lundi 29 juin 2026

Deux jours au Gouffre du Caractère

Vendredi 26 et samedi 27 juin 2026

Participants : Vladimir, Gilles, Alary

TPST : 19h30  / Gouffre du Caractère, Coume Ouarnède

Vendredi matin Gilles passe me chercher à Carcassonne, avant de filer à la gare de Foix récupérer Vladimir. En amont, Gilles a préparé 4 kits remplis du matériel nécessaire : 580 m de corde et plus de 134 amarrages, sans compter le rab. À Herran, nous passons par le gîte de la Paloumère où Vladimir nous a réservé une chambre. Nous y déposons quelques affaires. Vers 11h, nous arrivons au parking de la Fontaine de l'Ours et nous préparons à rejoindre l'entrée du trou. Avec les coordonnées et la trace GPS, nous y accédons en une trentaine de minutes. On mange un bout et on se prépare. L'entrée verticale (R6) est étroite sur une dizaine de mètres et donne sur un beau P35. Il est 12:30, c'est Vladimir qui équipe, nous le suivrons avec le reste du matériel.
   
Au parking ; début de l'équipement
Je ferme la marche et descends avec deux kits qui me donneront bien chaud dans le R6. Au pied du P35, nous trouvons l'actif qui coule au goutte à goutte. Pendant que Vladimir équipe le P5 et le P11, avec Gilles nous remontons l'amont, mais sommes très rapidement stoppés par une étroiture sous trémie où le matos s'accroche partout. Et puis il n'y a rien à voir de plus par là ! Après ces deux obstacles, une petite main courante mène à l'escalier, où les marches sont des marmites fossiles plus ou moins grandes. Je récupère au passage une Leptoneta à la région oculaire vestigiale. Intéressant ! Puis prends l'équipement. La suite est une vire au-dessus d'un haut méandre suivie d'un P5 en pendule qui mène au P13 par une margelle dépourvue de main courante. En haut du P13 suivant je localise 3 spits, mais leur emplacement générera du frottement. Je cherche un moment sans trouver quoi que ce soit sur l'autre paroi, le frac sera bas et ça fonctionnera comme ça. Dessous une petite bricole équipée en frac, mais qui pourrait aussi l'être en déviation. Gilles prend le relais pour le P9, le P47 et le P8. Rien de compliqué jusqu'à un palier intermédiaire dans le P47, à -24 environ où il faut fractionner. Un peu par hasard, il se décale vers sa gauche sur 2 mètres et trouve deux spits cachés. On aurait pu chercher longtemps !
   
P47 vue depuis le haut ; vue depuis le bas
Je reprends ensuite pour le P4 (étroit), le P5 et le P32. Dans ce dernier il est question d'une déviation sur AF, que je cherche aux emplacements où elle irait bien sans la trouver. Un AN plus bas au-dessus d'une coulée fera le travail. Je descends jusqu'à la base du puits pour y laisser le kit de matériel. D'ici débute un long méandre, mais ce sera pour demain. Niveau matériel, nous avons beaucoup de rab, nous en remontons une partie et laissons le reste dans la salle de l'Audience. Il est 17h20, nous remontons léger et faisons quelques images. Cela nous permet aussi de tester l'étroitesse du R6 d'entrée dans ce sens. Il en ressort qu'avec un kit à tirer la tache sera extrêmement pénible. On les tirera depuis l'extérieur.
   
P35 vue depuis le haut ; vue depuis le bas
Dehors nous laissons une partie de notre matériel à sécher et faisons un rapide détour par le Gouffre Duplessis et son impressionnante doline d'entrée. Enfin nous rejoignons le parking et le gîte.
   
Séchoir ; entrée n°2 Duplessis


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Le lendemain 8h départ du gîte. Nous rejoignons l'entrée du trou en un temps record et descendons avec du matos bien sec. Au passage du P13, je regarde de nouveau si je ne trouve pas le spit que je n'ai pas vu hier. Je le trouve finalement, bien camouflé, et planté effectivement là où je le cherchais... Même chose pour l'AF du P32, que je trouverai proche du départ et pas à mi-hauteur comme peut le laisser penser la topographie. C'est parti pour le méandre, d'abord large et se rétrécissant par la suite. Deux marmites ponctuent le cheminement, leur passage peut se révéler compliqué. Enfin le P11 et le P14, j'équipe et les suivants ajustent.
Dans le méandre ; bassine à la base du P14
Après quoi Vladimir prend le relais pour le P8. Nous arrivons à l'Absurde, une escalade de 2m où l'on redescend directement derrière pour passer un mur fin de calcite altérée. Devant ça je ne résiste pas et rabote le haut de 40 centimètres. Pendant ce temps, Gilles équipe la vire et le P17 qui suit. On y accède par un R3 un peu exposé.
Depuis le haut du P17
   
Bassine au bas du puits et quelques concrétions
De l'autre côté de la salle, une escalade de 4 mètres semble donner dans un grand volume, mais les prises ne sont pas fiables... On s'insinue dans le méandre et arrivons au-dessus d'une bassine. Deux options : désescalader et traverser la bassine ou poser une main courante au-dessus. Vladimir se lance dans l'installation de la main courante. Je regarde si on peut toutefois désescalader et traverser la bassine. J'y parviens, mais le remplissage de botte n'est pas loin. Avec un gros caillou je viens retirer quelques lames bien pénibles pour descendre. Puis nous tenterons de placer des blocs dans l'eau pour éviter de nous mouiller.
Pose des pas japonais
La main courante est abandonnée, tout le monde désescalade. Le sol globalement propre se transforme en une bougnafle liquide et profonde. Au R6 nous trouvons une trousse à spit complète, signée "ToT" au dos, nous la remontrons. J'embarque avec moi le marteau pour taper ce qui gênerait dans la suite. Nous descendons ce R6 et nous nous engageons dans un conduit boueux bas. Sur la topo, un autre cheminement apparait de l'autre côté du R6, seulement y accéder ne nous a pas sauté aux yeux. Peut-être se prend t-il de plus haut ?
Le conduit
Ce conduit bas mène à un ressaut de 2 mètres. Gille installe une cordelette pour s'aider à passer l'obstacle. Mais au moment de se mettre en poids, le pont de calcite se retrouve fortement incisé par la corde, comme un chèvre frais sous la trancheuse à fromage. À la place, deux petits AN feront le travail. On continue dans ce méandre où l'on s'enfonce dans le sol, jusqu'au P7 et au P5. Le dernier obstacle se rapproche, celui de la jonction avec le puits de la Tyrolienne donnant accès aux galeries du Pont de Gerbaut et Michel Juhle (P25 depuis la main courante, 44m de là où nous sommes). Le méandre s'étire vers le bas et d'un coup, le vide apparait. Le tout s'équipe sur AN, la fenêtre de tir pour réussir à descendre les 17 mètres et à penduler pour rejoindre la main courante n'est pas bien permissive. Alors Gilles réalise un faux frac avec de longues dyneema pour que l'on puisse descendre. Le puits est impressionnant et l'équipement s'annonce compliqué, on se refroidit tous.
   
Le faux frac ; le puits
Pour rejoindre la main courante Gilles doit penduler sur 6 mètres. Impossible de prendre l'élan requis, la paroi côté dos est trop proche. Alors il réalise une conversion et remonte pour installer une dev temporaire sur un pendant de paroi acéré, lui permettant de se rapprocher au maximum du palier de la main courante. C'est sueur mais ça passe ! Je seconde et tente de passer la déviation sans escalader le bloc ça ne passe pas. Du coup je la démonte avec un peu de difficulté et continue à descendre. De là je n'ai plus qu'à me tracter pour rejoindre la main courante. Ce n'est pas une grande verticale, mais la configuration générale du truc suffit à apporter des sensations. Puis Vladimir nous rejoint.
Tous congelés, nous enfilons les ponchos et cassons la croûte. Après quoi nous cheminons dans les belles galeries du PDG jusqu'à l'immense salle Elisabeth Casteret, observant au passage quelques formations de gypse.
Repas de 15h32
   
La salle Elisabeth Casteret ; la cascade de 70m
   
Où est Vladimir ? ; gypse
La salle est grandiose et vaut vraiment le coup d'être vue. Bien sûr il y a des accès plus faciles. Demi-tour, il est 16h15. Je déséquipe le fond en commençant par le pendule. Plusieurs options, mais celle mise en œuvre va consister à me mettre légèrement en poids sur la corde de remontée en restant longer à la main courante. À démonter ce qui relie le bout de la corde de remontée à la main courante et à faire passer tout ce mou qui pend sous moi dans un maillon rapide de la main courante. Et à installer mon descendeur sur ce brin courant pour m'auto-mouliner. Une fois en place je me délonge et pars un peu en arrière pour que les deux logeurs s'équilibrent et se tendent. Puis je me mouline pour revenir à l'aplomb de la verticale. La corde est juste à la bonne taille, moins d'un mètre avant le nœud de bout de corde. Ensuite je défais le descendeur et rappelle le bout de la corde en ayant défait le nœud de bout de corde. Je remets tout ce qui doit l'être en conformité et remonte tranquillement. Je déséquipe jusqu'au P17 et sa vire. Vladimir est parti devant.

Au détour d'un embranchement au-dessus du R3, je phrase espérant que Vladimir ne s'est pas trompé et est bien allé à droite... Nous franchissons le P8 et Gilles le déséquipe. Devant je ne vois personne mais une voix résonne quand même, je pense alors que Vlad est plus loin devant. La réalité est que l'écho trompeur a brouillé les pistes, Vlad s'est trompé de chemin probablement au niveau du R3 (la topo n'indique aucune autre option) et est passé dernier ! Il n'y a plus la corde. Heureusement qu'il s'en est rendu compte et qu'il est parvenu à nous retrouver avant que nous n'avancions davantage. D'où la nécessité absolue de s'arrêter au moindre doute de cheminement et de rester au minimum à portée claire de voix. Du coup Gilles rééquipe et laisse Vlad déséquiper. Je pars devant avec un kit enclume, Gilles et Vlad se partageront ensuite le déséquipement. Au sommet du P47 je récupère un deuxième kit enclume et avance jusqu'au sommet de l'escalier. Gilles me rejoint et nous discutons de comment faire remonter les kits dans le R6 d'entrée. Une microtraction et deux fois 10 mètres de cordelette devraient faire le travail. Je récupère ça et remonte tout doucement pour ne pas surchauffer. Sous le R6 je pose de quoi stocker les kits hors chute et hors passage, puis déroule la corde retour jusqu'à dehors. La remontée se passe bien plus facilement qu'hier. En haut petite micro-traction, le système est prêt. Il est 22h15, on amorce la remontée de tous les kits (même celui de déséquipement). Le système fonctionne bien. À 22h40 nous sommes tous sortis.
La remontée des kits
La marche retour se fait écrasante sous le poids des kits et de la fatigue, pourtant ce n'est par terminé ! Au parking c'est l'heure (littéralement) de désenkitage, suivi d'un casse croute médiocre mais mais qui fait plaisir.
Le merdier infini
Une heure du matin, nous prenons la route direction Foix déposer Vladimir, puis retour sur Carcassonne en se relayant régulièrement. Vers 3h45 nous y voilà, encore un petit effort avant de trouver le lit... Ouf, c'était de la sortie !

C'est peut être une sale idée, mais voici l'album photo de ces deux jours : Album photo - Gouffre du Caractère

mardi 23 juin 2026

Tout s'accélère au Septuagénaire

Samedi 20 juin 2026

Participants : Henri, Laurent, Gilles, Andréa, Etienne, Daniel M., Félix, Rowland, Alary

TPST : 7h30  / Grotte du Septuagénaire (Labastide-en-Val)

Aujourd'hui c'est grosse mission. Les objectifs sont multiples : pompage du siphon amont (prévoir de pouvoir attaquer la voûte) ; escalade dans l'aval ; rééquiper les puits de l'Anéantissement ; aménager deux passages pour faciliter la progression. C'est aussi pour certains d'entre nous une première dans ce trou. 

Tous les présents se retrouvent au parking habituel, où le matériel fuse dans tous les sens. Masdan établit son marché de batteries, de pompes et de kits, mais ne descendra pas dans le trou. Il devait initialement descendre au Cinquantenaire en tant que chimiste, mais faute de nombre nous ne pouvons l'accompagner et accomplir les missions au Septu. Il restera en surface pour bartasser jusqu'à la vieille piste sud et mesurer sa décrépitude.
Le marché
Après que le matos ait été distribué plus ou moins en fonction de qui fait quoi, direction le trou. On se change à l'entrée et c'est parti pour descendre pas mal de bordel au fond. On laisse Henri et Rowland au puits de l'Anéantissement, chargés de rééquiper le truc. Nous autres allons au carrefour Synapse (?), démontant au passage des blocs à l'origine d'un ramping ponctuel inutilement pénible.
Sous la salle de l'Anéantissement
Laurent se prépare pour aller examiner la voûte, suivi de Félix, Gilles et Andrea pour l'installation de la pompe. Etienne et moi prévoyons l'escalade de calcite à l'aval. Mais avant de débuter, Etienne s'en va rapidement faire un tour dans le méandre de poudingue. C'est à ce moment précis que la journée prit une tout autre direction.

En arrivant dans le méandre, il détecte immédiatement un courant d'air. Et en arrivant devant le siphon, pas de siphon. Le passage est ouvert ! Etienne passe et abaisse abaisse le passage avec Laurent en bougeant la bougnafle du fond de la cuve, derrière ça se relève immédiatement, ça bifurque sur la droite, c'est de toute beauté ! Nous le suivons. Quelle dut être la surprise quand Henri et Rowland se sont pointés là après leur rééquipement...

La voûte du siphon ; de l'autre côté du siphon


Galeries satisfaisantes
L'actif temporaire emprunte parfois des passages bas et se faufile sous les blocs. Nous ne restons pas dedans mais nous le recoupons régulièrement. Comme c'est habituel ici, beaucoup de choses sont effondrées, instables et altérées, nous avançons avec prudence et légèreté. Après quelques virages et un petit crapahut, nous débouchons dans une vaste salle jonchée de blocs plus ou moins massifs. Au-dessus du plus gros d'entre eux, une escalade se profile au plafond d'où tombent encore quelques gouttes. Derrière, la salle se poursuit : environ 10m de large, 30 de long et 4 de haut. Dans un coin, un puits perce le plafond de poudingue par un méandre suspendu. Pour s'y retrouver, appelons-le "puits de la compote". Nous continuons de remonter vers l'amont, le lit de l'actif se divise en deux mais se rejoint un peu plus loin. Quelques massifs de concrétions tapissent les plafonds.


Le plus gros bloc ; vue depuis le centre de la salle ; base du puits de la compote
Un rapide ramping dans la boue donne dans une petite pièce d'où un beau méandre dans les poudingues s'ouvre à 1m80 du sol. Le méandre est plus haut que ça, mais seule la partie médiane est pénétrable (1m30 de haut sur 45cm de large). Le haut est un impénétrable et le bas s'élargit jusqu'à 2 mètres par endroit, mais impossible d'y accéder en l'état malgré le caillassage. Pourtant cela nous arrangerait grandement ! Malgré tout, le méandre s'élargit facilement. Taper avec un galet sur les autres galets permet de bien l'élargir et de passer. C'est Félix qui ouvre la voie. À plusieurs reprises le méandre bifurque dans un sens, puis dans l'autre. Dessous il se passe des choses, c'est plus vaste et il y a de l'eau (quand on lance des cailloux à l'aveugle).
Dans le méandre
Petite observation à l'entrée du méandre : un niveau de crue avec du dépôt est visible sur les parois, or il n'y a pas d'obstacles hormis le siphon et la trémie tout en aval. Peut-être que les mises en charge actuelles peuvent atteindre ce niveau, atteignant une côte qui pourrait correspondre aux traces de mises en charge de la trémie aval ou encore celles observées dans le Cinquantenaire... Plus on avance vers l'aval, plus les niveaux sont en hauteur sur les parois... Prudence donc. Pendant que nous essayons de passer le méandre, Etienne et Andrea reviennent en arrière et réalisent l'escalade que nous devions faire initialement. Il arrive très rapidement en haut et fait le tour. Conclusion, rien à espérer de ce côté-là. Retour au méandre, le plafond s'élève, nous rejoignons la strate marneuse supérieure et débouchons après deux pas d'escalade dans une galerie fossile avec un amont et un aval. La galerie est fracassée, le sol est fait de blocs en équilibre au-dessus du vide du méandre.
   
Vue vers l'amont ; vue vers l'aval
Nous allons d'abord vers l'amont. Ça tourne et l'actif repart de nouveau à contre pendage. Au bout, le plafond est effondré. On passe sous l'attendrisseur à viande et on se scinde en deux. (elle sonne bizarre cette phrase). Sur la droite, un conduit invite Laurent à le suivre. Il s'arrêtera sur un passage bas nécessitant de se mouiller. De mon côté, je suis le cours principal et débouche dans une salle aux limites floues tant elle est sans dessus dessous. De la trémie autour, des gros blocs, un méandre recoupé... J'explore et grimpe, puis atterris dans une pièce toute ronde avec au centre du plafond un trou qui goutte. Contre paroi, on peut redescendre entre les blocs, je n'ai pas fouillé. De l'autre côté, j'arrive sur un monticule d'argile et de roche altérée, un trou de 20cm de diamètre laisse entrevoir au-dessus le noir absolu ! Il y a juste là une très grande salle... Alors je creuse comme je peux pendant une vingtaine de minutes au-dessus de ma tête, mais le tout est bien compacté et mes appuis par moments se font la malle... Impossible pour moi de passer. Il faudra une piquette.
Arrêt sur presque rien...
Laurent et Félix me rejoignent et visitent le coin, puis c'est le moment de revenir en arrière. Avant de redescendre au méandre de poudingue, nous allons vers l'aval. La galerie ne bifurque que très légèrement. La galerie se divise ensuite en deux branches taillées en serrure. À la confluence, le sol est percé et le vide apparait sur une quinzaine de mètres. Ce puits nous parait familier sur quelques traits. Et en effet, nous sommes juste au-dessus du puits de la compote ! Pour en être certain (et pour obtenir l'origine de ce nom...), Félix envoie en éclaireuse une compote, que nous retrouverons bel et bien à la base du puits au retour. À l'horizontale du coup, ça continue. Je ne vais pas dans la branche de droite, mais passe au-dessus du vide et m'engage dans un réseau de conduites forcées. Plusieurs départs étroits recoupent ma conduite perpendiculairement. Je vais jusqu'au bout et après une quinzaine de mètres ça se rétrécit. Un passage en S trop étroit m'empêche de poursuivre, un second m'attend même pas 2m plus loin... Ramping arrière.


Conduites forcées cupulée
Retour en direction du carrefour Synapse, il est 14h, il fait faim ! Nous croisons un peu avant le siphon Henri, qui lui s'est arrêté au pied des deux pas d'escalade poste méandre. Nous voilà rassemblés.

La journée ayant été chamboulée, comment nous organisons nous maintenant ? C'est le repas qui le décidera. La team Laurent et Felix attaquera la voûte du siphon. La team Andrea, Etienne et Henri ira fouiller la trémie aval et perfectionnera l'équipement du trou. La team Gilles et Alary nettoiera les gros blocs du ramping inutile et ouvrira la nouvelle route dans le mur du passe-matos. Toutes ces tâches se passent un peu en même temps. Pendant que la voûte est percée, la ligne est installée. Après quoi je file faire un seul trou dans la grosse dalle qu'on divise en dix morceaux. Gille dégage le bazar et je négocie de manière gourmande l'élargissement du passe-kit, qui devra attendre car la ligne est requise pour la voûte. On est loin mais on se fait tout de même bousculer. Du côté d'Etienne, Andrea et Henri dans la trémie, ils ont mis la tête dans la vaste salle découverte par Jean-Mi et Sébastien le 07/06. Après quoi les voilà passés à l'optimisation de l'équipement du puits de l'Anéantissement. 
Salle au-dessus de la trémie aval
Andrea reste avec Gilles et moi, puis Félix nous rejoint, car là-bas au carrefour, c'est le brouillard. On discute et j'en profite pour fermer les yeux parce qu'un mal de tête me suivant depuis notre arrivée s'est grandement intensifié depuis 14h, avec parfois une petite sensation de nausée. C'est rien, j'ai juste pas assez dormi... Ça me fait quand même du bien. On retourne au carrefour, en déplaçant sur le chemin des gros cailloux restés là. Le brouillard épais est l'occasion de s'amuser un peu avec la lumière.
Quelle atmosphère !
Laurent termine de vider l'accu du perfo dans la voûte, comme pour signifier qu'elle ne perd rien pour attendre. Entre temps je file relier la ligne au passe-kit. Gourmand j'avais peur, finalement c'est dosé, bon boulot. Je dégage quelques blocs, puis Laurent prend le relais en décrochant un bout au sol nous permettant de passer par cette nouvelle route.
On s'en remettra deux pour le confort et la sécurité
On se remonte tous un par un, profitant du nouvel équipement. Dans le sens de la remontée, la sortie de puits se fait sur une main courante tendue, aidée par une échelle blanche. Puis on progresse sur la margelle pour accéder à la prochaine tirée. Pour l'instant ce pendule frotte en haut. Une déviation placée à droite sur la paroi toute lisse devrait arranger les choses. Une fois presque tous remontés en haut des puits, nous nous rendons compte que les grandes mèches ont été oubliées en bas. Étant encore sur la corde pour purger davantage la tête de puits à la massette (qui doit encore être purgée au pied de biche !), je redescends les chercher. Une fois remonté et toujours dernier, je fais descendre un paquet de cailloux qui occupaient le méandre mais sans les envoyer par le fond, car impossible d'avoir le contrôle sur la corde du puits, leur chute l'aurait endommagée. Il faudra donc les faire descendre lors de la prochaine visite. Plus haut, Etienne et Felix revoient un bout d'équipement pour remplacer un goujon susceptible de s'arracher... Et effectivement, en tirant par la plaquette je parviens à le ressortir. Il est comme neuf. Ceci fait, nous regagnons la sortie sur les coups de 17h30. Petite note pour Jean-Mi la massette : il y a ta poignée de musée pas bien loin dans le trou.

En bref, une belle journée incroyablement efficace et rebondissante. Tout les objectifs ont été avancés, certains même cochés. Niveau première je l'estime à 400m, avec plein de zones d'ombres encore à fouiller, dont la grande salle terminale à ouvrir. Les objectifs prochains concernent l'élimination de la voûte du siphon, la topographie, la pose du pied de soutènement du bloc de l'entrée (là ou il y a le pied droit), ainsi que des petits aménagements de confort. Et bien sûr, il reste de la première à faire !

Vous êtes libres d'ajouter vos pensées et observations directement à ce compte rendu, si vous avez les droits, ou en m'envoyant un message, ou en commentaire.

lundi 22 juin 2026

OPEN BARRE !!

Vendredi 19 juin 2026

Participants : Etienne, Alary

TPST : 6h30  / Trou de la Barre, Trassanel

Depuis la grande première du 11/02/26 où nous pensions avoir presque tout vu, à l'exception d'une escalade sur une coulée et d'un trou à ouvrir au sol clairement identifiés, il ne restait plus qu'à lever la topographie pour replacer la cavité dans son contexte. Après quelques mois d'impossibilités calendaires et grâce à un alignement parfait d'évènements, nous parvenons avec Etienne à nous caler un moment pour lever la topographie. L'occasion pour moi d'engager sérieusement le pas sur la pratique du relevé topographique.

Nous nous retrouvons à 11h sous la stèle, Etienne arrive de Toulouse. Nous descendons en posant un regard curieux sur les pentes qui cernent la vallée de Pémol. Nous passons devant le trou dragon vert et trouvons la barre. On commence par un rappel général du processus et des bons réflexes à avoir quand on topographie avec un Disto X et Topodroid. Pendant que nos deux téléphones prennent le point GPS, nous prenons le repas, puis c'est parti ! J'enregistre les visées et dessine, Etienne devant choisit les points et découvre le trou. Nous commençons par l'annexe supérieure où Etienne visitera les recoins inaccessibles aux mortels.
Puis nous descendons le puits. C'est aussi l'occasion de prendre un passionnant cours de karstologie de terrain. Nous cheminons ainsi jusqu'au bout des bouts. De l'autre côté du ressaut du lasso nous avions rapidement sondé un trou, malheureusement encore trop étroit pour qu'Etienne puisse passer. Au plafond, deux cheminées que nous n'avions pas vues seraient à escalader. Elles s'ajoutent à l'escalade de la coulée de calcite qui surplombe le ressaut du lasso. En clair, il y a des zones d'ombre.

Les mesures au Disto sont terminées. Etienne passe devant et remonte avec des techniques de barbare, pendant que derrière j'affine le dessin. En haut du puits il en profite pour se faxer dans un merdier sans nom et sans suite évidente. Difficile de trancher entre un trop léger courant d'air et un mouvement de convection. Au pied de la première corde du trou, Etienne me demande si j'ai fouillé le tout petit amont de gauche. J'y ai effectivement jeté un coup d'œil en février dernier, sans rien y trouver d'engageant. Mais Etienne, parvenant à s'avancer davantage y détecta un net courant d'air ! Le chantier semble quand même difficilement attaquable sans outils, alors on remonte. Mais au détour de la coulée de l'entrée et parce que nous sommes dans un trou à la Mas, nous trouvons le minimum d'outils nécessaire pour tenter un truc... Etienne redescend donc, je termine mon dessin puis le rejoins. Je gratouille dans le laminoir juste au-dessus, c'est bouché. Entre temps, Etienne a fait de la place et miracle, il y a du vide au-dessus entre les blocs !
C'est ici que ça se passe...
On se relaie pour décaisser le sol et sortir des dalles de dimensions inconnues trainant juste au-dessus de nos têtes. Au bout d'une heure, Etienne tente de passer, c'est grand au-dessus. 18h20, il passe.
Et c'est par là que ça passe !
Debout tout excité il élargit le passage par l'autre côté, je le rejoins. Incroyable... Devant nous une magnifique galerie horizontale d'au moins 2,50m de large sur 1m de haut. Au loin c'est encore plus grand, l'air est là ! Le sol vierge de toutes traces de passage, les cailloux anguleux rangés par taille et cette voûte blanche bien chénalisée. Au bout de la galerie on recoupe un accident, la galerie se décale sur la gauche en restant presque dans l'axe et remonte. Un imposant réseau racinaire descend par une grande et vieille coulée provenant du plafond. Nous contournons l'obstacle et passons dans la salle suivante. En haut à gauche une galerie remontante, des racines l'empruntent. En face à l'horizontal, une belle galerie au sol argileux se profile. Et au loin, tout ce dont nous pouvons rêver.
La suite !
On s'arrête là, pressés par l'heure de la réunion du SCA qui nous attend et car certains méritent bien d'explorer tout cela avec nous. Avant de partir, on fait une photo et on lève rapidement la topo de cette nouvelle galerie. Quelle journée de fou !
Etienne aux commandes

Côte topo, le point bas est à -45m et le trou développe sur au moins 202m. Il me faut désormais travailler sur le dessin, j'ai beaucoup à apprendre là dessus ! En attendant, voici une petite animation de la 3D et une vue en coupe développée. La nouvelle galerie développe en direction du nord-ouest (330°), la faisant psuivant le flanc du pic du Pemol.
Volumes 3D
Vue en coupe développée avec quelques repère. Le point 18 est le sommet du ressaut du lasso.