vendredi 24 avril 2026

La Coume lave plus blanc que blanc !

Jeudi 23 avril 2026

Participants : Bob, Benoît, Lolo, Gégé (SSAPO), Andréa, Gilles

TPST : 9h / Réseau Bermochoi et maillon manquant, massif de la Coume Ouarnède


Nous sommes allés visiter une partie de la grotte de Pène Blanque, à savoir le réseau du maillon manquant. Une visite les mains dans les poches, c'est tout équipé en fixe !

Départ à 10h30 du parking de Pène Blanque, et après une partie marche en forêt, nous attaquons la descente à la salle du Dromadaire par le SCC95. 


Nous apprécions le nouvel équipement au sommet de la salle, l'ancien n'était pas très confortable.

Salle du Dromadaire

Gégé prend les rênes, il connait bien le réseau. Nous passons la salle du dromadaire, les vestiaires (là où on quitte la néoprène quand on sort de la rivière de Pont de Gerbaud) et arrivons rapidement à la salle du Brouillard. Par une main courante nous contournons en rampant le P34 puis cavalons dans une grande galerie qui se termine par un court quatre pattes avant de déboucher dans la petite salle de la 2e Aix. Nous avions projeté de remonter le trou du Bambi qui arrive par là, mais faute de temps l'idée sera abandonnée.



Une E12 (Mistral Gagnant) nous mène dans la grande salle de la Revanche où nous mangeons. 

Effondrement



Nous traversons le Recuerdo de Rodellar et passons devant l'arrivée exigeante du Serendipity. Il s'agit d'une étroiture remontante. J'essaie de la franchir une première fois avec le baudrier, le Croll me coince. La seconde sans le baudrier sera la bonne, ça passe juste ! Et encore il paraît que ce n'est pas le plus étroit des obstacles... 
Nous rebroussons chemin et au Delta prenons la direction de "blanc de blanc". Quelques errements viennent ralentir la progression, mais on ne s'en sort pas si mal.


La coulée "Champagne"

Le récompense est là !






En consultant la topo, je constate qu'on est presque au bout du réseau, alors je propose d'aller jusqu'au fond. Quelle bonne idée ! Le zone est magnifique.



En s'enfilant dans un passage un peu étroit, on découvre un beau gour et des baguettes de gour.














On remonte tranquillement en 3 heures, sortie à 20 h avec le beau temps !

mercredi 22 avril 2026

Le Cinquantenaire est réouvert !

Mardi 21 avril 2026

Participants : Jean-Michel E., Daniel C., Daniel M., Alary

TPST : 3h30  / Grotte du Cinquantenaire

Troisième séance dans ce trou en espérant que celle-ci soit la bonne. Arrivés vers 10h15, Jean-Michel, Daniel et moi passons sous terre. Masdan lui s'en va en amont creuser une doline repérée la fois dernière avec Aude. Nous débutons par nettoyer le chantier de la dernière fois en brûlant ce qui doit l'être, puis Jean-Mi reperce avec gourmandise la semelle. Boulot formidable et observation positive : cette semelle s'avère en fait être un énorme bloc triangulaire épais duquel nous n'avons rien à craindre. On dégage les gravats, mais une pavasse trop lourde se coince plus bas dans le passage où nous planifions d'aller depuis les deux dernières séances... Je propose de le percer. Jean-Mi repasse devant pour voir ce qu'il en est, et s'engage directement à l'horizontal entre les blocs. Le trou semble s'être ouvert.
Entre ces blocs
Dernière, il y a de l'espace et ça descend. Alors, avec le minimum d'outillage, nous le rejoignons et suivons la descente en colimaçon dans ce dédale de dalles. Enfin nous débouchons dans une salle de bonne dimension, sous laquelle nous reconnaissons le R6 et que nous pourrions nommer la "salle de la pierre tombale" pour la raison suivante : Jean-Mi en avance sur nous désescalade le R6 et je vais pour le rejoindre. Mon cheminement entre les blocs m'amène à arriver au-dessus d'un très gros bloc d'au moins une tonne avec un joli conglomérat dessus. Mais au moment de m'accroupir pour le regarder, ce dernier sous moi bascule en avant en descendant d'un mètre et m'éjecte. Jean-Mi quelques mètres en dessous, est instantanément prévenu et s'écarte comme il peut. Le bloc emporte avec lui deux autres pavasses d'une centaine de kilos chacune. Heureusement aucun des vides sous-jacents n'est assez gros pour les laisser tomber plus bas... Rappel à l'ordre simple mais efficace, nous pouvons repartir... 
   
Poudingues et molasses typiques du secteur
Après un passage bas engravillonné que nous décaissons, nous débouchons au-dessus d'un petit actif qui clapote et par-dessus lequel le passage a vraisemblablement été élargi, nous menant à -48 dans le réseau principal. Nous prenons vers le nord, le ruisseau coule, toutes les traces de pas ont été effacées.
   
La galerie nord puis la salle juste avant le R8 et son méandre
Nous allons au pied du R8. L'escalade aurait pu se tenter en opposition si la coulée n'était pas recouverte d'une calcite ultra glissant. Il faudrait équiper. Retour à -48 en direction de l'aval, où un niveau de crue assez haut nous saute aux yeux. Le siphon semble représenter un sacré frein à l'écoulement.
Matériaux organiques déposées en hauteur
On recoupe l'affluent puis on tombe au-dessus du lac créé par le barrage. Pas trop envie de se tremper aussi tôt ! Alors on envoie quelques assiettes dans la flotte pour faire une marche. Et voilà le barrage bien calcité, et absolument comblé de sédiments. Nous sortons quelques sacs pour faire baisser le niveau, puis allons voir le siphon. On aurait dû faire l'inverse car là c'est chocolat chaud (il y a même la mousse), on voit rien... On en profite pour ressortir une bobine de fil téléphonique bien raide et quelques bouts de bâche en plastique.
   
Le barrage et le siphon
Maintenant direction l'affluent, qui débite plus que le cours considéré comme le principal. Nous passons à travers l'éboulis et sortons dans une belle salle ronde qui s'étire vers l'amont dans un amoncellement de dalles en équilibre. Un coup à gauche, un coup à droite, le plafond s'abaisse et l'eau vient le lécher.
Le coude de l'affluent
Mais Jean-Mi repère un peut-être passage tout à gauche dans la boue sableuse liquide. Et en effet ça passe ! On ressort après quelques contorsions et un peu d'eau dans les bottes dans une grande salle : LA "grande salle". On pousse jusqu'au bout avec les deux petites branches amont, Daniel en profite pour se baigner. 
Juste derrière, le méandre -47
Demi-tour, on se remonte. Revenus au chantier de désob, on fait un dernier tir dans le bloc au milieu de la première photo. Au son, je présume qu'il a volé en éclats un peu partout, il ne devrait pas y avoir grand-chose à dégager. Nous sortons tout le matériel entreposé. Pour les prochaines visites, pensez bien que des choses peuvent encore bouger, tout n'a probablement pas été purgé.

Nous ressortons vers 14h et prenons le repas. Masdan nous y retrouve puis nous passons voir son chantier d'extérieur, et faisons un rapide crochet au Milhés.

Et bien sûr la vidéo de Daniel : 

jeudi 16 avril 2026

Le Cinquantenaire, c'est pour bientôt !

Mercredi 15 avril 2026

Participants : Aude, Daniel M., Daniel C., Alary

TPST : 3h / Grotte du Cinquantenaire

Jour deux de la réouverture du Cinquantenaire. À 10H tout le monde est sur le chantier pour la première étape, qui consiste à poser un pied droit de la paroi de gauche toute péteuse vers celle de droite moins péteuse. Test des possibilités, nettoyage des surfaces : il sera subhorizontal.
10h06
Une fois en place, c'est reparti pour décaisser le sol. On met tous ces matériaux dans des sacs plus ou moins gros pour reconstituer la paroi de gauche style fortification de campagne. Malgré tout, on reste sur nos gardes prêts à décamper au moindre pissou d'argile. Mais rien n'arrivera. Un bloc de grès d'une densité extraordinaire prendra au passage sa châtaigne. En même temps, Aude prospecte la surface et ces millions de milliards de dolines, ayant préalablement repéré des sites intéressants. À midi et demi, Aude nous retrouve pour le repas. Masdan prend le relais dessous.
12h35
Après quoi, Daniel et moi reprenons le chantier pour l'après-midi. Masdan ayant rejoint Aude dans sa prospection. On décaisse la pâte à pain (beaucoup trop grumeleuse d'ailleurs), on dessouche des pavasses, on remplit les sacs, on panique quand des trucs tombent d'on ne sait où, on mur la paroi de gauche... Et ce jusqu'à 15h, où le nouveau fond est constitué.
   
15h05 : nouveau fond ; fortification de la paroi de gauche
Un beau pavé dessouché trouvera place comme clé de voûte dans un trou qui sape toute la paroi de gauche et qui surplombe le vide suivant qui nous attend depuis 30 ans. Son placement délicat mettra en mouvement un petit empilement de blocs qui viendra se poser sur lui comme si tout avait été réfléchi comme ça... Impeccable ! Nous arrêtons de creuser car des blocs structurels nous bouchent la suite qui se verticalise presque sous nous. On sort le perfo pour possiblement trois trous. Avec les longueurs de paille que nous avons, je dois mettre la mèche de 40cm en entier. Le premier trou dans un moyen bloc en face le traverse. Tant pis, pas grave. Le second pris pas trop gourmand dans un pendant de blocs du plafond, je charge, elle se coince sans toucher le fond... 1,5cm de bourrage... on verra bien ! Le troisième encore moins gourmand car étant la semelle de la fameuse paroi de gauche. Je l'attaque de sorte à forcer un plan de fracturation vers l'espace de dégagement, je ne veux pas qu'il se fissure autrement. Je le charge, ça coince encore, je fais une rotation droite/gauche pour que la cartouche passe, la colle autour de la cartouche lâche, la paille se vide dans le trou et à moitié à coté... On récupère le bidule pour faire un machin et hop dans le trou, avec 1,5cm de bourrage... on verra bien !
Où est la ligne ? Elle pend ici mais n'est pas assez longue… Heureusement Masdan a une rallonge de 6 mètres dans son kit, faite de dizaines de bouts de 30cm de fil raboutés les uns après les autres... Merdu pour merdu, allons y avec ça ! On remonte chargé de désespoir, et on déclenche. OOf, une au moins est partie... En fusée ?? Non ! Celle du pendant de plafond a marché du tonnerre ! Celle toute foireuse cependant n'a pas bougée. Une belle lame s'est décrochée et bien des cailloux sont tombés plus bas en obstruant le conduit, on dégagera la prochaine fois. Un fin pourrait presque passer.
   
16h00 : vue horizontale dans la suite obstruée (le moustique au centre donne l'échelle)
C'est vraiment pas si mal comme fin de journée. La prochaine peut-être permettra de passer ? Retour aux voitures !

Quelques vidéos de Masdan sur le chantier et en prospection doline :

mercredi 15 avril 2026

Mission archéologique en Albanie

3 au 12 avril 2026

Massifs de Gajtan, Gur i zi et Kurriles, nord de l'Albanie

Participants : Cyrielle, Christelle, Agnès, Cédric, Pierre, Nicolas, Cyril, Laurent (+ Rudenç de l'université de Tirana, indispensable traducteur de l'albanais en anglais)

 

Sous l'égide du CNRS, nous avons intégré une mission de collaboration archéologique franco-albanaise avec l'université de Tirana et Shkodër dans le karst du nord de l'Albanie.

Une partie de la mission consistait à analyser et caractériser des restes de faune extraits lors d'une fouille de sauvetage réalisée il y a plus de 30 ans dans un site karstique du massif de Gajtan. Entre autres trouvailles, du rhinocéros, du macaque, de l'ours, ainsi que des suidés et cervidés. Et évidemment une suspicion de présence humaine à travers certains artéfacts lithiques.
Agnès, Pierre, Nico et Cyrielle se sont attelés dans leur spécialités respectives à reconstituer les pièces et à définir un cadre chronologique, évalué à environ 400 000 ans.

L'autre partie de la mission consistait en un diagnostic géomorpho/karsto du contexte du site, exploration des cavités du massif et bien sûr topographie, mais aussi de la prospection dans l'optique de découverte d'autres sites archéologiques ou paléontologiques.
Impossible de décrire ici les nombreuses actions menées, rencontres diverses et résultats obtenus durant le séjour, je me contenterai donc d'illustrations avec légendes, mais pour résumer, tout reste à faire dans ce pays magnifique resté totalement isolé du monde jusque dans les années 90.

Côté purement spéléo, nous avons été particulièrement impressionnés par l'isolement, l'immensité et le potentiel des montagnes au nord de Shkodër. Nous avons investi (en fait à peine effleuré) une vallée qui aboutit au niveau de la mer (en fait au niveau du lac d'eau douce de Shkodër, 1m d'altitude), mais qui serpente vers l'amont dans un canyon sur une bonne vingtaine de kilomètres jusqu'au sommet du massif, à pas moins de 2100 m d'altitude. Et c'est calcaire de haut en bas !
Nous avons été guidés par un autochtone de 69 ans qui carburait au raki (alcool local à 60°) à 9h du matin et semblait en première impression ne plus pouvoir se déplacer plus de quelques mètres sans tomber raide, en fait il courait comme une chèvre et semait tout le monde dans les sentiers de montagne...

Sur ce massif, la dernière piste s'arrête à 500 m d'altitude, ensuite c'est le no man's land, avec de nombreuses vallées sèches affluentes perchées1000 m au dessus, où il n'y a pas de point d'eau visible, des forêts puis du lapiaz partout avec pour donner un peu de piment des ours et des loups comme habitants permanents.
Tout ça pour dire que monter une expé d'altitude là haut ne serait pas de la tarte, d'autant qu'après une petite recherche sur le net sur les sites albanais de rando, spéléo, escalade ou trek, il est partout écrit : "personne n'est encore venu ici, page à compléter..."
Voilà pour l'ambiance, à méditer... 

 

Grotte inférieure de Gajtan (1)

Grotte inférieure de Gajtan (2)

Terminus grotte inférieure

Ossement d'ours pris dans la brèche

Humérus d'ours, sans doute plus, voire beaucoup plus de 300 000 ans

Topo...

Puits d'entrée, grotte intermédiaire de Gajtan

Gisement paléontologique en surface dans la brèche

Nouveau site à sonder découvert en prospection : la calcite et les spéléothèmes anciens recouvrent le sol sur 80 m², il s'agit du fond d'une ancienne grotte (paléokarst) avec sédiments piégés dessous

Autre vue du nouveau site, brèche et spéléothèmes (centre gauche de la photo) ont fossilisé les sédiments piégés dans l'ancienne grotte dont ne subsiste qu'une paroi et l'entrée colmatée

Prospection sur le plateau de Gajtan

Prospection sur le plateau voisin (Gur i zi)

Exploration dans une ancienne résurgence perchée en bordure du plateau de Gur i zi. Arrêt sur puits et beaucoup de chiroptères

Dernière trace d'habitation avant d'entrer dans le massif de Kurriles en arrière plan

Notre guide à gauche, explications en albanais depuis l'entrée d'une cavité...

Arrivée dans la vallée centrale du massif de Kurriles

 

Entrée de cavité

La rivière au fond du canyon


Grande grotte au fond du canyon, avec découverte d'artéfacts lithiques typiques de l'épigravetien (entre -10000 et -20000 ans)

Pont naturel, entrée d'une autre cavité du canyon

Retour à la civilisation, le pont ottoman


Shkodër et les montagnes en arrière plan