Participants : Gérard L. (Gégé), Robert A. (Bob), Andréa, Félix, Gilles, Alary
TPST : 8h30 / Torca del Porrón, Valdicio
Très certainement l'objectif le plus impressionnant de la semaine, le Gran Pozo et ses 435m de verticale.
Arrivée matinale par une petite route qui serpente entre les montagnes en étages. Chargement des sherpas, entre 20 et 30kg par sac, sachant que Bob explose tous les records avec son matériel photo ! Avec la trace GPS et un point de l'entrée placé sur Google Maps, nous entamons la montée en tentant de suivre un semblant de chemin. Plus haut, deux paysans réparent une clôture, aidés de leur mule de portage. On devrait s'en inspirer... Chacun prend donc sa propre trace, avant de trouver un ancien sentier pavé à quelques endroits. Nous passons les enclos à vaches et approchons l'escarpement rocheux du pic. Je grimpe voir si ça passe par le haut, le reste du groupe passe par le bas. Mauvaise idée de passer par le haut, c'est un lapiaz de fines lames tranchantes de 2 à 3m de haut. Pour autant je le traverse et rejoins l'entrée du trou, que tout le monde atteindra à 10h05, après 1,1km et 260m de dénivelé.
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| Le sommet chatouillant les nuages (le trou s'ouvre sur sa gauche) ; la vallée à remonter et le cirque en haut |
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| La vue depuis le haut |
L'entrée du trou n'est pas bien grande et se situe au-dessus d'une doline, dans laquelle s'ouvre la Torca del Tejón, qui présente un P345 parallèle communiquant avec le P435 vers -400. Nous organisons le matériel et la suite de kits. Gille équipe, je le suis. Le reste du groupe temporisera une heure dehors avant de rentrer dans le trou nous rejoindre. Niveau horaire nous avons pris large, ne sachant pas trop à quoi nous attendre...
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| La topo |
Le trou débute par un petit ramping suivi du P7 permettant de descendre dans le méandre étroit, qui s'élargit par la suite. Après ce ramping je me redresse pour atteindre la tête du P7, mais les kits et mini-kits, qui vivent la situation comme ils le veulent, décideront de s'arranger pour que le mini-kit de la C50 de rab se décroche de mon baudrier (mousqueton sans vis). Heureusement il se coincera plus bas dans une poche du méandre facilement accessible... Au bout de 20m de méandre, une tête de puits apparait, mais ce n'est pas la grande verticale. Ce premier jet fait une cinquantaine de mètres, les goujons de tête tournent dans leur logement. On met pied sur un palier confortable où est posée la capsule temporelle de Jesús Calleja.
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| La capsule temporelle ; le début de la grande tirée |
C'est à partir d'ici que les 435m semblent réellement débuter (environ 320m restants), mais il faut descendre encore d'une vingtaine de mètres pour apercevoir la monumentalité du Gran Pozo s'étirer sous nous. Pour l'instant c'est broché/goujoné en fixe et souvent doublé. Nous passons près de l'unique petit pied à terre de la vertical, qui s'atteint par une main courante aux ancrages douteux. Nous n'y mettrons pas les pieds.
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| Environ 320m de vertical absolu ; la main courante douteuse |
Le premier kit de 200m de corde est vidé vers la côte -130, je prends le relais à l'équipement. En même temps, le reste du groupe commence à se faire entendre plus haut. Les fractionnements doublés se font désormais rares, mais à la place nous trouvons des goujons de 10 solitaires. À de plus rares moments, trois points sont présents. Entre temps, Félix me rejoint avec le reste des kits. Ayant pris le coup et par facilité de croisement, je continue à l'équipement jusqu'en bas. Relevons à un endroit un fractionnement doublé (triplement possible), qui occasionne des frottements plus bas à cause de sa petite margelle. Nous optons avec Félix pour une option qui nécessitera la pose d'un pulse même pas 10m plus bas. La descente continue et après un peu plus de 3H, je commence à entrevoir le fond et la plateforme du bivouac.
| Quelque part dans le puits à la descente |
Quelques dizaines de mètres, la dernière tirée n'est pas doublée, un pulse fera le travail. Enfin, peu avant 15h, je touche le fond, après 4H de descente. Quelques départs désobstrués descendent encore d'une vingtaine de mètres, mais sans suites avérées.
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| Vue vers le haut depuis la base du puits ; le bivouac à +15 par rapport à la base du puits |
Certains d'entre nous ont déjà mangé, pour les autres c'est le moment. Nous faisons le tour de la base du puits, montons au bivouac par une corde tonchée de partout, puis entamons la remontée sans tarder. C'est Gilles, Andréa et Gégé qui déséquiperont. Nous réaliserons quelques dépassements et croisements dans l'ordre des équipiers. Finalement, la remontée se fait très bien, aidée par des tirées de longueur raisonnable (10, 20, 30m, rarement plus) et par le fait que nous soyons contre paroi 80% du temps. Mention spéciale à cette broche dynamique :
En 3h30, nous sommes sortis de la grande verticale. C'est comme si on était dehors ! D'ailleurs sur les coups de 19h10, nous y voilà. Contre toute attente, nous avons été plutôt rapides tout en ayant pris le temps. Le ciel bleu est là, c'est certain, mais nous, nous sommes dans les nuages. Un peu de fraicheur fera du bien pour le retour.
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| Plus qu'à redescendre ! |
Nous passons sous les nuages et regagnons le gîte bien avant la tombée de la nuit. En résumé, Torca del Porrón est un trou exceptionnel, d'intérêt uniquement pour son P435. Le fait de ne pas voir le fond, même lampe au maximum, instaure un sentiment particulièrement abyssal. Autrement, il ne revêt pas de difficultés techniques. Il faut seulement veiller à ne pas le remonter trop vite, c'est de l'endurance !
















1 commentaire:
Ils ont oublié de dessiner l'ascenseur sur la topo 🤣
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