Participants : Henri, Laurent, Gilles, Andréa, Etienne, Daniel M., Félix, Rowland, Alary
TPST : 7h30 / Grotte du Septuagénaire (Labastide-en-Val)
Aujourd'hui c'est grosse mission. Les objectifs sont multiples : pompage du siphon amont (prévoir de pouvoir attaquer la voûte) ; escalade dans l'aval ; rééquiper les puits de l'Anéantissement ; aménager deux passages pour faciliter la progression. C'est aussi pour certains d'entre nous une première dans ce trou.
Tous les présents se retrouvent au parking habituel, où le matériel fuse dans tous les sens. Masdan établit son marché de batteries, de pompes et de kits, mais ne descendra pas dans le trou. Il devait initialement descendre au Cinquantenaire en tant que chimiste, mais faute de nombre nous ne pouvons l'accompagner et accomplir les missions au Septu. Il restera en surface pour bartasser jusqu'à la vieille piste sud et mesurer sa décrépitude.
Le marché
Après que le matos ait été distribué plus ou moins en fonction de qui fait quoi, direction le trou. On se change à l'entrée et c'est parti pour descendre pas mal de bordel au fond. On laisse Henri et Rowland au puits de l'Anéantissement, chargés de rééquiper le truc. Nous autres allons au carrefour Synapse (?), démontant au passage des blocs à l'origine d'un ramping ponctuel inutilement pénible.
Sous la salle de l'Anéantissement
Laurent se prépare pour aller examiner la voûte, suivi de Félix, Gilles et Andrea pour l'installation de la pompe. Etienne et moi prévoyons l'escalade de calcite à l'aval. Mais avant de débuter, Etienne s'en va rapidement faire un tour dans le méandre de poudingue. C'est à ce moment précis que la journée prit une tout autre direction.
En arrivant dans le méandre, il détecte immédiatement un courant d'air. Et en arrivant devant le siphon, pas de siphon. Le passage est ouvert ! Etienne abaisse le passage en bougeant la bougnafle du fond de la cuve, derrière il se relève immédiatement, sa bifurque sur la droite, c'est de toute beauté ! Nous le suivons. Quelle dut être la surprise quand Henri et Rowland se sont pointés là après leur rééquipement...
La voûte du siphon ; de l'autre côté du siphon
Galeries satisfaisantes
L'actif temporaire emprunte parfois des passages bas et se faufile sous les blocs. Nous ne restons pas dedans mais nous le recoupons régulièrement. Comme c'est habituel ici, beaucoup de choses sont effondrées, instables et altérées, nous avançons avec prudence et légèreté. Après quelques virages et un petit crapahut, nous débouchons dans une vaste salle jonchée de blocs plus ou moins massifs. Au-dessus du plus gros d'entre eux, une escalade se profile au plafond d'où tombent encore quelques gouttes. Derrière, la salle se poursuit : environ 10m de large, 30 de long et 4 de haut. Dans un coin, un puits perce le plafond de poudingue par un méandre suspendu. Pour s'y retrouver, appelons-le "puits de la compote". Nous continuons de remonter vers l'amont, le lit de l'actif se divise en deux mais se rejoint un peu plus loin. Quelques massifs de concrétions tapissent les plafonds.
Le plus gros bloc ; vue depuis le centre de la salle ; base du puits de la compote
Un rapide ramping dans la boue donne dans une petite pièce d'où un beau méandre dans les poudingues s'ouvre à 1m80 du sol. Le méandre est plus haut que ça, mais seule la partie médiane est pénétrable (1m30 de haut sur 45cm de large). Le haut est un impénétrable et le bas s'élargit jusqu'à 2 mètres par endroit, mais impossible d'y accéder en l'état malgré le caillassage. Pourtant cela nous arrangerait grandement ! Malgré tout, le méandre s'élargit facilement. Taper avec un galet sur les autres galets permet de bien l'élargir et de passer. C'est Félix qui ouvre la voie. À plusieurs reprises le méandre bifurque dans un sens, puis dans l'autre. Dessous il se passe des choses, c'est plus vaste et il y a de l'eau (quand on lance des cailloux à l'aveugle).
Dans le méandre
Petite observation à l'entrée du méandre : un niveau de crue avec du dépôt est visible sur les parois, or il n'y a pas d'obstacles hormis le siphon et la trémie tout en aval. Peut-être que les mises en charge actuelles peuvent atteindre ce niveau, atteignant une côte qui pourrait correspondre aux traces de mises en charge de la trémie aval ou encore celles observées dans le Cinquantenaire... Plus on avance vers l'aval, plus les niveaux sont en hauteur sur les parois... Prudence donc. Pendant que nous essayons de passer le méandre, Etienne revient en arrière et réalise l'escalade que nous devions faire initialement. Il arrive très rapidement en haut et fait le tour. Conclusion, rien à espérer de ce côté-là. Retour au méandre, le plafond s'élève, nous rejoignons la strate marneuse supérieure et débouchons après deux pas d'escalade dans une galerie fossile avec un amont et un aval. La galerie est fracassée, le sol est fait de blocs en équilibre au-dessus du vide du méandre.
Vue vers l'amont ; vue vers l'aval
Nous allons d'abord vers l'amont. Ça tourne et l'actif repart de nouveau à contre pendage. Au bout, le plafond est effondré. On passe sous l'attendrisseur à viande et on se scinde en deux. (elle sonne bizarre cette phrase). Sur la droite, un conduit invite Laurent à le suivre. Il s'arrêtera sur un passage bas nécessitant de se mouiller. De mon côté, je suis le cours principal et débouche dans une salle aux limites floues tant elle est sans dessus dessous. De la trémie autour, des gros blocs, un méandre recoupé... J'explore et grimpe, puis atterris dans une pièce toute ronde avec au centre du plafond un trou qui goutte. Contre paroi, on peut redescendre entre les blocs, je n'ai pas fouillé. De l'autre côté, j'arrive sur un monticule d'argile et de roche altérée, un trou de 20cm de diamètre laisse entrevoir au-dessus le noir absolu ! Il y a juste là une très grande salle... Alors je creuse comme je peux pendant une vingtaine de minutes au-dessus de ma tête, mais le tout est bien compacté et mes appuis par moments se font la malle... Impossible pour moi de passer. Il faudra une piquette.
Arrêt sur presque rien...
Laurent et Félix me rejoignent et visitent le coin, puis c'est le moment de revenir en arrière. Avant de redescendre au méandre de poudingue, nous allons vers l'aval. La galerie ne bifurque que très légèrement. La galerie se divise ensuite en deux branches taillées en serrure. À la confluence, le sol est percé et le vide apparait sur une quinzaine de mètres. Ce puits nous parait familier sur quelques traits. Et en effet, nous sommes juste au-dessus du puits de la compote ! Pour en être certain (et pour obtenir l'origine de ce nom...), Félix envoie en éclaireuse une compote, que nous retrouverons bel et bien à la base du puits au retour. À l'horizontale du coup, ça continue. Je ne vais pas dans la branche de droite, mais passe au-dessus du vide et m'engage dans un réseau de conduites forcées. Plusieurs départs étroits recoupent ma conduite perpendiculairement. Je vais jusqu'au bout et après une quinzaine de mètres ça se rétrécit. Un passage en S trop étroit m'empêche de poursuivre, un second m'attend même pas 2m plus loin... Ramping arrière.
Conduites forcées cupulée
Retour en direction du carrefour Synapse, il est 14h, il fait faim ! Nous croisons un peu avant le siphon Henri, qui lui s'est arrêté au pied des deux pas d'escalade poste méandre. Nous voilà rassemblés.
La journée ayant été chamboulée, comment nous organisons nous maintenant ? C'est le repas qui le décidera. La team Laurent, Andrea et Felix attaquera la voûte du siphon. La team Etienne et Henri ira fouiller la trémie aval et perfectionnera l'équipement du trou. La team Gilles et Alary nettoiera les gros blocs du ramping inutile et ouvrira la nouvelle route dans le mur du passe-matos. Toutes ces tâches se passent un peu en même temps. Pendant que la voûte est percée, la ligne est installée. Après quoi je file faire un seul trou dans la grosse dalle qu'on divise en dix morceaux. Gille dégage le bazar et je négocie de manière gourmande l'élargissement du passe-kit, qui devra attendre car la ligne est requise pour la voûte. On est loin mais on se fait tout de même bousculer. Du côté d'Etienne et Henri dans la trémie, ils ont mis la tête dans la vaste salle découverte par Jean-Mi et Sébastien le 07/06. Après quoi les voilà passés à l'optimisation de l'équipement du puits de l'Anéantissement.
Salle au-dessus de la trémie aval
Andrea et Félix nous rejoignent, car là-bas au carrefour, c'est le brouillard. On discute et j'en profite pour fermer les yeux parce qu'un mal de tête me suivant depuis notre arrivée s'est grandement intensifié depuis 14h, avec parfois une petite sensation de nausée. C'est rien, j'ai juste pas assez dormi... Ça me fait quand même du bien. On retourne au carrefour, en déplaçant sur le chemin des gros cailloux restés là. Le brouillard épais est l'occasion de s'amuser un peu avec la lumière.
Quelle atmosphère !
Laurent termine de vider l'accu du perfo dans la voûte, comme pour signifier qu'elle ne perd rien pour attendre. Entre temps je file relier la ligne au passe-kit. Gourmand j'avais peur, finalement c'est dosé, bon boulot. Je dégage quelques blocs, puis Laurent prend le relais en décrochant un bout au sol nous permettant de passer par cette nouvelle route.
On s'en remettra deux pour le confort et la sécurité
On se remonte tous un par un, profitant du nouvel équipement. Dans le sens de la remontée, la sortie de puits se fait sur une main courante tendue, aidée par une échelle blanche. Puis on progresse sur la margelle pour accéder à la prochaine tirée. Pour l'instant ce pendule frotte en haut. Une déviation placée à droite sur la paroi toute lisse devrait arranger les choses. Une fois presque tous remontés en haut des puits, nous nous rendons compte que les grandes mèches ont été oubliées en bas. Étant encore sur la corde pour purger davantage la tête de puits à la massette (qui doit encore être purgée au pied de biche !), je redescends les chercher. Une fois remonté et toujours dernier, je fais descendre un paquet de cailloux qui occupaient le méandre mais sans les envoyer par le fond, car impossible d'avoir le contrôle sur la corde du puits, leur chute l'aurait endommagée. Il faudra donc les faire descendre lors de la prochaine visite. Plus haut, Etienne et Felix revoient un bout d'équipement pour remplacer un goujon susceptible de s'arracher... Et effectivement, en tirant par la plaquette je parviens à le ressortir. Il est comme neuf. Ceci fait, nous regagnons la sortie sur les coups de 17h30. Petite note pour Jean-Mi la massette : il y a ta poignée de musée pas bien loin dans le trou.
En bref, une belle journée incroyablement efficace et rebondissante. Tout les objectifs ont été avancés, certains même cochés. Niveau première je l'estime à 400m, avec plein de zones d'ombres encore à fouiller, dont la grande salle terminale à ouvrir. Les objectifs prochains concernent l'élimination de la voûte du siphon, la topographie, la pose du pied de soutènement du bloc de l'entrée (là ou il y a le pied droit), ainsi que des petits aménagements de confort. Et bien sûr, il reste de la première à faire !
Vous êtes libres d'ajouter vos pensées et observations directement à ce compte rendu, si vous avez les droits, ou en m'envoyant un message, ou en commentaire.
Depuis la grande première du 11/02/26 où nous pensions avoir presque tout vu, à l'exception d'une escalade sur une coulée et d'un trou à ouvrir au sol clairement identifiés, il ne restait plus qu'à lever la topographie pour replacer la cavité dans son contexte. Après quelques mois d'impossibilités calendaires et grâce à un alignement parfait d'évènements, nous parvenons avec Etienne à nous caler un moment pour lever la topographie. L'occasion pour moi d'engager sérieusement le pas sur la pratique du relevé topographique.
Nous nous retrouvons à 11h sous la stèle, Etienne arrive de Toulouse. Nous descendons en posant un regard curieux sur les pentes qui cernent la vallée de Pémol. Nous passons devant le trou dragon vert et trouvons la barre. On commence par un rappel général du processus et des bons réflexes à avoir quand on topographie avec un Disto X et Topodroid. Pendant que nos deux téléphones prennent le point GPS, nous prenons le repas, puis c'est parti ! J'enregistre les visées et dessine, Etienne devant choisit les points et découvre le trou. Nous commençons par l'annexe supérieure où Etienne visitera les recoins inaccessibles aux mortels.
Puis nous descendons le puits. C'est aussi l'occasion de prendre un passionnant cours de karstologie de terrain. Nous cheminons ainsi jusqu'au bout des bouts. De l'autre côté du ressaut du lasso nous avions rapidement sondé un trou, malheureusement encore trop étroit pour qu'Etienne puisse passer. Au plafond, deux cheminées que nous n'avions pas vues seraient à escalader. Elles s'ajoutent à l'escalade de la coulée de calcite qui surplombe le ressaut du lasso. En clair, il y a des zones d'ombre.
Les mesures au Disto sont terminées. Etienne passe devant et remonte avec des techniques de barbare, pendant que derrière j'affine le dessin. En haut du puits il en profite pour se faxer dans un merdier sans nom et sans suite évidente. Difficile de trancher entre un trop léger courant d'air et un mouvement de convection. Au pied de la première corde du trou, Etienne me demande si j'ai fouillé le tout petit amont de gauche. J'y ai effectivement jeté un coup d'œil en février dernier, sans rien y trouver d'engageant. Mais Etienne, parvenant à s'avancer davantage y détecta un net courant d'air ! Le chantier semble quand même difficilement attaquable sans outils, alors on remonte. Mais au détour de la coulée de l'entrée et parce que nous sommes dans un trou à la Mas, nous trouvons le minimum d'outils nécessaire pour tenter un truc... Etienne redescend donc, je termine mon dessin puis le rejoins. Je gratouille dans le laminoir juste au-dessus, c'est bouché. Entre temps, Etienne a fait de la place et miracle, il y a du vide au-dessus entre les blocs !
C'est ici que ça se passe...
On se relaie pour décaisser le sol et sortir des dalles de dimensions inconnues trainant juste au-dessus de nos têtes. Au bout d'une heure, Etienne tente de passer, c'est grand au-dessus. 18h20, il passe.
Et c'est par là que ça passe !
Debout tout excité il élargit le passage par l'autre côté, je le rejoins. Incroyable... Devant nous une magnifique galerie horizontale d'au moins 2,50m de large sur 1m de haut. Au loin c'est encore plus grand, l'air est là ! Le sol vierge de toutes traces de passage, les cailloux anguleux rangés par taille et cette voûte blanche bien chénalisée. Au bout de la galerie on recoupe un accident, la galerie se décale sur la gauche en restant presque dans l'axe et remonte. Un imposant réseau racinaire descend par une grande et vieille coulée provenant du plafond. Nous contournons l'obstacle et passons dans la salle suivante. En haut à gauche une galerie remontante, des racines l'empruntent. En face à l'horizontal, une belle galerie au sol argileux se profile. Et au loin, tout ce dont nous pouvons rêver.
La suite !
On s'arrête là, pressés par l'heure de la réunion du SCA qui nous attend et car certains méritent bien d'explorer tout cela avec nous. Avant de partir, on fait une photo et on lève rapidement la topo de cette nouvelle galerie. Quelle journée de fou !
Etienne aux commandes
Côte topo, le point bas est à -45m et le trou développe sur au moins 202m. Il me faut désormais travailler sur le dessin, j'ai beaucoup à apprendre là dessus ! En attendant, voici une petite animation de la 3D et une vue en coupe développée. La nouvelle galerie développe en direction du nord-ouest (330°), la faisant psuivant le flanc du pic du Pemol.
Volumes 3D
Vue en coupe développée avec quelques repère. Le point 18 est le sommet du ressaut du lasso.
En prévision de cette sortie, je suis allé quelques jours avant, repérer l'entrée du trou et débroussailler les accès. Les coordonnées Grottocenter sont correctes. Cette journée de repérage spéléologique à vélo depuis Carcassonne est l'occasion de revoir aussi quelques autres trous : Trou mosquito (entrée obstruée ?), Aven de la Galine et Aven de l'Étable.
Le rendez-vous est donné à 9h30 à Missègre, avant de rejoindre l'une des seules places de parking en haut de la piste. Petite marche d'approche d'une quinzaine de minutes et nous voilà au trou. Lors du repérage, caché sous la mousse, le marquage rouge de l'entrée et vingt centimètres dessous, deux spits qui m'avaient paru bien rouillés. La fiche d'équipement ne les mentionne pas et indique une dev à la place. Finalement ces deux-là sont bons et avec Cabestan bien haut sur l'arbre, ça frotte seulement ponctuellement sur la terre et au moment de sortir. Cinq mètres dessous le premier monopoint, que l'on vient doubler en un temps record par un AF ! Le record à battre est de 15 minutes pour 10cm de roche... En effet notre perfo de compétition se révèle extrêmement capricieux ainsi que douloureux pour les oreilles et la patience. Après quelques instants de perçage il se débraye et le moteur tourne dans le vide, tentant parfois de raccrocher ou alors produisant un horrible bruit beaucoup trop fort semblable à celui de la fraise de détartrage du dentiste... La mèche restant coincée dans son trou plusieurs dizaines de fois. Pour remédier à cela il faut taper sur la machine, faire tourner le mandrin à la main, inverser le sens de rotation, ne pas appuyer trop fort, appuyer très fort... Bref, un rien le fait partir en vrille. Espérons ne pas avoir trop à l'utiliser.
Au pied du puits d'entrée nous croisons M. Crapaud, que nous saluons. Puis nous nous engageons dans les passages étroits. J'arrive devant un spit et un petit AN, associés à la tête du R7. C'est ok, mais la descente n'est pas bien large. Je descends un peu et Gilles placé au-dessus remarque un autre passage potentiel par une petite lucarne sur ma gauche. J'y jette un coup d'œil et trouve en plus d'un conduit plus spacieux, deux spits non mentionnés ! Elle est là la véritable tête du R7.
Vue vers le haut en tête du R7 par la lucarne
Malgré tout les deux points précédents sont nécessaires pour accéder au R7. J'équipe avec un peu de mal, j'ai peu de place. La tête du R5 est bien plus spacieuse. Encore un rétrécissement et nous arrivons sur un palier constituant l'accès au P38. Je prends les deux spits et pars à l'horizontal chercher le Y de la tête de puits. Les points sont deux mètres plus bas, je prends pied sur une margelle. La faille s'élargit, c'est confortable. En recentrant le nœud du Y on parvient à éviter un frottement au plafond qui se crée quand on atteint le frac du dessous.
Vue vers le haut du P38 depuis le large palier
On descend dans des goulottes et entre des pendants de plafonds parallèles à la faille, puis on prend pied sur un large palier. Alerte monopoint ! Mais il y a de quoi poser un AF. Gilles me rejoint et c'est reparti pour la douce mélodie... On commence à comprendre comment dompter la machine... En parallèle je remarque qu'il ne me reste qu'une seule plaquette, et que son boulon est foiré et risquerait d'endommager le spit. Gilles me file le rab restant, et se rend compte qu'une de ses plaquettes a perdu son boulon ! Heureusement il nous reste encore deux AS et du textile. À présent nous avons utilisé 4 spits de plus que la quantité mentionnée sur la fiche.
Mieux
La tirée suivante est courte, la fin se fait facilement en désescalade jusqu'au palier pour éviter un frottement. La main courante d'accès à la tête du P18 est là, on compte le matos qu'il nous reste. Je veux y mettre un AS mais sa vis ne mord pas. Le deuxième AS se pose sans souci. Gilles perce un AF en 12mm pour que je puisse garder la plaquette restante pour la tête de puits.
Frac au palier
Le départ du P18 est aérien. L'AS qui ne s'est pas posé la première fois ne se pose pas la seconde, sa vis est foirée ! Alors on entreprend un ultime AF des plus douloureux, qui n'aboutira jamais, le perfo ne perfore plus, il fait juste du bruit. Alors Gilles bricole un "faux frac", qui nous permet de descendre.
Faux frac
Le dernier équipement mentionne 1 AN à -10. Il y a effectivement deux grandes lames, mais équipé dessus n'évitera aucunement le frottement contre paroi sur la dernière tirée. On cherche d'autres options. Planter des spits bien dans l'axe de la suite serait envisageable, mais notre perfo est mort et on a plus de plaquettes. Alors Gilles trouve la solution en installant sa corde de 6mm reprise sur les deux lames. Certes c'est quand même en frottement. Mais elle ne les craint pas autant que la 8, et en faisant un petit effort, ça passe.
Lames vie depuis le bas ; depuis le haut
Gilles passe alors devant et descend jusqu'au prochain palier. Pour accéder à la suite il faut se faxer dans un rétrécissement vertical glissant. Le bout de la corde restant est bien utile ici. Je suis tout de même contraint d'enlever le baudrier et d'aller chercher plus loin un léger élargissement, me tartinant au passage correctement. Et enfin nous accédons à la poche terminale, à -95. Pas de courant d'air net détecté. Il est 14h, l'heure du repas !
La cheminée remontante.
Après quoi on se remonte. Kémo gérant le déséquipement. Les quelques passages étroits dans le R5 et le R7 sont les plus pénibles avec les kits et le pantin qui ne coulisse pas. Nous retrouvons M. Crapaud et la surface pour 16h.
Dehors !
Fiche d'équipement à jour :
P 12
corde 55m ; 1 AN sur arbre, 2 S (ou 1 dév.) ↓ 5m, 1 S + 1 AF ↓ 5m R 7
même corde ; 1 S + 1 AN (petit) ↓ 2m, 2 S (par une lucarne étroite) ↓ 5m
R 5
même corde ; 2 S (1 AF 12mm optionnel) ↓ 5m
P 38
corde minimum 90m ; 2 S → 4m ↓ 2m, 2 S (Y) ↓ 14, 2 S ↓ 15 , 1 S + 1 AF ↓ 7
P 18
même corde ; 2 S (1 AF 12mm optionnel) → 2m ↓ 2m, 2 S (Y) ↓ 10m, 2 AN (lames) ↓ 6m (grosfrottement sur la dernière tirée, mériterait un meilleur frac plus bas au palier. Fairependre le bout de la corde dans l'étroiture suivante est bien utile pour la remontée).
Dimanche 16 juin 2026
Grotte de Castelbouc IV
Participants :
SCA : Odile Mene ; Lucile et Elise Bonal ; Roland Bennes ; Eleanor, Mickaël et Steve Nau ; Pascal Aymeric ; Véronique Rieussec; Vincent Givord ; Leonie Shihora
Nous sommes arrivés la veille et avons commencé par une belle descente en canoë sur le Tarn. Le parcours nous a permis de découvrir la cascade de Saint-Chély, le village de Hauterives puis Saint-Énimie, dans un cadre naturel remarquable.
Nous avons ensuite passé la nuit au camping de Castelbouc, idéalement situé à proximité immédiate de la grotte de Castelbouc IV.
Le lendemain, place à la spéléologie. Après une courte marche d’approche et un rappel des consignes de sécurité, nous avons exploré la cavité en franchissant étroitures, passages à quatre pattes et zones plus techniques.
Point fort de la sortie : la grande salle des empreintes de dinosaures, datées du Bathonien (≈168 à 166 millions d’années), laissées par de grands herbivores de type sauropodes. Le fait que ces empreintes soient visibles au plafond rend le lieu particulièrement impressionnant et unique.
Nous avons poursuivi l’exploration en partie avec l’aide de mains courantes jusqu’à la salle du siphon terminal, où le plus courageux a pu se jeter à l’eau pour marquer la fin du parcours.
Retour ensuite par le même itinéraire, tous ravis de cette belle journée.
Ce week-end a été riche en découvertes, en sensations et en convivialité, mêlant aventure, nature et émerveillement. Merci Odile pour l'organisation.
Seconde
sortie à Castelbouc en deux jours pour faire découvrir cette
incroyable cavité à Vanessa et Simon qui ont un peu pratiqué la
spéléologie dans l'Aude.
Un
groupe de la base de plein air de Sainte-Enimie est juste devant
nous ; nous en profitons donc pour visiter la première salle
avant d'attaquer les étroitures.
Nous
croiserons d'ailleurs ce groupe dans la bonne humeur (il paraît
qu'ils viennent de faire une grillade de tyrannosaures !!!).
Nous
prenons le temps d'admirer les fossiles de coquillages, puis arrivons
dans la grande salle des contre-empreintes de pas de dinosaures (NB :
juste avant l'arrivée, j'ai loupé la montée et me suit essayée à
la chatière de Steve !!!).
L’intérêt
majeur de cette grotte réside dans la présence de remarquables
contre-empreintes de pas de dinosaures (sauropodes) vieilles
d'environ 165 millions d'années. Cette découverte constitue un
véritable voyage dans le temps et fait de cette grotte de Castelbouc
un site d'un intérêt scientifique et patrimonial. Observer ces
traces fossilisées dans une cavité souterraine est une expérience
rare qui illustre les liens étroits entre la géologie, la
paléontologie et la spéléologie.
Au
delà de cette richesse exceptionnelle, la sortie c'est poursuivie
jusqu'au siphon.
Chacun
a pu apprécier la diversité des autres salles, Kiryann c'est
particulièrement intéressé aux animaux cavernicoles que nous avons
découverts dans la salle de Minuit.
L'entraide
et la bonne humeur du groupe ont contribué à faire de cette
exploration familiale une expérience conviviale et enrichissante.
Samuel et moi rejoignons dimanche matin, au parking de la Fontaine de l'Ours, Gilles et Raphaël qui ont fait le Sarrat Dech Méné la veille.
Afin d'éviter la cohue de la transhumance nous arrivons tôt et ça tombe bien il faut dékiter du Sarrat et ré-enkiter pour les Indomptables!!
Un joli nom pour un gouffre, qui se laisse toutefois facilement dompter puisque c'est une grande classique de la Coume, mais une 1ère pour Sam sur ce massif mythique!
Sa découverte se fait en 1998 et à cette époque il est question de mettre en place des compétitions de spéléologie! oui, oui vous avez bien compris!! les découvreurs pour qui c'est une aberration donneront ce nom en témoignage de leurs désaccord.
Enfin revenons à nos moutons! transhumance oblige !!
Devant l'entrée
A 10h30 après une courte marche d'approche, on attaque la descente.
Raphaël à l'équipement, Gilles à l'encadrement multifonctions, Sam à l'assaut de l'indomptable monstre et moi qui ferme la marche.
Après le passage du 1er ressaut, on s'attaque au P30. Des AF ont été fait à chaque frac, ce qui n'est pas pour faciliter la tache de Raphaël dans la recherche des spits. Les AF c'est très bien quand on a prévu assez de dyneema!!
R6 de l'entrée
P30
On enchaîne sur le 1er P22 et enfin sur le 2ème P22 où Gilles prendra le relais de Raphaël à l'équipement.
Sam 9 ans et gras comme une sauterelle commence à refroidir!
Le 2ème P22
Quand on touche le fond, c'est l'heure du repas! le temps de tester les ponchos et de déguster le pâté et la saucisse du coin agrémentés d'une tisane bien chaude.
Le ventre plein, on repart direction la grande salle du Trou du Vent en bas à droite dans le pincement.
La plus belle de la Coume selon moi!
On arrive par le haut et on crapahute dans un immense pierrier avant de rejoindre une 1er partie sablonneuse.
Immense miroir de faille qui fait toute la salle
Dans la descente du pierrier
Les garçons en haut de la salle
Sur le chemin on croisera quelques graines germées et dépigmentées, inconscientes qu'elles poussent à leur perte et puisant dans leur ultimes ressources avant de s'éteindre par manque de photosynthèse.
Petite graine ne deviendra pas grande
Après avoir passé quelques blocs et descendu un nouveau pierrier bien glissant, on arrive dans la 2ème partie sablonneuse ou serpente un ruisselet à sec!
On passera devant l'arrivée du Mile et on poursuivra jusqu'au pertuis, tout au fond, pour aller jeter un œil au P22 (le puits Danielle) qui permet la traversée jusqu'à PDG par les puits du TDV.
Ca donne des envies à Sam qui aurait bien continué!
Mais il est l'heure de remonter à la surface.
Au retour, c'est l'occasion de faire de belles photos de cette immense salle.
Tout le mérite revient à Gilles.
A la base des puits, Gilles passe devant pour précéder Sam et veiller aux bonnes pratiques de la remontée sur corde et du passage de frac. Moi en suivant et Raphaël au déséquipement.
La remontée se fait bon train et Sam expérimente pour la 1ere fois le pantin, qui est vite adopté.
Sam en haut du P22, le Pantin c'est trop bien!
Sam, le sourire aux lèvres à la sortie des Indomptables
Sortie vers 17h et retour au parking pour une séance d'Apéro-dékitage !
Point de binouse ce jour là, on se contentera de Schweppes au bon gout de "fruit du Dragon" 😉!!! et de son assortiment de crackers à l'argile des Indomptables.