dimanche 23 août 2026

La Gouffre de Bexanka presque de fond en comble

Dimanche 16 août 2026

Participants : Andréa, Charlie, Félix, Gilles, Alary

TPST : 6h / Gouffre de Bexanka, massif des Arbailles

Pour cette première journée à la Pierre Saint Martin où nous logeons, direction les Arbailles... Et le gouffre Bexanka (à prononcer "Bétchanka"). Nous quittons la brume de la station, passons devant l'accueil de la Verna, puis devant les gorges de Kakuetta avant de rejoindre l'auberge qui détient le cahier des entrées dans la grotte, à Camou-Cihigue. La route est l'occasion de découvrir le Basque en essayant avec grand mal de lire et de prononcer correctement les noms de communes...

Andréa, qui est déjà venue il y a quelques temps visiter la grotte, nous mène jusqu'à son entrée, béante, traversée par un câble acier sur lequel nous sommes censés nous amarrer. Qu'il en soit ainsi, je m'y colle.
L'entrée et le départ du P53 sur câble
Je suis censé fractionner le puits une fois avec deux broches, mais tombe rapidement sur une broche et un spit positionnés sur l'autre paroi. Étrange, mais pour autant je ne parviens pas à trouver ce que je cherche plus bas. Petit pendule pour les atteindre, je m'emmêle dans ma corde puis descends plein pot les 35 mètres restants jusqu'au sol. Finalement le frac que je cherchais existait bien, là où en plus je l'aurais bien mis. Mais dans le doute, j'ai inutilement décalé. À la base du puits, on arrive dans une vaste galerie triangulaire.
   
La base du puits
Le point bas ne mène à rien, la suite se trouve de l'autre côté en remontant légèrement. J'en profite pour regarder ce qui traîne ici et tombe rapidement sur des bestioles.
   
Très probablement Bufo spinosus (Crapaud épineux) pour les quatre spécimens. Davantage de certitude sur les deux plus gros, moins sur les deux plus petits car moins verruqueux et moins divergents sur leurs glandes parotoïdes. Mais les cartes de répartitions confortent dans le sens de B. spinosus.
   
Leur coloration est très variable mais parfaitement adaptée au milieu en termes de camouflage.
Gris sombre près des roches grises, et crème sur la calcite !
   
Belle observation de Natrix astreptophora en limite d'air, cachée sous sa feuille. C'est la
version ibérique de notre N. natrix (Couleuvre à collier).
   
Un probable Podarcis muralis (Lézard des murailles) bien engourdi par le froid. Et un mâle 
Lucanus cervus (Lucane cerf-volant) à côté d'un des petits crapauds.
   
Puis un peu de fonge avec ces deux spécimens. Le premier avec les lamelles adnées translucides, peut-être
du genre Coprinopsis et le deuxième avec sa petite coupelle orangée peut être du genre S
arcoscypha.
Il va très vite de marcher sur toute cette vie si l'on n'est pas très attentif. Leur camouflage est très efficace au premier coup d'œil. Dans les puits d'entrée bien humides, à ciel ouvert, soyez vigilent !

Il y avait surement plein d'autres observations à faire, mais là, on va visiter la grotte. Rapidement nous arrivons à un ressaut équipé d'une échelle. On pose une corde. Le P25 est également équipé d'échelles, mais on l'équipe pendant que Félix fait réviser quelques techniques d'auto-secours. Pareil pour le R5 nous menant dans la Salle de la grande arche.
   
L'échelle du P25 et la Salle de la grande arche
En premier lieu, nous nous dirigeons vers le fond, par le P35, équipé à nouveau sur une bonne moitié d'échelles, avant de se verticaliser. De là on remonte un grand plan subvertical sur 40m, menant à un balcon surplombant la Salle des blocs.
   
AA = amarrage artificiel
P6, R4, une grande coulée pétrifiée, puis nous voilà à la Salle de la borne. Cette zone plate donne une superbe vue sur le grand volume qui se développe plus haut.
   
Le balcon et la coulée pétrifiée
Depuis la Salle de la borne
Sur la droite, nous rendons visite au Temple chinois, largement garni de grandes draperies. Sur la gauche, nous gagnons La cathédrale. Pendant que nous observons la morphologie du creusement et que nous cherchons le P55, ainsi que l'introuvable bloc aux fleurs de gypse, Gilles descend dans la Salle du Gour.
   
Le temple chinois et la Salle du Gour vue depuis le haut
Arrêt curieux devant quelques mètres carrés de plan incliné couvert de formations verticales de quelques dizaines de centimètres tout au plus.
   
Concrétions atypiques
Demi-tour, direction la Salle des chauves-souris, totalement vide en cette période. Son accès n'est pas des plus faciles. La colonie qui se retrouve là doit être particulièrement dense à certains endroits au vu des tas de guanos au sol.
Un des tas.
Retour en arrière jusqu'à la Salle de l'Arche, cette fois pour rejoindre la grande Salle des entonnoirs géants. Nous localisons la ligne de trous de l'escalade permettant l'accès au réseau supérieur (entre le P30 et le P20 sur la topo). Avant la Salle des entonnoirs géants, je jette un coup d'œil au R6 de la Salle des griffades, il y a peut-être moyen de grimper. Mais d'abord, la Salle des entonnoirs géants, dans laquelle sont exposées quelques belles sculptures et dans laquelle nous faisons une boucle. Il y a aussi un coin bivouac, et pas mal de déchets au point bas de la salle.
   
Les sculptures d'argile
La Salle des entonnoirs géants
Demi-tour, nous essayons avec Andréa et Charlie de grimper le R6. Ça passe mais la désescalade sera plus délicate. En haut, dans le Salle des griffades, nous trouvons la E15. C'est un mur vertical de calcite, la ligne de goujon est bien lisible. À défaut de monter, on descend dans la salle. Je me faufile dans une étroiture par laquelle l'eau se perd pendant que Charlie sonde un puits non mentionné sur la topo, malgré sa grande profondeur estimée à environ 60 mètres. Il y a des traces de passages, je trouve une rondelle à goujon mais aucun amarrage pour y descendre. Un gros AN aurait pu servir à mettre une corde en la laissant frotter. Mystère !

Après toutes ces ramifications d'itinéraire qui ont rallongé la sortie de deux heures, il est temps de ressortir. Charlie se charge de déséquiper le puits d'entrée.
Capture d'écran du plan

Aucun commentaire: