Après un an et demi sans y avoir mis la lampe, retour à la Boite aux lettres. Pendant ce temps Charlie a travaillé à élargir de nombreux passages et à en équiper d'autres avec cordes et marchons. Nous entrons sous terre vers 9h30, avec comme objectifs de faire une escalade post voute mouillante côté cathédrale, de rééquiper certains accès et de revisiter plus en détail certaines parties de la grotte. De l'entrée jusqu'à la première Grande salle, les élargissements permettent de réduire de plus de moitié le temps de progression. Plus loin, où nous passions sous les blocs, une corde de 15m est en place et shunt tout l'abouli. Nous approchons la zone de la voute mouillante, un bruit de ruisseau se fait entendre, mauvais signe... La vasque est pleine, impossible de passer sans se tremper. De l'autre côté, le ruisselet qui l'alimente cascade. Nous creusons comme nous pouvons le seuil, mais nous n'avons pas les outils. Pas grave, demain peut être la vasque ne sera plus alimentée. Nous reviendrons avec ce qu'il faut pour tenter de s'en débarrasser.
Direction alors une vieille corde qui pend au bout de la Grande salle et qui permet de rejoindre les éboulis du plafond surplombant cette même salle. Nous savons que les deux points en haut sont en sale état, alors deux pulses et les 4m sont avalés. Nous listons les options d'équipement, et tablons sur deux goujons de 12 en plafond suivis par un bout de main courante d'accès où la corde est passée en direct dans un gros AF en butée sur nœud. Pause repas, puis on se met à fouiller tout plein de recoins dans les fractures parallèles et les éboulis de grosses dalles effondrées. À force de tourner en rond, nous finissons par tomber dans une zone plus large de l'éboulis dans laquelle personne n'a trainé ses bottes, correspondant aux parties basses du plafond de la Grande salle. Une belle verticale permet de descendre. Deux pulses de 12 et ce que j'avais pressenti se confirme, nous débouchons dans les plafonds de la salle Pipi... Tout cela supprime néanmoins beaucoup de zones d'ombre. Vers 16h nous allons en direction d'une belle salle sans nom, qui permet à son terme d'accéder à l'actif. On y accède par la salle Pipi, où je trouve au sol mon bloc rouge que j'avais balancé depuis les plafonds. Ici, nous installons de nombreux marchons pour se passer du matériel de cordes. Avoir deux perfos ça aide ! Un léger pour l'escalade, et un lourd pour les marchons. Enfin nous rejoignons une grande fracture dans laquelle une escalade est à faire. Ju s'y colle, atteint le pallier, fouille : il n'y a rien, il redescend pulse par pulse.
Pause de marchons et escalade
Vers 18h, demi tour. On laisse le matos lourd au niveau de la voute mouillante pour demain, afin de s'alléger. Au passage, nous remarquons que le ruisseau a perdu en débit.
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Jeudi 8 janvier 2026
Participants : Charlie, Alary
TPST: 7h30 / Grotte de la Boite aux lettres
Début de matinée où nous parcourons le bord de route pour repérer quelques endroits clés. Ici et là des concrétions apparaissent à l'air libre, accompagnées de quelques trous à voir et revoir que nous réservons pour demain.
Coulée stalagmitique
Objectif du jour : éliminer la vasque, taper la voute et si possible, filer vers une escalade dans la branche annexe. Arrivé à la voute mouillante, le ruisseau ne coule plus, la vasque n'est plus alimentée. Nous creusons une tranchée de faible pente sur 3m pour diminuer son niveau d'environ 25cm. Le reste de la flaque est vidé à l'écope. Ensuite on attaque la voute d'une épaisseur de 40cm tout au plus avec un premier triple tir efficace aux 2/3. Ensuite, quelques autres tirs par les deux côtés ne feront qu'écailler le verrou sans le faire céder : une voute mouillante active entre deux gros volumes n'est pas restée en place tout ce temps par hasard. En somme, nous gagnons quelques dizaines de centimètres de chaque côté, et avons légèrement remonté son plafond.
La voute avant travaux
Repas vers 13h, puis direction le fond de la branche annexe. Cette branche a été rendue accessible grâce à l'intervention de deux spéléos locaux recrutés par Charlie, et qui ont fourni les moyens nécessaires à l'élargissement d'un minuscule conduit ventilé sur 3 mètres pleine roche. Pour y accéder, on parcourt une sympathique conduite forcée ovale sur 20m qui collecte un actif temporaire en paroi, avec éventuellement quelque chose à tenter par là aussi. Enfin le tunnel ouvert se présente. Le passage légèrement remontant est très étroit, puis bute sur une marche après un encore plus fort rétrécissement ponctuel. Il me faut m'y reprendre à plusieurs fois, c'est très inconfortable.
Sortie de l'étroiture
Après quoi nous y voilà, dans ce qui tend à être appelé l'escalade du chien. Après une petite pièce remontante, nous arrivons à la base d'un grand éboulis de petits blocs, au pied duquel un squelette de chien se présente. Les blocs de cet éboulis sont tout en angle, et de même taille.
Les restes du chien
Des araignées font leur apparition, nous approchons d'une entrée haute. Nous arrivons au pied d'une grande coulée de calcite, escaladée aux 3/4 par Charlie et Mel. En haut, 5 mètres se verticalisant restent à monter. Le sol quasi vertical est une coulée de calcite qui occupe toute la largeur du conduit. Je grimpe, Charlie m'assure depuis un relais. En haut, j'arrive sous un éboulis de gros blocs, un courant d'air frais perceptible filtre à travers (chevelu racinaire qui bouge), les araignées typiques des entrées de grottes sont là. À certains moments, il me semble même entendre des véhicules passer, mais sans être suffisamment net pour l'affirmer. Les os du chien ne sont pas recouverts par les blocs, la bête parait donc être arrivée ici après l'effondrement de l'entrée avant la quasi complète obstruction du conduit remontant. Un chien de chasse pris dans un terrier piégé ? Le trou aspire, l'air parvient à passer entre les blocs de la trémie, mais aucun débris végétaux, hormis quelques racines, ne sont retrouvés. Cela pose question sur les modalités d'obstructions et la position en surface de cette entrée.
Suite à escalader depuis le relais et vu depuis le haut après l'escalade
Une grosse colonne permet de faire un relais. Mais je galère à faire un chaise avec mes 7m de corde en trop sans être dans l'axe et en m'y prenant dans le mauvais sens... Je ne parviens pas à quelque chose qui tient mais que je n'arrive pas à lire. Secondé d'un huit, Charlie me rejoint en récupérant les pulses, et refait le nœud. Nous avons atteint le bout de cette galerie, nous regagnons la sortie en récupérant tout le matériel, les kits sont blindés. Compte tenu des résultats de ses deux jours et de nos envies, demain sera une journée de prospection de surface.
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Vendredi 9 janvier 2026
Participants : Ju, Curtis, Charlie, Alary
TPST: 3h30 / Grotte de la Bille
TPES : 4h30 / Prospection de surface et descente rapide dans quelques trous
Début de matinée débroussaillage pour accéder à un petit trou 3m au-dessus de la route. Afin d'aider l'accès, nous plaçons deux pulses en 12 plus haut en paroi. Le sol est rapidement décaissé et un bloc gênant l'entrée raboté au perfo.
Le trou
Curtis s'élance dedans, ça s'élargit au bout de 2m sur la droite et ça bute contre des dalles. Bien que ne me motivant pas plus que ça, j'enfile la combi voir si je passe. J'arrive à avancer au-delà et à me stocker dans l'élargissement de droite. La suite descendante est obstruée par des dalles décrochées du plafond. En contrebas, un petit trou semble donner dans une petite pièce 4m dessous, les cailloux envoyés roulent au-delà du visible. Pas de courant d'air, hormis le vent qui rentre.
Vers 11h, nous laissons ce trou peu intéressant au regard de sa position et de ce qui l'entoure, et rejoignons un autre orifice placé entre la grotte du Miséreux et la Boite aux lettres. Ce trou s'ouvrant lui aussi en bord de route fait partie des premiers visités par Charlie dans ses débuts en spéléo, il aimerait le revoir. Nous partons à deux avec une corde d'escalade pour assurer les 10m d'étroite désescalade, pensant que cela serait vite vu. Je descends. Au bas de la faille, où Charlie s'était arrêté, une petite pièce pleine de petits blocs, rien à voir. S'enfonçant dans la montagne, une coulée remontante donne sur un bloc qu'il m'a fallu travailler un peu pour passer. Ça redescend, la faille devient impénétrable, des fissures perpendiculaires arrivent par la gauche et filent pleine roche, des traces de passages et des concrétions cassées montrent que cette partie du trou a déjà été visitée. Pas de suite évidente par ici. Revenu en bas de la faille, je retrouve Charlie. La faille se prolonge en direction de la rivière de surface. Je remonte quelques blocs en direction de l'orifice d'entrée mais 10m dessous. Une étroiture ayant été élargie au minimum me mène au-dessus d'une verticale d'une douzaine de mètres plutôt étroite. Un bon courant d'air s'y engouffre. Charlie me rejoint. La désescalade ne donne pas vraiment envie sans corde... On remonte chopper le matos nécessaire à cette descente.
Ju et Curtis nous rejoignent, ils installeront une corde pour l'entrée. Revenu au dessus de la verticale, 3 pulses, une corde d'escalade et une poignée chacun, ça descend. Au 3/4, ça se rétrécit, cela m'oblige à passer par un léger élargissement sous quelques blocs afin que je puisse me décaler de quelques dizaines de centimètres. La combi n'apprécie pas vraiment. Je me demande si je passe... Et ça passe. On met pied sur un lit de gravier encore humide, toujours dans cette même faille. En aval, un étranglement franchissable laisse filer l'actif sous la paroi, le sol est boueux, il faudrait creuser. Vers l'amont c'est plus grand. On arrive sur un bloc avec une draperie dans le passage, derrière une salle de taille convenable avec tout au bout une trémie de gros blocs de calcaire blanc lavés, entre lesquels des galets de rivières se sont immiscés. À sa base, un étrange dépôt blanc solidifié en éclaboussure.
Dépôt indéterminé
Il nous semble être sous une des pertes de la rivière de surface. Entre les blocs, un petit passage simplement écaillé en tapant dessus permet d'avancer encore un peu. Les galets exogènes sont partout. Nous trouverons également une bille de minerai parfaitement sphérique. Il est possible de bien remonter. Descendre par contre, c'est davantage colmaté. La trémie en elle-même ne semble pas si dangereuse.
Encore quelques petites grimpes sans suite ici et là, puis nous remontons. Bien nous a pris de prendre une poignée. Car même avec elle, l'escalade est vraiment très pénible. Sur ces bonnes nouvelles, nous regagnons vers 14h la maison prendre le repas.
L'après midi nous partons essayer de retrouver quelques trous, dont une grotte sépulcrale à deux entrées que nous visiterons. Nous nous quittons vers 16h après avoir relocalisé ce que nous cherchions, un peu précipités par la venue d'un rideau de pluie.
2 commentaires:
C'est très bien, mais là...je n'arrive plus à suivre!!!
Plus le temps passe, plus je ne m'interesse plus qu'aux Corbières!
Un grand bravo, vous vous êtes régalés, et tes vidéos plus longues sont bien .
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