 8h départ du gîte. Nous rejoignons l'entrée du trou en un temps record et descendons avec du matos bien sec. Au passage du P13, je regarde de nouveau si je ne trouve pas le spit que je n'ai pas vu hier. Je le trouve finalement, bien camouflé, et planté effectivement là où je le cherchais... Même chose pour l'AF du P32, que je trouverai proche du départ et pas à mi-hauteur comme peut le laisser penser la topographie. C'est parti pour le méandre, d'abord large et se rétrécissant par la suite. Deux marmites ponctuent le cheminement, leur passage peut se révéler compliqué. Enfin le P11 et le P14, j'équipe et les suivants ajustent.
Dans le méandre ; bassine à la base du P14
Après quoi Vladimir prend le relais pour le P8. Nous arrivons à l'Absurde, une escalade de 2m où l'on redescend directement derrière pour passer un mur fin de calcite altérée. Devant ça je ne résiste pas et rabote le haut de 40 centimètres. Pendant ce temps, Gilles équipe la vire et le P17 qui suit. On y accède par un R3 un peu exposé.
Depuis le haut du P17
   
Bassine au bas du puits et quelques concrétions
De l'autre côté de la salle, une escalade de 4 mètres semble donner dans un grand volume, mais les prises ne sont pas fiables... On s'insinue dans le méandre et arrivons au-dessus d'une bassine. Deux options : désescalader et traverser la bassine ou poser une main courante au-dessus. Vladimir se lance dans l'installation de la main courante. Je regarde si on peut toutefois désescalader et traverser la bassine. J'y parviens, mais le remplissage de botte n'est pas loin. Avec un gros caillou je viens retirer quelques lames bien pénibles pour descendre. Puis nous tenterons de placer des blocs dans l'eau pour éviter de nous mouiller.
Pose des pas japonais
La main courante est abandonnée, tout le monde désescalade. Le sol globalement propre se transforme en une bougnafle liquide et profonde. Au R6 nous trouvons une trousse à spit complète, signée "ToT" au dos, nous la remontrons. J'embarque avec moi le marteau pour taper ce qui gênerait dans la suite. Nous descendons ce R6 et nous nous engageons dans un conduit boueux bas. Sur la topo, un autre cheminement apparait de l'autre côté du R6, seulement y accéder ne nous a pas sauté aux yeux. Peut-être se prend t-il de plus haut ?
Le conduit
Ce conduit bas mène à un ressaut de 2 mètres. Gille installe une cordelette pour s'aider à passer l'obstacle. Mais au moment de se mettre en poids, le pont de calcite se retrouve fortement incisé par la corde, comme un chèvre frais sous la trancheuse à fromage. À la place, deux petits AN feront le travail. On continue dans ce méandre où l'on s'enfonce dans le sol, jusqu'au P7 et au P5. Le dernier obstacle se rapproche, celui de la jonction avec le puits de la Tyrolienne donnant accès aux galeries du Pont de Gerbaut et Michel Juhle (P25 depuis la main courante, 44m de là où nous sommes). Le méandre s'étire vers le bas et d'un coup, le vide apparait. Le tout s'équipe sur AN, la fenêtre de tir pour réussir à descendre les 17 mètres et à penduler pour rejoindre la main courante n'est pas bien permissive. Alors Gilles réalise un faux frac avec de longues dyneema pour que l'on puisse descendre. Le puits est impressionnant et l'équipement s'annonce compliqué, on se refroidit tous.
   
Le faux frac ; le puits
Pour rejoindre la main courante Gilles doit penduler sur 6 mètres. Impossible de prendre l'élan requis, la paroi côté dos est trop proche. Alors il réalise une conversion et remonte pour installer une dev temporaire sur un pendant de paroi acéré, lui permettant de se rapprocher au maximum du palier de la main courante. C'est sueur mais ça passe ! Je seconde et tente de passer la déviation sans escalader le bloc ça ne passe pas. Du coup je la démonte avec un peu de difficulté et continue à descendre. De là je n'ai plus qu'à me tracter pour rejoindre la main courante. Ce n'est pas une grande verticale, mais la configuration générale du truc suffit à apporter des sensations. Puis Vladimir nous rejoint.
Tous congelés, nous enfilons les ponchos et cassons la croûte. Après quoi nous cheminons dans les belles galeries du PDG jusqu'à l'immense salle Elisabeth Casteret, observant au passage quelques formations de gypse.
Repas de 15h32
   
La salle Elisabeth Casteret ; la cascade de 70m
   
Où est Vladimir ? ; gypse
La salle est grandiose et vaut vraiment le coup d'être vue. Bien sûr il y a des accès plus faciles. Demi-tour, il est 16h15. Je déséquipe le fond en commençant par le pendule. Plusieurs options, mais celle mise en œuvre va consister à me mettre légèrement en poids sur la corde de remontée en restant longer à la main courante. À démonter ce qui relie le bout de la corde de remontée à la main courante et à faire passer tout ce mou qui pend sous moi dans un maillon rapide de la main courante. Et à installer mon descendeur sur ce brin courant pour m'auto-mouliner. Une fois en place je me délonge et pars un peu en arrière pour que les deux logeurs s'équilibrent et se tendent. Puis je me mouline pour revenir à l'aplomb de la verticale. La corde est juste à la bonne taille, moins d'un mètre avant le nœud de bout de corde. Ensuite je défais le descendeur et rappelle le bout de la corde en ayant défait le nœud de bout de corde. Je remets tout ce qui doit l'être en conformité et remonte tranquillement. Je déséquipe jusqu'au P17 et sa vire. Vladimir est parti devant.

Au détour d'un embranchement au-dessus du R3, je phrase espérant que Vladimir ne s'est pas trompé et est bien allé à droite... Nous franchissons le P8 et Gilles le déséquipe. Devant je ne vois personne mais une voix résonne quand même, je pense alors que Vlad est plus loin devant. La réalité est que l'écho trompeur a brouillé les pistes, Vlad s'est trompé de chemin probablement au niveau du R3 (la topo n'indique aucune autre option) et est passé dernier ! Il n'y a plus la corde. Heureusement qu'il s'en est rendu compte et qu'il est parvenu à nous retrouver avant que nous n'avancions davantage. D'où la nécessité absolue de s'arrêter au moindre doute de cheminement et de rester au minimum à portée claire de voix. Du coup Gilles rééquipe et laisse Vlad déséquiper. Je pars devant avec un kit enclume, Gilles et Vlad se partageront ensuite le déséquipement. Au sommet du P47 je récupère un deuxième kit enclume et avance jusqu'au sommet de l'escalier. Gilles me rejoint et nous discutons de comment faire remonter les kits dans le R6 d'entrée. Une microtraction et deux fois 10 mètres de cordelette devraient faire le travail. Je récupère ça et remonte tout doucement pour ne pas surchauffer. Sous le R6 je pose de quoi stocker les kits hors chute et hors passage, puis déroule la corde retour jusqu'à dehors. La remontée se passe bien plus facilement qu'hier. En haut petite micro-traction, le système est prêt. Il est 22h15, on amorce la remontée de tous les kits (même celui de déséquipement). Le système fonctionne bien. À 22h40 nous sommes tous sortis.
La remontée des kits
La marche retour se fait écrasante sous le poids des kits et de la fatigue, pourtant ce n'est par terminé ! Au parking c'est l'heure (littéralement) de désenkitage, suivi d'un casse croute médiocre mais mais qui fait plaisir.
Le merdier infini
Une heure du matin, nous prenons la route direction Foix déposer Vladimir, puis retour sur Carcassonne en se relayant régulièrement. Vers 3h45 nous y voilà, encore un petit effort avant de trouver le lit... Ouf, c'était de la sortie !

C'est peut être une sale idée, mais voici l'album photo de ces deux jours : Album photo - Gouffre du Caractère