dimanche 19 juillet 2026

Traversée Tonio-Cañuela (Cantabrie)



Six jours de spéléologie en Cantabrie (Espagne)


Du 12 au 17 juillet 2026



- En guise d'introduction, compte rendu du premier jour -



Si je devais donner un point de départ à cette organisation (remerciements aux concernés), je m'arrêterais sur la découverte un peu floue de l'existence d'un impressionnant P435 et de la proposition un peu folle de le descendre... Après une petite journée de route et avec une synchronisation horaire honorable, nos trois voitures se retrouvent au charmant gîte "El Rincón de la Naturaleza", basé à Bustablado, en Cantabrie. C'est un des rares gîtes du coin, à la fois rustique et tout confort, du moins pour les spéléos que nous sommes... Ce petit bout de monde très rural et en régression démographique demeure cependant un haut lieu de la spéléologie. Partout autour de nous, des montagnes calcaires du Crétacé inférieur s'élevent de 300 à 1400 m d'altitude, toutes marquées en surface de phénomènes karstiques impressionnants. Indice autrement flagrant de l'envergure de l'endokarst dont nous rêvons, sans être à même d'imaginer l'extraordinaireté ce que nous y découvrirons...
          
   
Le gîte "El Rincón de la Naturaleza", son intérieur, et sa vue.


                        


Dimanche 12 juillet 2026

Participants : Gérard L. (Gégé), Robert A. (Bob), Andréa, Félix, Gilles, Alary

TPST : 6h15 / Tonio-Cañuela, Bustablado

Première nuit plutôt bonne. Nos voisines les vaches sont relativement calmes, mais les mouches qui les accompagnent, elles, ont rapidement préféré nos déjeuners à celui de leurs hôtes initiaux... Préparation méticuleuse du matériel de la part de nos techniciens et départ pour le premier trou de la semaine, sous forme d'une traversée avec corde rappelable : Tonio-Cañuela. Le gîte est en position centrale, nous permettant d'accéder à une très belle sélection de trous en moins de 45 minutes. Première étape, laisser une voiture à la sortie, seul le Duster 4x4 est capable de passer. Deuxième étape, monter à l'entrée du trou par une petite route sinueuse et une piste à moitié bétonnée. Suivant la trace GPS et les souvenirs d'Andréa, l'entrée est localisée en bordure de doline.
   
Le paysage au parking haut ; l'entrée
C'est Félix et Gégé qui ouvrent et installent les cordes. Bob et moi suivons pour faire la navette de kits. Gilles et Andréa rappellent et enkitent les cordes. Dès l'entrée, nous observons des fossiles d'éponges et/ou de coraux.
   
Fossiles d'éponges et/ou de coraux
Les premiers puits sont de petite taille, jusqu'au P48, où nous sortons par un pendule (vidéo du rappel ci-dessous). S'ensuit, après quelques obstacles, un P13 dans une diaclase particulièrement étroite. Même descendeur en bout de longe, celle-ci me donnera quelques difficultées. Bob, qui apprécie porter son matériel photo partout, a longuement hésité à l'emporter sur cette sortie. Bien nous en a fait d'y renoncer, car passer les bidons de 6L (au minimum !) dans le P13 aurait été très compliqué, voire impossible.
   
Le P48 vu du haut ; descente dans la diaclase du P13
Après quelques mots injurieux envers le matériel, nous arrivons au P55. L'équipement se complexifie pour éviter quelques frottements et passer des mains courantes. Les choses se déroulent plutôt bien. Plus que quelques petits puits et nous atteignions le "Meandro de la Borrasca", qui ne peut être plus explicite. Cette vidéo remplace une suite bien trop longue d'adjectifs :
Jusque-là, le trou arborait des dimensions tout à fait communes. Mais la suite approchant, nous nous apprêtions à comprendre ce qui a fait la réputation du coin, justement qualifié parmi les plus beaux karsts d'Europe…

Après s'être fait arracher les poils du nez, un vide apparait. Nous nous encordons, suspendus au plafond de l'une des plus grandes salles d'Espagne : la "Sala Olivier Guillaume". C'est à ce moment-là que le caractère hors norme de ce karst prit tout son sens... Cette salle n'est pas la plus haute de plafond, mais s'étend longuement en conservant des dimensions gigantesques. Nous montons à son sommet pour faire quelques images et prendre le repas de 14h30.
   
Le haut de la salle vu depuis le milieu ; le milieu de la salle vu depuis le bas
Après ça, les surprises ne finiront pas d'arriver. Entre salles gigantesques, érosion XXL, concrétions particulièrement "sinistres" et courant d'air démoniaque, le chemin en mode balade vers la sortie sera l'un des plus agréables qu'il m'ait été donné de faire jusqu'à présent. Le plaisir est maximal !
   

Les concrétions (la plupart conditionnées par le courant d'air)
   

Les salles (toutes aussi grandioses les unes que les autres)
   

Les galeries (très joliment errodés)
   
Les parois (calcaires à toucasia et orbitoline ? ; cupules sur toute la hauteur ; concrétions en paroi)

À l'issue d'un peu moins d'une heure et demie de promenade, nous atteignons un carrefour. Un P15 permet de rejoindre un méandre d'une cinquantaine de mètres de haut pour une dizaine de large. Les galeries varient de formes, passant du méandre au trou de serrure géant. Nous croisons à cet endroit un autre groupe de spéléos, qui remonte dans le sens inverse. Au détour d'un virage, une lumière bleutée se laisse porter vers le fond. Une main courante donne accès à l'énorme conduite forcée menant vers l'extérieur. Pour info, depuis Cueva Cañuela, atteindre la "Sala Olivier Guillaume" ne représente aucune difficulté (mains courantes et P15).
   

La conduite de sortie
   
Le porche et le dehors
Le porche (Cueva Cañuela) souffle vigoureusement un air froid qui contraste avec la chaleur extérieure. Nous regagnons la voiture de sortie. Et pendant qu'Andréa, Félix et Bob partent récupérer les voitures en haut de la montagne, nous autres (Gégé, Gilles, moi) regagnons Bustablado à pied.

En bref, une sortie qui annonce la couleur. Ici, sous la surface, se cache du très grand, du vrai très grand. Pas celui que l'on aperçoit à travers un tout petit trou dans nos contrées audoises… Les réseaux atteignant régulièrement la trentaine de kilomètres et plusieurs dépassant la centaine. Cet avant-goût nous a fait réaliser l'ampleur du karst présent ici. Les autres cavités au programme prévoient d'être tout autant exceptionnelles !

4 commentaires:

Daniel Constans a dit…

Ça a l'air grandiose, encore une belle aventure, bravo

guilhem henri a dit…

Le problème de voir du plus beaux, c'est qu'après tu trouve tout le reste petit et ternes!!!!En escalade si tu fait la face nord des Dru ou du Grand Capucin et.....que tu revienne à St Salvayre, tu a l'impression d'être dans un pays de Lilliputiens!!!Est ce que ce, c'est massif ou vous étiez font partie intégrante des Picos?
Pour moi, les expé aux Picos ont été mes plus grands moments de spéléo; Massif des Cornion: 1978.1981. Massif Sierra de Beza: 1983.1987.1991.1993. Massif Vega de Ordés: 1998. 2001.Soit 8 Expéditions sur 3 massifs différents totalisant 111 jours de camps.ça marque!!

Alary a dit…

C'est clair ! Heureusement qu'on aime son chez soi pour revenir y travailler.
Nous étions éloignés des Picos de 90km vers l'est.
Tu dois avoir de sacrés comptes rendus de ses explos...

guilhem henri a dit…

Tu a raison, il faudrait les résumer. Patrick Géa et d'autres avaient aussi fait des publications papier. Dont j'ai une partie ainsi que Stoche.